Les monomaniaques…

… Et comment ils stérilisent l’action révolutionnaire.
Je définirais le terme de monomaniaque par quelqu’un qui a un degré de connaissance et d’intérêt si poussé dans un domaine que cela vire à l’obsession et le coupe des réalités du monde. 

Tout le monde, dans le milieu « nationaliste » connait ces gens, obsédé qui par tel lobby, qui par tel autre. Leur connaissance pointue, acquise par la lecture et la fréquentation du milieu de près ou de loin (parfois de très près _ vous seriez surpris), en fait souvent de bons érudits. Associé à une bonne plume voire à un charisme certain, une poignée de monomaniaques arrivent à se faire connaître et à partager leurs connaissances.

Mais le problème, c’est qu’un grand nombre de médiocres les imitent : hystérie, fanatisme quasi religieux, suspicion vis à vis des « dissidents », procès d’intention, attaques ad hominem, etc. 

Ce qui était au départ une intention louable (critique des lobbies, dénonciation des collusions politico-industrialo-militaires, etc.) sur la base du doute si helleno-chrétien, ressemble d’avantage à la minute de la haine de 1984 ou au tribunal du Sanhédrin. 

Qu’il soit entendu ici qu’il n’est pas question de nier ni l’existence ni l’influence des lobbies communautaires, pétroliers, militaires, ou autres. Néanmoins, j’aimerais attirer l’attention sur deux éléments importants. Premièrement, un monomaniaque est épuisant : il n’a en général qu’un sujet de conversation ou alors finit par tout rapprocher ou remonter à celui-ci. Par exemple, les antisémites hystériques vous parleront À COUP SÛR de l’influence juive à Hollywood, de la Kabbale, de Gal Gadot ancienne miss Israël, si vous lui demandez en toute innocence cinéphile s’il a vu Wonder Woman. Alors que ce n’est pas le sujet. 

Vous l’aurez compris, il est difficile de trouver à ces gens amis et partenaires amoureux, même si vous en êtes proches vous même. Difficile en effet de présenter quelqu’un : « Salut, voici Paul. Paul est physicien et euh dans la vie il n’aime pas les Noirs ».

Deuxièmement, l’impasse du prisme monomaniaque dans une perspective révolutionnaire. Si la critique et la dénonciation de lobbies, groupes d’intérêt et de pression est utile, le militantisme, les actions de terrain, le réenracinement sont eux bien plus utiles sur le long termes, et bien moins coûteux financièrement et judiciairement. Rappelez vous qu’un militant en prison, surtout en ce moment,est inutile. Vous ne ressortirez pas super musclé, plein de tatouages avec une cicatrice sur torse, respecté des prisonniers et des gardiens : vous sortirez probablement dans un cercueil. 

La critique superficielle de ces lobbies, de façon monomaniaque, est intellectuellement confortable : Elle permet de se dire que « de toutes façons on ne peut rien faire », « c’est comme ça », « c’est injuste », « ils contrôlent tout et on ne peut rien y changer ». Or le tyrannicide a été théorisé de longue date. Les maîtres injustes peuvent et doivent être abattus. En cinq, dix ou deux cent ans, peu importe. 

Mais il m’apparaît inconcevable d’être ankylosé intellectuellement et physiquement par l’idée que « c’est trop tard parce que « ils » contrôlent tout ». 

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Le putsch, c’est nous

J’ai déjà dit que l’armée et la police ne sauraient être des soutiens et encore moins des moteurs à une révolution. 

Tout le monde se souvient comment a terminé le putsch des généraux : l’armée a été en définitive mise au pas, humiliée, rabaissée. Ne nous restent que des chansons, des poèmes, des romans et des souvenirs plus ou moins mythifiés du Tonkin, de l’Algérie, de la Normandie, ou du Vercors.

En revanche, le pouvoir de la République semble avoir gardé un souvenir terrifiant et tenace du six février trente quatre : dissolutions de ligue, poursuite de militants, etc. S’il est nécessaire de rester lucide sur la (non) menace que nous représentons pour le pouvoir, il est tout aussi nécessaire de se former intellectuellement à la prise du pouvoir dont on ne peut prévoir la date, à l’inverse d’un putsch militaire parfois bien rigide. 

