Donald Trump pousse un cri persan

Comme il l’avait promis, et en accord avec son slogan « America first », Donald Trump a donc retiré les États Unis du « 5+1 », l’accord qui liait d’une part l’Iran et d’autre part la Chine, la Russie, la France, l’Allemagne, et le Royaume-Uni.

Si les réactions des journalistes pleuvent depuis cette annonce, il convient d’analyser le contexte américain (I), le contexte iranien (II), les conséquences économiques notamment européennes (III), et les raisons qui ont poussé Donald Trump a faire ceci (IV).

I/ Contexte géopolitique et économique américain : un déplacement vers le Pacifique

Avec les invasions d’Afghanistan (2001) et d’Irak (2003), consécutives aux attentats du World Trade Center, les États Unis marquaient leur grand retour au moyen orient; encore qu’ils n’étaient jamais vraiment partis, pouvant compter sur de solides appuis en Israël, en Turquie, et dans les pays du Golfe (Koweït, Arabie Saoudite notamment).

La découverte de gaz de schiste à présent rentable et surtout sûr donne une raison aux États Unis de se désengager d’un moyen orient complexe et dangereux : en 2011, le dernier soldat américain quitte l’Irak. Le cas de l’Afghanistan est différent, Trump ayant finalement renoncé à retirer ses troupes et ayant même intensifié la présence américaine. La raison en est simple : dans ce pays proche de l’Iran et de la Russie, il vaut mieux que les Américains gardent leurs yeux ouverts.

Or ce qui se joue aujourd’hui n’a rien à voir avec les sables du moyen orient mais avec le Pacifique : présent dans une multitude d’îles (dont l’archipel d’Hawaï), les États Unis entendent bien concurrencer des pays tels que la Chine (en Birmanie), le Japon ou la France. On apprend ainsi ici que 60% des forces navales américaines sont dans le Pacifique. A moyen et long terme, le but des États Unis est donc clair : ne plus être dépendant d’un point de vue énergétique du moyen orient.

II/ Contexte géopolitique et économique iranien : un régime théocratique et une economie semi socialiste

Les sanctions économiques pré 2015 ont alimenté une économie fermée autocratique, confisquée par les Pasdarans (Les Gardiens de la Révolution). Plutôt conservateurs, ils ont été de ceux qui ont critiqué Hassan Rohani (président modéré) et l’accord avec les États Unis et les Européens moins pour des raisons militaires que pour des raisons de privilèges économiques, la fin des sanctions signifiant l’ouverture progressive aux entreprises européennes, notamment françaises mais aussi allemandes ou italiennes. Nous développerons ces points plus loin.

Outre l’appui évident d’Israël, Donald Trump a obtenu le soutien de l’Arabie saoudite. Outre le lien ancien (c.f supra) entre les deux pays, et la rivalité entre les deux géants musulmans, il faut voir là pour l’Arabie saoudite un intérêt purement mercantile : pouvoir influer sur le prix du baril de pétrole.

III/ Conséquences sur l’économie française et européenne et sur l’équilibre de la région

La première conséquence évidente est la perte de milliards d’euros de contrats difficilement obtenus. « Les décisions de Trump, c’est notre chômage » pourrait être un excellent slogan.

La deuxième conséquence à craindre est la suivante : en plaçant de fait Hassan Rohani dos au mur, Donald Trump l’oblige à être dur pour ne pas se laisser déborder et fragiliser par les conservateurs. La mort prochaine du Guide de la Révolution, très malade, étant dans les esprits de chacun, il s’en retrouverait davantage fragilisé. Cette fermeté peut enfermer l’Iran dans une situation de repli sur la scène internationale, avec des provocations comme du temps de Mahmoud Ahmadinejad. Pire encore, Rohani a évoqué un potentiel retour à une production d’uranium enrichie.

La troisième conséquence c’est l’escalade. Côté saoudien, tout d’abord puisque l’Arabie saoudite a déclaré qu’elle chercherait à se doter de l’arme nucléaire si l’Iran le fait. Côté « axe chiite » ensuite puisque la guerre en Syrie et le retrait américain d’Irak a renforcé les divers mouvements chiites. De ce point de vue, Donald Trump a fait un mauvais calcul.

