Le rat de Paris

Je viens de lire avec un certain scepticisme l’article de Marie-Sophie Germain, spécialiste (?) des NAC (nouveaux animaux de compagnie).

L’auteure nous explique que les rats sont victimes de préjugés et gagnent à être connus.

Sous la forme de « [proposition] = vrai/faux », nous apprenons ainsi pèle mêle que le rat, au final, est un animal charmant, intelligent, sociable; un vrai gentleman.

Entrons dans le vif du sujet. Madame Germain commet un premier contresens quand elle évoque le rat noir, hôte de la puce responsable de la peste noire. Quitte à entrer dans les détails, ce n’est pas la puce, la coupable, mais Yersina pestis, un bacille. Elle doit son nom à Alexandre Yersin, bactériologiste suisse. En outre, si la peste noire fit tant de ravages c’est que le rat noir n’était que le premier porteur de la puce : celle-ci avait pour hôte tous les autres mammifères à l’exception… Des chevaux, ce qui explique que les valets d’écurie et les palefrenier furent moins touchés, car ils dormaient avec leur bêtes. Ceci, Marie-Sophie Germain l’évoque superficiellement.

Mais le rat brun, dont parle justement notre bloggeuse, n’est-il pas un mammifère potentiellement hôte d’une peste noire jamais éradiquée ? Pourquoi dire qu’il n’y a « aucune raison de craindre la peste »?

En outre, L’auteure évoque très justement un animal vecteur de maladies à la Réunion et en Nouvelle Calédonie. Il me semble que les habitants de ces pays sont des êtres humains, qui plus est français. Leur état sanitaire devrait inquiéter tout le monde… Même des Parisiens. Quant à la comparaison avec les animaux que sont les porcs et les chiens, il me semble que l’épidémie de rage, dernière épidémie connue, est en bonne voie d’être éteinte dans les pays occidentaux.

En outre, l’idée que les chiens soient soient vecteurs de maladies me sembler s’appuyer sur un préjugé, celui de chiens errants sans maîtres pour les nourrir, les dresser, les contrôler (donc en dominer l’agressivité canine/lupine naturelle) et les soigner (donc éviter lesdites maladies). Or, les Français possèdent 61 millions de chiens et y consacrent temps, argent et dépenses vétérinaires.

Sur l’invasion des villes, je me demande quand peut-on parler d’invasion dans la mesure où l’on parle de déjà vingt millions d’animaux.

Il est évidemment amusant, voire louable, de vouloir dresser un rat ou deux comme NAC, mais si les rats s’entendent (et se pensent, comme animaux intelligents et sociaux) en groupe élaboré, hiérarchisé, des liens n’ont pas de sens au delà d’une certaine mesure. Nous ne sommes pas de la même espèce.

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De la foi et de la raison

Parmi les contempteurs du christianisme, et de sa belle version occidentale et européenne (le catholicisme), ils s’en trouvent deux catégories unies par un curieux « hasard ». La première est celle regroupant les progressistes de tout bord, dont nous ne feront pas le procès ici, d’une part, et les anti chrétiens que nous qualifierons de plus spirituels, d’autre part; je parle ici de ceux qui se nomment païens.

« Le triomphe de la déesse Raison » de Pierre-Nicolas Legrand de Lerant

Les uns trouvent d’ailleurs très amusant et spirituel (sic) d’appeler les chrétiens crétins alors que dans le même temps, ils accusent l’Eglise catholique d’avoir maintenus les paysans (le pagus, les païens!) dans l’ignorance, gardant comme un dragon son trésor le Savoir et la Science… C’est à n’y rien comprendre.

L’accusation régulière est la suivante : il est impossible d’entretenir une foi en Dieu (celui des Évangiles, du credo, etc) et en même temps avoir une réflexion logique (Au sens grec), rationnelle (Au sens latin). Adieu Lemaitre, Sorbon et Galilée! Comme disait le Patron, « Fiat lux! »

I/ Foi et raison ne sont pas de même nature

Comme l’explique très bien Dostoïevski dans son roman « les Frères Karamazov » (Première partie, Livre premier, chap. V) foi et raison sont si séparées qu’il est inutile de tenter de prouver l’existence de Dieu à un athée rationnel (ce qui seul pourrait serait susceptible faire naître sa foi) en lui montrant tel ou tel miracle. Non pas que les athées soient idiots ou manquent de coeur, mais parce que la foi et la raison sont d’ordre différent. Mais de la même façon, un croyant rationnel ne perdra pas sa foi quand bien même on démontait tous les miracles et les mystères. Demeure la question suivante : si Dieu existe (et qu’il a une bonne excuse, comme disait Woody Allen), quelle est sa place dans l’univers et ses lois ?

