Le rat de Paris

Je viens de lire avec un certain scepticisme l’article de Marie-Sophie Germain, spécialiste (?) des NAC (nouveaux animaux de compagnie).

L’auteure nous explique que les rats sont victimes de préjugés et gagnent à être connus.

Sous la forme de « [proposition] = vrai/faux », nous apprenons ainsi pèle mêle que le rat, au final, est un animal charmant, intelligent, sociable; un vrai gentleman.

Entrons dans le vif du sujet. Madame Germain commet un premier contresens quand elle évoque le rat noir, hôte de la puce responsable de la peste noire. Quitte à entrer dans les détails, ce n’est pas la puce, la coupable, mais Yersina pestis, un bacille. Elle doit son nom à Alexandre Yersin, bactériologiste suisse. En outre, si la peste noire fit tant de ravages c’est que le rat noir n’était que le premier porteur de la puce : celle-ci avait pour hôte tous les autres mammifères à l’exception… Des chevaux, ce qui explique que les valets d’écurie et les palefrenier furent moins touchés, car ils dormaient avec leur bêtes. Ceci, Marie-Sophie Germain l’évoque superficiellement.

Mais le rat brun, dont parle justement notre bloggeuse, n’est-il pas un mammifère potentiellement hôte d’une peste noire jamais éradiquée ? Pourquoi dire qu’il n’y a « aucune raison de craindre la peste »?

En outre, L’auteure évoque très justement un animal vecteur de maladies à la Réunion et en Nouvelle Calédonie. Il me semble que les habitants de ces pays sont des êtres humains, qui plus est français. Leur état sanitaire devrait inquiéter tout le monde… Même des Parisiens. Quant à la comparaison avec les animaux que sont les porcs et les chiens, il me semble que l’épidémie de rage, dernière épidémie connue, est en bonne voie d’être éteinte dans les pays occidentaux.

En outre, l’idée que les chiens soient soient vecteurs de maladies me sembler s’appuyer sur un préjugé, celui de chiens errants sans maîtres pour les nourrir, les dresser, les contrôler (donc en dominer l’agressivité canine/lupine naturelle) et les soigner (donc éviter lesdites maladies). Or, les Français possèdent 61 millions de chiens et y consacrent temps, argent et dépenses vétérinaires.

Sur l’invasion des villes, je me demande quand peut-on parler d’invasion dans la mesure où l’on parle de déjà vingt millions d’animaux.

Il est évidemment amusant, voire louable, de vouloir dresser un rat ou deux comme NAC, mais si les rats s’entendent (et se pensent, comme animaux intelligents et sociaux) en groupe élaboré, hiérarchisé, des liens n’ont pas de sens au delà d’une certaine mesure. Nous ne sommes pas de la même espèce.

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Ce que nous apprend Notre-Dame des Landes

L’évacuation de NDDL (toujours en cours) a requis la mobilisation de 2500 policiers c’est à dire autant que les soldats français au Mali (3 millions de kilomètres carrés). Cela doit forcer le respect de tout révolutionnaire qui respecte la force car « la révolution est au bout du fusil » (Mao Zedong).

1/ Les nationalistes sont hélas inoffensifs pour le pouvoir. Une après midi suffirait à les chasser de la moindre fac, du moindre squat, bref, du moindre lieu qu’ils entendraient tenir par la force. On peut le regretter, protester mais sur le moyen/long terme, le coup de force paraît impossible en l’état des choses, en dépit de maigres et fragiles complicités. La surveillance dont ils souffrent est purement folklorique. La censure dont ils souffrent sur les réseaux sociaux (et les rares affaires judiciaro-médiatiques telles que l’affaire Nisan) n’a le plus souvent rien à voir avec un complot policiaro-militaro-judiciaire d’aucune sorte. Pire : elle les conforte dans l’illusion qu’ils sont une menace pour le pouvoir politique.

2/ Il faut rapidement et impérativement apprendre des réussites et des échecs de l’occupation de NDDL (et des universités) : communication, logistique, esthétique, occupation de l’espace, guérilla, etc. Mais j’y reviendrai plus bas.

