Décathlon et le hijab

L’affaire du hijab de Décathlon est d’une triste simplicité qui n’a à voir ni avec l’islam ni avec la laïcité (et encore moins avec le féminisme) mais bien sûr avec le capitalisme.

Décathlon est, rappelons le, une entreprise impitoyable avec ses employés. Une enquête du magasine Capital du 3 juillet 2009 révélait ainsi que qu’une bonne partie de ses 7500 employés sont des temps partiels payés au Smic tandis que les chefs de rayon sont payés 1800 euros brut par mois.

Sans tomber dans le gauchisme primaire, et pour citer ma professeur de sciences économiques du lycée : « les entreprises ne sont pas philanthropes ». Décathlon n’est pas plus islamophile qu’une autre entreprise. L’enseigne n’a fait que suivre le mouvement des autres. Et quel est ce mouvement ?

Il est double. Il y a tout d’abord celui, louable je le crois, qui tend à valoriser le sport, le bien être. Et il y a le second, qui constate l’augmentation de la part de maghrébins et de musulmans pratiquants dans la population française et européenne.

Mais qu’on ne s’y trompe pas : dans une France 100% catholique mais toujours aux griffes du Capital, ce genre d’enseignes (Carrefour, Décathlon…) trouveront toujours une façon d’adapter leur offre à la demande.

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Donald Trump pousse un cri persan

Comme il l’avait promis, et en accord avec son slogan « America first », Donald Trump a donc retiré les États Unis du « 5+1 », l’accord qui liait d’une part l’Iran et d’autre part la Chine, la Russie, la France, l’Allemagne, et le Royaume-Uni.

Si les réactions des journalistes pleuvent depuis cette annonce, il convient d’analyser le contexte américain (I), le contexte iranien (II), les conséquences économiques notamment européennes (III), et les raisons qui ont poussé Donald Trump a faire ceci (IV).

I/ Contexte géopolitique et économique américain : un déplacement vers le Pacifique

Avec les invasions d’Afghanistan (2001) et d’Irak (2003), consécutives aux attentats du World Trade Center, les États Unis marquaient leur grand retour au moyen orient; encore qu’ils n’étaient jamais vraiment partis, pouvant compter sur de solides appuis en Israël, en Turquie, et dans les pays du Golfe (Koweït, Arabie Saoudite notamment).

La découverte de gaz de schiste à présent rentable et surtout sûr donne une raison aux États Unis de se désengager d’un moyen orient complexe et dangereux : en 2011, le dernier soldat américain quitte l’Irak. Le cas de l’Afghanistan est différent, Trump ayant finalement renoncé à retirer ses troupes et ayant même intensifié la présence américaine. La raison en est simple : dans ce pays proche de l’Iran et de la Russie, il vaut mieux que les Américains gardent leurs yeux ouverts.

Or ce qui se joue aujourd’hui n’a rien à voir avec les sables du moyen orient mais avec le Pacifique : présent dans une multitude d’îles (dont l’archipel d’Hawaï), les États Unis entendent bien concurrencer des pays tels que la Chine (en Birmanie), le Japon ou la France. On apprend ainsi ici que 60% des forces navales américaines sont dans le Pacifique. A moyen et long terme, le but des États Unis est donc clair : ne plus être dépendant d’un point de vue énergétique du moyen orient.

II/ Contexte géopolitique et économique iranien : un régime théocratique et une economie semi socialiste

Les sanctions économiques pré 2015 ont alimenté une économie fermée autocratique, confisquée par les Pasdarans (Les Gardiens de la Révolution). Plutôt conservateurs, ils ont été de ceux qui ont critiqué Hassan Rohani (président modéré) et l’accord avec les États Unis et les Européens moins pour des raisons militaires que pour des raisons de privilèges économiques, la fin des sanctions signifiant l’ouverture progressive aux entreprises européennes, notamment françaises mais aussi allemandes ou italiennes. Nous développerons ces points plus loin.

Outre l’appui évident d’Israël, Donald Trump a obtenu le soutien de l’Arabie saoudite. Outre le lien ancien (c.f supra) entre les deux pays, et la rivalité entre les deux géants musulmans, il faut voir là pour l’Arabie saoudite un intérêt purement mercantile : pouvoir influer sur le prix du baril de pétrole.

III/ Conséquences sur l’économie française et européenne et sur l’équilibre de la région

La première conséquence évidente est la perte de milliards d’euros de contrats difficilement obtenus. « Les décisions de Trump, c’est notre chômage » pourrait être un excellent slogan.

La deuxième conséquence à craindre est la suivante : en plaçant de fait Hassan Rohani dos au mur, Donald Trump l’oblige à être dur pour ne pas se laisser déborder et fragiliser par les conservateurs. La mort prochaine du Guide de la Révolution, très malade, étant dans les esprits de chacun, il s’en retrouverait davantage fragilisé. Cette fermeté peut enfermer l’Iran dans une situation de repli sur la scène internationale, avec des provocations comme du temps de Mahmoud Ahmadinejad. Pire encore, Rohani a évoqué un potentiel retour à une production d’uranium enrichie.

La troisième conséquence c’est l’escalade. Côté saoudien, tout d’abord puisque l’Arabie saoudite a déclaré qu’elle chercherait à se doter de l’arme nucléaire si l’Iran le fait. Côté « axe chiite » ensuite puisque la guerre en Syrie et le retrait américain d’Irak a renforcé les divers mouvements chiites. De ce point de vue, Donald Trump a fait un mauvais calcul.