IV/ Les raisons de la colère

Nous l’avons dit, Donald Trump considérait qu’il s’agissait là du plus mauvais deal qui fut. On peut en effet arguer que la production de missiles balistiques n’était pas soumise à contrôle, par exemple. Or, pour le reste, l’Iran s’est très bien comporté sur la période 2015-2018, de l’aveu même de l’AIEA.

Il est possible que Trump ait « subit » l’influence de conseillers dits néo cons mais cela ne change rien aux projets des États Unis tant économiques que militaires.

A court terme, cette sortie profite a priori à l’Arabie saoudite, et éventuellement aux conservateurs iraniens. A titre personnel, je doute qu’à court ou moyen terme, Israël soit gagnante, surtout si des personnes moins modérées que Hassan Rohani reprennent la main. Comme le rappelle Amélie Chelly dans l’interview que je signale supra, quelle que sera l’issue de cette crise, les Iraniens ont un haut niveau de patriotisme (déjà éprouvé lors de l’invasion anglo soviétique, de la guerre Iran Irak etc). La crise peut se résoudre de façon interne, éventuellement (et ce serait une terrible éventualité) par un coup d’État des Pasdarans.

Pour le moment, la population iranienne reste partagée, moitié désabusée moitié attentiste. Mais ils en vu d’autres : Grecs, Romains, Arabes, Mongols…

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Le djihadisme ici et là bas

Je vais dans cet article, à l’occasion de l’attentat de Barcelone (qui avait manifesté pour l’accueil des migrants, bisous) exploser le mythe d’un djihad mondial aux causes et aux conséquences uniques des Philippines au Royaume-Uni, de la Syrie à l’Espagne. 

Le djihadisme est la manifestation la plus simple et la plus brutale de l’islam, qui est une religion de guerre et de conquête. Faire le djihad est une obligation. 

L’islam et les civilisations qu’il a imprégnées ou conquises (Arabo-andalous, Turcs, Perses…) s’opposent sur à peu près tout à nos civilisations occidentales qui trouvent elles leur racines en Grèce et à Rome, d’une part, et dans le christianisme d’autre part, pour l’essentiel (m’emmerdez pas avec les trois malheureuses tombes musulmanes trouvées à Narbonne).

Quoique la guerre ait fait parti des moeurs européennes pendant des siècles, nos ancêtres français, italiens, allemands et autres ont partagé ce fond commun avant de l’exporter aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Afrique du Sud. On peut très bien se faire la guerre et échanger de la culture, voyez Lully. 

Le djihadisme qui a frappé le Bataclan et Manchester visaient directement cet Occident, européen, décadent (drogue, musique..) et libéral, valeur permise uniquement sur un terreau helléno-chrétien. C’est là en général que le sot objecte : « Gnagnagna la Syrie gnagnagna le Mali ». Le relativisme est un fléau. Cependant : 

  • Aucune souffrance ne mérite d’être niée : aucune mère ne mérite d’enterrer son enfant de huit ans (même pas les mères israéliennes, n’est ce pas ?)
  • Au Moyen-Orient et en Afrique, les tensions actuelles ne sont que la suite de conflits anciens : chiites, sunnites, Arabes, Yezidis, Kurdes, Assyriens, Perses, ce joyeux beau monde s’étripait sans l’aide des Occidentaux il y a longtemps, faisant et défaisant des alliances complexes (« Si tu comprends le Moyen-Orient, c’est qu’on te l’a mal expliqué » dit le proverbe libanais); se souvenir de l’époque où les Kurdes étaient des supplétifs de l’Empire ottoman.
  • Il n’est pas question de nier l’implication étrangère notamment occidentale, mais elle n’est pas la cause seule.

