Pour le rétablissement de l’esclavage

L’esclavage est né logiquement de l’inégalité des richesses, laquelle découle fort logiquement de la sédentarité. Dans la Grèce ou dans la Rome antique, plus de terres nécessitait et permettait plus de bras pour les entretenir.

L’esclave, en droit, est considéré comme un bien meuble, sur lequel son propriétaire a en théorie, tous les droits. Il est possible de trancher la gorge d’un esclave comme de briser une amphore.

L’abolition puis la disparition du servage en France (entre le XI ème et le XV ème siècle) ainsi que la lutte contre l’esclavage puis au cours du XVIII ème et XIX ème siècle a amené nos sociétés à considérer l’esclavage comme un état dégradant, avilissant pour la personne humaine, notamment sous l’impulsion de l’Eglise catholique.

Il convient de cependant faire quelque rappels. Tout d’abord, ce sont avant tout des motifs économiques qui ont vu la progression des idées abolitionniste : si le Christ lui-même ne condamne pas l’esclavage en lui même, c’est qu’il naît, vit, et meurt dans la Judée, province romaine, de l’antiquité. Il a en revanche exhorté à l’amour du prochain, notamment du plus faible, du pauvre, et donc de l’esclave.

L’esclavage est alors la norme et un élément de l’économie, en Perse, à Rome, en Grèce, chez les Germains, en Égypte, et évidemment chez les Hébreux. Paul de Tarse lui-même prône l’obéissance ses esclaves à leurs maîtres (Cor 2, 22-25).

Esclavage à Rome

En revanche, l’Eglise en tant qu’institution a accompagné progressivement l’émancipation des esclaves : le 13 janvier 1435, le pape Eugène IV publie ainsi l’encyclique Sicut dudum, dénonçant les mauvais traitements infligés aux esclaves indigènes des Canaries, exhortant à leur libération sous peine d’excommunication.

Soulignons ensuite la lettre Pastorale officium, du 29 mai 1537, du pape Paul III au cardinal Juan de Tavera, archevêque et primat d’Espagne, qui lui commande d’interdire la réduction des Indiens en esclavage ou des les priver de leurs biens. Cette lettre intervient quinze ans avant la fameuse controverse de Valladolid, qui détermina si la conquête et la réduction en esclavage des Indiens d’Amérique latine, sous l’égide de Charles Quint, était ou non légitime.

Paul III

Mais une lettre du 2 juin de la même année du souverain pontife, Veritas Ipse, est bien plus intéressante, puisqu’elle lie la liberté à la propriété. Les Révolutionnaires français de 1789 reprendront la même idée, suivant le modèle athénien : celui qui est libre est celui qui possède. La possession, la richesse fait la liberté. Et vice versa : la liberté doit servir à exercer son droit de propriété, son droit à s’enrichir.

C’est à partir du XVIII ème siècle et plus encore de ses conséquences (la Révolution puis la Révolution industrielle) que les choses se gâtent si l’on peut dire.

Les idées des Lumières ayant porté aux quatre coins de l’Europe puis du monde l’idée d’égalité économique et sociale (par des aristocrates, des bourgeois ou des hommes d’Eglise assez hostiles eux mêmes à ces principes), la révolution industrielle n’eut aucun mal, une fois les vieilles pratiques et les vieilles idées de corps intermédiaires jetés à bas  à se mettre en marche, que l’on pense seulement à la Loi Le Chapelier.

Et il n’y a aucun hasard si les contestations à ce système, que l’on appellera plus tard libéral, s’appellent très vite « socialistes », puis » communistes ». Le cœur des revendications vient de la paupérisation des prolétaires, nouveauté du XIX ème siècle, ainsi qu’une baisse de la considération du travail par cette société industrielle ; c’est la naissance de société de consommation, autre nouveauté du XIX ème siècle. Ainsi, on n’imaginait pas au XII ème siècle un vitrail fait à la chaîne, avec ce que cela implique en termes de (bas) coûts et donc de (bas) salaires.