C’est esthétiquement stylé. Quoi qu’on en pense.

3/ 2500 policiers occupés à expulser NDDL (ou son équivalent, car ses occupants ont prévenu qu’ils recommanceraient et on peut leur faire confiance), ce sont autant de force que l’Etat ne peut pas déployer ailleurs. Dès lors, ce genre de manifestation/occupation apparaît comme une diversion habile pour prendre de façon durable un point beaucoup plus stratégique (télécommunications, gare, centrale nucléaire, etc).

Curzio Malaparte, auteur de « Technique du coup d’Etat »

4/ Une révolution est bien souvent une guerre civile plus ou moins ouverte : (Russie, Allemagne, France) où s’affrontent deux factions minimum. Dans la France révolutionnaire de 1789-1799, divers courants se sont affrontés dans une grande brutalité (royalistes, montagnards, girondins, jacobins…) jusqu’à ce que Napoléon, fasse à la fois le ménage et la synthèse de tout cela. En Allemagne, les conservateurs ont soutenu les nationaux socialistes contre les communistes avant d’être brutalement éliminés par les premiers. En Russie, ce sont les bolchéviques qui ont vaincu à la fois le Tsar, les socialistes et les menchéviques. En Iran, parmi toutes les composantes opposées au Shah, ce sont les partisans de Khomeini qui l’emportèrent, éliminant les communistes (Tudeh), les démocrates, etc. Ce sont des éléments que nous avons par ailleurs évoqué précédemment.

Ruollah Khomeini, le seul révolutionnaire qui a pris le pouvoir sans tirer personnellement un coup de feu. Comme Besancenot. Sauf qu’il a réussi lui.

De ces observations, il faut dresser ou répéter plusieurs observations. La première est que le pouvoir légal (l’Etat), seul détenteur de la violence, s’oppose en réalité à plusieurs discours qui se prétendent légitimes. Mais seul celui qui se donnera les moyens physiques, techniques, politiques de prendre le pouvoir le méritera. Ce qui se joue sous nous nos yeux est à ce titre non pas une révolution de pouvoir, mais une révolution du vouloir : la plupart des factions ne cherchent pas à prendre le pouvoir malgré leurs forces, préférant des revendications sociétales et bourgeoises, irréalistes, sans intérêt et sans prise avec le réel (« 10/20 aux examens » « soutien aux Kurdes » « démission du président », « califat queer auto-géré » (Al-Baghdadi ne manquera pas de trouver le concept intéressant) ou bien encore « mort aux riches » lors d’une manifestation aujourd’hui à Montpellier). Il est d’ailleurs curieux qu’une rhétorique et un projet révolutionnaires d’extrême gauche s’attachent autant à un diplôme universitaire.

On sent bien le pouvoir que peut avoir une boutique d’opticien sur le pouvoir politique

En effet, si l’on considère, à l’image de Joseph de Maistre, la révolution comme un châtiment divin qui inverse toutes les normes, il ne s’agira que de bouts de papier sans valeur si le projet de société aboutit. On est réellement étonné de voir l’extrême gauche à la fois si transgressive dans son discours voire dans son comportement et en même temps si conservatrice dans ses demandes et son positionnement philosophique.

L’autre problème du discours « révolutionnaire » notamment à l’extrême gauche est qu’il n’a pas intégré la violence de l’Etat au sein d’un processus revolu. En clair : il est logique de recevoir la police dans la figure si on occupe un bâtiment, si on lance des projectiles sur la police ou si on s’associe aux individus sus évoqués; mais nous avons déjà évoqué la question ici.

La deuxième observation c’est que de l’autre côté, le problème est sans doute plus inquiétant : manque d’organisation, impossibilité de lever des fonds, non renouvellement esthétique et culturel (même si cela reste à nuancer), concepts vieillissants, consanguinité politique, inertie des élites, nous éloignent du pouvoir politique (au sens littéral : la Cité). L’esprit de salon, pour être clair, nous empêche d’agir, et ce alors même que « notre force est d’avoir raison ».