Nécessaire également les multiples entraves au système et à l’Etat, dans les domaines écologiques, communautaires ou autres : le moment venu, ces réseaux seront bienvenus. 

Ce ne sont pas des soldats qui ont pris le pouvoir en URSS, en Iran, à Cuba, etc. 

Gardez bien cela en tête : le putsch, c’est nous. 

L’honneur de l’armée : perspectives révolutionnaires

Bla bla bla l’honneur de l’armée. 

Le général Pierre de Villiers vient donc de démissionner de son poste. De quoi le félicite-t-on ? D’avoir été fidèle à une promesse de 2014, dans laquelle il mettait son poste en balance avec une potentielle baisse du budget de l’armée. Le Drian écarté, Macron a pu avoir les mains libres pour sabrer le champagne et le budget d’une armée à laquelle il ne comprend rien : dont acte. Démission du général. Que reproche-t-on à Emmanuel Macron, à part cette coupe budgétaire ? D’avoir rappelé qu’il était le chef des armées ? Mais c’est la Constitution ! On s’est beaucoup félicité ou amusé de « Macron-Jupiter-Louis XIV » mais en l’occurrence, c’est légalement la vérité. 

J’en viens donc au cœur de mon sujet : premièrement, cette démission ne servira à rien. Un autre général remplacera Pierre de Villiers, membre des « bons réseaux » celui-ci, et à la botte de l’Elysée. Deuxièmement, elle est politiquement inintéressante et stérile pour nous : elle ne suscitera jamais de veleité révolutionnaire parmi les soldats ou les sous-officiers. (C.f mon article sur la police).

Cela ne remet pas en cause la bravoure et les compétences humaines et techniques de nos soldats, et ce depuis des siècles. Mais dans une perspective révolutionnaire, je doute de la possibilité d’un appui de l’armée basée sur son honneur et ses principes.

Sexe, sexualité et révolution 

Chaque année, à Paris, San Francisco, ou encore Tel-Aviv a lieu la « Marche des fiertés » ou « Gay Pride « .  C’est l’occasion chaque année pour ses participants, sinon de nous assourdir de mauvaise musique, de revendiquer un certain nombre de droits pour accéder à « l’égalité » au nom du droit à la « différence » (j’imagine que quiconque voit déjà le manque de logique dans l’articulation).

Je ne reviendrai pas tellement sur le problème anthropologique que règle déjà Aristote  (« C’est une grande injustice que de traiter également des choses différentes ») mais sur un autre aspect de la question. 

Les milieux LGBTIQ+ (il faut rajouter une lettre régulièrement, je m’y perds) sont notoirement affiliés à l’extrême gauche anti fasciste, cela non sans tensions récurrentes parfois violentes .

Ainsi, la révolution anti capitaliste, anti raciste, se retrouve couplée d’un volet anti patriarcat et libertaire au sens sexuel (comme si le capitalisme n’était pas pourvoyeur de sex toys à profusion, de films pornographiques, de pilules contraceptives, de préservatifs, propres à la liberté sexuelle hors du couple traditionnel et du mariage). Voilà la première incohérence : si on est libertaire, on est capitaliste.
La seconde incohérence se situe à mon sens au niveau historique. Prenons un révolutionnaire marxiste au hasard : Bénito Mussolini. A-t-il fait sa révolution mu par des intérêts privés, notamment sexuels ? Non. C’était un homme de formation marxiste qui a fait une révolution marxiste, froide, méthodique. 

Extrait de « Technique du Coup d’Etat » de Curzio Malaparte

Tous les révolutionnaires ne sont pas marxistes, objecteront avec raison les lecteurs. Prenons un autre révolutionnaire, religieux celui-ci : Ruollah Khomeini. Sa révolution était un volte-face à l’occidentalisation, à la décadence et à la corruption dans laquelle il accusait le Shah de se vautrer (ce qui n’empêcha lui-même d’avoir nombre de vices y compris sexuels, mais sans aller jusqu’aux revendications de PMA des LGBT). 

Aucun révolutionnaire dans l’histoire, de Sankara à Gandhi, de Trotski à Primo de Rivera, de Mao à Hitler, n’avait le sexe et sa sexualité comme identité  (et donc comme drapeau) ou comme projet. 

