De la foi et de la raison

Parmi les contempteurs du christianisme, et de sa belle version occidentale et européenne (le catholicisme), ils s’en trouvent deux catégories unies par un curieux « hasard ». La première est celle regroupant les progressistes de tout bord, dont nous ne feront pas le procès ici, d’une part, et les anti chrétiens que nous qualifierons de plus spirituels, d’autre part; je parle ici de ceux qui se nomment païens.

« Le triomphe de la déesse Raison » de Pierre-Nicolas Legrand de Lerant

Les uns trouvent d’ailleurs très amusant et spirituel (sic) d’appeler les chrétiens crétins alors que dans le même temps, ils accusent l’Eglise catholique d’avoir maintenus les paysans (le pagus, les païens!) dans l’ignorance, gardant comme un dragon son trésor le Savoir et la Science… C’est à n’y rien comprendre.

L’accusation régulière est la suivante : il est impossible d’entretenir une foi en Dieu (celui des Évangiles, du credo, etc) et en même temps avoir une réflexion logique (Au sens grec), rationnelle (Au sens latin). Adieu Lemaitre, Sorbon et Galilée! Comme disait le Patron, « Fiat lux! »

I/ Foi et raison ne sont pas de même nature

Comme l’explique très bien Dostoïevski dans son roman « les Frères Karamazov » (Première partie, Livre premier, chap. V) foi et raison sont si séparées qu’il est inutile de tenter de prouver l’existence de Dieu à un athée rationnel (ce qui seul pourrait serait susceptible faire naître sa foi) en lui montrant tel ou tel miracle. Non pas que les athées soient idiots ou manquent de coeur, mais parce que la foi et la raison sont d’ordre différent. Mais de la même façon, un croyant rationnel ne perdra pas sa foi quand bien même on démontait tous les miracles et les mystères. Demeure la question suivante : si Dieu existe (et qu’il a une bonne excuse, comme disait Woody Allen), quelle est sa place dans l’univers et ses lois ?

Féodor Dostoïevski en 1876

II/ Dieu est au delà des lois humaines et même de sa compréhension

Définir c’est réduire. Il serait donc orgueilleux (Au sens tant physique que spirituel), de vouloir assujettir Dieu à une équation qui quoique fort complexe, serait forcément en dehors de notre compréhension intellectuelle. Dieu ne peut être un objet mathématique mesurable. Une équation peut être comprise et résolue. Dieu ne le peut pas pour la simple et bonne raison que Dieu est amour infini et que l’amour infini, sous la forme du Christ crucifié pour racheter nos péchés, ne peut se calculer avec aucun ordinateur. Pour ma part, je refuse de répondre à la question posée plus haut d’un point de vue logique.

III/ L’histoire nous a donné beaucoup de scientifiques croyants

Certains étaient même clercs comme le chanoine Georges Lemaitre, dont les travaux sur l’atome primitif ont préparé la théorie du Big-Bang.

Georges Lemaître

Copernic était, en plus d’être médecin et astronome, chanoine.

Et dès le IV ème siècle après Jésus-Christ, dans son Commentaire de l’épître aux Ephésiens, Jérôme de Stribon critique ceux qui nient la rotondité de la Terre.

Bien entendu, les rapports avec les autorités ecclésiastiques ont souvent été compliquées, entre méfiance et intérêt; qu’on songe au malheureux Galilée. Néanmoins, à leur mesure et sur la longue durée, ils ont pu contribuer à la civilisation occidentale; quand certains n’ont pas été faits saints comme Hildegarde de Bingen, musicienne, médecin, théologienne, canonisée et faite docteur de l’Eglise par Benoît XVI.

Il découle de ce court exposé ceci : premièrement, la foi n’a aucune raison a priori d’entraver la réflexion. Deuxièmement, loin d’avoir été la période d’obscurantisme intellectuel, littéraire, spirituel, artistique, le moyen âge qui a vu fleurir le catholicisme a plutôt préservé et transmis ce qu’il a pu.

Thomas d’Aquin, disciple catholique d’Aristote
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Éthique et esthétique de la révolution

Il faut pour faire une révolution des révolutionnaires. Cette simple évidence mérite d’être posée et rappelée. Ceux-ci doivent réunir en eux mêmes une poignée de qualités. Nous tâcherons ici d’en brosser quelques uns.