L’idée n’est ni de faire un procès de la société industrielle ni de faire une histoire du socialisme, mais plutôt d’inviter à réfléchir sur ce que les ouvriers du XIX ème siècle (et même du XXI ème) ont gagné et perdu par rapport aux esclaves athéniens ou romains. Que l’on considère les points suivants : l’esclavage est acheté une fois, à une valeur X, selon ce qu’il vaut, ce qu’il a appris, auprès d’un maître (un guru comme disent les Indiens). Il représente, en termes strictement économiques, un investissement pour son maître : celui-ci a donc bien souvent tout intérêt à le choyer pour le garder auprès de lui longtemps et en bonne santé : qui casse sa propre voiture ? L’esclavage est nourri, logé et blanchi. Et bien souvent, il pouvait avoir, à Rome, quelque récompense monétaire. On me dira « Et la liberté ? ». La liberté, pour quoi faire ? « la liberté est un rêve d’esclave écrivait Nicolás Gómez Dávila. Elle ne s’apprécie qu’avec modération. Combien d’hommes sont libres mais épuisent leur liberté à travailler, pour gagner de l’argent ? Cela me permet d’évoquer le cas du salarié. Celui-ci doit d’abord trouver un emploi : c’est lui qui se vend. Il n’a jamais la certitude de garder le dit emploi même en étant parfait. L’usine peut déménager, être détruite, endommagée. Avec son salaire, il doit pourvoir à tous ses besoins matériels : logement, nourriture, vêtements, chauffage, loisirs.

Le titre de l’article était provocateur à dessein et avait essentiellement pour but d’attirer sur l’aspect nihiliste et déshumanisant du salariat. Si le combat contre l’esclavage fut un noble combat, ses motifs furent parfois beaucoup plus laids, comme la guerre de Secession le démontra. L’idée est moins de mettre en valeur l’esclavage que de démontrer le caractère de pervers et aliénant du salariat. Il est urgent de trouver d’autres formes d’échange et de modèles économiques.

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Sois féministe mais tais toi

Le féminisme (les féminismes) semble être, pour l’intérêt que je lui porte, l’ensemble des revendications portées par et pour les femmes en matière politique, sexuelle, économique, culturelle, sociale, etc. C’est en tout cas ce que j’en comprends. De nombreuses (la plupart) des femmes semblent s’en emparer à travers les classes bourgeoises occidentalisées (celles qui dirigent le monde donc, car les ouvrières indiennes de Beyoncé ne « dirigent » pas le monde malgré les mêmes ovaires qui habitent le même ventre que leur bourreau idole des jeunes).

Il est bien entendu, comme je le sous entendais plus haut, qu’il existe plusieurs façons d’être féministe (ou de ne pas l’être). C’est un choix individuel _ c’est ironique, porté par des mouvements de masse anciens et profonds (qu’on pense à Olympe de Gouges, Louise Michel…).

Aujourd’hui, une femme a pleinement le droit de travailler ou non, faire du sport ou non, s’épiler ou non, être féminine ou non, etc. Il faut le dire et le clamer haut et fort.

Cela étant posé, il faut que chacun ait le droit de choisir. Chacun doit pouvoir aimer ou non (donc de discriminer, de hiérarchiser) ses goûts et ses choix. Dans un monde où l’impératif social, culturel et économique du mariage n’existe plus, et où l’individu roi a pris le dessus sur les communautés, chacun doit pouvoir dire oui ou non. J’ai pour ma part le droit de dire non à une agender obèse à iroquoise arc-en-ciel, et travaillant dans la ‘com’, dans la mesure où je préfère les femmes méditerranéennes : avec des rondeurs (j’ai dit des rondeurs : pas « des gros seins »), brunes, etc.

Il n’est pas cohérent et encore moins légitime de réclamer toute l’attention du monde, notamment de la part des hommes, à une époque où le mariage (et plus largement le couple), institution certes patriarcale et bourgeoise mais protectrice des intérêts des femmes vieillissantes et donc infécondes. Pour préciser ma pensée : l’avantage du mariage des sociétés traditionnelles « patriarcales », est qu’il protégeait à la fois la femme matériellement (foyer, argent) ainsi que sa vertu, et ce même si les hommes ont toujours eu des maîtresses.