Féodor Dostoïevski en 1876

II/ Dieu est au delà des lois humaines et même de sa compréhension

Définir c’est réduire. Il serait donc orgueilleux (Au sens tant physique que spirituel), de vouloir assujettir Dieu à une équation qui quoique fort complexe, serait forcément en dehors de notre compréhension intellectuelle. Dieu ne peut être un objet mathématique mesurable. Une équation peut être comprise et résolue. Dieu ne le peut pas pour la simple et bonne raison que Dieu est amour infini et que l’amour infini, sous la forme du Christ crucifié pour racheter nos péchés, ne peut se calculer avec aucun ordinateur. Pour ma part, je refuse de répondre à la question posée plus haut d’un point de vue logique.

III/ L’histoire nous a donné beaucoup de scientifiques croyants

Certains étaient même clercs comme le chanoine Georges Lemaitre, dont les travaux sur l’atome primitif ont préparé la théorie du Big-Bang.

Georges Lemaître

Copernic était, en plus d’être médecin et astronome, chanoine.

Et dès le IV ème siècle après Jésus-Christ, dans son Commentaire de l’épître aux Ephésiens, Jérôme de Stribon critique ceux qui nient la rotondité de la Terre.

Bien entendu, les rapports avec les autorités ecclésiastiques ont souvent été compliquées, entre méfiance et intérêt; qu’on songe au malheureux Galilée. Néanmoins, à leur mesure et sur la longue durée, ils ont pu contribuer à la civilisation occidentale; quand certains n’ont pas été faits saints comme Hildegarde de Bingen, musicienne, médecin, théologienne, canonisée et faite docteur de l’Eglise par Benoît XVI.

Il découle de ce court exposé ceci : premièrement, la foi n’a aucune raison a priori d’entraver la réflexion. Deuxièmement, loin d’avoir été la période d’obscurantisme intellectuel, littéraire, spirituel, artistique, le moyen âge qui a vu fleurir le catholicisme a plutôt préservé et transmis ce qu’il a pu.

Thomas d’Aquin, disciple catholique d’Aristote

Rien à foot de la race!

A l’heure où le mot « race » vient d’être rayé de la constitution dans le but avoué de supprimer les supposées conséquences de son existence (comme si la suppression de la pauvreté avait éliminé celle ci), le mot honni revient pourtant, dans l’actualité. Comme un tas de poussière qu’on voudrait cacher sous un tapis, « les faits sont têtus » disait Lénine : l’équipe de France de football est majoritairement composée de joueurs d’origine subsaharienne.

Avant de continuer, soulignons deux éléments anecdotiques (ou pas) : le premier est que s’ils apprécient, contrairement à nous, la France et l’Europe multiculturelles dans laquelle ils vivent, les joueurs multiplient les déclarations « patriotiques ». Il est évident que l’attachement à la France, pour sincère qu’il soit, manque de « chair ». Mais cela contribue à la cohésion d’ensemble.

Le deuxième élément à souligner est le retour progressif d’une foi catholique diffuse mais forte notamment à travers des joueurs comme Olivier Giroud ou Antoine Griezmann.

Ces deux éléments posés, attachons nous au problème principal… Qui n’est pas l’équipe de France de football. Dire qu’elle représente la France est vraie. C’est une triste vérité : la France, comme d’autres pays, a reçu depuis environ quarante ans des vagues d’immigration d’une ampleur inédite pour son histoire. Ceci a changé sa structure sociale et démographique, influencé son économie, certains de ses modes de vie, et pesé négativement sur sa sécurité : voilà bien la définition détaillée du multiculturalisme.

L’équipe de France de football ne fait que ce pour quoi elle est payée : jouer au football. Les sélectionneurs, entraîneurs, investisseurs, choisissent les meilleurs. Si l’idée que les Français de souche sont « naturellement » moins bons (endurance, vitesse, réflexes) est largement à nuancer (voir là encore le cas de Griezmann qui dut faire sa carrière en Espagne pour accéder au niveau professionnel), il est vrai que la société et le système médiatique, politique et sportif aide peu les jeunes sportifs de souche dans un pays qui a une faible culture de ce sport, notamment en comparaison de l’Angleterre par exemple.

Les causes et les conséquences de la composition de l’équipe de France doivent être analysées comme un élément d’un problème plus vaste. Celui ci comprend l’immigration, la remigration, la sécurité, etc.

Il me paraît par conséquent logique de soutenir une équipe et ce même si les médias, les politiques, les associations tenterons probablement de récupérer l’image et la victoire d’une victoire. Et encore: il appert que, vingt ans après, la « sauce » ne prenne plus tellement, même à gauche.

Il est également tout aussi indispensable de ne pas perdre de vue son propre enracinement (et donc ne pas confondre fête et festivisme) et la nécessaire remigration, qui s’inscrit dans une logique de réenracinement des populations : une terre, un peuple.

Pourquoi le (potentiel) futur Califat s’annonce décevant

Ce titre provocateur risque de m’attirer les foudres d’un grand nombre d’imbéciles. Qu’il soit bien précisé à tous qu’il ne s’agit pas d’un article politique et que cet article n’a pas pour but de trouver des solutions politiques aux problèmes posés.