IV/ Les raisons de la colère

Nous l’avons dit, Donald Trump considérait qu’il s’agissait là du plus mauvais deal qui fut. On peut en effet arguer que la production de missiles balistiques n’était pas soumise à contrôle, par exemple. Or, pour le reste, l’Iran s’est très bien comporté sur la période 2015-2018, de l’aveu même de l’AIEA.

Il est possible que Trump ait « subit » l’influence de conseillers dits néo cons mais cela ne change rien aux projets des États Unis tant économiques que militaires.

A court terme, cette sortie profite a priori à l’Arabie saoudite, et éventuellement aux conservateurs iraniens. A titre personnel, je doute qu’à court ou moyen terme, Israël soit gagnante, surtout si des personnes moins modérées que Hassan Rohani reprennent la main. Comme le rappelle Amélie Chelly dans l’interview que je signale supra, quelle que sera l’issue de cette crise, les Iraniens ont un haut niveau de patriotisme (déjà éprouvé lors de l’invasion anglo soviétique, de la guerre Iran Irak etc). La crise peut se résoudre de façon interne, éventuellement (et ce serait une terrible éventualité) par un coup d’État des Pasdarans.

Pour le moment, la population iranienne reste partagée, moitié désabusée moitié attentiste. Mais ils en vu d’autres : Grecs, Romains, Arabes, Mongols…

Le djihadisme ici et là bas

Je vais dans cet article, à l’occasion de l’attentat de Barcelone (qui avait manifesté pour l’accueil des migrants, bisous) exploser le mythe d’un djihad mondial aux causes et aux conséquences uniques des Philippines au Royaume-Uni, de la Syrie à l’Espagne. 

Le djihadisme est la manifestation la plus simple et la plus brutale de l’islam, qui est une religion de guerre et de conquête. Faire le djihad est une obligation. 

L’islam et les civilisations qu’il a imprégnées ou conquises (Arabo-andalous, Turcs, Perses…) s’opposent sur à peu près tout à nos civilisations occidentales qui trouvent elles leur racines en Grèce et à Rome, d’une part, et dans le christianisme d’autre part, pour l’essentiel (m’emmerdez pas avec les trois malheureuses tombes musulmanes trouvées à Narbonne).

Quoique la guerre ait fait parti des moeurs européennes pendant des siècles, nos ancêtres français, italiens, allemands et autres ont partagé ce fond commun avant de l’exporter aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Afrique du Sud. On peut très bien se faire la guerre et échanger de la culture, voyez Lully. 

Le djihadisme qui a frappé le Bataclan et Manchester visaient directement cet Occident, européen, décadent (drogue, musique..) et libéral, valeur permise uniquement sur un terreau helléno-chrétien. C’est là en général que le sot objecte : « Gnagnagna la Syrie gnagnagna le Mali ». Le relativisme est un fléau. Cependant : 

  • Aucune souffrance ne mérite d’être niée : aucune mère ne mérite d’enterrer son enfant de huit ans (même pas les mères israéliennes, n’est ce pas ?)
  • Au Moyen-Orient et en Afrique, les tensions actuelles ne sont que la suite de conflits anciens : chiites, sunnites, Arabes, Yezidis, Kurdes, Assyriens, Perses, ce joyeux beau monde s’étripait sans l’aide des Occidentaux il y a longtemps, faisant et défaisant des alliances complexes (« Si tu comprends le Moyen-Orient, c’est qu’on te l’a mal expliqué » dit le proverbe libanais); se souvenir de l’époque où les Kurdes étaient des supplétifs de l’Empire ottoman.
  • Il n’est pas question de nier l’implication étrangère notamment occidentale, mais elle n’est pas la cause seule.

Les causes du djihadisme sont sans doute les mêmes ici et là bas. Mais les réactions doivent être différentes car leurs acteurs n’ont pas les mêmes buts. Si leur but est de tuer, en Europe, leur but semble plutot de déstabiliser le pouvoir central et de recueillir l’adhésion. 

Tout ne se vaut donc pas même si on ne peut que déplorer la violence des attentats où qu’ils soient.

Que Dieu sauve la Sainte Russie !

Dans cet article, comme son titre l’indique, je parlerai de la Fédération de Russie. Je ne parlerai ni de la Russie tsariste, ni de l’URSS, sinon à titre indicatif et historique. Mes arguments et les exemples seront sourcés. Que les amoureux de Tolstoï, de Dostoïevski et de Tchaïkovsky (dont je suis) se donnent la peine de lire.

Dans une première partie je traiterai de la situation économique russe actuelle, notamment vis à vis de ses partenaires régionaux (asiatiques et européens) et mondiaux.

Dans une deuxième partie, je traiterai de la situation diplomatique et militaire russe, de son engagement sur divers théâtres (Ukraine, Syrie, etc).

Dans une troisième partie, je traiterai de la situation sanitaire, écologique, sécuritaire et sociale russe : santé, pollution, alcool et drogue.
I/ L’économie russe : état des lieux

Si l’on en croit sa fiche Wikipédia, le PIB de la Fédération de Russie a baissé de 4.6% en 2016, atteignant 1280 milliards de dollars (US), pour un PIB (PPA) de 3564 dollars (US), cette fois ci en augmentation de 2.09%.

