Dolores, l’IRA, l’Irlande et le catholicisme 

Dolores O’Riordan est morte hier lundi 15 janvier à l’âge de 46 ans. La chanteuse des Cranberries, à la voix rageuse, fragile, ou angélique s’est éteinte dans le ciel londonien où elle était venue enregistrer_une dernière fois. 

Dernière d’une famille de sept enfants, la chanteuse irlandaise était connue non seulement pour son talent mais aussi pour des convictions et une âme qu’elle n’a jamais reniées, ce que les médias et les bien pensants ne lui ont jamais pardonné, même dans la mort. Pro famille (« Ode To My Family »), patriote irlandaise ( » God Be With You »), l’auteur des textes de la « sauce aux canneberges » (qui accompagne l’action de Grâce) savait mettre subtilement ses convictions en avant. Elle était également pro peine de mort, prenant pour exemple Singapour, et anti avortement… Comme n’importe quelle Irlandaise catholique née en 1971 (« The Icicle Melt »).

Il y a cependant un contresens que doivent éviter les admirateurs de Dolores, notamment ceux qui s’intéressent à l’IRA et au conflit Nord-irlandais. Pour patriote et catholique qu’elle fusse, elle n’a jamais apporté son soutien à la cause de l’IRA, condamnant même la violence et la guerre à travers sa chanson la plus connue, « Zombie« . L’idée est moins de prendre position contre l’IRA, et notamment sa branche armée, que de tenter de s’interposer entre les belligérants et d’imposer une sorte de paix de Dieu, à une époque où l’Eglise ne répond (déjà) pas/plus à ses aspirations (elle déclarait ne pas aller à l’église). Le refrain ne dit pas autre chose : « But you see, it’s not me/It’s not my family/In your head, In your head, they are fighting/ With their tanks, and their bombs/ And their, and their guns/ In your head, they are crying ». Là où les tanks se réfèrent aux troupes britanniques, les bombes se réfèrent aux attentats de l’IRA (encore que les Black and Tans aient pu se livrer à des actions proches). Ce que hurle Dolores est une supplication et une prière. C’est une jeune femme qui a 22 ans au moment de l’attentat de Warrington évoqué dans la chanson et qui n’a connu que la pauvreté et la guerre. L’accent est mis, on  le comprend, sur le caractère non seulement brutal mais encore lassant de la guerre (« Another head hangs lonely/Child is slowly taken »).

The Cranberries est donc moins un groupe « nationaliste » qu’un groupe catholique, et un groupe irlandais. 

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« Le bon, la brute et le truand » : métaphysique d’une chute

Le dernier volet de la « trilogie du dollar », il buono, il brutto e il cattivo en version originale, demeure l’apogée de son auteur, Sergio Leone, en même temps qu’un modèle d’un genre nommé presque par (auto) dérision le western spaghetti. Ce genre, qui s’oppose (ou en tout cas se distingue), au western classique, a pour caractéristiques des thématiques très différentes. : Exit la conquête de l’ouest et les méchants Indiens, bonjour la guerre de Sécession et ses questionnements sur le Progrès et la mécanisation de la guerre, des personnages plus nuancés, moins manichéens (le « bon » de Le bon, la brute et le truand ne l’est que comparativement aux deux autres… Ce qui n’est pas peu dire !), la force de frappe des paysages désertique, quasi lunaires aboutissant à des oeuvres contemplatives (l’Espagne des années 60 (et les soldats de l’armée franquiste, « prêtés » par le Caudillo pour les scènes de bataille), un indivualisme et une anomie parfois dérangeants (torture, violence sur les femmes)… Voilà des éléments que cet article se propose d’aborder ou du moins d’effleurer : la chute des hommes et leurs doutes face à l’avènement de la civilisation du Progrès, dans un film de 1966 se déroulant quasiment un siècle avant.

Merci qui pour les figurants ? Bah non. Merci Franco.

Je ne rappellerai pas le synopsis et ne m’embarasserai pas de spoil : si vous n’avez pas vu le bon, la brute et le truand en 2017, je ne peux rien pour vous.

L’avènement de la guerre mécanique

Un certain nombre d’historiens considèrent soit la guerre de Sécession (Civil War) soit la guerre de Crimée comme la première guerre dite moderne. Il y a cela plusieurs raisons :

  1. Le nombre de soldats engagés (et tués);
  2. L’utilisation massive de l’artillerie et notamment de canons automatiques;
  3. L’utilisation de tranchées.

Dans le film, ces éléments sont particulièrement bien montrés. Les soldats en particuliers sont dépeints tels qu’on peut se les figurer : épuisés, mal rasés, assoiffés, amaigris, l’oeil vide. Voilà ce que nous enseigne le bon, la brute et le truand : l’honneur et les valeurs militaires ne sont bonnes que pour les cérémonies. Le patriotisme et la ferveur héroïque qui pouvaient exister en début de conflit ne transparaissent pas à ce moment là, tant cette guerre mécanique fait des soldats des bêtes ; ou plutôt : du guerrier un soldat, d’un soldat un militaire.