Gnagnagna Gramsci. Eh bien appliquons le!

Gardons à l’esprit que nous sommes David contre Goliath. L’Etat, « le plus froid de tous les monstres froids » (Nietzsche) opposera toujours à notre violence une réponse. Par exemple, si un endroit donné est occupé, il finira par être libéré par la police. Jours, mois, années, cela ne compte pas pour l’Etat qui a avec lui le droit, la force et le temps. Il convient donc de ne pas se positionner en fonction de ce que va faire (ou pas) l’Etat puisque précisément celui-ci va expulser quiconque entend contester son autorité à l’extrême gauche (Notre-Dame des Landes) ou à l’extrême droite (Bastion Social, Sainte-Rita); notez que ce sont les qualificatifs que retiennent les 67 millions de Français : qu’importe qu’il y ait eu des écolos-situationnistes à NDDL ou des catholiques de centre gauche à Sainte Rita. Dans le même ordre d’idée, il est vain de compter sur un soutien de quelque nature que ce soit à l’extérieur du mouvement en cas de répression. Lors des événements précédemment évoqués, nos adversaires politiques, mais aussi les tièdes, l’intégralité de la presse fut contre ceux qui étaient attaqués par la police, la justice, et l’administration.

Que Dieu sauve la Sainte Russie !

Dans cet article, comme son titre l’indique, je parlerai de la Fédération de Russie. Je ne parlerai ni de la Russie tsariste, ni de l’URSS, sinon à titre indicatif et historique. Mes arguments et les exemples seront sourcés. Que les amoureux de Tolstoï, de Dostoïevski et de Tchaïkovsky (dont je suis) se donnent la peine de lire.

Dans une première partie je traiterai de la situation économique russe actuelle, notamment vis à vis de ses partenaires régionaux (asiatiques et européens) et mondiaux.

Dans une deuxième partie, je traiterai de la situation diplomatique et militaire russe, de son engagement sur divers théâtres (Ukraine, Syrie, etc).

Dans une troisième partie, je traiterai de la situation sanitaire, écologique, sécuritaire et sociale russe : santé, pollution, alcool et drogue.
I/ L’économie russe : état des lieux

Si l’on en croit sa fiche Wikipédia, le PIB de la Fédération de Russie a baissé de 4.6% en 2016, atteignant 1280 milliards de dollars (US), pour un PIB (PPA) de 3564 dollars (US), cette fois ci en augmentation de 2.09%.

Il y a à cela une explication démographique (nous le verrons plus loin) mais aussi économique. La Russie est dépendante du dollar et de ses exportations d’hydrocarbures; même si elle produit en marge du diamant, de l’or, etc. Avant même la crise ukrainienne, la Russie a subi un recul de son PIB (en 2009), conséquence de la chute vertigineuse des prix du pétrole. Ne produisant que peu de produits agricoles (4.5% de la population active occupe le secteur primaire), le pays a traversé une profonde crise. Cela s’explique par le manque de terres arables : déserts froids, taïgas, montagnes, marais, etc.

La crise ukrainienne et les sanctions de l’Union Européenne ont là encore impacté une économie déjà fragile, de l’aveu même de Vladimir Poutine. Malgré cette crise, l’Ukraine reste le troisième partenaire économique de la Russie : business is business.
II/ « La marine russe n’est jamais aussi faible qu’on le pense, mais jamais aussi forte qu’on le craint » (ou le contraire) : Camarade Vladimir à la barre

L’armée russe moderne est entrée dans l’histoire sans briller et c’est le moins qu’on puisse dire : l’incompétence et l’ivresse combinée des moujiks devaient permettre aux troupes disciplinées de Tōgō Heihachirō de balayer les navires russes. Cette « tradition » fera des ravages tout le long du XXI eme siècle, et jusqu’en Tchétchénie.