Il y a à cela une explication démographique (nous le verrons plus loin) mais aussi économique. La Russie est dépendante du dollar et de ses exportations d’hydrocarbures; même si elle produit en marge du diamant, de l’or, etc. Avant même la crise ukrainienne, la Russie a subi un recul de son PIB (en 2009), conséquence de la chute vertigineuse des prix du pétrole. Ne produisant que peu de produits agricoles (4.5% de la population active occupe le secteur primaire), le pays a traversé une profonde crise. Cela s’explique par le manque de terres arables : déserts froids, taïgas, montagnes, marais, etc.

La crise ukrainienne et les sanctions de l’Union Européenne ont là encore impacté une économie déjà fragile, de l’aveu même de Vladimir Poutine. Malgré cette crise, l’Ukraine reste le troisième partenaire économique de la Russie : business is business.
II/ « La marine russe n’est jamais aussi faible qu’on le pense, mais jamais aussi forte qu’on le craint » (ou le contraire) : Camarade Vladimir à la barre

L’armée russe moderne est entrée dans l’histoire sans briller et c’est le moins qu’on puisse dire : l’incompétence et l’ivresse combinée des moujiks devaient permettre aux troupes disciplinées de Tōgō Heihachirō de balayer les navires russes. Cette « tradition » fera des ravages tout le long du XXI eme siècle, et jusqu’en Tchétchénie.

Après la chute de l’Union soviétique, la Russie a entendu regagner une certaine sphère d’influence, au Moyen-Orient, en Asie centrale (notamment en Ouzbékistan, après le 11 septembre), et même en Amérique latine (Vénézuela). Ainsi, de la même façon que les États-Unis, la Russie se crée un système d’alliés et de clients complexe, quoique moins avancé pour le moment, pour servir ses intérêts.

Au Moyen-Orient notamment, il peut compter sur la Syrie baasiste, qui est en fait son pion, et sur l’Iran avec qui les relations sont anciennes (1592). Avec la Syrie, l’intérêt est double : contrecarrer les Européens et les Américains, et s’assurer l’accès à la Méditerranée via le port de Tartous. Quant à l’Iran, c’est un « je t’aime, moi non plus« , un tango argentin qui se joue à la fois en Syrie, et en Afghanistan, où chacune des puissances a ses pions à jouer.

Soulignons ensuite que la Russie fait parti des pays, avec le Canada, les États-Unis, le Danemark et la Norvège, ayant un accès à l’Arctique, atout économique, diplomatique et militaire majeur s’il en est.

Cependant, la puissance militaire russe doit être relativisée : par exemple, elle est en manque de moyens financiers (on se sent moins seul) et ses moyens dans le domaine spatial sont gravement en retard sur les États-Unis.
Dans un autre domaine, celui du soft power, le pays peut compter sur un certain nombre de soutiens dans la droite et l’extrême droite européenne, notamment française.
III/ Que Dieu sauve la Sainte Russie !

La Russie a acquis une image réactionnaire pour les uns, sainte pour les autres. Examinons le détail à partir d’une poignée d’exemples.

Nous avons dit plus haut que la consommation d’alcool était un fléau en Russie, à tel point qu’elle est, en Occident, sujet à plaisanterie. La réalité est moins drôle : une étude publiée dans The Lancet a étudié les morts des habitants de trois villes industrielles de Sibérie entre 1990 et 2001. Il en résulte que 52% des morts des individus entre 15 et 54 est du à l’alcool. Le phénomène ne s’arrête pas là, avec les alcools de substitution.

Passons à la drogue. Dans un pays qui a connu un passage brutal du communisme le plus brutal à l’autocratie capitaliste la plus brutale et en même temps la plus débridée, il n’est guère étonnant que les écarts de richesse se creusent, et que la drogue s’installent dans ces trous. Sa proximité avec l’Asie centrale (Iran, Tadjikistan, Afghanistan…) en fait un véritable supermarché de la drogue, devant lequel les autorités peinent à lutter, la corruption n’arrangeant rien.

Je viens de dire que la Russie souffrait de la porosité de des frontières quant à la drogue. Mais des milliers d’immigrés provenant de ses ex satellites entrent chaque année en Russie, avivant parfois des tensions avec des mouvements nationalistes locaux.

Si la Russie a acquis aux yeux d’une certaine gauche une image réactionnaire, c’est en raison de son opposition aux groupes de pression LGBT. Or, d’une part la Russie autorise la GPA (Gestation pour Autrui), et d’autre part le nombre d’avortements reste élevé, contre coup de la chute de l’URSS et de la crise économique, morale, spirituelle, et politique notamment des années Elstine.

Source : Roostat (service fédéral des statistiques)

Quant à la question du divorce, vertes abordée de façon plus souple dans la religion orthodoxe, il reste un adultère. La carte ci-dessous est éloquente.

La plupart des amoureux de la Russie et de la nature peuvent le dire : le pays meurt. Grand comme un continent, s’étalant sur une grande variété de paysages, de climats, regroupant une grande richesse de peuples, de plantes et d’animaux, la Russie a une responsabilité, un devoir. Observons les résultats (sans oublier les véritables crimes de pays proches comme la Chine, ou plus lointains comme les États-Unis). Le moins visible est sans doute la pollution de l’air, conséquence de la logique prométhéenne de la révolution industrielle puis socialiste, et jamais arrêtée après la chute du communisme. Évoquons ensuite pollution des eaux notamment de l’emblématique lac Baïkal, qui alarme même le président Poutine.
Le CNC a publié sur le sujet de l’écologie et de la Russie un brillant article, qui évoque notamment la pollution des sols, et que j’invite à consulter.