Des hommes au milieu des ruines

Les personnages du film, et en particulier le trio principal, semblent des damnés d’un monde post apocalyptique, où hiérarchies et Dieu(X) font cruellement défaut. Là où les personnages campés par John Wayne sont toujours esthétiquement et éthiquement du bon côté (la loi, l’ordre, la morale, Dieu, etc), eux n’ont ni foyer, ni morale, ni honneur (les magouilles entre Blondin et Tuco pour récupérer la prime sur la tête du second) voire n’ont pas de nom (« Blondin »).

« Dieu est mort » Nietzsche ; »Nietzsche est mort » Dieu

Chez Sergio Leone, Dieu est bel et bien mort, et Ses créatures n’en sont que plus désemparées. C’est tout du moins le sentiment de « Blondin » avant d’être capturé par les Yankees. Cette scène, au delà de son aspect farce et de l’hilarité qu’elle peut déclencher, semble nous indiquer autre chose : dans le monde de Leone, si Dieu est mort, il n’y a plus que des masques de Lui. Et celui qui imite Dieu, c’est Lucifer. C’est d’ailleurs curieusement un monde où règne non seulement la violence et le mensonge, mais aussi où les femmes sont quasi absentes. Le rapport des personnages de Leone aux femmes est d’ailleurs pour le moins douteux puisqu’on y voit Sentenza gifler Maria, la prostituée. Notons que la seule femme du film porte le nom de la Sainte Vierge, ce qui n’est guère étonnant pour un film réalisé par un Italien : le film serait donc abandonné de Dieu mais non de Sa mère ?

Une Marie peut en cacher une autre.

La violence de « le bon, la brute et le truand » : violence esthétique, violence morale ?

La violence la plus immédiate n’est pas celle que s’infligent les personnages : il y a peu de duels, une seule scène de bataille, une scène de torture, la mort du chasseur de primes (tué par Tuco) ; en somme peu de violence physique pour un film de 178 minutes en version longue.

La vengeance de Tuco, quand celui-ci fait marcher Blondin dans le désert, constitue une violence esthétique et morale plus grande. Comment ne pas voir autre chose qu’un martyr derrière ce Blondin pourtant tellement amoral, voir un parallèle avec l’errance du Christ, tenté par Satan sous un soleil brûlant ?

Jésus Christ dans le désert, par Ivan Kramskoï (1872)

La solitude des corps et des âmes des personnages est accentuée par les paysages désertiques de l’Espagne : dans des espaces brulées par le soleil incandescent, les corps semblent minuscules, faibles, et les âmes, en peine, livrées à toutes les tentations de violences possibles.
Film immense, amoral, chrétien et nietzschéen, qui pleure la mort de Dieu, le bon, la brute et le truand , tu l’auras compris lecteur, est mon film préféré.

Des nouvelles mythologies et des nouveaux héros dans le milieu nationaliste

J’ai déjà dit à quel point les héros, passés et à venir, étaient nécessaires à la construction de l’identité des peuples et des nations. Comme disait Paul Claudel « la jeunesse n’est pas faite pour le plaisir, elle est faite pour l’héroïsme ». Le sujet qui m’amène ici est la variété des mythologies où chacun puise ses références et se crée ses héros. 

Il n’y a sans doute pas de meilleur cadre que la guerre, en Europe ou ailleurs, pour faire frissonner de jeunes militants au coin du feu, une guitare à la main. Les deux guerres mondiales, les guerres coloniales (Indochine et Algérie) d’abord, aujourd’hui le conflit russo-ukrainien, sans parler des divers conflits au Moyen-Orient, ou des guerres qui ensanglantèrent l’ex-Yougoslavie agonisante. A des centaines ou des milliers de kilomètres, à des décennies de distance, chacun se choisit un camp comme quand on jouait aux cow-boys et aux Indiens étant petit. Chacun dit « je supporte telle cause » ou « en ce temps là, j’eusse rejoins telle faction ». Cette attitude devrait être selon moi être mesurée précisément en raison du manque d’information et de recul historique que nous avons, dans notre confort d’occidental du début du XXI ème siècle. Nous avons appris que les images et les discours pouvaient être détournés  (exemple du massacre de Katýn) et que les hommes politiques comme les journalistes n’étaient que peu fiables (exemple des armes de destruction massive de Saddam Hussein).

C’est pourquoi je suggère de faire appel à ces mémoires mythifiées avec le plus grand soin, la plus grande prudence. Nous devons être fiers de nos ancêtres et de ce que nous transmettrons à nos enfants.

 

Koz toujours, tu ne m’intéresses plus !