Pour le comprendre, je vais commencer par exposer très brièvement une des thèses de René Guénon, qu’il développe dans son ouvrage le plus connu, « la crise du monde moderne » (1927). Dans cet ouvrage, le philosophe développe l’idée d’un occident moderne qui aurait perdu la Tradition, là où l’orient (civilisation indienne, monde islamique, civilisation chinoise) aurait conservé cette Tradition. Il en profite pour balayer toute tentative de « recréation » de Tradition par ce qu’il appelle les traditionalistes, qu’il oppose d’ailleurs aux traditionnels.

Partant du principe que nous nous situons à la fin de ce que les Hindous nomment le Kali-Yuga (l’âge sombre ou âge du fer), il estime que la seule façon dont pourrait être sauvé l’occident est de s’abreuver à la source orientale, dans la mesure où les sociétés traditionnelles sont similaires entre elles.

Oui c’est pas pour demain non plus.

Et c’est précisément là que le bât blesse. Mort en 1951, René Guénon, qui s’alarmait en 1927 de la modernité en occident, n’eut pas le temps de la voir gagner l’orient : mères porteuses en Inde, capitalisme et suicides en Corée du Sud et au Japon, communisme en Chine, en Asie du Sud-Est, fin des castes en Inde, buildings vertigineux au Moyen orient, en Corée du Sud, en Chine, au Japon, à Singapour…

C’est pas si tradi…

Nul doute que la seconde guerre mondiale et la guerre froide d’autre part ont rompu de façon durable et profonde l’idée que Guénon se faisait de l’orient. Il est évident que s’il existe une Tradition primordiale, elle existe encore (au moins dans une certaine mesure) au Japon, en Mongolie, au Tibet, en Perse, en Chine, en Inde, ou dans le monde islamique.

Mais considérons ceci. Chez l’écrivain américain Robert E. Howard, créateur de Conan, le barbare est supposé agir comme un feu régénérateur : il est Śiva,créateur et destructeur. Devant les civilisations affaiblies, il vient les « tester » ; comme Attila ou Genghis Khan, le barbare sert d’ordalie. L’alternative est la suivante : être détruit (puis renaître) ou repousser le barbare.

Cavalier de Kubilaï Khan

Le problème de la civilisation occidentale/européenne est celui-ci : elle n’a ni Attila, ni Genghis Khan. Son barbare à elle n’est pas une armée. Il s’agit d’un mélange de mercenaires venus de tout le monde musulmans, d’une part, et d’autre part de jeunes de banlieue d’origine maghrébine ou africaine pratiquant un islam mâtiné de capitalisme McDonald’s : la chicha entre la prière et le Starbucks. Ils sont encore plus déracinés que les autochtones auxquels ils s’en prennent (insultes, vols, agressions, viols, meurtres, attentats). Ils n’ont d’ailleurs en réalité pas plus d’intérêt au califat qu’eux : si la législation concernant les voleurs était la même à Raqqa et à Trappes, le nombre de manchots irait croissant.

Futurs soldats du califat?

Il est difficile de dire si Guénon a fait ou non une erreur sur ce point. Il serait plus exact de dire que l’histoire a été cruelle avec un certain nombre de ses prévisions au niveau du temps court, lui qui raisonne sur le temps très long.

D’un point de vue guénonien, le potentiel futur Califat, s’annonce donc décevant : fort peu « islamique », s’accomodant fort bien de la démocratie et du capitalisme le plus brutal… L’expérience nous a montré que des pays pouvaient combiner théocratie musulmane et capitalisme parfaitement intégré dans le grand marché mondial, à l’image des pays du Golfe.

De la mauvaise lecture de Huntington

Une idée assez courante veut que les rois de France notamment François Ier et Louis XIV étaient des traîtres à la France/l’Europe/le christianisme (au choix) sous le prétexte qu’ils avaient des alliances avec la Sublime Porte (l’empire ottoman). Je vais tenter de convaincre ces étonnants ethno-masochistes (souvent athées d’ailleurs) qu’ils sont dans l’erreur.

I/ Les chrétiens n’ont jamais formé un bloc

Si la religion chrétienne est une réalité, le monde chrétien ne l’est pas. Des chrétiens ont passé leur temps à se faire la guerre. C’est d’ailleurs pour cela que la paix de Dieu et la trêve de Dieu furent instaurées. Les conflits féodaux divers, la guerre de cent ans, la guerre des deux roses, la conquête de la Grande Bretagne par Guillaume le Conquérant ne fut pas un « conflit de civilisations » huntingtonien.

Pendant les croisades mêmes, on assista à de graves tensions entre catholiques et orthodoxes (pillage de Constantinople en 1204 avec la bénédiction de Vénitiens… catholiques).

Les guerres de religion du XVI ème puis du XVII ème, dans le sillage de la Réforme, montrent là encore s’il est besoin l’absence d’unité « européenne » du « monde chrétien » d’un point de vue militaire et diplomatique. L’harmonie et la paix dont nous avons hérité est certes un fruit du christianisme mais il s’agit d’un travail long et fastidieux, mené par l’Eglise en parallèle d’un travail culturel et civilisationnel.