Contrairement à ce que peut laisser penser une hystérie anti russe/anti Poutine, le lourd héritage soviétique, tant d’un point de vue des mentalités que des techniques, n’est pas à négliger. Le productivisme plutôt que l’industrie raisonnée, l’agriculture, et l’artisanat, d’une part, et l’interdiction de parcs et d’associations pour préserver les espaces (Lacs, rivières, forêts) et les espèces doivent être rappelés.

Genre ça

Il y a une grande quantité de sujets qui n’ont pas été traités, ou seulement en surface : démographie, religion, composition ethnique du pays, etc. À dessein cette fois-ci, le sujet Vladimir Poutine n’a pas été traité (sa personnalité, sa carrière, sa fortune) car il était trop vaste.

C’est un pays immense mais fragile, à l’immense potentiel économique, militaire, culturel et écologique qu’à laissé la chute de l’Empire soviétique. Pour le moment, les oligarques et leurs appétits n’ont fait que changer de nom et de masque, et de ce fait, perdurer, voire aggraver les fautes de leurs prédécesseurs socialistes.

Les rebeux et l’antisionisme : histoire d’une escroquerie 

Pour comprendre « d’où je parle », comme disent les cibles principales de cet article, il est je crois nécessaire de montrer que je connais bien mes sujets, tant par ma vie que mes engagements politiques : les rebeux, les beurs, d’une part, et le conflit israélo-palestinien d’autre part. 

Je suis né à une autre époque appelée le XX ème siècle, dans une guerre froide mourante, quand il y avait encore deux Allemagnes.

A l’âge de six ans, j’ai intégré l’école publique de mon quartier. Nous étions deux Européens : une jeune Portugaise et moi même. Et tout au long de ma scolarité dans le public (maternelle/primaire/lycée) les Européens, les Blancs, les babtous ne furent majoritaires Au lycée ils étaient tout au plus 40%, dont une bonne part avaient assimilés des codes qui n’étaient pas les leurs.

Revenons au sujet. A cette époque, lors de mes cours d’histoire et de géographie balbutiant, j’appris à placer l’Italie, la Suisse, les Îles Britanniques etc. Point de Palestine. Ah si : on me parla de Terre Sainte pour me dire qu’à l’appel du Pape Urbain II, et pour protester contre les persécutions subies par les pèlerins chrétiens, les Européens avaient lancé la croisade. A cette époque, si tension ou rancoeur il y avait dans les coeurs de ces petits Mohammed, ils avaient l’élégance de les taire. D’ailleurs, aucun tag, aucune affiche ne décorait murs et poteaux des villes. 

J’entends les Jean-Politologues répéter : « Depuis la seconde Intifada tout a changé ». En effet. La vérité est simple, pour un conflit qui ne l’est pas : les rebeux ont trouvé avec l’antisionisme de gauche une façon d’importer et d’exprimer leur antisémitisme à peu de frais. 

Je peux éventuellement comprendre que ça fasse pas trop bander

Cela leur donne bonne conscience (combat contre l’impérialisme, justification spritualo-humaniste depuis les attentats du onze septembre et l’approbation de divers cheikhs du Golfe) à eux qui vivent dans des pays démocrates, tempérés où rien ne manque (et certainement pas les diverses prestations sociales), si l’on compare à des pays comme l’Égypte ou l’Irak. 

J’ai été moi même un antisioniste véhément. Par anti impérialisme, j’ai été un soutien de la cause palestinienne. Je ne m’en suis jamais caché. Mais j’estime : 1° Qu’un peuple qui élit le HAMAS, mouvement terroriste, antisémite, antichrétien, corrompu et népotique, ne mérite pas mon soutien et en tout cas doit en assumer les conséquences politiques… Comme une pluie de missiles de la part de Tsahal;

2° Qu’une guerre est une guerre : des enfants, des femmes, des hommes meurent. Et cela, les Arabes du monde entier sont incapables de le voir, plus particulièrement les rebeux en bac pro carrosserie. (J’ai rien contre les carrossiers… Comme tout pamphlet, ya des personnages, hein).

3° Qu’il est hypocrite de soutenir une cause sans se battre réellement pour elle, à l’image de rebeux dealers de drogue. 

Le soutien des rebeux à la Palestine est donc doublement de mauvaise foi : ils ne connaissent rien de la réalité là bas (aucune lecture, aucune rencontre etc), et utilisent une cause comme exutoire à des sentiments de haine. Par cette démarche, ils se rendent complice de mouvements antisémites et dangereux en important le conflit en France (bien que d’autres officines juives ne se privent pas de faire de même !). Que le lecteur soit bien conscient : je n’ai aucun avis sur le conflit israélo-palestinien. Je n’en ai plus. Ni kippah, ni keffieh. 

Mais ça c’est pas mon délire. Et puis le blanc me va mal au teint.

Iran-Arabie Saoudite : une guerre froide au Moyen-Orient ?