Dans les bonnes familles de Paris, Lyon, Bordeaux ou Angers, le catholicisme vit et survit. Comme un lierre, il s’accroche et croît (croit?), poussant le long de l’arbre « Foi ». Pratiquant le voeu de surdité et l’endogamie la plus remarquable, ces gens là sont à l’abri pour des siècles. Après eux, autour d’eux, le déluge. 

Mais nous ? Nous les Français de souche, de la France fille aînée de l’Église, mais aussi d’origine polonaise, espagnole, italienne ou portugaise (donc catholiques) qui pense à nous ? Trahis successivement par la gauche des travailleurs, les syndicats et maintenant l’Église, nous sommes désemparés. Il n’y a guère que saint Basile ou Léon Bloy pour nous comprendre quand le Pape François Ier appelle à accueillir encore davantage de migrants !

Nous, piètres théologiens, savons ce qu’est la foi du charbonnier, honorer les morts, protéger sa famille, cultiver sa terre, protéger son église, y prier en silence, honorer les formules du mieux que l’on peut; saint Augustin disait « Si vous ne connaissez pas de prière, inventez en une ».

Or, c’est bien ce peuple, trahi et renié par ses élites et jusqu’à ses pasteurs qui subit le plus les effets dévastateurs de la mondialisation : chômage, désindustrialisation, crise agricole, terrorisme, islamisation, enlaidissement urbain, etc. Dans ces moments de doute, vers qui nous tourner quand journalistes, philosophes, hommes politiques mentent, trahissent et manipulent ? Nous ne pouvons même pas faire confiance à beaucoup de nos élites catholiques tels que le funeste Erwan ‘Koz’ Le Morhedec pour qui la lutte pour ses frontières, son identité et son indépendance, n’est valable que pour les Amérindiens; j’imagine que l’identité française et catholique n’est pas assez exotique au goût de cet internationaliste.

Je te comprends Erwan moi non plus la Bretagne je suis pas fan mais fais un effort merde.

Le problème du catholicisme français  (à l’inverse du catholicisme italien par exemple) est qu’il est intrinsèquement bourgeois. J’en veux pour preuve son incroyable mobilisation contre le mariage pour tous. Si je ne remets pas en cause le bouleversement civilisationnel de celui-ci, ni l’intérêt porté aux enfants porté par les manifestants, je me demande pourquoi ce million de personnes est incapable de se mobiliser contre une menace civilisationnelle tout aussi grande, telle que l’immigration. Le fait de dire qu’il y a peu de Soudanais à Sablé-Sur-Sarthe, à l’île d’Yeu ou à Porte d’Auteuil, endroits forts éloignés des centre-villes et riches en caméras, gardes armés, patrouilles de police, et hautes grilles, fournira peut-être à chacun un début de réponses. 

Les dirigeants catholiques (et pas seulement les clercs) sont en grande partie par leurs actes et leurs discours responsables de la situation morale et politique française et européenne. Il n’est pas difficile de comprendre l’attrait que peuvent avoir les religions païennes, l’islam, ou des choses plus farfelues encore. Ce catholicisme est une boussole cassée. Qui pourra la réparer ?

De l’écologie bien comprise

Si l’écologie, en faisant abstraction de sa signification étymologique, se veut la science ou l’étude de l’interaction entre les êtres vivants et leur milieu, alors chacun comprend bien que c’est avant tout la Nature qui doit régenter l’objet étudié. De la même façon qu’un entomologiste doit prendre mille et une précautions avec ses bottes et sa loupe pour ne pas ravager les fourmilière ou les ruches, l’écologiste doit lui aussi garder à l’esprit la notion d’ordre naturel et éviter au maximum de perturber celui-ci.

Un monde parfaitement écologiste selon la Nature, et personnifier cette dernière est déjà une erreur, serait un monde sans hommes. En effet, l’homme étant un être de culture, l’action anthropique influe plus ou moins sur le milieu naturel. Ainsi, la sylviculture soit le simple fait de sélectionner et d’abattre des arbres, influe sur les autres les essences et les espèces animales (oiseaux, rongeurs, insectes). Il n’existe en Europe aucune forêt dite sauvage c’est-à-dire qui n’a pas reçu de coup de cognée à l’exception de la forêt biélorusse. Dans le reste du monde, il faut s’enfoncer en Afrique, en Amazonie ou dans le Sud-est asiatique. 

C’est beau hein ? Bah c’est pas naturel. Désolé les hippies

Aussi beaux qu’ils soient, les champs de colza ou de lavande sont le résultat de siècles de travaux humains. Ils participent à ce titre à l’identité culturelle d’une région, d’un pays. Ainsi, le blé d’Ukraine se retrouve dans le drapeau national, là où le bleu symbolise l’immensité du ciel azur. 