Ceci n’est pas un drapeau révolutionnaire

Ce que l’on peut tirer de « en face » c’est ceci : cultiver ce que j’aime appeler le « secret de l’alcove », c’est-à-dire ne pas se préoccuper de la sexualité des autres, mais aussi ne pas étaler la sienne. Si « tout ce qui est national est notre » (Maurras) alors ce qui n’est pas national n’est pas notre. Nous n’avons pas le temps de faire la police des braguettes ou de mesurer la longueur des jupes. Et surtout, comme je l’ai dit, ce n’est guère sérieux d’un point de vue révolutionnaire. 

Coup d’Etat estivalier-Que lire ?

Trotski explique, et Malaparte le rapporte dans son « Technique du coup d’Etat » que ce qui distingue les différents coups d’Etat, ce ne sont pas tant leur programme que leur méthode. Une révolution réussit quand elle est une affaire de techniciens, que seuls des techniciens peuvent stopper. Il y a peu de points communs entre Hitler d’un côté et Trotski/Lénine de l’autre. Mais dans les deux cas, rien n’a été laissé au hasard. Paradoxalement, le premier coup d’Etat moderne, celui de Bonaparte, a failli échouer à cause de l’amateurisme et de la trop grande place laissée au hasard. L’objet du coup d’Etat, il faut le rappeler, c’est l’Etat, et sa prise. Réfléchir à sa paralysie puis sa capture c’est déjà être un danger pour lui. Il ne faut pas cesser de l’analyser d’un point de vue mécaniste, surtout à une époque où il ne cesse d’être froid et omniprésent; « le plus froid de tous les monstres froids » disait Nietzsche. 

Ne perdons pas de vue non plus qu’il n y a pas de « circonstances » à la révolution. Trotski s’est moqué de la situation de la Russie tsariste et disait que même des pays stables tels que la Suisse ou les Pays-Bas pouvaient subir des révolutions. Ce qui fait la révolution, ce sont les révolutionnaires : si la révolution a échoué en 1920 en Pologne, ce ne fut pas à cause de l’absence de communistes, mais bien à cause de leur absence de velléités révolutionnaires.

Les lecteurs de Malaparte, Trotski, ou Venner seront déçus de cet article. Aux autres, je veux proposer, en vrac disons, une série de livres pour aiguiser leur appétit révolutionnaire. 

  • « Le Prince » de Machiavel
  • « Technique du coup d’Etat » de Curzio Malaparte
  • « Si le coup de force est possible » de Charles Maurras
  • « L’art de la guerre » de Sun-Tzu
  • « Pour une critique positive » de Dominique Venner
  • « Pour mes légionnaires » de Corneliu Codreanu
  • « Que faire ? » de Vladimir Illitch Lénine
  • « La révolution permanente » de Léon Trotski 

    Vous aurez remarqué que je n’ai rien proposé qui vienne de Mussolini ou de Hitler : lisez Malaparte et vous comprendrez. 

    Je vous souhaite une bonne lecture ! 

    « La Rivoluzione è come il vento ! »

    Le contrôle au faciès n’existe pas

    Ou très peu.

    Réfléchissons un moment. Ceux qui liront cet article, à l’exception des militants politiques, notamment ceux très lookés, se comportent de façon normale dans la vie de tous les jours. Ils adoptent une attitude responsable, respectueuse tant des lois que de la morale publique.

    De plus, ils exercent des métiers légaux, ou poursuivent des études. Ils s’habillent de vêtements normaux : chemises, pantalons, t-shirts. 

    Mettons nous dans la tête d’un policier qui doit contrôler  (« faire du chiffre ») dans le but à peine dissimulé de trouver des consommateurs de substances illicites. Ceux-ci, pour l’essentiel, portent des joggings et des casquettes. Et je me fous que toi ou ton cousin en Lonsdale fume de la weed. Il n’est pas représentatif. La petite et moyenne délinquance, comme la criminalité, s’habille et se comporte de façon plutôt uniforme, vit plutôt dans les mêmes quartiers et est plutôt homogène ethniquement. De fait, René le policier aura statistiquement plus de chances de trouver de la weed sur Karim que sur François. Mais ceci est uniquement du au fait que le premier porte un survêtement de racaille, traîne avec des racailles, et pas le second. Si François vit dans une cité et a réussit à être accepté par ses compères, alors il y aura fort à parier qu’un jour ou l’autre René trouvera de la weed sur lui. De même, Karim peut très bien monter de classe sociale, voter FN, diriger une boîte de sécurité, porter un costard et mépriser les racailles : cela existe. 