La société bourgeoise, en introduisant progressivement l’hédonisme et le désir comme seuls critères valables du couple, a mené à l’aliénation des deux sexes. J’ai bien conscience de ne rien apporter à l’édifice anti moderne de la littérature et de la philosophie en énonçant ce point (voir Clouscard etc).

En somme, comme le dit la chanson, chacun fait ce qui lui plaît. La société hédoniste a tué le mariage, et comme Erysichton qui se dévore lui-même, dévore le désir.

Donc : sois féministe, mais tais-toi. Tu voulais la liberté sexuelle ? Tu l’as, et je te soutiens jusqu’au bout, tant que tu n’empiète pas sur mon espace vital c’est-à-dire mon propre libre arbitre. A ce titre, la polémique quu tourne autour de Yann Moix est assez symptomatique. Si l’on peut s’amuser, regretter, ignorer ou blâmer (au choix) son obsession quasi fétichiste pour les femmes jeunes et asiatiques, on ne peut en revanche hélas pas lui imposer de coucher avec telle ou telle femme. Le mouvement #MeToo a (re) mis à l’honneur un principe fondamental dans la sexualité, en l’occurrence le consentement. Cette vision du couple, du consentement, du désir, de la sexualité, est peut-être nouvelle, bouleversante, peut être débattue, nuancée mais doit s’appliquer aux deux sexes : « mon corps, mon droit » vaut également pour Yann Moix.

De nombreuses femmes (artistes, bloggeuses, journalistes ou anonymes) ont ainsi eu la bêtise, et je pèse mes mots de souligner que Yann Moix passait à côté de « quelque chose », en l’occurrence de femmes de plus de cinquante ans absolument ravissantes. Plusieurs problèmes à ce raisonnement : le problème est le côté purement esthétique, physique, sur lequel le désir reposerait : pour le féminisme comme mouvement intellectuel profond, on repassera.

Le deuxième, c’est que concernant le point précédent, on est en droit de douter de l’authenticité de la plasticité de certaines stars telles, à l’inverse de Yann Moix dont la laideur « a un avantage, c’est qu’elle dure », comme disait Gainsbourg.

Le troisième, et c’est le pire, c’est la question du consentement : qui dit que Yann Moix voulait coucher avec Monica Bellucci? Et la réciproque ? Un an de mouvement #MeToo pour en arriver là, à nouveau, bravo les féministes.

Il reste à mon sens deux issues au féminisme : l’individualisme forcené que je viens de décrire, et le retour à la famille traditionnelle. Ce mouvement arrive en fin de course et ne pourra arriver à se sauver de la caricature que par la deuxième solution, qui passe par une compréhension des désirs et du rôle de femme dans la société et dans la famille (pas nécessairement au foyer d’ailleurs).

Ce que nous apprend Notre-Dame des Landes

L’évacuation de NDDL (toujours en cours) a requis la mobilisation de 2500 policiers c’est à dire autant que les soldats français au Mali (3 millions de kilomètres carrés). Cela doit forcer le respect de tout révolutionnaire qui respecte la force car « la révolution est au bout du fusil » (Mao Zedong).

1/ Les nationalistes sont hélas inoffensifs pour le pouvoir. Une après midi suffirait à les chasser de la moindre fac, du moindre squat, bref, du moindre lieu qu’ils entendraient tenir par la force. On peut le regretter, protester mais sur le moyen/long terme, le coup de force paraît impossible en l’état des choses, en dépit de maigres et fragiles complicités. La surveillance dont ils souffrent est purement folklorique. La censure dont ils souffrent sur les réseaux sociaux (et les rares affaires judiciaro-médiatiques telles que l’affaire Nisan) n’a le plus souvent rien à voir avec un complot policiaro-militaro-judiciaire d’aucune sorte. Pire : elle les conforte dans l’illusion qu’ils sont une menace pour le pouvoir politique.

2/ Il faut rapidement et impérativement apprendre des réussites et des échecs de l’occupation de NDDL (et des universités) : communication, logistique, esthétique, occupation de l’espace, guérilla, etc. Mais j’y reviendrai plus bas.

C’est esthétiquement stylé. Quoi qu’on en pense.