L’homme agit sur la vie depuis qu’il a réussit à inventer successivement le feu, la roue, le joug, etc. Cependant, dans son ouvrage « The Lighting and the Sun », Savitri Devi explique bien la différence entre le progrès technique, consistant à maîtriser la nature, et le Progrès, idéologie qui semble être un cheval (ou un tigre?) que l’on ne peut plus chevaucher ni maîtriser car devenu fou. Au lieu de suivre une progression cyclique et guidée par le Sacré, la société moderne en vient aujourd’hui à croiser des porcs et des humains. Au delà du grotesque, du risible ou du terrifiant, interrogeons nous sur la notion de vivant, d’espèce (s) et de race (s). Méditons cette citation bien connue de l’écrivain Jean Mabire : « Je ne vois pas pourquoi il faudrait protéger les races animales et laisser périr les peuples tels qu’ils ont été façonnés par des millénaires de longue patience. La véritable écologie c’est de sauvegarder les baleines. Mais aussi les Touaregs et les Zoulous, les Basques et les Serbes, les Flamands et les Bretons, les Écossais et les Estoniens ». 

Qu’est ce qu’un écologiste qui ne défendrait pas ces évidences, ce bon sens, ce que l’histoire, le temps, l’homme et la nature ont façonné ensemble ? Il est sans doute temps de briser la Civilisation du Progrès, ainsi que son évolution exponentielle, qui ne respecte ni les hommes, ni la nature, ni la beauté. En somme, revenir à une écologie du temps, de la longue durée, en accord avec à la fois le Divin et la Nature, ce que nos ancêtres bâtisseurs de cathédrales ou du Colisée ont su le faire. 

Ruollah Khomeini : entre Velayat-e Faqih et poésie persane

En 1979, la Révolution propulse à la tête de l’Iran l’Ayatollah Rouhollah Khomeini. Celui qui va prendre la place du Shah d’Iran et balayer la dernière dynastie (les Pahlavi) est un homme secret, complexe, voire contradictoire. Il revient en Iran après une longue route d’exil (Turquie, Irak, et France), à la tête d’une idéologie baroque, chiisme duodécimain fortement teinté de socialisme et de « tiers-mondisme », dans le contexte d’une guerre froide et d’un affrontement entre les deux blocs très dur. Par opposition, l’Irak voisin sera fortement soutenu par l’Occident lors de la terrible guerre Iran-Irak, guerre inutile, sanglante, et n’aboutissant sur aucune conquête militaire.

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Un soldat iranien pleure son frère pendant la guerre Iran-Irak. Pas très sport, sur ce coup là, Saddam.

L’Ayatollah, dans le chiisme duodécimain, est un titre à la fois religieux (c’est le titre le plus élevé dans la hiérarchie religieuse chiite; en arabe : آية الله ou en persan : آیت‌الله, : « signe de Dieu ») et politique. En effet, dans la théocratie qu’instaure la Révolution islamique, pouvoir politique et religieux sont fortement liés et ce malgré l’instauration d’une République, d’un Président et d’un Parlement. C’est là le principe du Velayat-e Faqih, qui préconise la supériorité du pouvoir religieux sur le pouvoir politique.

Depuis trente ans donc, c’est le pouvoir religieux qui, de façon constitutionnelle, a le « dernier mot », en matière juridique et législative en Iran. Il est à noter au passage qu’il n’y a pas que l’Iran qui soit une république islamique : la Gambie et le Pakistan sont également des Républiques islamiques.

L’Iran post-révolutionnaire a en Occident une réputation de pays « fermé » où les femmes ne sont pas libres (qu’est ce qu’être libre en Iran ? Aux Etats-Unis ? Au Japon ? En Russie ? Au Sénégal ?), où les Pasdaran arrêtent des passants quand bon leur chante (comme la Savak qui arrachait le voile des vieilles Iraniennes en pleine rue ?), où l’alcool, la danse, la musique sont interdits (vraiment ?). Ne discutons pas ces idées reçues, plus ou moins fausses (ou plus ou moins vraies, si l’on voit le verre à moitié vide), selon les époques, l’endroit, selon le degré de corruption du policier et du juge (comme dans tous les pays du monde à l’exception de l’Europe, de l’Amérique du Nord, et du Japon, en gros). J’aimerais davantage évoquer parler de la contradiction du rigorisme (réel) voulu par les mollahs et notamment par le premier d’entre eux, Roullah Khomeini, aujourd’hui quasiment vénéré comme un marja et certains de ses côtés plus étonnants.