    On est contrôlé par la police quand on resemble à un délinquant  (nos amis des forces de l’ordre sont des gens simples le plus souvent). Portez un costume et ne dealez pas. 

    Le Hellfest : « l’oeil était dans la tombe et regardait Caïn »

    Je suis bien plus scandaleux  (littéralement) que la plupart des personnes qui liront cet article. Je pense avoir lu, dit, vu ou fait de quoi choquer les Juifs, les chrétiens, la « gauche », la « droite », les musulmans, les athées, les païens et à peu près tous les milieux culturels et musicaux. 

    Comprenez bien dès lors que la seule réaction à « le christianisme est une religion du désert qui a détruit l’Europe » (au moment où l’Empire romain croulait sous le népotisme, la corruption, les révoltes internes, les invasions barbares_ au point qu’il n’y avait quasiment pas de Romains aux Champs Catalauniques) soit au mieux de l’indifférence, au pire de l’agacement. 

    Comprenez bien dès lors que la seule réaction à « le métal est la musique du diable qui amène son auditeur/pratiquant en enfer » (quid de ceux qui en écoutent accidentellement ? Est-ce un péché mortel ou véniel ? Par opposition, écouter des chants grégoriens est-elle est une vertu cardinale ? Y a-t-il une bulle papale qui condamne le metal ? Dans ce cas, quid des orthodoxes ?) soit au mieux un soupir de lassitude au mieux un hullulement de rire mal contrôlé. 

    En réalité, il existe des arguments de fond contre le HellFest : 

    • Son public : jeune et/ou immature notamment musicalement. Je suis pour ma part un gros c… Un élitiste. Je préfère les publics restreints et de meilleure qualité.
    • Son prix. Pas besoin de développer. En plus c’est loin de chez moi.
    • Les groupes. Slayer tous les trois ans, merci. Et Chelsea Wolfe en festival NON MAIS ALLO QUOI.
    • L’ambiance Disney mon cul. J’aime bien DisneyLand mais pas dans un festival de metal. On mélange pas les torchons et les serviettes.

    Mais Max Yme en parle mieux que moi ici.

    Tous les ans à la même période, un certain nombre de catholiques râlent sur les réseaux sociaux contre la « fête de l’enfer ». C’est leur droit. Mais j’aimerais sincèrement que ceux qui sont proches de la cause nationale (pas les cucks qui ont voté Macron au deuxième tour; on vous voit) sinon d’approuver ou même de tolérer, au moins de vous taire. Les médias et les autres politiques (sans même parler du milieu métal/culturel, constitué lui même bien souvent d’abrutis finis, j’en conviens !) vous ringardisent et vous ridiculisent. Mais par leurs amalgames et leurs caricatures, nous nous retrouvons dans le même sac que vous ! 

    Vous aurez noté que je n’ai pas perdu mon temps à essayer de vous décrypter les paroles, vous dire que tel ou tel chanteur était catholique, ou que au final c’est du théâtre. Il y a à ça deux raisons. La première est que le HellFest, enfant du défunt FuryFest, existe depuis plus de dix ans. Malgré toutes les critiques que j’ai à lui faire, c’est une industrie qui marche. Si vous aviez voulu écouter et comprendre, vous l’auriez fait, depuis le temps. La seconde raison est que vous nous emmerdiez déjà avec Elvis dont les déenchés « sataniques » auraient du le pouvoir de pervertir les jeunes filles. 

    Alors pensez « politique » et arrêtez de voter Macron et autres cucks.  