L’hostilité de plus en plus palpable entre la monarchie saoudite et la République islamique d’Iran (imaginez le frisson de dégoût, de lassitude et d’effroi mêlés qui parcourt mon échine quand je lis cette dernière assimilés aux « monarchies pétrolières », y compris sous la plume de gens bien informés) est de plus en plus palpables, que ce soit pour les apprentis journalistes boutonneux de BFMTV ou chez les « dissidents » de tout bord.

Il apparaît complexe et fastidieux de démêler une relation tumultueuse entre deux énormes puissances diplomatiques, militaires et culturelles (enfin, pour ce qui est de l’Iran, surtout).

Evoquons un certain nombre de faits : comme le rappelait Pascal Gauchon dans le numéro de la revue Conflit de Septembre largement consacré à l’Iran, ce qui fait l’unité du pays, davantage que le fait ethnique, c’est le fait religieux. En effet, depuis la dynastie des Séfévides , pour contrebalancer l’opposition religieuse, politique, culturelle et diplomatique ottomane, les Shahs perses ont choisi le chiisme duodécimains comme religion d’Etat. Cela a permis non seulement une independance vis à vis des monarchies et autres Etats sunnites (Egypte, Maghreb,  pays du Golfe), mais également, aujourd’hui, d’étendre réseaux et pouvoirs parallèles dans des pays à majorité sunnite. L’exemple le plus frappant, si j’ose dire, est celui du Hezbollah, parti politique tout à fait légal au Liban mais qui dispose d’une énorme force de frappe militaire, permettant à l’Iran d’agir en Terre Sainte, et plus récemment en Syrie et en Irak contre Daesh aux côtés de Bachar El-Assad, allié de l’Iran.

Si les Séfévides et les Perses ont choisi cette voie religieuse, c’est dans une volonté de se démarquer de ceux que le poète perse Ferdowsi appelait les « mangeurs de serpents » : les Arabes. En effet, en Iran, les Arabes sont toujours assimilés à deux autres notions : l’invasion et l’islam; comprendre, l’islam sunnite. Cet article n’a pas la prétention de trancher de la validité de tel ou tel islam, force est de constater que le chiisme duodécimain n’a pas le même poids culturel et religieux en Iran.

Il est ainsi facile de comprendre les anathèmes que se jettent depuis plusieurs mois voire années les dirigeants religieux de l’Arabie Saoudite, gardienne des lieux saints de l’ensemble de l’islam (nous y reviendrons) et de l’Iran. Chacun, dans une escalade dangereuse, s’accuse ainsi de n’être « pas assez musulman », ou « pas musulman« , texte à l’appui (ou pas). Ce qui est en jeu ici est moins une question religieuse qu’une question diplomatique. Comme je l’ai dit, l’Arabie Saoudite garde la plupart des lieux saints de l’islam (à l’exception du Dôme du Rocher, situé à Jérusalem). L’Iran garde pour sa part un certain nombre de lieux saints chiites, et s’estime gardienne des lieux saints en Irak, à Nadjaf et à Kerbala : c’est là la raison de ses ambitions territoriales sur sa frontière ouest, dans des zones qui lui ont appartenu il y a plusieurs siècles.

Si l’on rajoute ce problème de dogme la douloureuse question de la bousculade du Hajj de l’an dernier, où périrent 464 Iraniens, la tension ne peut que se tendre davantage dans les mois qui viennent. La question ethno-religieuse, sous tendue depuis des siècles, est donc en train de se muer en crise diplomatique grave. Dans le contexte de la guerre en Syrie et en Irak, où l’Arabie Saoudite joue un jeu pour le moins ambivalent en soutenant des milices islamistes opposées à Bachar El-Assad, il y a fort à craindre une violence indirecte croissante. Une guerre froide au Moyen-Orient.

Ce qui se dessine derrière cet affrontement est une compétition à la fois diplomatique et militaire mais aussi économique pour le leadership du monde musulman. Avec la fin des sanctions contre elle, l’Iran, peut redistribuer ses cartes, au Moyen-Orient, en Amérique latine, en Europe, en Russie, en Inde ou encore en Chine. Bien que subissant une crise à la fois sociale, culturelle, et démographique, l’Iran peut affronter la mondialisation. Et c’est probablement là une des peurs de son voisin saoudien, qui ne peut compter que sur la rente pétrolière pour survivre dans la chaleur hostile du désert.

 

Toute ma vie, j’ai rêvé d’être une hôtesse de l’air…

J’écris cet article en écoutant l’un de mes groupes de musique préféré, Peste Noire. En matière de musique comme dans d’autres, le patriotisme ça me connait. En revanche, pour ce qui est des compagnies aériennes, ne comptez pas sur moi, je deviens le plus impitoyable et le plus libéral des requins.

J’ai déjà écrit des dizaines de ligne sur l’Iran, ici, sur Twitter, sur Facebook, et lorsque cette grotesque affaire mêlant Air France, pseudo-patriotisme économique, et droits de l’homme, j’ai poussé un de mes habituels profonds soupirs, lâchant quelques tweets mi-sarcastiques mi-méprisants, avant de poursuivre mon errance sur les Internets. Las ! Il semblerait que les Français (et uniquement eux) soient quelque peu durs de la feuille.

Je sais fort bien que je ne serai guère entendu, et que ma voix n’a que peu de légitimité. N’importe. Il y a des choses qui doivent être dites.