Après la chute de l’Union soviétique, la Russie a entendu regagner une certaine sphère d’influence, au Moyen-Orient, en Asie centrale (notamment en Ouzbékistan, après le 11 septembre), et même en Amérique latine (Vénézuela). Ainsi, de la même façon que les États-Unis, la Russie se crée un système d’alliés et de clients complexe, quoique moins avancé pour le moment, pour servir ses intérêts.

Au Moyen-Orient notamment, il peut compter sur la Syrie baasiste, qui est en fait son pion, et sur l’Iran avec qui les relations sont anciennes (1592). Avec la Syrie, l’intérêt est double : contrecarrer les Européens et les Américains, et s’assurer l’accès à la Méditerranée via le port de Tartous. Quant à l’Iran, c’est un « je t’aime, moi non plus« , un tango argentin qui se joue à la fois en Syrie, et en Afghanistan, où chacune des puissances a ses pions à jouer.

Soulignons ensuite que la Russie fait parti des pays, avec le Canada, les États-Unis, le Danemark et la Norvège, ayant un accès à l’Arctique, atout économique, diplomatique et militaire majeur s’il en est.

Cependant, la puissance militaire russe doit être relativisée : par exemple, elle est en manque de moyens financiers (on se sent moins seul) et ses moyens dans le domaine spatial sont gravement en retard sur les États-Unis.
Dans un autre domaine, celui du soft power, le pays peut compter sur un certain nombre de soutiens dans la droite et l’extrême droite européenne, notamment française.
III/ Que Dieu sauve la Sainte Russie !

La Russie a acquis une image réactionnaire pour les uns, sainte pour les autres. Examinons le détail à partir d’une poignée d’exemples.

Nous avons dit plus haut que la consommation d’alcool était un fléau en Russie, à tel point qu’elle est, en Occident, sujet à plaisanterie. La réalité est moins drôle : une étude publiée dans The Lancet a étudié les morts des habitants de trois villes industrielles de Sibérie entre 1990 et 2001. Il en résulte que 52% des morts des individus entre 15 et 54 est du à l’alcool. Le phénomène ne s’arrête pas là, avec les alcools de substitution.

Passons à la drogue. Dans un pays qui a connu un passage brutal du communisme le plus brutal à l’autocratie capitaliste la plus brutale et en même temps la plus débridée, il n’est guère étonnant que les écarts de richesse se creusent, et que la drogue s’installent dans ces trous. Sa proximité avec l’Asie centrale (Iran, Tadjikistan, Afghanistan…) en fait un véritable supermarché de la drogue, devant lequel les autorités peinent à lutter, la corruption n’arrangeant rien.

Je viens de dire que la Russie souffrait de la porosité de des frontières quant à la drogue. Mais des milliers d’immigrés provenant de ses ex satellites entrent chaque année en Russie, avivant parfois des tensions avec des mouvements nationalistes locaux.

Si la Russie a acquis aux yeux d’une certaine gauche une image réactionnaire, c’est en raison de son opposition aux groupes de pression LGBT. Or, d’une part la Russie autorise la GPA (Gestation pour Autrui), et d’autre part le nombre d’avortements reste élevé, contre coup de la chute de l’URSS et de la crise économique, morale, spirituelle, et politique notamment des années Elstine.

Source : Roostat (service fédéral des statistiques)

Quant à la question du divorce, vertes abordée de façon plus souple dans la religion orthodoxe, il reste un adultère. La carte ci-dessous est éloquente.

La plupart des amoureux de la Russie et de la nature peuvent le dire : le pays meurt. Grand comme un continent, s’étalant sur une grande variété de paysages, de climats, regroupant une grande richesse de peuples, de plantes et d’animaux, la Russie a une responsabilité, un devoir. Observons les résultats (sans oublier les véritables crimes de pays proches comme la Chine, ou plus lointains comme les États-Unis). Le moins visible est sans doute la pollution de l’air, conséquence de la logique prométhéenne de la révolution industrielle puis socialiste, et jamais arrêtée après la chute du communisme. Évoquons ensuite pollution des eaux notamment de l’emblématique lac Baïkal, qui alarme même le président Poutine.
Le CNC a publié sur le sujet de l’écologie et de la Russie un brillant article, qui évoque notamment la pollution des sols, et que j’invite à consulter.