    Une flamme à transmettre

    Je m’entends souvent dire (rire) que mon combat (le nationalisme) est vain et qu’il n’aboutira jamais, ou en tout cas, que je n’en verrai jamais les fruits. C’est probable. Mais c’est là une donnée que j’ai en tête depuis que je me suis engagé en politique, avant même d’être converti aux idées du nationalisme intégral. Et à ce moment là, d’autres, de mon âge ou plus vieux, étaient déjà là en train de (re)construire. Il faut être naïf pour penser qu’une défaite démocratique pèse sur le coeur d’un monarchiste… 

    Il existe sur l’île de Crète un olivier âgé de trois millénaires. Il était là avant Athènes, Sparte, Rome, Byzance, les royaumes européens et leur a survécu. Sa force et sa vigueur ne se sont pas faites en un jour, et il a du lutter contre le vent, les parasites… John R.R Tolkien disait « Les arbres aux racines les plus profondes ont les branches les plus vigoureuses ». Je ne verrai pas le fruit de mon travail, non plus que mes enfants. Mais peut-être que mes petits-enfants pourront achever mon oeuvre, notre oeuvre.

     En attendant, il faut repenser notre esthétique, nos rapports aux médias, au travail, à l’Etat. Sortir du « ghetto faf » dans lequel nous nous complaisons. Etre rigoureux dans notre façon de communiquer pour ne laisser place à aucune faille, tels que ces hoax et fakes grossiers que même certains cadres de partis et dirigeants relaient. L’avènement d’internet et des réseaux sociaux a prouvé d’une part que les médias traditionnels étaient discrédités et d’autre part que nous pouvions faire du travail de journalisme, de réflexion : ne tombons pas dans les pièges du complotisme, du hoax ou de l’hystérie. 

    Repenser l’esthétique, c’est réfléchir à des (nouveaux) héros, ne pas confondre identité, codes, et sectarisme. Il faut brûler les codes des années 70/80. Si le 6 février 34 ou Dien Bien Phu sont des références émouvantes, sympathiques ou amusantes elles ne parlent plus à personne : dans 15 ans, cela fera un siècle de 6 février ! Créeons un autre six février plutôt que de nous lamenter sur l’échec du premier. « La tradition est la transmission de la flamme et non la vénération des cendres » disait Gustav Mahler. 

    Transmettons. 

    Oui, le vote, le simple fait de participer à ce théâtre qu’est la démocratie nous est pénible. Non seulement les élections elles-mêmes mais encore les pressions financières, communautaristes, médiatiques qui pèsent sur les premières. Il est évident que la loi naturelle que nous enseigne Aristote, qui nous détourne tant de l’oligarchie que de la tyrannie ou de la démagogie, devrait nous conduire à chercher, à trouver un chef et prendre le pouvoir « par tous les moyens, même légaux » (Charles Maurras). Mais c’est précisément parce que les chefs comme les héros se cachent que nous devons descendre dans les urnes et dans la rue. Nous emparer de la vie la Cité comme de la vie de sa Cité. Quelqu’un que j’estime a écrit « le salut ne viendra pas des urnes ». C’est vrai. Il ne faut pas se raccrocher à ce système parce qu’il est la cause de nos problèmes mais aussi parce qu’il est prêt à mourir. 

    Que faire ? Voter, en l’occurrence Marine Le Pen. Que faire vis à vis de la police ? Je l’ai déjà dit. Créer des réseaux d’amitié, professionnels, s’armer. Garder à l’esprit que si nous échouons, nous aurons une responsabilité civilisationnelle à assumer. Mais il ne faut pas désespérer car « le désespoir en politique est une sottise est une sottise absolue » (Charles Maurras).

    Érotisme de Tanizaki

    Cest en 1908 que Jun’ichiro Tanizaki (1886-1965), jusque là tenté par le journalisme, décide de devenir écrivain. Issu d’une famille de commerçants, il s’inscrit à la prestigieuse université impériale de Tokyo. Il fait ses armes à travers un certain nombre de revues, parfois pour rien. Mais très vite, son style et son génie vont s’affirmer. Cet homme curieux, épris de théâtre kabuki et de littérature chinoise, va contribuer au renouveau de la litterature et de la langue japonaises du début du XX ème siècle. 