Reprenons les choses dans l’ordre. Le droit dit que le personnel de chaque compagnie aérienne doit se soumettre lors de l’escale (non lors du vol) au droit et aux coutumes du pays hôte. C’est en vertu de cette loi que l’Iran, pays régi par la charia (et pas l’interprétation la plus rigoriste, chacun en conviendra), demande aux femmes (en l’occurrence les hôtesses de l’air) de se couvrir.

Lesdites hôtesses de l’air de Air France ne l’entendent pas de cette oreille. Elles clament haut et fort à qui veut l’entendre, très haut dans le ciel surtout (et non pas à Barbès ou dans les quartiers de banlieue parisienne que la République a abandonné à une islamisation dans laquelle l’Iran n’a aucun rôle direct ou non) qu’il est hors de question qu’elles s’abaissent à ceci ou cela, qu’elles ont été élevées selon la laïcité et les Droits de l’Homme, elles, môssieur. Et les hommes politiques de tout bord, de l’extrême gauche à l’extrême droite, les intellectuels, les médias, de reprendre en choeur l’antienne des « Droits de l’Homme et de la laïcité », du « elles valent mieux que ça ». La farce serait drôle si elle n’était pas tragique et grotesque à la fois.

La France, ce pays qui a abandonné sa souveraineté aux puissances apatrides de l’argent, à l’Union Européenne, au Qatar, à la Turquie, à l’Arabie Saoudite, à la Russie (je ne citerais pas ces messieurs des Républicains, qui se reconnaîtront, et qui sont des salariés de Gazprom), qui a laissé des rues, des quartiers, des villes entières devenir des enclaves islamistes (donc des repaires de djihadistes en puissance), la France donc, entend donner des leçons à un autre pays en matière de souveraineté et de Tradition ? Quel pays a encore des frontières, une monnaie, une armée propres ? L’Iran ou la France ? Que sont donc ces saillies post-colonialistes à base de « nos valeurs » et « les leurs » ? Le barbare, c’est toujours l’autre : c’est en France que l’on pratique le mariage entre homosexuels, une chose totalement inconcevable pour le Perse moyen et pour l’Oriental moyen en général.

Revenons à l’affaire qui nous intéresse: tout le monde se fout de Air France, ou du voile des hôtesses de l’air : 1) Personne ne prend Air France pour aller en Iran, car cette compagnie est bien trop chère. 2) Dans la pratique, aucune compagnie ne pose de souci avec l’Iran. Il s’agit là d’une manœuvre, alimentée par les médias, pour nuire à l’image d’un Iran qui relance son activité économique, diplomatique et son influence dans la zone. 3) Dans la pratique, on note également que les hôtesses de l’air peuvent très bien vivre sans ce voile.

voile iran af

A titre de conclusion, je rappelle que notre pays est devenu à ce point un pays du tiers-monde que ce sont des Japonais organisés en compagnies privés qui nettoient nos monuments parisiens. Les leçons de morale sont donc je pense assez mal venues.

Daesh et déracinement capitaliste

Il est tentant de balayer la peur légitime qui saisit nos sociétés modernes décadentes  après chaque attentat en invoquant un « nihilisme » de leurs auteurs.

Le nihilisme, du latin « nihil » (« rien ») renvoie à l’idée que « rien » n’a de sens ou de valeur. Les combattants de l’Etat Islamique (Daesh) combattraient ainsi par pur nihilisme, et ne défendraient « rien ». C’est une façon commode de présenter les choses et de se rassurer, à la fois intellectuellement et émotionnellement. Ainsi, on peut opposer à une « civilisation du rien » une civilisation du bien, du beau, des droits de l’Homme, de l’amour, de la fraternité, etc. (la liste n’est pas exhaustive).

Le problème de cette analyse simpliste, qui a cours depuis 2001 et qui séduit à la fois les néocons et la gauche laïciste notamment française, c’est qu’elle s’essoufle face à la réalité. Dans les faits, les terroristes des affaires Merah, Charlie Hebdo, Bataclan et aujourd’hui de Bruxelles (demain Madrid, Londres, Berlin ou Rome ? A croire que Daesh se prend pour un groupe de rock) sont des jeunes de banlieues faiblement instruits y compris sur le plan théologique. Ils ont été radicalisés sur le tard, et ont avant tout connu un parcours dans la violence et la délinquance toujours plus violente.

Les « jeunes de l’immigration », en France, en Belgique, au Danemark, aux Pays-Bas, en Suède, en Italie, en Angleterre, vivent dans un monde que nos élites ignorent ou en tout cas veulent occulter. Il s’agit tout d’abord d’un monde laid sur le plan esthétique et architectural. Les barres HLM offrent un cadre propice à l’ennui et au solipsisme. Il s’agit ensuite d’un monde capitaliste qu’ils rejettent, car il ne leur offre comme options, pour être simple voire caricatural, que de faire des frites à Mac Do ou de dealer. Qu’on comprenne bien l’articulation logique de mon propos : ce n’est pas parce que la société les rejette qu’ils deviennent délinquants, mais l’inverse.