Contrairement à ce que peut laisser penser une hystérie anti russe/anti Poutine, le lourd héritage soviétique, tant d’un point de vue des mentalités que des techniques, n’est pas à négliger. Le productivisme plutôt que l’industrie raisonnée, l’agriculture, et l’artisanat, d’une part, et l’interdiction de parcs et d’associations pour préserver les espaces (Lacs, rivières, forêts) et les espèces doivent être rappelés.

Genre ça

Il y a une grande quantité de sujets qui n’ont pas été traités, ou seulement en surface : démographie, religion, composition ethnique du pays, etc. À dessein cette fois-ci, le sujet Vladimir Poutine n’a pas été traité (sa personnalité, sa carrière, sa fortune) car il était trop vaste.

C’est un pays immense mais fragile, à l’immense potentiel économique, militaire, culturel et écologique qu’à laissé la chute de l’Empire soviétique. Pour le moment, les oligarques et leurs appétits n’ont fait que changer de nom et de masque, et de ce fait, perdurer, voire aggraver les fautes de leurs prédécesseurs socialistes.

De la critique de la mondialisation à travers le prisme du tourisme et de l’écologie

Je proclame ici ma haine, provocatrice et iconoclaste, du bougisme, des « échanges » et du pire de leurs enfants monstrueux : le tourisme.

Il y a tout d’abord l’aspect écologique, tout à fait évident : « faire » Cuba, la Thaïlande, le Maroc, l’Afrique du Sud et l’Argentine, en avion, bonjour l’empreinte écologique. Et les bobos de nous reprocher de faire et d’élever des enfants ! En outre, le tourisme requiert la construction d’infrastructures lourdes, coûteuses et fort laides : routes, ponts, aménagements de plages, hôtels et autres.

Il y a l’aspect économique ensuite. Il est difficile de me traiter de pingre mais je trouve que dépenser son argent dans plus d’un voyage hors de son continent dans sa vie est une folie et un gâchis. À titre personnel, en dehors d’une poignée de pays européens que je compte parcourir en train, en voiture ou en bus, il n’y a guère que le Japon ou l’Iran que je compte visiter. Et cela même si d’autres pays (Inde, Egypte.. ) pourraient a priori m’attirer. Je n’irai pas. Je mourrai peut-être avec des regrets mais c’est ainsi.

Il y a ensuite l’aspect touristique et identitaire. Nous attaquons là le cœur du problème. Je suis épuisé de voir des hordes de Russes, Japonais, Chinois, Qataris quand je visite Paris, capitale de mon propre pays. Et ce sans avoir quoique ce soit contre ces peuples, bien au contraire. Je hais le tourisme, le mitraillage photographique, le piétinement sur les trottoirs, devant les statues et dans les musées. Je n’arrive plus à me satisfaire de l’aspect économique de cette muséification. Notre pays subit une lente thanatomorphose que l’Etat, via la culture, les châteaux, les musées, ralentit pour tirer de cette thanatopraxie de précieux écus.

En outre, ce tourisme ne nourrit qu’une poignée de commerçants, vendeurs de souvenirs et restaurateurs, ainsi que les travailleurs immigrés vendeurs de Tours Eiffel en porte clefs ou de bouteilles d’eau aux abords des sites touristiques. Dès lors, le tourisme doit être considéré comme ce qu’il est : une rente tant pour l’Etat que pour un petit nombre de groupes capitalistes parasites dont le nombre décroîtrait de façon considérable si l’activité touristique diminuait. Songeons seulement aux divers fast-foods, à Apple et autres géants de la téléphonie mobile.

L’idée est moins ici la désindustrialisation que le ralentissement en vue de l’équilibre de l’économie, des paysages, des écosystèmes. Pour citer un exemple concret, j’étais il y a deux jours à Paris, et j’ai du renoncer à visiter Notre Dame de Paris, devant les files d’attente interminables sous un soleil de plomb.