3/ 2500 policiers occupés à expulser NDDL (ou son équivalent, car ses occupants ont prévenu qu’ils recommanceraient et on peut leur faire confiance), ce sont autant de force que l’Etat ne peut pas déployer ailleurs. Dès lors, ce genre de manifestation/occupation apparaît comme une diversion habile pour prendre de façon durable un point beaucoup plus stratégique (télécommunications, gare, centrale nucléaire, etc).

Curzio Malaparte, auteur de « Technique du coup d’Etat »

4/ Une révolution est bien souvent une guerre civile plus ou moins ouverte : (Russie, Allemagne, France) où s’affrontent deux factions minimum. Dans la France révolutionnaire de 1789-1799, divers courants se sont affrontés dans une grande brutalité (royalistes, montagnards, girondins, jacobins…) jusqu’à ce que Napoléon, fasse à la fois le ménage et la synthèse de tout cela. En Allemagne, les conservateurs ont soutenu les nationaux socialistes contre les communistes avant d’être brutalement éliminés par les premiers. En Russie, ce sont les bolchéviques qui ont vaincu à la fois le Tsar, les socialistes et les menchéviques. En Iran, parmi toutes les composantes opposées au Shah, ce sont les partisans de Khomeini qui l’emportèrent, éliminant les communistes (Tudeh), les démocrates, etc. Ce sont des éléments que nous avons par ailleurs évoqué précédemment.

Ruollah Khomeini, le seul révolutionnaire qui a pris le pouvoir sans tirer personnellement un coup de feu. Comme Besancenot. Sauf qu’il a réussi lui.

De ces observations, il faut dresser ou répéter plusieurs observations. La première est que le pouvoir légal (l’Etat), seul détenteur de la violence, s’oppose en réalité à plusieurs discours qui se prétendent légitimes. Mais seul celui qui se donnera les moyens physiques, techniques, politiques de prendre le pouvoir le méritera. Ce qui se joue sous nous nos yeux est à ce titre non pas une révolution de pouvoir, mais une révolution du vouloir : la plupart des factions ne cherchent pas à prendre le pouvoir malgré leurs forces, préférant des revendications sociétales et bourgeoises, irréalistes, sans intérêt et sans prise avec le réel (« 10/20 aux examens » « soutien aux Kurdes » « démission du président », « califat queer auto-géré » (Al-Baghdadi ne manquera pas de trouver le concept intéressant) ou bien encore « mort aux riches » lors d’une manifestation aujourd’hui à Montpellier). Il est d’ailleurs curieux qu’une rhétorique et un projet révolutionnaires d’extrême gauche s’attachent autant à un diplôme universitaire.

On sent bien le pouvoir que peut avoir une boutique d’opticien sur le pouvoir politique

En effet, si l’on considère, à l’image de Joseph de Maistre, la révolution comme un châtiment divin qui inverse toutes les normes, il ne s’agira que de bouts de papier sans valeur si le projet de société aboutit. On est réellement étonné de voir l’extrême gauche à la fois si transgressive dans son discours voire dans son comportement et en même temps si conservatrice dans ses demandes et son positionnement philosophique.

L’autre problème du discours « révolutionnaire » notamment à l’extrême gauche est qu’il n’a pas intégré la violence de l’Etat au sein d’un processus revolu. En clair : il est logique de recevoir la police dans la figure si on occupe un bâtiment, si on lance des projectiles sur la police ou si on s’associe aux individus sus évoqués; mais nous avons déjà évoqué la question ici.

La deuxième observation c’est que de l’autre côté, le problème est sans doute plus inquiétant : manque d’organisation, impossibilité de lever des fonds, non renouvellement esthétique et culturel (même si cela reste à nuancer), concepts vieillissants, consanguinité politique, inertie des élites, nous éloignent du pouvoir politique (au sens littéral : la Cité). L’esprit de salon, pour être clair, nous empêche d’agir, et ce alors même que « notre force est d’avoir raison ».

Gnagnagna Gramsci. Eh bien appliquons le!