Le rigorisme, la droiture, la quasi sainteté, aux yeux de chiites d’Iran, d’Irak, du Yémen, du Liban, de Turquie, contraste en effet avec certains côtés moins connus notamment des Occidentaux. Qui en effet aurait pu croire qu’un homme si rude, portant le turban noir de seyyed puisse écrire pareils vers :  « Épris je fus, ma mie, de la mouche à tes lèvres/Je vis ton œil languide et en fus alangui »  ou encore ceux ci : « L’Amie n’a pas passé la porte et ma vie touche à sa fin/C’est le bout de mon histoire et ce chagrin n’a pas pris fin/La coupe de la mort en main, je n’ai point vu celle de vin/Après tant d’années passées, de l’Aimée nulle bonté ne vint » (Divân, p.97, Radjab 1407). Il y a une contradiction ou à tout le moins un décalage à imaginer un homme qui a ordonné une féroce répression des contestations post-révolutionnaires écrire des vers si beaux dans la plus pure tradition persane (Hafez, Ferdowsi, Rûmi…). 

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J’ai trouvé une seule photo de Khomeini en train de sourire du coup je vous l’ai mise

Il y a à mon sens plusieurs explications : la première est assez évidente et aisée à voir : il n’y a aucune incompatibilité à être un dirigeant politique même dur et en même temps un artiste doté d’une grande sensibilité. Mais l’explication la plus profonde et la plus cohérente se situe à mon avis dans ce que j’évoquais plus haut. En faisant la révolution, l’Ayatollah voulait, prenant modèle sur toutes les révolutions depuis la révolution française de 1789, et notamment les révolutions socialistes, « réformer » le pays. S’appuyant pour sa part sur la tradition chiite, il a puisé dans les racines de sa foi pour en faire émerger à la foi un Droit (le Velayat-e Faqih) et une poésie d’une grande beauté. C’est sans doute la raison pour laquelle ce Droit est aujourd’hui encore une armature solide pour la Constitution iranienne, et ce malgré les distances prises progressivement. 

De la même manière, en tenant ceci à l’écart du politique et de la politique, l’Ayatollah Khomeini a fait de la poésie de la même façon que les prédécesseurs que j’évoquais plus haut : avec humilité et discrétion.

Controversé, haï, ou vénéré, il reste un dirigeant majeur de la fin du XX ème siècle. A ceux qui ne peuvent s’épargner les luttes et les débats trop passionnés, je ne saurais que trop leur conseiller de jeter un œil à ses œuvres, qui ont été traduites en de nombreuses langues dont le français.

 

Bibliographie :

http://imam-khomeini.com/web1/france/showitem.aspx?cid=1676&pid=1808

http://www.teheran.ir/spip.php?article1200#gsc.tab=0

 

 

De Marie et de Kali

Le présent article a pour but, à la fois modeste et prétentieux, d’analyser deux mythes et de les croiser. Ces deux mythes sont les figures féminines de la Vierge Marie, dans le christianisme (catholicisme et orthodoxie) et Kali, déesse hindoue.

Je tâcherai dans un premier temps de présenter à grands traits les figures qui nous intéressent, leur place dans leurs mythologies respectives, leurs familles et surtout, leur rôle.

Pour ce qui est de la Vierge Marie, tout d’abord, figure la plus familière de nos lecteurs, elle est la mère de Jésus-Christ, choisie par Dieu (par l’intermédiaire de l’ange Gabriel) pour enfanter celui qui sauvera l’Humanité par sa Passion, sa mort, et sa Résurrection. Figure maternelle et royale par excellence (Louis XIII lui consacra le royaume de France le 10 février 1638), elle est une mère aimante et protectrice que l’on invoque volontiers tant pour se protéger que comme médiatrice de toutes les grâces : « Priez pour nous, pauvres pécheurs/Maintenant, et à l’heure de notre mort/Amen ». Mais c’est également une divinité douloureuse et souffrante : elle est vénérée comme telle car elle a endurée la pire des douleurs, ayant souffert tout au long de sa vie. C’est à ce titre qu’elle endure sept douleurs qui lui valent le nom de Notre Dame des Sept Douleurs : la prophétie du vieillard saint Siméon, la fuite en Egypte, la disparition de Jésus au Temple pendant trois Jours, la rencontre de Jésus portant sa croix et montant au Calvaire, Marie debout au pied de la croix, la descente de Jésus de la croix et la remise à sa mère, et enfin l’ensevelissement de Jésus dans le sépulcre.

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Notre Dame des Sept Douleurs

La figure de la Vierge Marie, on le voit, est intéressante à plus d’un titre : figure de souffrance, de douleurs, mais en même temps d’amour maternel profond et de protection. Dans de nombreuses régions du monde, elle est vénérée avec une approche quasi mystique, ayant supplanté d’anciennes coutumes locales. On pensera ainsi à la Bretagne, à certaines régions d’Amérique Latine comme la Colombie ou le Mexique, sans compter les apparitions mariales.