Je confesse une certaine nostalgie du temps où les voyages se limitaient à l’aspect colonial ou aux récits de voyage (les « carnets indiens » de Hermann Hesse, « Au pays des contes » de Knut Hamsun, ou encore les livres de Rudyard Kipling).

À ce titre, les compagnies aériennes low-cost sont mes ennemies (il paraît que Paris-Los Angeles sera sous peu à moins de 400 euros !).

Le touriste qui « fait » les pays comme on « fait » les magasins, en les pillant sans les aimer, sans les apprécier, sans s’en imprégner, est un des stades suprêmes de l’apatride_ et sans doute un des pires : lui est inconscient et purement esthétique.

Mort aux voyages. Mort aux touristes.

De l’écologie bien comprise

Si l’écologie, en faisant abstraction de sa signification étymologique, se veut la science ou l’étude de l’interaction entre les êtres vivants et leur milieu, alors chacun comprend bien que c’est avant tout la Nature qui doit régenter l’objet étudié. De la même façon qu’un entomologiste doit prendre mille et une précautions avec ses bottes et sa loupe pour ne pas ravager les fourmilière ou les ruches, l’écologiste doit lui aussi garder à l’esprit la notion d’ordre naturel et éviter au maximum de perturber celui-ci.

Un monde parfaitement écologiste selon la Nature, et personnifier cette dernière est déjà une erreur, serait un monde sans hommes. En effet, l’homme étant un être de culture, l’action anthropique influe plus ou moins sur le milieu naturel. Ainsi, la sylviculture soit le simple fait de sélectionner et d’abattre des arbres, influe sur les autres les essences et les espèces animales (oiseaux, rongeurs, insectes). Il n’existe en Europe aucune forêt dite sauvage c’est-à-dire qui n’a pas reçu de coup de cognée à l’exception de la forêt biélorusse. Dans le reste du monde, il faut s’enfoncer en Afrique, en Amazonie ou dans le Sud-est asiatique. 

C’est beau hein ? Bah c’est pas naturel. Désolé les hippies

Aussi beaux qu’ils soient, les champs de colza ou de lavande sont le résultat de siècles de travaux humains. Ils participent à ce titre à l’identité culturelle d’une région, d’un pays. Ainsi, le blé d’Ukraine se retrouve dans le drapeau national, là où le bleu symbolise l’immensité du ciel azur. 

L’homme agit sur la vie depuis qu’il a réussit à inventer successivement le feu, la roue, le joug, etc. Cependant, dans son ouvrage « The Lighting and the Sun », Savitri Devi explique bien la différence entre le progrès technique, consistant à maîtriser la nature, et le Progrès, idéologie qui semble être un cheval (ou un tigre?) que l’on ne peut plus chevaucher ni maîtriser car devenu fou. Au lieu de suivre une progression cyclique et guidée par le Sacré, la société moderne en vient aujourd’hui à croiser des porcs et des humains. Au delà du grotesque, du risible ou du terrifiant, interrogeons nous sur la notion de vivant, d’espèce (s) et de race (s). Méditons cette citation bien connue de l’écrivain Jean Mabire : « Je ne vois pas pourquoi il faudrait protéger les races animales et laisser périr les peuples tels qu’ils ont été façonnés par des millénaires de longue patience. La véritable écologie c’est de sauvegarder les baleines. Mais aussi les Touaregs et les Zoulous, les Basques et les Serbes, les Flamands et les Bretons, les Écossais et les Estoniens ». 

Qu’est ce qu’un écologiste qui ne défendrait pas ces évidences, ce bon sens, ce que l’histoire, le temps, l’homme et la nature ont façonné ensemble ? Il est sans doute temps de briser la Civilisation du Progrès, ainsi que son évolution exponentielle, qui ne respecte ni les hommes, ni la nature, ni la beauté. En somme, revenir à une écologie du temps, de la longue durée, en accord avec à la fois le Divin et la Nature, ce que nos ancêtres bâtisseurs de cathédrales ou du Colisée ont su le faire. 

S’opposer mais à quoi ?

S’opposer… Mais à quoi ?