Gardons à l’esprit que nous sommes David contre Goliath. L’Etat, « le plus froid de tous les monstres froids » (Nietzsche) opposera toujours à notre violence une réponse. Par exemple, si un endroit donné est occupé, il finira par être libéré par la police. Jours, mois, années, cela ne compte pas pour l’Etat qui a avec lui le droit, la force et le temps. Il convient donc de ne pas se positionner en fonction de ce que va faire (ou pas) l’Etat puisque précisément celui-ci va expulser quiconque entend contester son autorité à l’extrême gauche (Notre-Dame des Landes) ou à l’extrême droite (Bastion Social, Sainte-Rita); notez que ce sont les qualificatifs que retiennent les 67 millions de Français : qu’importe qu’il y ait eu des écolos-situationnistes à NDDL ou des catholiques de centre gauche à Sainte Rita. Dans le même ordre d’idée, il est vain de compter sur un soutien de quelque nature que ce soit à l’extérieur du mouvement en cas de répression. Lors des événements précédemment évoqués, nos adversaires politiques, mais aussi les tièdes, l’intégralité de la presse fut contre ceux qui étaient attaqués par la police, la justice, et l’administration.

Pourquoi l’extrême gauche manque de logique (et ce que nous devons en tirer)

L’extrême gauche française (notamment estudantine) nous étonne _ au sens littéral. Quand nous écoutons sa rhétorique, quand nous lisons sa prose, quand nous observons ses modes d’actions, nous sommes comme « frappés par le tonnerre ».

Cette extrême gauche, qui pêle-mêle convoque Jaurès, Hugo, Robespierre, le Sous-Commandant Marcos, Lénine, et des épisodes tragiques et sanglants comme la Commune, la guerre d’Espagne, la (tardive) résistance du Parti Communiste aux nazis, la révolution d’octobre, mai 68, se retrouve incapable d’aller au bout de sa logique intellectuelle.

Opposant ce qu’elle considère (à juste titre ou non, là n’est pas le débat) la légitimité (la sienne) à la légalité (celle de l’Etat et de ses moyens de répression), elle commet deux erreurs logiques (Nous aurons plutôt tendance à parler de malhonnêteté intellectuelle et politique).

La première est le recours aux forces de l’ordre pour sa sécurité : imagine-t-on la Commune appeler les Versaillais au secours ? Les FARC se placer sous la protection de Álvaro Uribe? La réponse est évidemment non. Or, cette extrême gauche, qui entend se placer dans une logique et un héritage (politique, esthétique…) révolutionnaires, entend là jouer sur les deux tableaux de la légalité et de la légitimité, et ce de façon à la fois massive et publique. Il ne s’agit donc pas de simples « passerelles » ou complicités (il existe des policiers de droite, de gauche, offrant des coups de main, des renseignements à leurs amis. Cela s’est toujours vu; sans compter les phénomènes de corruption et d’intimidation). Mais le fait « d’appeler la police » fait de ces gens des complices objectifs de la bourgeoisie.

Vous allez dire que je m’acharne mais bon.

La seconde est le rapport à la violence. Qu’on ne se méprenne pas en nous prenant pour des légalistes; nous avons développé la question ailleurs. Dans un État de droit, seul l’Etat a droit à un recours à la violence (encadrée). Décidant à nouveau de se placer sur le terrain de la légitimité face à la légalité, l’extrême gauche a choisi d’occuper des universités, d’empêcher des examens, etc. Elle l’a fait en conscience, par la force et souvent par la violence, comme ont pu en témoignent des étudiants de Montpellier et de Paris, ainsi que la récente découverte de cocktails Molotov à Paris I (Tolbiac). À l’occasion de ce rapport de force, des individus ont notamment demandé la démission du chef de l’Etat. Peu importe ce que l’on pense de celui-ci, il est cohérent qu’un chef d’État envoie la police sortir ces individus, dans le cadre du droit à nouveau. En Espagne toute proche, ils auraient sans doute demandé la tête du roi et l’instauration d’une république, et auraient reçu la visite de la Guardia Civil dans la journée; je ne vous parle pas de pays comme l’Iran.

Ou la Birmanie.

Le but de toute manifestation, de tout mouvement social et à terme de toute révolution est de transformer sa légitimité en légalité. Mais durant ce temps, il s’écoule une période plus ou moins longue de doutes et d’échecs où le révolutionnaire est par définition un « hors-la-loi » en l’occurrence la loi suprême la Constitution.