I/ L’homme

Un révolutionnaire doit être un homme. Ce terme doit être compris au sens non pas de genre mais au sens sanskrit (vir : le héros). Un révolutionnaire ne saurait être un marginal. Son hygiène de vie physique et mentale doivent même primer sur ses prouesses physiques.

Pour la même raison, il doit disposer d’une certaine indépendance financière (nous en reparlerons).

Un révolutionnaire doit pouvoir mobiliser son argent, son matériel rapidement, et donc de voyager si possible léger. Il doit être autonome, et doit être capable de sacrifier ledit matériel. La prise du pouvoir passera par des pertes de gazeuses, banderoles, écharpes, bâtons, etc.

Pour d’autres raisons, évoquées dans un précédent article, la police doit être tenue la plupart du temps, au maximum à l’écart, des activités politiques. Il est incohérent de railler nos adversaires qui appellent la police si nous faisons de même. Mao Zedong disait  » le pouvoir est au bout du fusil ». Ce n’est que par le renversement du rapport de force, à défaut de nous imposer culturellement, que nous l’emporterons. Mais il faut imaginer un fusil de grande longueur et une guerre éprouvante.

Enfin, un homme doit connaître sa doctrine, savoir l’appliquer, mais également savoir ouvrir son esprit (littérature, philosophie, histoire…).

II/ L’homme et son matériel

Il est impératif de s’adapter. Certaines actions requièrent des tenues confortables (chaleur, etc) d’autres des tenues spectaculaires, élégantes, ou autres. En tout cas, ce qui prime est l’efficacité et l’adaptabilité de la tenue aux conditions météos, à l’heure de la journée (s’habiller tout en noir à midi est peu discret), ainsi que de l’équipement. Il est utile de s’équiper de coupes boulons si l’ennemi a fermé ses portes avec des chaînes mais il est peu astucieux de prendre des gazeuses si l’on a prévu d’emprunter des couloirs étroits et inconnus, ou s’il y a du vent. De même les porteurs de lunettes doivent-il réfléchir.

Un autre élément à souligner, et que nous avons rappelé dans un précédent article, du même registre de l’adaptabilité, est celui des vêtements. Le nationaliste type dispose d’un certain nombre de vêtements, chaussures, accessoires, couvre-chefs, tatouages, qui le rendent facilement identifiables dans la rue, par des passants, des commerçants, des policiers en civil, des adversaires politiques. En résumé : cessez de vous habiller pour une action quelle qu’elle soit comme pour une soirée ou un défilé.

Guérilleros du Sentier Lumineux. Sobriété, discrétion.

III/ L’homme et la femme

Une révolution (et son prolongement) s’essouffle rapidement sans femmes. Voilà pourquoi des rapports sains entre revolutionnaires des deux sexes est important.

Les concepts de courtoisie, de politesse ne doivent donc pas être de vains mots. Il est nécessaire de se les réapproprier en (re) construisant des rapports normaux abîmés par des décennies de féminisme de troisième génération mais aussi d’abandon par les hommes de leur place et de leur rôle. En d’autres termes, n’attendez pas qu’une femme soit au choix (et à la fois) une femme fatale des années trente/ cinquante, une merveilleuse mère au foyer traditionnel, si vous n’assumez pas votre rôle de père, de mari et d’homme.

En outre, il est urgent de cesser de considérer les femmes comme faisant parti d’une sorte gigantesque harem occidental dont « les hommes » (nationalistes) pourraient user (et abuser) à loisir, commentant les tenues vestimentaires, les moeurs ou autres.

Pensez « amour courtois »

La civilisation française est celle de la courtoisie, de la galanterie, de la poésie. Nul besoin d’être maniéré ou réactionnaire dans ce domaine : le minimum suffit.

IV/ La fête

La fête est toujours une récompense. La drogue doit être proscrite, tout comme l’ivresse excessive. Les drogués et les alcooliques sont des poids financiers, médiatiques, et politiques pour la cause. C’est précisément là encore l’utilité de la guerre révolutionnaire qui « agit comme une sorte de contrepoison, non seulement sur l’ennemi, dont elle brisera la ruée forcenée, mais aussi sur nos propres rangs, qu’elle débarrassera de tout ce qu’ils ont de malsain » (Mao Tsé-Toung) , « De la guerre prolongée » (mai 1938).