La COP21 nous a donné l’illustration, s’il en était besoin, de la mauvaise foi et de la tentative de manipulation médiatique dont est capable l’extrême gauche.

Lors de ce sommet mondial sur l’environnement (aux motivations contestables), dans un contexte géopolitique particulièrement tendu, des centaines d’anarchistes, antifascistes ou Blackblocs (ou en tout cas assimilés) ont saccagé ce que l’on pourrait assimiler à un mémorial, place de la République à Paris, en mémoire des victimes de l’Etat islamique.

Première observation : pourquoi est-ce grave ? Parce que l’homme, en tant qu’animal social, est le seul qui accompagne ses morts dans l’au-delà par des cérémonies complexes (enterrement, tour de silence…), leur rendant hommage par des fleurs et autres présents, et perpétuant leur mémoire par des tombes, des bougies, des messes. Cela, ni le dauphin, ni le cheval, ni l’oryctérope, ni même le chimpanzé (qui a pourtant conscience de la mort de ses proches) ne le fait. Ce n’est pas l’outil qui nous distingue de l’animal : c’est la conscience qu’il existe un autre monde (Paradis, Walhalla, Al-‘âkhira….) qui fait de nous des hommes. En s’attaquant à cet endroit, à ce lieu de recueillement, à un peuple fragilisé, qui n’avait aucun rapport avec l’objet de leurs revendications et de leur lutte (quand bien même fussent-elles légitimes), l’extrême gauche s’est rabaissée au rang d’animal.

La deuxième observation est la suivante : il est logique, dans l’esprit de chacun, politiques, médias, et extrême gauche inclus, que ces individus se sont opposés au pouvoir politique, et de façon violente. L’opposition violente au pouvoir politique est aussi ancienne que la révolte des esclaves de Spartacus, en passant par la révolte de Etienne Marcel au XIV ème siècle, la Fronde au XVII ème siècle, et jusqu’à la Commune de 1871 et le 6 février 1934. Tous ces groupes d’hommes, quand ils se révoltaient, et à plus forte raison quand ils étaient empêchés dans leur révolte, étaient conscients, des risques qu’ils encouraient à défier le pouvoir en place. Certains nobles de la Fronde ont été exilés, d’autres ont fini par se rallier au Roi ; quant à Etienne Marcel, déchu, il a été assassiné. Notre époque est la première où l’on entend à la fois s’opposer au pouvoir, mais le faire dans la gentillesse, l’amour, les bisous et les câlins, et se plaignant d’une riposte du pouvoir en place. Interrogeons nous : si le pouvoir en place (l’Etat donc) ne ripostait pas et ne manifestait pas ainsi son droit de police, pouvoir régalien, quel intérêt y aurait-il à s’opposer ? Quel Etat n’a pas de pouvoir de police ?

La troisième observation est la suivante : aujourd’hui, l’extrême gauche hurle à la répression (pourtant à mon sens légitime) de la part de l’Etat. Où étaient ces démocrates quand les CRS utilisaient du gaz lacrymogène contre des familles entières (et non des militants aguerris, équipés parfois lourdement) lors de la Manif Pour Tous ? Il est entendu que contre ladite Manif Pour Tous, la répression peut là aussi avoir été légitime. Cependant, je persiste à dire qu’elle a été disproportionnée, pour les raisons que j’ai évoquées, et qui ont été tues (quand elle n’ont pas été applaudies!) par cette extrême gauche qui aujourd’hui vient pleurer à la répression policière.

Quelle place pour le militantisme d’extrême gauche aujourd’hui ? Ce n’est pas à moi de le dire. Il est cependant clair qu’il s’agit pour une part (quel pourcentage?) de militants organisés et violents, à qui les pouvoirs politiques laissent bien davantage les mains libres (au sens propre comme au sens figuré) qu’ils ne le feraient à des militants d’extrême droite. Cependant, la multiplication d’incidents impliquant la violence de l’extrême gauche (affaire Méric, etc) nous renvoie nous, militants nationalistes, à notre rapport à la violence politique.