Cela n’implique pas d’être un criminel. Jules César écrivait : « Si tu dois enfreindre la loi, empare toi du pouvoir. Dans les autres cas, respecte la ».

De ces deux points, les nationalistes (notamment les maurrassiens) doivent en tirer les leçons de logistique, de crédibilité politique, et d’image médiatique.

Éthique et esthétique de la révolution

Il faut pour faire une révolution des révolutionnaires. Cette simple évidence mérite d’être posée et rappelée. Ceux-ci doivent réunir en eux mêmes une poignée de qualités. Nous tâcherons ici d’en brosser quelques uns.

I/ L’homme

Un révolutionnaire doit être un homme. Ce terme doit être compris au sens non pas de genre mais au sens sanskrit (vir : le héros). Un révolutionnaire ne saurait être un marginal. Son hygiène de vie physique et mentale doivent même primer sur ses prouesses physiques.

Pour la même raison, il doit disposer d’une certaine indépendance financière (nous en reparlerons).

Un révolutionnaire doit pouvoir mobiliser son argent, son matériel rapidement, et donc de voyager si possible léger. Il doit être autonome, et doit être capable de sacrifier ledit matériel. La prise du pouvoir passera par des pertes de gazeuses, banderoles, écharpes, bâtons, etc.

Pour d’autres raisons, évoquées dans un précédent article, la police doit être tenue la plupart du temps, au maximum à l’écart, des activités politiques. Il est incohérent de railler nos adversaires qui appellent la police si nous faisons de même. Mao Zedong disait  » le pouvoir est au bout du fusil ». Ce n’est que par le renversement du rapport de force, à défaut de nous imposer culturellement, que nous l’emporterons. Mais il faut imaginer un fusil de grande longueur et une guerre éprouvante.

Enfin, un homme doit connaître sa doctrine, savoir l’appliquer, mais également savoir ouvrir son esprit (littérature, philosophie, histoire…).

II/ L’homme et son matériel

Il est impératif de s’adapter. Certaines actions requièrent des tenues confortables (chaleur, etc) d’autres des tenues spectaculaires, élégantes, ou autres. En tout cas, ce qui prime est l’efficacité et l’adaptabilité de la tenue aux conditions météos, à l’heure de la journée (s’habiller tout en noir à midi est peu discret), ainsi que de l’équipement. Il est utile de s’équiper de coupes boulons si l’ennemi a fermé ses portes avec des chaînes mais il est peu astucieux de prendre des gazeuses si l’on a prévu d’emprunter des couloirs étroits et inconnus, ou s’il y a du vent. De même les porteurs de lunettes doivent-il réfléchir.

Un autre élément à souligner, et que nous avons rappelé dans un précédent article, du même registre de l’adaptabilité, est celui des vêtements. Le nationaliste type dispose d’un certain nombre de vêtements, chaussures, accessoires, couvre-chefs, tatouages, qui le rendent facilement identifiables dans la rue, par des passants, des commerçants, des policiers en civil, des adversaires politiques. En résumé : cessez de vous habiller pour une action quelle qu’elle soit comme pour une soirée ou un défilé.

Guérilleros du Sentier Lumineux. Sobriété, discrétion.

III/ L’homme et la femme

Une révolution (et son prolongement) s’essouffle rapidement sans femmes. Voilà pourquoi des rapports sains entre revolutionnaires des deux sexes est important.

Les concepts de courtoisie, de politesse ne doivent donc pas être de vains mots. Il est nécessaire de se les réapproprier en (re) construisant des rapports normaux abîmés par des décennies de féminisme de troisième génération mais aussi d’abandon par les hommes de leur place et de leur rôle. En d’autres termes, n’attendez pas qu’une femme soit au choix (et à la fois) une femme fatale des années trente/ cinquante, une merveilleuse mère au foyer traditionnel, si vous n’assumez pas votre rôle de père, de mari et d’homme.

En outre, il est urgent de cesser de considérer les femmes comme faisant parti d’une sorte gigantesque harem occidental dont « les hommes » (nationalistes) pourraient user (et abuser) à loisir, commentant les tenues vestimentaires, les moeurs ou autres.