Evoquons maintenant Kali.Dans la mythologie hindoue, elle tue son époux Shiva, dieu à la fois créateur, destructeur et préservateur. Si ce genre de concepts peuvent paraître déstabilisants à des occidentaux, il peut paraître utile de faire appel à une comparaison : Kali est comme un incendie de forêt, qui élimine les branches mortes, les mauvaises herbes (en l’occurrence, les avidyaproduits d’ignorance intérieurs venant du désir et de l’attachement). Or, pour atteindre la vraie délivrance (nirvana), il est nécessaire de notamment se débarrasser de ces avidya. Kali, déesse de la destruction/(re)récréation est à ce titre une déesse fondamentale dans l’hindouisme. Figure féminine, elle également une figure maternelle et protectrice, comme l’évoquent tant Ramprasad Sen que Râmaskrishna . Mais à la différence de Marie, elle protège le dévot parce que celui-ci la craint : Kali est une déesse sanguinaire, terrible, portant autour du cou un collier de cinquante et un crânes (symbolisant les lettres de l’alphabet sanskrit), et brandissant une tête décapitée, une épée, et une masse, symbole de destruction.

En comparant ces deux figures, on s’aperçoit que c’est l’amour et le sacrifice de la Vierge Marie qui la distingue de Kali. En dehors de cela, les deux figures apparaissent comme des déesses maternelles et protectrices, et dont la place dans leurs mythologies est centrale : celle de la résurrection.

 

Le festivisme et le djihâdisme comme moteurs du patriotisme

Je viens de rentrer chez moi après être allé à la laverie. Heureux sous l’orage naissant (il y a de l’orage chez moi d’avril à novembre), quelle ne fut pas mon affliction de voir passer devant moi une voiture tous klaxons hurlant, drapeau bleu-blanc-rouge multiples aux fenêtres, passage salué par d’autres voitures au carrefour suivant.

Affliction car ma fiancée et moi nous fîmes la réflexion suivante : le monde moderne n’a en occident plus que le festivisme et le djihâdisme comme moteur du patriotisme. Il a tué toute transcendance et ne trouve de forces vives que dans le « festivisme », le jeunisme, la fête permanente. Les processions catholiques de l’Espagne, du Portugal, de la France ou de l’Italie ont été remplacées par la « fête des fiertés » ou par la « fête de la musique »; laquelle devrait plutôt être renommée « fête de la bière », tant alcools et stupéfiants servent de prétexte à la fête.

Revenons au cœur de cet article, le patriotisme. Force est de constater que les dernières occasions où des drapeaux ont été mises aux fenêtres des cafés et des immeubles, sur les toits des voitures ou sur les vêtements des Français, ont vu la mort de nombre de leur compatriotes, d’une part, et des équipes de sportifs disputer un prix. Que l’on me comprenne bien : il ne s’agit pas là d’un billet d’humeur contre le football.

Mais concernant les attentats et la quasi communion nationale qui s’en est suivie, elle apparaît inquiétante si l’on considère qu’il a fallu un ennemi extérieur (l’Etat Islamique) apportant la mort pour que les Français s’unissent. Et songeons à cette union : nulle juste réclamation, nulle colère à l’égard de cet ennemi ! A aucun moment l’Etat Islamique ne fut voué aux gémonies comme les Perses de Eschyle.

Songeons ensuite à l’Euro 2016, et à l’ambiance festive quasi générale. Si l’on peut se féliciter de voir les amateurs de football (dont je ne suis pas) derrière leur équipe nationale, on peut s’étonner voire regretter la quasi absence de manifestation de ce même sentiment national, cette ferveur, cette solidarité dont beaucoup se font une fierté; à juste titre je veux le croire.

Le problème que j’entends dénoncer ici est moins « le football » ou « la fête » que la façon de tout prendre à la dérision, comme dans la récente affaire Black M , d’une part, et la façon de taire de nobles sentiments tout au long de l’année.

La solution à cette dramatique situation se situe dans un réenracinement, dans une tradition et un rythme de vie qui propose un ancrage à la Terre et au Ciel.

 

 

 

Verdun, la terre, et les morts

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Ceci est la fiche d’engagement d’un de mes arrières arrières grand oncles, que j’ai « censurée » pour d’évidentes raisons. Il fait parti des masses innombrables de Français, d’Allemands, d’Anglais, de Belges, d’Ecossais tombés lors de la bataille de Verdun. Volontaires, comme lui, ou enrôlés, ils sont venus mourir loin de chez eux et de leur vie de paysans et d’ouvriers (voyez son lieu de naissance) non pas, comme le disent avec cynisme nos dirigeants et nos élites actuelles, « poussés par le nationalisme », mais parce qu’il le fallait. A ce propos, et avant de poursuivre, quelqu’un saurait me dire combien de ministères étaient tenus par la Ligue des Patriotes ou l’Action Française en 1914 ?