Les causes du djihadisme sont sans doute les mêmes ici et là bas. Mais les réactions doivent être différentes car leurs acteurs n’ont pas les mêmes buts. Si leur but est de tuer, en Europe, leur but semble plutot de déstabiliser le pouvoir central et de recueillir l’adhésion. 

Tout ne se vaut donc pas même si on ne peut que déplorer la violence des attentats où qu’ils soient.

Les rebeux et l’antisionisme : histoire d’une escroquerie 

Pour comprendre « d’où je parle », comme disent les cibles principales de cet article, il est je crois nécessaire de montrer que je connais bien mes sujets, tant par ma vie que mes engagements politiques : les rebeux, les beurs, d’une part, et le conflit israélo-palestinien d’autre part. 

Je suis né à une autre époque appelée le XX ème siècle, dans une guerre froide mourante, quand il y avait encore deux Allemagnes.

A l’âge de six ans, j’ai intégré l’école publique de mon quartier. Nous étions deux Européens : une jeune Portugaise et moi même. Et tout au long de ma scolarité dans le public (maternelle/primaire/lycée) les Européens, les Blancs, les babtous ne furent majoritaires Au lycée ils étaient tout au plus 40%, dont une bonne part avaient assimilés des codes qui n’étaient pas les leurs.

Revenons au sujet. A cette époque, lors de mes cours d’histoire et de géographie balbutiant, j’appris à placer l’Italie, la Suisse, les Îles Britanniques etc. Point de Palestine. Ah si : on me parla de Terre Sainte pour me dire qu’à l’appel du Pape Urbain II, et pour protester contre les persécutions subies par les pèlerins chrétiens, les Européens avaient lancé la croisade. A cette époque, si tension ou rancoeur il y avait dans les coeurs de ces petits Mohammed, ils avaient l’élégance de les taire. D’ailleurs, aucun tag, aucune affiche ne décorait murs et poteaux des villes. 

J’entends les Jean-Politologues répéter : « Depuis la seconde Intifada tout a changé ». En effet. La vérité est simple, pour un conflit qui ne l’est pas : les rebeux ont trouvé avec l’antisionisme de gauche une façon d’importer et d’exprimer leur antisémitisme à peu de frais. 

Je peux éventuellement comprendre que ça fasse pas trop bander

Cela leur donne bonne conscience (combat contre l’impérialisme, justification spritualo-humaniste depuis les attentats du onze septembre et l’approbation de divers cheikhs du Golfe) à eux qui vivent dans des pays démocrates, tempérés où rien ne manque (et certainement pas les diverses prestations sociales), si l’on compare à des pays comme l’Égypte ou l’Irak. 

J’ai été moi même un antisioniste véhément. Par anti impérialisme, j’ai été un soutien de la cause palestinienne. Je ne m’en suis jamais caché. Mais j’estime : 1° Qu’un peuple qui élit le HAMAS, mouvement terroriste, antisémite, antichrétien, corrompu et népotique, ne mérite pas mon soutien et en tout cas doit en assumer les conséquences politiques… Comme une pluie de missiles de la part de Tsahal;

2° Qu’une guerre est une guerre : des enfants, des femmes, des hommes meurent. Et cela, les Arabes du monde entier sont incapables de le voir, plus particulièrement les rebeux en bac pro carrosserie. (J’ai rien contre les carrossiers… Comme tout pamphlet, ya des personnages, hein).

3° Qu’il est hypocrite de soutenir une cause sans se battre réellement pour elle, à l’image de rebeux dealers de drogue. 

Le soutien des rebeux à la Palestine est donc doublement de mauvaise foi : ils ne connaissent rien de la réalité là bas (aucune lecture, aucune rencontre etc), et utilisent une cause comme exutoire à des sentiments de haine. Par cette démarche, ils se rendent complice de mouvements antisémites et dangereux en important le conflit en France (bien que d’autres officines juives ne se privent pas de faire de même !). Que le lecteur soit bien conscient : je n’ai aucun avis sur le conflit israélo-palestinien. Je n’en ai plus. Ni kippah, ni keffieh. 

Mais ça c’est pas mon délire. Et puis le blanc me va mal au teint.