La première conclusion à tirer est celle-ci : ce n’est pas « la religion » (terme vague) qui a été source des guerres puisque précisément le message de l’Evangile est un message de concorde, de paix et d’amour. Les guerres médiévales étaient en réalité peu mortelles, en raison du rôle joué par la diplomatie, des alliances matrimoniales, du rôle de l’Eglise (C’est elle qui permit à des pays tellesque la Bohême de se tenir à l’écart de la guerre de cent ans). De plus, les XIII-XIV ème siècle, l’occident médiéval chrétien est un monde relativement peu peuplé, à l’exception du royaume de France, auquel la peste porta un coup sévère.

II/ Et les musulmans n’ont jamais formé un bloc non plus

Mais les musulmans n’ont jamais formé de bloc non plus. Divisés en courants, écoles, les sunnites en particulier ont « souffert » de l’absence de hiérarchie. La période des mamelouks en particuliers (1250-1382/ 1382-1517) montre bien le mode de fonctionnement de transmission du pouvoir. Étant des esclaves, c’est par le complot et l’assassinat que le pouvoir se transmettra durant trois siècles, avant de demeurer en place sous La conquête ottomane. Cet état de grâce durera jusqu’à leur massacre en 1811, roi d’Egypte d’origine albanaise.

Allez hop hop, les mamelouks, ça dégage

Dans le reste du « monde musulman », la plupart des conversions de dynasties se firent d’ailleurs pour des motifs politiques : ainsi, quand Shah Abbas II, dirigeant safavide de la Perse, convertit sa dynastie et son pays au chiisme duodécimain, c’est pour s’opposer au califat turc, son voisin et rival. Le conflit entre le monde perse et le monde turc est d’ailleurs toujours présent aujourd’hui. A titre d’exemple, jusque très récemment, la République islamique d’Iran protégeait officieusement le PKK contre la Turquie.

III/ Un peu de géopolitique… Et de bon sens

Ainsi, quand la France s’allie avec l’empire ottoman, elle ne cherche qu’à contrebalancer le pouvoir des Habsbourgs qui, telle une pince à trois doigts, l’enserre au sud (Espagne), au nord (Pays-Bas espagnols) et dans une moindre mesure à l’est (Autriche; proche de l’empire ottoman donc).

Il est de même logique que la France, quoique « Fille aînée de l’Eglise » ne fasse pas parti de la Sainte Ligue, à une époque où elle est la première puissance européenne d’un point de vue militaire, économique, et démographique.

Mais l’observateur de bonne foi remarquera qu’un autre pays catholique, la Pologne, ne fait pas parti de la Sainte Ligue… Probablement parce qu’elle n’avait pas d’intérêt politique à envoyer des troupes combattre. De la même façon, de peu sont ceux qui reprochent aux Vénitiens (catholiques ont le rappelle) d’avoir abandonné Georges Castriote dit Skanderberg, héros catholique de la lutte des Albanais contre les Ottomans. L’Albanie sera vendue aux Ottomans.

L’idée n’est pas de porter un jugement mais au contraire de mettre en évidence la complexité de l’Histoire, les alliances, les mentalités des diverses époques, les comportements sociaux, militaires, qui peuvent nous paraître étonnant ou révoltants.

Un dirigeant politique pense aux intérêts de ses sujets/citoyens. Le reste n’est que littérature. Lors de la révolution bolchévique, des tendances diverses ont combattu ensemble : socialistes, tsaristes, réactionnaires, anarchistes jusqu’à l’armée du Baron Roman Ungern Von Sternberg.

Il apparaît donc nécessaire de ne pas calquer des schémas actuels sur des faits passés et vice versa. L’idée que l’histoire se répète toujours deux fois selon l’historiographie marxiste paraît souvent douteuse.

Art contemporain : les orphelins de la technique

L’artiste Déborah de Robertis s’est fait remarquer le 24 septembre 2017 lors d’une prestation artistico-visuelle au Louvre lors de laquelle elle a exhibé ses attributs féminins devant la Joconde. « Happening » féministe autant que politique et artistique, c’est là la preuve que l’art, notamment pictural, peine à se renouveler sans appui financier, médiatique et publicitaire. On se souvient de même du « Vagin de la reine » du plasticien Anish Kapoor, autre témoignage d’une préoccupation pour le moins troublante des « artistes » du XXI ème siècle pour la représentation graphique du sexe féminin.

« La laideur vient d’un désir de profanation. Avec la perte des rites de passages et de la culture religieuse, les hommes sont perdus. Ils commencent alors à vouloir se venger des anciens idéaux qui les ont trahis. »

Roger Scruton

Il est courant, voire récurent, de lire et d’entendre dans les milieux réactionnaires ou dits conservateurs que « l’art est mort  » sans que personne ne puisse fixer de date ni d’explication. Et qui de dire que Picasso était décadent, qui d’accuser le Bauhaus, avant que la discussion ne dérape dangereusement jusqu’à l’ad hominem ou le point Godwin.

Se pose une question essentielle : comment en est-on arrivés à la mort de l’art ?