Je n’ai pas mis cette fiche pour me vanter ou m’attirer un quelconque mérite. Je ne suis pas fier de quoique ce soit, car contrairement à certains rappeurs, je ne pense pas que les fautes et les mérites se transmettent. Il a fait son devoir, c’est lui, et ses milliers de camarades venus de Bretagne, de Savoie, du Bourbonnais, de Paris, de Picardie, et de régions aujourd’hui oubliées que nous devrions honorer, comme nous avons toujours honoré les morts et en particulier les héros.

Aujourd’hui, à quoi avons nous assisté pour les commémorations du centenaire de la plus grande bataille de la Première guerre mondiale ? Un grotesque happening dans l’esprit du festivisme du XXI ème, digne de la Gay Pride de la veille. Pour honorer les morts de la Grande Guerre, nos élites ont eu le cynisme d’organiser un flash mob géant au rythme des tambours, avec des « jeunes », courant en tout sens entre les tombes, vêtus de couleurs bariolées, avant de s’enlacer et de se vautrer sur le sol.

Le jeunisme et le festivisme sont les deux tentacules de la société du spectacle. Il est cynique et hypocrite de vouer aux gémonies médias et politiques car dans cette arène, ils ne sont que les animaux de cirque, et nous les spectateurs. Le sens du Sacré et de la Tradition a disparu du monde moderne, où les frontières du Temps et de l’Espace : un temps pour tout, dit l’Ecclesiaste : « 3 Il y a un moment pour tout et un temps pour toute activité sous le ciel:
2 un temps pour naître et un temps pour mourir, un temps pour planter et un temps pour arracher ce qui a été planté, 3 un temps pour tuer et un temps pour guérir, un temps pour démolir et un temps pour construire, 4 un temps pour pleurer et un temps pour rire, un temps pour se lamenter et un temps pour danser, 5 un temps pour lancer des pierres et un temps pour en ramasser, un temps pour embrasser et un temps pour s’éloigner des embrassades, 6 un temps pour chercher et un temps pour perdre, un temps pour garder et un temps pour jeter, 7 un temps pour déchirer et un temps pour coudre, un temps pour se taire et un temps pour parler, 8 un temps pour aimer et un temps pour détester, un temps pour la guerre et un temps pour la paix. 9 Mais quel avantage celui qui agit retire-t-il de la peine qu’il se donne? 10 J’ai vu quelle occupation Dieu réserve aux humains. » (Ecc.3.1-10).

A partir du Moyen Age, ne pouvaient être enterrés dans le cimetière chrétien que les corps des chrétiens. Et réciproquement, seuls les corps chrétiens pouvaient sanctifier une terre et la faire chrétienne. On voit bien là le signe d’un lien indéfectible, à la fois tellurique et céleste, entre la terre et les morts. Mais ceci est bien plus ancien : dans Antigone de Sophocle, la protagoniste s’oppose à son oncle Créon pour pouvoir faire enterrer son frère en terre consacrée, nous montrant là encore l’importance du lien entre les Dieux, la terre, la famille et les morts. C’est cette vision du monde d’un cosmos parfaitement ordonné (par opposition au chaos) que les Grecs nous ont transmise.

Les morts de Verdun ignoraient pour la plupart Aristote, Sophocle, et n’étaient sans doute pas de fervents théologiens, encore que la plupart fussent de biens meilleurs catholiques que l’auteur de ces lignes.

J’en viens maintenant à un autre point : François Hollande aurait déclaré, je cite : « Ils s’appelaient Gustave, Erich, Mohamed. Ils étaient catholique, protestant ou musulmans ou ne croyaient en aucun Dieu ». Las ! Je sais bien que le catholicisme vous semble un peu poussiéreux, messieurs les élites ! Mais même au début du XX ème siècle, la majorité des Français étaient catholiques, et pas musulmans.

Eugénie Bastié racontait il y a peu une anecdote : quelques années après la Grande Guerre, Poincarré se rendit sur les tombes des morts en compagnie de Poilus. On fit une photo. Horreur ! Le président Poincarré souriait ! Le scandale fut terrible, dans tous les journaux, de l’Humanité au Figaro.

« Ὦ ξεῖν’, ἀγγέλλειν Λακεδαιμονίοις ὅτι τῇδε κείμεθα, τοῖς κείνων ῥήμασι πειθόμενοι »
« Etranger, annonce aux Lacédémoniens, que nous gisons ici obéissant à leur Lois    Hérodote, 7, 228

 

 

La mort du Héros en Europe

Le terme de « héros » arrive en Europe pour la première fois en Grèce sous la plume du poète Homère. Elle désigne tout homme élevé au rang de Dieu ou de demi-Dieu. En Grèce, est héros celui qui fait l’objet d’un culte dit héroïque : Héraklès, Achille, etc. On honore leur courage et la façon dont ils sont morts par des cadeaux divers, afin de s’attirer leurs faveurs, comme dans le cas de Héraklès, demi-Dieu fils de Zeus et d’Alcmène, et qui siège pour ses prouesses de mortels sur l’Olympe.