Pensez « amour courtois »

La civilisation française est celle de la courtoisie, de la galanterie, de la poésie. Nul besoin d’être maniéré ou réactionnaire dans ce domaine : le minimum suffit.

IV/ La fête

La fête est toujours une récompense. La drogue doit être proscrite, tout comme l’ivresse excessive. Les drogués et les alcooliques sont des poids financiers, médiatiques, et politiques pour la cause. C’est précisément là encore l’utilité de la guerre révolutionnaire qui « agit comme une sorte de contrepoison, non seulement sur l’ennemi, dont elle brisera la ruée forcenée, mais aussi sur nos propres rangs, qu’elle débarrassera de tout ce qu’ils ont de malsain » (Mao Tsé-Toung) , « De la guerre prolongée » (mai 1938).

Nous devons tendre vers la sobriété, car « Mâra [qui] a pour filles Tanhâ, Rati, et Arati _ c’est-à-dire Concupiscence, Amour et Haine_ est celui qui dispose les appâts afin que, attirés et sur le point de se satisfaire, les êtres tombent en son pouvoir et que paralysés par la manie, ils rentrent sans trêve dans le courant de l’existence éphémère » (Julius Evola, « la doctrine de l’éveil »). Il n’est pas nécessaire d’être une armée d’ascètes, mais de cheminer sur cette Voie.

Le révolutionnaire se doit d’être un homme et mieux qu’un homme. Actif et contemplatif, il doit être prêt car « il faut s’attendre à tout en politique, où tout est permis, sauf se laisser surprendre » (Charles Maurras). Nous vivons des temps de bouleversements, et un mouvement ordonné sera la clef de notre succès car « la révolution est comme une bicyclette : quand elle n’avance pas, elle tombe ! ».

Sur la grève et le blocage comme outils révolutionnaires

Les violentes grèves et occupations d’université printanières doivent interroger les nationalistes qui souhaitent prendre le pouvoir sur la nature de leur rapport à la révolution, au peuple, et à la violence. L’auteur de ces lignes propose cinq axes de réflexion face à des gens qui occupent les universités en compagnie de masques et de chiens. Jugez plutôt :

Notez que le chien est celui qui a le plus d’allure.

1/ La grève (paradoxalement) ralentit et paralyse l’action révolutionnaire

En effet, elle attire l’attention et le mécontentement à l’égard du mouvement. On me répondra que telle ou telle révolution fut permise grâce à l’enchaînement notamment de grèves (Ce qui se discute) mais cela ne concerne ni notre époque ni notre pays. Le peuple français aime la sécurité (de l’emploi, de la retraite, de l’épargne), mais plus que tout il aime sa routine qui comprend travailler, faire ses courses, payer ses factures, étudier. Le moindre bouleversement dans son emploi du temps (retard, panne…) le perturbe, le panique, l’agace. « Pour vivre heureux, vivons cachés  » et pour faire une révolution efficace, faisons la en en limitant les effets sur « madame Michu ».

2/ Par conséquent, ces bouleversements doivent être limités, brefs, et peu étendus géographiquement.

Ainsi, le soutien aux « grèves » et « manifestations » étudiantes est d’un intérêt médiatique et politique nul (sans parler des risques judiciaires). Si l’aspect « théorie du chaos » peut paraître séduisant, il n’en reste pas moins qu’il s’agit pour l’essentiel de gesticulations qui nous sont hostiles, aux revendications grotesques, peu et mal coordonnées, et sans vision à moyen et long terme car sans doctrine politique et philosophique cohérente.

3/ Pour ce qui est des grèves des cheminots et autres travailleurs, ou de soutenir les blocages de routes, de raffineries, des manifestations, il s’agit évidemment de choses à soutenir.