Une série d’explications qui se nourrissent les unes les autres, et se suivent parfois, est envisageable.

La première est la mort progressive de Dieu. Quand les hommes de la Renaissance ont mis l’homme au centre de la création et de la représentation d’une part (homme de Vitruve) et d’autre part la pensée (cogito de Descartes), ils ont écarté de fait la première et la plus importante des hiérarchies : celle de Dieu. Or, ce qui est Beau est nécessairement Vrai et Bien, d’un point de vue théologique. Bien entendu, nombres d’œuvres d’art et de bâtiments contemporains ou postérieurs à la Renaissance sont de véritables chefs d’œuvres. Que l’on pense seulement à la Chapelle Sixtine, aux églises de la Contre-réforme catholique. Mais déjà certains de ces bâtiments ont un parfum de ce que les Grecs nommaient hubris ( ὕϐρις en grec ancien), à l’image du château de Versailles. Pour ces bâtiments comme pour ceux de nos XX et XXI ème siècles, l’écrivain Nicolàs Gòmez Dàvila avait une phrase : « la plus grande accusation contre le monde moderne est son architecture ». Il n’est pas question de nier la beauté de ces bâtiments mais de douter du rapport de celle-ci avec la Vérité et le Bien.

Une deuxième explication réside sans doute dans la prise de conscience que l’Homme, et ce qu’il a bâti, est éphémère. Paul Valery dans « Agonie ou renaissance » déclare « Nous autres civilisations savons maintenant que nous sommes mortels ». L’entre-deux guerres, ainsi que les divers mouvements culturels, artistiques et philosophiques, montrent bien cette idée d’une civilisation pressée de vivre, et de s’éteindre rapidement. Les mouvements surréaliste ou dada ne concernèrent que des cercles d’initiés là où l’art gothique par exemple avait été un mouvement architectural de fond. Le XX ème siècle, et plus encore le XXI ème, est d’un point de vue artistique et architectural l’ère du pratique plutôt que celle de l’esthétique (béton, goudron). C’est l’époque de l’immeuble collectif puis du HLM plutôt que de la maison, là encore pour des raisons économiques et historiques ; la reconstruction, le plan Marshall et l’exode rural sont passés par là.

Mais le XX ème siècle de l’après-guerre voit également arriver peu à peu la mort du progrès dans la technique : c’est le siècle où l’on a tout fait, tout vu, ou presque. Il n’y a pas de réelle innovation dans la peinture, le principe du cinéma et de la photographie reste le même jusqu’à l’arrivée du numérique. De même, les progrès de la cartographie, rapidement assistée par satellite, dès 1972, en viennent à peu à peu « tuer » les imaginaires. De fait, on dessine, on peint, on filme et on photographie peu ou prou comme les précurseurs. Le nombre d’arts n’a pas augmenté, malgré l’ajout relativement récent des arts médiatiques et de la bande dessinée et prochainement du jeu vidéo, qui sait.

Quels que soient les qualificatifs, péjoratifs ou mélioratifs, que l’on attribue à ces artistes, la réalité est cruelle : ils sont orphelins de la technique.

Nos Pères nous ont légué un fabuleux héritage artistique et intellectuel que nous sommes incapable non seulement de perpétuer, mais pire encore, de transformer. Nous sommes incapables de faire aussi bien que nos ancêtres, et c’est là un vertige absolument terrifiant.

Voilà pourquoi on voit des gens de lettres devenir courtisans, ou des plasticiens et des peintres concentrer leur oeuvre sur leurs seules parties génitales : parce qu’ils n’ont rien de Beau, donc de Vrai à produire, et parce qu’ils n’en ont plus les moyens techniques de le faire. Ils sont à la fois orphelins et matricides de la techniques : en faisant aveuglément confiance à celle-ci, ils ont oublié ce que l’Homme avait de talent créateur propre. Parce qu’il est de plus en plus facile de prendre une photographie et de la modifier, ils ont privilégié l’outil plutôt que la main et l’esprit qui le guident.

C’est également la raison pour laquelle la critique anti capitaliste de l’art contemporain est incomplète, borgne : si la financiarisation du « marché de l’art » est indéniable, il n’en demeure pas moins d’une part que la crise est avant tout philosophique et esthétique, et que d’autre part le capitalisme financier ne fait que jouer le rôle d’accélérateur des crises que traversent le monde de l’art.

La mort de l’art est indéniable. Mais c’est moins un contexte économique que spirituel et philosophique qui est en cause. Ce n’est que par un renouveau spirituel et philosophique que l’art sortira de cette boucle de laideur infernale à tout point de vue. Sans cela, la peinture, l’architecture, la photographie et même la littérature risquent de se retrouver comme prisonniers.

Conan le barbare : un film pas si bourrin

De nombreuses analyses ont été faites du personnage de Conan, de son univers, mais peu, je crois, ont cherché à en creuser la philosophie et la théologie. Je vais donc tâcher de démontrer les lignes de fracture que le film de John Milius de 1982 tend soit à mettre en exergue soit à réconcilier, notamment en m’intéressant au personnage de Thulsa Doom.