Nous devons tendre vers la sobriété, car « Mâra [qui] a pour filles Tanhâ, Rati, et Arati _ c’est-à-dire Concupiscence, Amour et Haine_ est celui qui dispose les appâts afin que, attirés et sur le point de se satisfaire, les êtres tombent en son pouvoir et que paralysés par la manie, ils rentrent sans trêve dans le courant de l’existence éphémère » (Julius Evola, « la doctrine de l’éveil »). Il n’est pas nécessaire d’être une armée d’ascètes, mais de cheminer sur cette Voie.

Le révolutionnaire se doit d’être un homme et mieux qu’un homme. Actif et contemplatif, il doit être prêt car « il faut s’attendre à tout en politique, où tout est permis, sauf se laisser surprendre » (Charles Maurras). Nous vivons des temps de bouleversements, et un mouvement ordonné sera la clef de notre succès car « la révolution est comme une bicyclette : quand elle n’avance pas, elle tombe ! ».

Sur la grève et le blocage comme outils révolutionnaires

Les violentes grèves et occupations d’université printanières doivent interroger les nationalistes qui souhaitent prendre le pouvoir sur la nature de leur rapport à la révolution, au peuple, et à la violence. L’auteur de ces lignes propose cinq axes de réflexion face à des gens qui occupent les universités en compagnie de masques et de chiens. Jugez plutôt :

Notez que le chien est celui qui a le plus d’allure.

1/ La grève (paradoxalement) ralentit et paralyse l’action révolutionnaire

En effet, elle attire l’attention et le mécontentement à l’égard du mouvement. On me répondra que telle ou telle révolution fut permise grâce à l’enchaînement notamment de grèves (Ce qui se discute) mais cela ne concerne ni notre époque ni notre pays. Le peuple français aime la sécurité (de l’emploi, de la retraite, de l’épargne), mais plus que tout il aime sa routine qui comprend travailler, faire ses courses, payer ses factures, étudier. Le moindre bouleversement dans son emploi du temps (retard, panne…) le perturbe, le panique, l’agace. « Pour vivre heureux, vivons cachés  » et pour faire une révolution efficace, faisons la en en limitant les effets sur « madame Michu ».

2/ Par conséquent, ces bouleversements doivent être limités, brefs, et peu étendus géographiquement.

Ainsi, le soutien aux « grèves » et « manifestations » étudiantes est d’un intérêt médiatique et politique nul (sans parler des risques judiciaires). Si l’aspect « théorie du chaos » peut paraître séduisant, il n’en reste pas moins qu’il s’agit pour l’essentiel de gesticulations qui nous sont hostiles, aux revendications grotesques, peu et mal coordonnées, et sans vision à moyen et long terme car sans doctrine politique et philosophique cohérente.

3/ Pour ce qui est des grèves des cheminots et autres travailleurs, ou de soutenir les blocages de routes, de raffineries, des manifestations, il s’agit évidemment de choses à soutenir.

Pourquoi ? La différence est de taille entre un salarié, qui fait le choix de sacrifier une partie de son salaire pour entrer dans un rapport de force avec son patron, et espère compter sur la solidarité de ses camarades ainsi que sur son épargne, et d’autre part un étudiant, qui ne vit pas de son argent mais de celui de ses parents ou de celui de la collectivité (bourse). La troisième possibilité est qu’il travaille et dans ce cas il est un idiot, ou un otage des décisions de ses camarades. Peu nous importent les motivations de tel ou tel pour bloquer ou pas. Ce qui compte, c’est que le blocage étudiant est non seulement illégal mais en plus illégitime : un étudiant n’a ni patron ni salaire à mettre en balance dans un rapport de force. Il est donc incohérent de soutenir de pareilles opérations. Rappelons que la grève doit être soutenue à l’appui de la doctrine et non pas sur le principe : nous voulons une économie bâtie sur les « privilèges » au sens littéral et noble du terme (loi privée) et donc corporatiste, tant éloignée de l’économie socialiste que de l’économie capitaliste. Mais ce n’est pas l’objet de cet article.

4/ Se pose dès lors la question suivante : faut-il ou non débloquer les universités occupées ?