A partir de là, dans une France, et un Occident plus globalement en perte totale de spiritualité, il devient urgent pour une certaine jeunesse, en provenance de pays où la spiritualité est encore très vivante, de trouver quelque chose de satisfaisant. Et cela, La (non) civilisation du Progrès et son nihilisme ne peuvent lui offrir. Dès lors, il est aisé pour l’Etat islamique de monter une communication invitant à la spiritualité, à un Destin. Qu’importe si ce Destin est la mort, car il invite aussi à « purger », « châtier » les « croisés » (je reviendrai plus loin sur ce terme). Il n’y a qu’à voir les vidéos de Daesh (je n’en mettrai pas ici pour des raisons évidentes) ou certains de leurs nasheed

A ce titre, la communication de Daesh qualifiant les pays Européens et leurs habitants de « croisés » (même si on imagine mal François Hollande porter armure) est particulièrement bien rodée. Renvoyant aux temps d’affrontements entre chrétiens et muslmans les plus brûlants, elle introduit une notion « identitaire » très clivante, quand bien même Saladin (une des idoles de cette nouvelle jeunesse 2.0 issue des banlieues) était Kurde, et non Maghrébin ou Arabe…

A titre de conclusion, je pense qu’il convient de se méfier de tous les pseudos-adeptes de théologie (notamment musulmane), de politique, de géopolitique, de sociologie et d’ethnologie qui pullulent sur la toile, et ce de tous les côtés. Ce modeste article, même s’il affiche une volonté de faire avancer le débat, n’a en réalité que peu de prétention.

Le Roi et l’oiseau

Il y a quelques jours, le Président de la République française, François Hollande, a décoré de la légion d’honneur à Mohammed ben Nayef al Saoud, ministre de l’intérieur et prince héritier du Royaume d’Arabie Saoudite.

Voilà pour les faits. Immédiatement, condamnation unanime en France et en Europe, de la part de tous les humanistes (car la France est le pays des droits de l’homme_ j’aime mieux quand on dit qu’elle est le pays de la gastronomie, bien plus appétissante) de gauche, de droite, des féministes, des abolitionnistes, des islamophobes néo cons, etc. A l’extrême droite même, combien se sont scandalisés, eux qui crachent sur cette grotesque insigne qu’une Mimi Mathy peut arborer à son (petit) veston, qu’un prince d’Arabie Saoudite soit décoré de cette légion d’honneur, puante en temps normal. Eux qui sont en temps normal de farouches défenseurs de la peine de mort pour les assassins, les violeurs d’enfants et les trafiquants de drogue, ce qu’est le Roi Abdallah d’Arabie Saoudite, on leur a découvert des sensibilités de jeunes filles, et des cris de pucelles hystériques, condamnant un prince arabe venu d’un pays aux mœurs barbares, ne respectant pas les « Droits de l’homme » ! Un comble ! Tous ces royalistes, fascistes, et autres, qui passent leur temps à conspuer les « Droits de l’Homme » et Marianne la salope se retrouvent maintenant sur les réseaux sociaux et au bar à cracher leur bile, au nom des mêmes principes, sur un prince arabe, sans doute, il va de soit, peu recommandable.

A l’inverse, quelle ne fut pas ma surprise de constater l’assourdissant silence des FEMEN et Osez le féminisme, toujours promptes à défendre la veuve d’un autre pays (Somalie, Afghanistan, Colombie, Inde, etc) ; on se souvient notamment du happening des FEMEN lors de la venue de Rohani. Assourdissant, coupable silence ! Leur envahissante voix s’était tue… Dans le désert d’Arabie Saoudite. Adieu, le colonialisme paré des couleurs chamarrées des bons sentiments de l’Homme (la Femme ! Pardon!) sauveur (sauveuse, du coup…). Le royaume d’Arabie Saoudite n’eut à souffrir de reproches et de critiques sur son usage du sabre, de la pierre ou du fouet, sur son interdiction de sortir, de conduire, de voter (sauf aux élections municipales) sur les femmes ni de la part des Chiennes de garde, ni des FEMEN, ni de Osez le féminisme, ni de Ni putes ni Soumises.

J’aimerais ensuite attirer chacun sur le manque de cohérence de certains. Pourquoi se scandaliser de ce qu’un Etat souverain (en l’occurrence l’Arabie Saoudite) décapite les trafiquants de drogue, les violeurs et les assassins, alors que d’une part c’est la position de nombre de nationalistes, et d’autre part notre pauvre France n’est même pas capable de faire régner l’ordre lors d’une manifestation de lycéens ou d’une émeute en prison, sans même parler de ses frontières ? Occupons nous de reprendre le pouvoir, d’établir les relations commerciales, militaires, diplomatiques et culturelles que nous voulons avec cet Etat. Et nous remettrons des décorations à qui nous le voudrons. D’ici là, un peu d’humilité, c’est une vertu chrétienne.

Les aventures d’Ingrid bête en cours en Iran

Ingrid Bétancourt, l’une de nos plus célèbres anciennes otages (on aime bien semer des otages dans les déserts, les jungles et les montagnes d’Amérique latine ou du Moyen Orient, en France) vient de déclarer sur BFMTV, en tant que « Ambassadrice de la cause des femmes en Iran » : « S’il y’a Daesh c’est qu’il y a l’Iran »

Je crois que je sais maintenant pourquoi on l’a récupérée, pourquoi les FARC ont écourtée son stage en ERASMUS pêche et nature dans la jungle. Parce que dès qu’elle ouvre la bouche, depuis sa libération, elle dit n’importe quoi. J’imagine le calvaire que ça devait être là bas ! Oui parce qu’elle parle aussi l’espagnol ! Elle parle pas le farsi, mais elle parle l’espagnol, étant à moitié colombienne ! Donc à mon avis, les troupes gouvernementales, ça devait être de la touchette à côté des conneries débitées par cette gourdasse.
Intéressons nous à un premier point : que connait Ingrid Bétancourt de l’Iran a priori. Fouillons son impressionnant CV, hors le tragique stage en Colombie susévoqué (même pas foutu de rapporter un peu de blanche). Diplômée de Sciences Po Paris, elle est passée par divers ministres colombiens (finance, commerce extérieur, etc). Elue députée, etc. Sa page Wikipedia, assez ennuyeuse, vous renseignera comme moi : elle doit tout juste savoir placer l’Iran sur une carte et le distinguer de l’Irak.