I/ Un « méchant » evolien

Dans la doctrine de l’éveil Julius Evola définit la conception de la vie dans le bouddhisme notamment comme une succession de tourbillons, comme un fleuve. Cette idée se retrouve dans le roman de Hermann Hesse Siddartha (le nom de Bouddha avant qu’il atteigne l’éveil).

Ai-je besoin de faire les présentations?

Le philosophe italien explique également que le bouddhisme est la seule religion et la seule doctrine qui soit réellement ascétique. A ce titre, Conan le barbare propose un traitement bouddhique du personnage de Thulsa Doom : immortel, ce sorcier a pour modèle et emblème le serpent (oroborous). Interprété par James Earl Jones, il ne manifeste jamais la moindre contrariété, joie, ou colère. Cela se voit à deux moments. Le premier est la fin du saccage du village de Conan, au début. Bien que l’opération soit un succès objectif total, Thulsa Doom n’a ni un mot ni un sourire de joie ou de contentement, pas même de joie sadique quand il décapite la mère de Conan. Le second moment survient quand il reproche à Conan d’avoir volé l’oeil du serpent et d’avoir tué le serpent géant. On ne ressent dans sa voix et dans sa posture corporelle qu’un vague mépris, mais ni rage ni agressivité. Et quand il envoie Conan se faire crucifier, il le fait pour se débarrasser, sans haine ni colère. C’est là ce qui fait la force de ce méchant, non manichéen, mais doté d’un système de valeurs différentes de celles de Conan.

Quand t’as joué Thulsa Doom et la voix de Dark Vador, t’as plus besoin de prouver quoique ce soit à personne.

II/ Un avertissement matérialiste : la chair et l’esprit

En face, le personnage de Conan apparaît comme incarnant (littéralement) la supériorité de la force sur l’esprit. C’est la le paradoxe : lors de sa rencontre avec Thulsa Doom, celui-ci lui déclare : « l’acier n’a aucune force. La chair est plus forte ! ». Mais la chair qu’évoque le sorcier est celle du nombre, de la masse, celle du guru non pas au sens traditionnel, mais au sens perverti. Le pouvoir, la richesse et l’orgueil, sont devenu péchés (ou hybris, dans une perspective grecque), et la secte est devenue la foule que redoutait Gustave Le Bon dans son ouvrage Psychologie des foules (1895). En effet, pour ascétique que soit Thulsa Doom, son monde est pervers : pouvoir, soif de richesse et des plaisirs sensibles (séquence de la caverne). Il est donc bien le serpent c’est à dire Satan, dont Jésus nous avertit dans Matthieu 24:24 : « Car il s’élèvera de faux Christs et faux prophètes; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s’il était possible, même les élus ».

Le moment le plus frappant de cet aspect est celui où Conan, repéré comme intrus, est capturé. Une foule immense se lance alors à la suite des individus qui l’ont capturé, alors que cela est rationnellement absurde : il leur est impossible de le blesser. Ces fidèles ne sont guidés là que par leur fanatisme et leur fidélité sans borne en Thulsa Doom. Conan apparaît donc comme un personnage catholique face aux hérésies de la gnose, ou encore face aux Cathares, rappelant que le Divin s’est fait chair.

Dédicace à Catherine Millet, ceci est un gnostique. Pas un catholique. Son nom est René Guénon.

III/ Prométhée contre Jésus ? Eschatologie howardienne

Le film de John Milius réussit également le pari audacieux de mettre en perspective les thématiques christique et prométhéenne.

Nous l’avons vu, Conan peut être vu comme un héros christique. Mais ce héros européen est également un personnage prométhéen. On le voit à trois moments. Le premier est celui où le père de Conan confie à son fils le secret de l’acier, lui expliquant qu’il n’y a que la technique qui permette de lutter face à la barbarie et à l’obscurantisme. Or, nous l’avons vu dans un précédent article, pour Howard, le barbare est précisément l’incendie régénérant de la forêt (une idée que Christopher Nolan reprendra dans Batman Begins); il est Kalkî, Maitreya, et toutes les figures eschatologiques.

Cela se voit également au moment où Conan trouve son épée dans la tombe. L’arme est rouillée, il la remet à neuf, puis en profite pour se refaire de ses chaînes. Le message est simple : l’homme peut améliorer son outil et se défaire de ses limites grâce à lui.

Le troisième moment est celui où Conan tue le serpent géant, symbole de la victoire (ou du moins de la maîtrise) de l’homme sur la nature grâce à la technique. Chacun y aura vu une allusion aux héros et aux saints sauroctones, de Apollon tuant Python à Sainte Marthe, Saint Marcel, etc.

Saint Clément, premier évêque de Metz, conduisant le Graoully sur les bords de la Seine. C’est autre chose qu’un pitbull.

Mais le film a un message terrible pour Prométhée et les hommes : le prix de la technique est douloureux. Comme Prométhée, Conan est enchaîné à un arbre, harcelé par des vautours.

Oui ça fait mal.