    Le fétichisme des pieds ou le classique oriental

    Fantasque et macabre, son style est teinté d’ironie et d’érotisme. C’est la nouvelle « le tatouage » (1910), publiée dans la revue Shinshichô, qui le révèle. Deux séries de thèmes se dégagent précocement chez Tanizaki : tout d’abord, la femme, sa blancheur, et plus particulièrement, comme souvent en Orient, le fétichisme pour les pieds. Il reprendra d’ailleurs cette thématique dans la nouvelle « Le pied de Fumiko », nouvelle centrée elle aussi autour d’une Geisha et de son pied : « la blancheur du pied s’irisait de rose aux extrémités des orteils bordés de rouge pâle. Cela me rappelait les desserts de l’été, les fraises au lait, la couleur du fruit fondant dans le liquide blanc; c’est cette couleur-là qui coulait le long de la courbure des pirds d’O-Fumi-san ». Vous noterez que le nom de Fumi est précédé de la marque de respect « O », réservée à l’Empereur, signe de la profonde dévotion du personnage envers la geisha.

    De même dans « Le tatouage » le personnage rencontre une geisha : « Un pied nu de femme d’une blancheur de neige. Pour un oeil aussi pénétrant que le sien, les pieds d’un être humain reflétaient autant que le visage tout un jeu d’expressions complexes; et le pied de cette femme lui apparut comme un inestimable joyau de chair. La disposition harmonieuse des cinq orteils déployant leur délicat éventail depuis le pouce jusqu’au petit doigt, le rose des ongles qui ne cédait en rien aux coquillages qu’on ramasse sur les plages d’Enoshima, l’arrondi du talon pareil à celui d’une perle, la fraîcheur lustrée d’une peau dont on pouvait se se demander si une eau vive jaillissant entre les rochers ne venait pas inlassablement la baigner […] ».

    L’obsession de la douleur chez Tanizaki : catalyseur de l’eros ou sado-masochisme ?

    Mais chez l’auteur, dès cette nouvelle, se fait sentir une fascination pour la douleur et la mutilation : « Il [le tatoueur] avait une prédilection marquée pour deux techniques réputées particulièrement douloureuses : le tatouage à cinabre et le tatouage à coloris dégradés. Quand, dans une seule journée, après avoir en moyenne, subi la perforation de cinq ou six cent aiguilles, on ressortait du bain chaud destiné à aviver les couleurs, c’était pour s’abattre à moitié mort aux pieds de Seikichi, où l’on restait un bon moment incapable du moindre mouvement. Et lui, contemplant d’un oeil glacé la forme misérable, ne manquait jamais de dire avec un sourire de satisfaction : « Vrai ! Ce que vous devez avoir mal ! » ». Nombre des personnages de Jun’ichiro Tanizaki ont des moeurs sexuelles macabres ou à tout le moins étranges. Le personnage principal de « Histoire secrète du sire de Musashi » fait sa première expérience de la mort et du désir en même temps, au contact d’une des jeunes filles qui nettoient les têtes ennemies tranchées. De là naîtront son désir à la fois sexuel et martial : trancher des nez à défaut de têtes, pour la symbolique humiliante qu’un nez comporte. Cette utilisation obsessionnelle de la douleur et de l’humiliation en lien avec l’amour ou ne relève sans doute du sado-masochisme ; mais pas seulement. On peut voir que chez Tanizaki, la douleur est utilisée comme catalyseur, pour sublimer en quelque sorte le plaisir. Dans le cas du « Tatouage » c’est facilement vérifiable car Seikichi attend cinq années son amante/victime/cliente, torturé par le désir avant de pouvoir la tatouer. On peut y voir là également une métaphore d’un coït longtemps retenu et dont le tatouage serait l’orgasme _ le chef d’oeuvre en somme. La relation entre Tsukatoshi et Fumiko dans « le pied de Fumiko » est sans doute, sinon sado-masochiste, au moins inégale et malsaine. 

    Tanizaki ne juge pas ses personnages. Il les observe avec curiosité voire amusement, pour bizarres ou monstrueux qu’ils puissent paraître.

    L’oeuvre de Jun’ichiro Tanizaki est riche, et cet aspect, appuyé par un humour fin et une grande culture littéraire, font de lui un grand auteur.