Pourquoi ? La différence est de taille entre un salarié, qui fait le choix de sacrifier une partie de son salaire pour entrer dans un rapport de force avec son patron, et espère compter sur la solidarité de ses camarades ainsi que sur son épargne, et d’autre part un étudiant, qui ne vit pas de son argent mais de celui de ses parents ou de celui de la collectivité (bourse). La troisième possibilité est qu’il travaille et dans ce cas il est un idiot, ou un otage des décisions de ses camarades. Peu nous importent les motivations de tel ou tel pour bloquer ou pas. Ce qui compte, c’est que le blocage étudiant est non seulement illégal mais en plus illégitime : un étudiant n’a ni patron ni salaire à mettre en balance dans un rapport de force. Il est donc incohérent de soutenir de pareilles opérations. Rappelons que la grève doit être soutenue à l’appui de la doctrine et non pas sur le principe : nous voulons une économie bâtie sur les « privilèges » au sens littéral et noble du terme (loi privée) et donc corporatiste, tant éloignée de l’économie socialiste que de l’économie capitaliste. Mais ce n’est pas l’objet de cet article.

4/ Se pose dès lors la question suivante : faut-il ou non débloquer les universités occupées ?

Il serait facile de répondre qu’au vu de ce que nous avons exposé plus haut, s’impliquer dans pareil conflit ferait de nous les auxiliaires de la police et donc, par ricochet, du régime républicain. Néanmoins, nous l’avons dit également, de nombreux étudiants, notamment les plus pauvres, se retrouvent prisonniers de cette situation, ne pouvant accéder aux cours ni à la bibliothèque, risquant de ne pouvoir passer leurs examens, avec parfois de terribles conséquences notamment en termes de bourses universitaires. De plus, il est courant que la police soit passive, ce que même l’extrême gauche note (en le déplorant certes) comme ce fut récemment le cas à Montpellier, et refuse d’intervenir. Il peut donc s’avérer utile d’intervenir à la place de la police, notamment pour bénéficier d’une audience auprès des étudiants que l’on appuie. Que l’on ne se méprenne pas: peu voire aucun deviendront par la suite des militants. Mais leur capital sympathie à l’égard du mouvement ne peut qu’augmenter… Et diminuer à l’égard des bloqueurs. Ceci peut toujours être utile à la diffusion de notre pensée ou au coup de force, le jour venu.

C’est passé à ça ! Foutues Froides-Queues!

5/ Il nous apparaît néanmoins important de préciser que ces interventions doivent être limitées, discrètes.

Il convient d’ajouter qu’il nous faut surtout être dans nos actions et nos communications bien distincts de potentielles interventions de police, afin, comme exposé plus haut, de ne pas être vu comme des supplétifs d’elle.

De même, il ne nous apparaît pas nécessaire de revendiquer (par nos couleurs, nos insignes, nos écussons notamment) ce genre d’actions. Le but recherché est l’efficacité davantage que la visibilité, et « on ne sort de l’ambiguïté qu’à son désavantage » disait le cardinal de Retz. Il faut être « intellectuel et violent » mais surtout rapide. L’étalage de couleurs bariolées et « d’uniformes » « faf » se prête mal à ce genre de choses. Mais nous aurons l’occasion de revenir sur l’esthétique dans un prochain article.

Les migrations, question de classe, question de race

L’extrême droite  (mais pas seulement) raille souvent et à raison le discours de nos élites  (intellectuels, journalistes, artistes, hommes politiques…) consistant à voir dans les migrants et les réfugiés une manne économique, intellectuelle, démographique et culturelle inépuisable. 

Quiconque, même peu ou pas politisé doit, s’il  est de bonne foi relativiser, c’est le moins que l’on puisse dire, cet apport et cet enrichissement : viols, cambriolages, incendies, meurtres, etc. C’est à se demander où sont passés les futurs Montaigne ou les sanskritistes ! 

Pourtant, quiconque est allé à l’université connaît des non Européens. Idem dans le monde de l’entreprise. Le MIT reconnaît que l’université de Yazd en Iran est à la pointe en électronique, et le persan est une des langues les plus parlées chez Google. 

Mais alors pourquoi un tel décalage ?

Parce que ce ne sont pas les mêmes qui migrent aux mêmes endroits, tout simplement : les riches Syriens (ou autres) éduqués vivent de façon très correcte et souvent très intégrée. Les autres foutent le bazar, si vous me passez ce petit jeu de mots « orientalisant ». Ce ne sont pas des chirurgiens ou des archéologues qui violent, incendient ou tuent. 

Ce que ça change, êtes vous probablement en train de vous dire ? Je laisse Jean-Marie Le Pen répondre : https://youtu.be/moYgthnetDI