L’immigration n’est pas exotique : le piège de l’orientalisme

La période qui s’étend du XVIII ème au XX ème siècle, poussée par les nouvelles découvertes (Afrique, Amériques) a contribué à créer par le biais de la colonisation un univers orientalisant ou orientaliste.

Dès le XVIII ème siècle (encore que Edward Said fasse remonter le phénomène à la conférence de Vienne de 1312), Montesquieu s’interroge : « comment peut-on être persan ? ». Dans son sillage, philosophes, peintres, sculpteurs, poètes, écrivains, mais aussi militaires et aventuriers de tout bord s’engouffreront dans ce monde artistique nouveau. Parmi ceux la, certains vivront réellement l’aventure « orientale » (Lord Byron en Grèce, Arthur Rimbaud à Aceh, Herman Hesse en Inde et en Indonésie, Rudyard Kipling en Inde). D’autres la peindront. On citera le plus fameux d’entre eux, Jean-Léon Gérome, qui ne fut pas que le peintre du splendide (et historiquement douteux) « Police verso ».

Notez les courbes des fesses.

Les poètes français, parmi lesquels Victor Hugo, auront tôt fait de créer un orient mystérieux, où le cruel Arabe côtoie le bon Noir, la sensuelle berbère le sage fakir. Voyez plutôt :

« En guerre les guerriers ! Mahomet ! Mahomet !
Les chiens mordent les pieds du lion qui dormait,
Ils relèvent leur tête infâme.
Ecrasez, ô croyants du prophète divin,
Ces chancelants soldats qui s’enivrent de vin,
Ces hommes qui n’ont qu’une femme !
Meure la race franque et ses rois détestés !
Spahis, timariots, allez, courez, jetez
A travers les sombres mêlées
Vos sabres, vos turbans, le bruit de votre cor.
Vos tranchants étriers, larges triangles d’or,
Vos cavales échevelées !
Qu’Othman, fils d’Ortogrul, vive en chacun de vous.
Que l’un ait son regard et l’autre son courroux.
Allez, allez, ô capitaines !
Et nous te reprendrons, ville aux dômes d’or pur,
Molle Setiniah, qu’en leur langage impur
Les barbares nomment Athènes ! » (Le cri du mufti, 21 octobre 1828, in « les orientales » (1829)).

Edward Said, dans « l’orientalisme : l’orient créé par l’occident » définie l’orientalisme avant tout comme une spécialisation et comme un « domaine » géographique, ce qui constitue le paradoxe (La Grèce et la Russie sont-elle en orient ? Quid du Maghreb dont le nom même signifie « occident » _ le Maroc n’a pas d’ouverture sur la Méditerranée mais sur l’Atlantique), sans symétrisme : il n’existe pas d' »occidentalisme ». C’est là la difficulté de l’objet d’étude : son imprécision et donc sa taille : jusqu’où va l’Orient? Le Japon, pourtant « occidentalisé » dans ses représentations et son mode de vie depuis sa victoire contre la Russie (1904-1905), comme le montre très bien le livre « Faits et imaginaires de la guerre russo-japonaise » , dirigé par Dany Savelli ? Ce qui faisait (fait?) La difficulté de l’objet orient, et donc de « l’orientalisme » c’est que son caractère généraliste implique un caractère total voire totalisant comme l’explique là encore Edward Said. Quand un orientaliste évoquait l’Inde, ses religions, ses coutumes, ses langues, on supposait qu’il connaissait aussi bien l’Égypte, la terre sainte, le Maghreb, la Turquie… Puisque l’orient n’a pas vraiment de frontières géographiques. De même, entre 1897 et 1904 apparaît le « péril jaune », qui désigne l’idée en Europe que Japonais et Chinois fusionnent pour conquérir l’Europe. L’Asiatique, le « Jaune » devient alors un adversaire-type pour tout une série de livres, articles de cette époque.

On peut néanmoins marquer de façon temporelle la fin de la construction de l’essentiel ces représentations avec la décolonisation et les guerres qui s’en suivirent. Les années 70-80 ont vu l’apparition de plusieurs phénomènes :

Premièrement une immigration de masse dans les pays européens, pour certains issus de leurs anciennes colonies (pas tous : la Suède ou le Danemark par exemple n’ont jamais mis un pied en Afrique ou en Asie).

Deuxièmement, la prise de place croissante d’un capitalisme; nous reviendrons sur ses conséquences.

Troisièmement, la réislamisation d’une majorité d’immigrés, autrefois appelés « beurs » et « blacks ».