Il serait facile de répondre qu’au vu de ce que nous avons exposé plus haut, s’impliquer dans pareil conflit ferait de nous les auxiliaires de la police et donc, par ricochet, du régime républicain. Néanmoins, nous l’avons dit également, de nombreux étudiants, notamment les plus pauvres, se retrouvent prisonniers de cette situation, ne pouvant accéder aux cours ni à la bibliothèque, risquant de ne pouvoir passer leurs examens, avec parfois de terribles conséquences notamment en termes de bourses universitaires. De plus, il est courant que la police soit passive, ce que même l’extrême gauche note (en le déplorant certes) comme ce fut récemment le cas à Montpellier, et refuse d’intervenir. Il peut donc s’avérer utile d’intervenir à la place de la police, notamment pour bénéficier d’une audience auprès des étudiants que l’on appuie. Que l’on ne se méprenne pas: peu voire aucun deviendront par la suite des militants. Mais leur capital sympathie à l’égard du mouvement ne peut qu’augmenter… Et diminuer à l’égard des bloqueurs. Ceci peut toujours être utile à la diffusion de notre pensée ou au coup de force, le jour venu.

C’est passé à ça ! Foutues Froides-Queues!

5/ Il nous apparaît néanmoins important de préciser que ces interventions doivent être limitées, discrètes.

Il convient d’ajouter qu’il nous faut surtout être dans nos actions et nos communications bien distincts de potentielles interventions de police, afin, comme exposé plus haut, de ne pas être vu comme des supplétifs d’elle.

De même, il ne nous apparaît pas nécessaire de revendiquer (par nos couleurs, nos insignes, nos écussons notamment) ce genre d’actions. Le but recherché est l’efficacité davantage que la visibilité, et « on ne sort de l’ambiguïté qu’à son désavantage » disait le cardinal de Retz. Il faut être « intellectuel et violent » mais surtout rapide. L’étalage de couleurs bariolées et « d’uniformes » « faf » se prête mal à ce genre de choses. Mais nous aurons l’occasion de revenir sur l’esthétique dans un prochain article.

Réflexion sur la violence

Puisque la violence est un vice de l’homme découlant du péché originel, donc naturel, et puisque l’homme est un animal politique, nous dit Aristote, alors la violence politique doit être mise au service du Bien, tempérée par la Justice (la Loi de la Cité) et le droit naturel.

C’est ce que tenta de faire l’Eglise via la paix de Dieu et la trêve de Dieu. Du reste, la période médiévale fut plutôt peu meurtrière, entre Européens, si l’on compare aux guerres des périodes suivantes que sont les guerres de religion (XVI ème siècle), la guerre de Trente Ans (1618-1648), les guerres de Louis XIV (1661-1715), ou encore les guerres de Napoléon ; sans même évoquer les deux guerres mondiales.

Aujourd’hui, dans nos sociétés occidentales, où il est admis que l’Etat a le monopole de la violence (police et armée), la question de celle-ci mérite néanmoins d’être pensée et posée à une époque où l’Etat et la démocratie perdent eux-mêmes peu à peu leur légitimité : montée des extrêmes et de l’abstention, incapacité à gérer la crise sécuritaire et migratoire, etc.

Dans sa « Somme théologique », saint Thomas d’Aquin théorise la doctrine de la guerre juste. Celle-ci se caractérise par trois points :

  1. L’autorité du Prince
  2. La cause juste
  3. L’intention droite.

Un autre point important à soulever est que Thomas d’Aquin admet tout à fait le régicide face au « tyran d’exercice » ou « tyran d’usurpation ». Charles Maurras dit que « les libertés ne s’octroient pas : elles se prennent ». Un peuple soumis à l’autorité peut donc en théorie parfaitement se révolter contre un chef injuste, en prendre la liberté. Or comment la cause nationale peut trouver la légitimité de faire usage de violence contre ses adversaires et faire chuter le « tyran d’exercice » qu’est la République et ses divers supplétifs ? Grâce à Thomas d’Aquin. Notre intention est droite, car guidée par l’empirisme et le Bien commun. Nous avons pour nous l’autorité du Prince, et donc une cause juste : la monarchie française. Cela coïncide là encore avec l’expression de Maurras « par tous les moyens, même légaux ».

La dernière difficulté réside sans doute dans les moyens de concrétiser cette violence.