Le moyen-âge chrétien, pétri de romanité et d’hellénisme, a conservé ce culte des héros : les légendes arthuriennes, Jeanne d’Arc, ainsi que les saints sauromates ne sont que des exemples de héros « païens » christianisés. Il serait fastidieux d’énumérer ainsi toutes les figures (chevalier errant (Lancelot, Bogatyr), saints, héros germaniques (Siegfried..) mais il est intéressant de noter ceci. De Miyamoto Musashi, auteur du « Traité des cinq anneaux », à Jeanne d’Arc, toutes ces figures, sont des symboles. Courage, vertu, foi, loyauté, abnégation, leur « légende dorée », surtout dans le contexte du romantisme et des préraphaélites, nous donne à voir des modèles.

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Sir Galahad, par Frederic Watts (1888).

Qu’importe que Jeanne d’Arc ait eu une sœur ou deux, ou ait été fille unique, qu’elle ait été fille de sergent, ou fille de paysans : ce qui compte, c’est le message qu’elle porte, message qui a dépassé sa propre personne, et appartient donc, pour faire plaisir aux Républicains, « au commun », en l’espèce : la Nation. Aujourd’hui, les statues, les peintures, les poèmes, et les contes sont muets, et les fées sont mortes. La post-modernité, le désenchantement qu’elle porte, ce n’est pas que le bétonnage et des centres commerciaux immenses : c’est la Mort des Héros.

Une fois ce diagnostic établi, essayons d’en déterminer la cause. Il y en a à mon sens deux principales, la seconde étant fille (ou plutôt petite fille) de la première.

Evoquons tout d’abord la Renaissance, qui place l’Homme au centre de la Création, et de la réflexion. En rationalisant le Mythe et l’Inaccessible, la Créature commet certes un péché contre le Créateur (je laisse ce genre de débats périphériques à d’autres), mais, pire encore, elle rationalise également ce qui enchante le monde. Et par là, elle rationalise, mathématise, les symboles. Or, le symbole ne s’explique pas. Il est, il est aimé, vénéré, et se comprend par la pratique et la transmission d’une Tradition. C’est ainsi, que la Révolution industrielle, petite fille de la Renaissance, donne l’avant dernier clou au cercueil des Héros et du Mythe. Dans ce siècle de vapeur, de charbon, et bientôt de chimie, de pétrole et d’électricité, pas de place pour les elfes, le feu sacré, et la peau de Lion d’Héraklès. Le Progrès occupe le Temps, l’Espace, et la Pensée, emportant tout sur son passage. Quelques uns résistent : le romantisme du XIX ème siècle, notamment allemand et anglais, constitue à mon sens une ultime tentative de faire revivre le Mythe et les Héros. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la dernière tentative de résurrection du romantisme naîtra en Allemagne dans les années trente. Le mouvement völkisch était lui aussi une tentative de réenchanter le monde. Léon Degrelle, fondateur du mouvement Rex et membre de la Division Wallonie, dira d’ailleurs : « J’avais rêvé d’un siècle de chevaliers, forts et nobles, se dominant, avant de dominer. Dur et pur disaient mes bannières ». Dans un siècle aussi brutal et moderne que le XX ème siècle, cette référence à la chevalerie et à sa noblesse apparaît comme anachronique.

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Léon Degrelle (1906-1994) en uniforme. 

Les derniers Héros sont morts avant ma naissance : parachutistes, Résistants, mercenaires, anciens Waffen SS, et encore n’étaient-ils déjà plus que le reflet des Achille et des Patrocle d’antan. Même les acteurs qui ont illuminé mon enfance dans certains rôle se sont avilis, vieillis, bouffis, et avides.

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Arnold Schwarzenegger dans « Conan » de John Milius (1982)

Mais peut-être aussi que chaque époque sécrète ses propres héros, et a donc les héros qu’elle mérite.

Si la civilisation du Progrès est en effet celle de l’individualisme sociétal, du nihilisme, et de l’atavisme, il faut qu’un petit nombre d’entre nous allume les flambeaux des âmes et des consciences. Dostoïevski disait dans L’idiot que la « beauté sauverait le monde ». J’en suis convaincu. Et alors, les Héros reviendront pour éclairer nos chemins. La solution est en nous, et en personne d’autre, dans nos racines, dans nos traditions, et certainement pas dans l’opposition à une autre civilisation, ni dans l’alignement sur une autre, à l’Est ou à l’Ouest. La solution est là, à portée : dans le réenracinement des mentalités et des pratiques culturelles, économiques, familiales, religieuses, alimentaires… Les exemples sont multiples. La beauté nécessaire se trouve dans de petites choses. Elle « sauvera le monde ». Et nos âmes.