Je m’étonne ensuite de ce poste : comment ce fait-il qu’une franco-colombienne bénéficie d’un poste à responsabilité dans un autre pays ? Ne serait-ce pas là une splendide ingérence néo colonialiste dont est si familière la gauche (voir les discours de Jules Ferry et de Léon Blum que je suis las de reproduire à chaque fois ; je me contenterais d’une phrase de Paul Déroulède, homme d’extrême droite : « J’ai perdu deux sœurs, et vous m’offrez vingt nègres ») ? Il est vrai que l’Iran est un pays qui a besoin d’ingérence coloniale, n’ayant pas subi d’influence coloniale pendant l’épopée des XIX ème et XX ème siècle.

Je m’interroge ensuite sur la présence d’un cerveau dans la boîte crânienne de cette femme : comment peut on faire un quelconque lien entre Daesh, d’obédience sunnite et donc profondément prosélyte, avec l’Iran chiite absolument pas expansionniste ? Quel lien établir entre un califat (puisque l’Etat islamique revendique le califat, aboli en 1924) et une république islamique, soutien des ennemis les plus ardents (Bachar Al Assad) dudit Etat islamique ?

Il est donc possible que l’auteur de ces mots amalgame (oh, la vilaine fasciste) tout et son contraire. Revenons au point de départ, c’est-à-dire à son poste, qui concerne, les femmes en Iran. J’aimerais voir sa tête quand elle verra les iraniennes portant maquillage, lunettes flashy, rouge à lèvres, voiles légers, soit beaucoup moins de tissu sur la tête qu’en Seine-Saint Denis, mais c’est un autre problème. Notre bonne Ingrid s’imagine sans doute que les femmes sont pendues à tour de bras (comme ce que s’imaginent les FEMEN, dont j’attends toujours un commentaire au sujet de la douteuse légion d’honneur remise au Prince héritier de l’Arabie Saoudite), qu’elles sont horriblement violées, lapidées pour un rien, mangées vivantes, que sais-je encore, ayant en tête la récente affaire de Téhéran et Esfahan de ces femmes aspergées d’acide dans les rues, ou encore la fameuse et récente loi autorisant « le mariage des enfants ». Mettons au clair quelques points, prenons du recul, et prenez un miroir, amis français qui avez accepté le mariage entre homosexuel. Le barbare, c’est toujours celui qui ne parle pas la même langue et n’a pas les mêmes coutumes.

Oui, les femmes peuvent être condamnées à mort. Je ne vois absolument pas ce qu’il y a de choquant dans la mesure où l’Iran pratique la peine de mort pour le meurtre, le viol, le trafic de drogue, la sodomie, le lesbianisme (à la troisième récidive), etc
Il est évident que les femmes ont des droits asymétriques concernant le mariage et le divorce, notamment, mais la société iranienne, pénétrée de coutumes et de valeurs millénaires notamment zoroastriennes, a toujours fait peu cas de ce genre de « droits » très musulmans, très arabes. En effet, il faut rappeler qu’en Iran, l’islam, notamment l’islam sunnite (celui de Daesh, des Arabes ; car les Iraniens ne sont pas des Arabes contrairement à ce que tu sous entends dans ton interview, Ingrid) est assimilé aux envahisseurs du VII ème siècle. Ainsi, dire comme madame Bétancourt que l’Iran participe « exporte la misogynie institutionnalisée » est non seulement faux, mais également dangereux d’un point de vue de la culture de l’Iran, et d’un point de vue géopolitique. Pour être très concret, les seules choses qu’exporte l’Iran en ce moment sont des combattants (milices afghanes, notamment), des armes, et des hydrocarbures. La seule idéologie exportée par l’Iran, le velayat-e faqih, ne saurait influencer Daesh, dans la mesure où il s’agit d’un terme de droit musulman concernant uniquement le chiisme duodécimain.
Ainsi, sur le mariage des enfants, loi qui fit tant de scandale, il y a deux choses à comprendre. Premièrement, la loi n’a servit qu’à encadrer une pratique qui existait déjà. Deuxièmement, cette pratique permettait d’éviter que l’héritage ne sorte de la famille, quelque chose qui se faisait… En Grèce antique. Je pense que je ne t’apprends rien, Ingrid, si je te dis que Grecs et Perses sont deux peuples Indo-Européens qui ont beaucoup échangé, et pas qu’en se tapant dessus.

Sur l’affaire de l’acide jeté sur les femmes, cette affaire, prise avec le plus grand sérieux, c’était le fait manifestement d’individus absolument mal intentionnés. Je confesse n’avoir pas davantage d’informations sur le sujet, mais si tu en as, Ingrid, je serais ravi de les accueillir (quand tu auras su distinguer Yazd de Qom).

Chacun m’excusera je l’espère pour le ton parfois peu académique, et les attaque ad personam de mon billet d’humeur.