Oui, le vote, le simple fait de participer à ce théâtre qu’est la démocratie nous est pénible. Non seulement les élections elles-mêmes mais encore les pressions financières, communautaristes, médiatiques qui pèsent sur les premières. Il est évident que la loi naturelle que nous enseigne Aristote, qui nous détourne tant de l’oligarchie que de la tyrannie ou de la démagogie, devrait nous conduire à chercher, à trouver un chef et prendre le pouvoir « par tous les moyens, même légaux » (Charles Maurras). Mais c’est précisément parce que les chefs comme les héros se cachent que nous devons descendre dans les urnes et dans la rue. Nous emparer de la vie la Cité comme de la vie de sa Cité. Quelqu’un que j’estime a écrit « le salut ne viendra pas des urnes ». C’est vrai. Il ne faut pas se raccrocher à ce système parce qu’il est la cause de nos problèmes mais aussi parce qu’il est prêt à mourir. 

Que faire ? Voter, en l’occurrence Marine Le Pen. Que faire vis à vis de la police ? Je l’ai déjà dit. Créer des réseaux d’amitié, professionnels, s’armer. Garder à l’esprit que si nous échouons, nous aurons une responsabilité civilisationnelle à assumer. Mais il ne faut pas désespérer car « le désespoir en politique est une sottise est une sottise absolue » (Charles Maurras).

De l’écologie bien comprise

Si l’écologie, en faisant abstraction de sa signification étymologique, se veut la science ou l’étude de l’interaction entre les êtres vivants et leur milieu, alors chacun comprend bien que c’est avant tout la Nature qui doit régenter l’objet étudié. De la même façon qu’un entomologiste doit prendre mille et une précautions avec ses bottes et sa loupe pour ne pas ravager les fourmilière ou les ruches, l’écologiste doit lui aussi garder à l’esprit la notion d’ordre naturel et éviter au maximum de perturber celui-ci.

Un monde parfaitement écologiste selon la Nature, et personnifier cette dernière est déjà une erreur, serait un monde sans hommes. En effet, l’homme étant un être de culture, l’action anthropique influe plus ou moins sur le milieu naturel. Ainsi, la sylviculture soit le simple fait de sélectionner et d’abattre des arbres, influe sur les autres les essences et les espèces animales (oiseaux, rongeurs, insectes). Il n’existe en Europe aucune forêt dite sauvage c’est-à-dire qui n’a pas reçu de coup de cognée à l’exception de la forêt biélorusse. Dans le reste du monde, il faut s’enfoncer en Afrique, en Amazonie ou dans le Sud-est asiatique. 

C’est beau hein ? Bah c’est pas naturel. Désolé les hippies

Aussi beaux qu’ils soient, les champs de colza ou de lavande sont le résultat de siècles de travaux humains. Ils participent à ce titre à l’identité culturelle d’une région, d’un pays. Ainsi, le blé d’Ukraine se retrouve dans le drapeau national, là où le bleu symbolise l’immensité du ciel azur. 

L’homme agit sur la vie depuis qu’il a réussit à inventer successivement le feu, la roue, le joug, etc. Cependant, dans son ouvrage « The Lighting and the Sun », Savitri Devi explique bien la différence entre le progrès technique, consistant à maîtriser la nature, et le Progrès, idéologie qui semble être un cheval (ou un tigre?) que l’on ne peut plus chevaucher ni maîtriser car devenu fou. Au lieu de suivre une progression cyclique et guidée par le Sacré, la société moderne en vient aujourd’hui à croiser des porcs et des humains. Au delà du grotesque, du risible ou du terrifiant, interrogeons nous sur la notion de vivant, d’espèce (s) et de race (s). Méditons cette citation bien connue de l’écrivain Jean Mabire : « Je ne vois pas pourquoi il faudrait protéger les races animales et laisser périr les peuples tels qu’ils ont été façonnés par des millénaires de longue patience. La véritable écologie c’est de sauvegarder les baleines. Mais aussi les Touaregs et les Zoulous, les Basques et les Serbes, les Flamands et les Bretons, les Écossais et les Estoniens ». 

Qu’est ce qu’un écologiste qui ne défendrait pas ces évidences, ce bon sens, ce que l’histoire, le temps, l’homme et la nature ont façonné ensemble ? Il est sans doute temps de briser la Civilisation du Progrès, ainsi que son évolution exponentielle, qui ne respecte ni les hommes, ni la nature, ni la beauté. En somme, revenir à une écologie du temps, de la longue durée, en accord avec à la fois le Divin et la Nature, ce que nos ancêtres bâtisseurs de cathédrales ou du Colisée ont su le faire.