Attardons nous sur ce dernier point. Il apparaît très clair que le vocabulaire utilisé, le parquage dans des ghettos dont ils eurent tôt fait de chasser les Européens, ressemble énormément à de l’indigénat. Aujourd’hui, si l’on fait la synthèse, les masses d’origine immigrée pratiquent un islam de bricolage, douteux d’un point de vue des moeurs alimentaires et sexuelles (« l’islam des caves et des chichas »), de l’esthétique vestimentaire et capillaire, et de la langue utilisée, mélange le plus souvent d’arabe dialectal, de franglais, de verlan, d’argot, de diverses langues africaines. En somme quand vous vous promenez dans un centre commercial, à Châtelet les Halles par exemples, la jeunesse immigrée ou d’origine immigrée, ne ressemble pas aux tableaux de Gérome ou aux poèmes de Hugo_ c’est le moins que l’on puisse dire. La figure de la « beurette » , popularisée par ailleurs notamment par l’industrie pornographique, est à la fois éloignée des femmes des pays arabo-musulmans, et des tableaux de Jean-Léon Gérome.

Avouez que c’est pas Champigny sur Marne.
Tout de suite, les soirées chicha semblent plus sympa

Ces populations, idiots utiles du Capital (j’utilise ce terme au sens léniniste du terme; ce n’est pas un jugement de valeur) americanisées au possible dans leurs habitudes autant si ce n’est plus que les autochtones, ont perdu toutes racines et toute culture. Ils sont à la fois les acteurs et la vitrine du multiculturalisme le plus triste et le plus sordide.

Le néo-orientalisme est cette culture de l’excuse, mélange de colonialisme bien veillant qui veut que le « bon sauvage » reste un « grand enfant » toute sa vie, et de repentance masochiste. Elle consiste à trouver d’une part fabuleux quoique fasse une personne d’origine immigrée et d’autre part à ne jamais tout à fait les considérer comme des êtres humains responsables, conscients, et ce dans le Bien ou le Mal (au sens chrétien du terme); autre énième signe de la perte de sens chrétien de nos sociétés.

Il est nécessaire d’y mettre fin non seulement par des mesures politiques évidentes (fin de la politique migratoire de ces cinquante dernières années, mise en place de politique de retour) mais aussi de nous interroger pour l’avenir sur notre rapport à l’autre, sur ce continent et sur d’autres.

Islam, arme des banquiers

L’islam en tant que religion et culture est en Europe notamment occidentale un fait historique, politique, démographique et social non seulement récent mais surtout, au regard de la longue durée, anecdotique.

Si le califat d’Al Andalus est remonté jusque loin au nord (la « bataille » de Poitiers) et à l’est de la France (Grenoble, Lyon), ce ne sont pas huit tombes musulmanes retrouvées près de Narbonne qui font de la France et des pays limitrophes, à l’exception de l’Espagne, du Portugal ou de la plus lointaine Sicile, une terre « d’islam ». C’est bien le christianisme, sur des racines helleno-romaines et germaniques (européennes en somme) qui a façonné la France, ses peuples, ses arts, mais aussi ses paysages : les vignes et les monastères, on le comprend, sont plus rares au Pakistan, en Égypte et en Arabie saoudite. La topographie là encore est imprégnée de cette histoire, et on y trouve guère de présence de nos envahisseurs musulmans des premiers siècles du moyen âge : combien de villes et de villages portent des noms de saints et de saintes? Trop pour être comptés.

Ces quelques rappels faits, intéressons nous à la situation actuelle. Il y a une grande quantité de Français d’origine immigrée et d’étrangers sur le sol français. Certains sont réislamisés, certains n’ont jamais perdu la religion de leurs ancêtres, et d’autres enfin sont chrétiens (catholiques, évangéliques), notamment une grande quantité d’Africains subsahariens. Polarisés en diverses communautés, ces gens partagent néanmoins plusieurs choses : une assimilation proche du néant à la culture et à la civilisation française, y compris pour les chrétiens africains, une haine de la France, et conséquence, une allégeance à un autre pays.

Le problème n’est pas tant l’islam. Que celui ci soit violent, misogyne et intolérant ne nous intéresse pas tant que ses adeptes vivent entre eux en Syrie, en Algérie, au Yémen, en Turquie, en Iran. Vouloir une réforme de l’islam c’est s’aligner sur les valeurs progressistes et laïques de la République. La critique théologique de l’islam qui est le plus mise en avant dans les médias, outre sa pauvreté spirituelle (pour ou contre le cochon ? Le voile ou le string ?) ne sert qu’à masquer le fait que l’islamisation, réelle, n’a été possible que par une immigration de masse, elle même arme du Capital. Critiquer l’islam en tant que spiritualité et uniquement en tant que telle, est une arnaque intellectuelle et politique. Que l’on me comprenne bien : je ne dis pas que cette critique n’est pas intéressante. Je dis qu’elle n’est pas intéressante d’un point de vue politique.

C’est donc moins le Coran qu’il faut expurger, que le multiculturalisme. S’il y avait en France 20 millions de Japonais shinto, malgré l’image romantique que se font les Français des Japonais, des geishas, des samouraïs, du théâtre nô et de la cérémonie du thé, il y aurait aussi des actes de violence. Ils seraient différents mais ils existeraient. De la même manière, rappelons que Hutus et Tutsis n’ont pas eu besoin de l’islam pour se massacrer entre eux.

Pour préciser encore davantage ma pensée, il faut bien comprendre que je refuse de choisir entre le califat et la République laïque.