Conan, Héros de Droite

Le personnage créé par Robert E Howard, a taillé de son épée, avant même la parution du Hobbit de J.R.R Tolkien (1937) la voie à un pan entier de l’heroic fantasy européenne moderne. Même s’il n’a pas été pensé explicitement de cette façon, nous allons examiner comment Conan le barbare peut être considéré comme un héros « de Droite », avant qu’il ne soit récupéré par le cinéma, le jeu de rôle, le jeu vidéo et tant d’autres supports.

L’âge hyborien, entre civilisation et barbarie

Conan est tout d’abord un héros évidemment et puissamment européen: évoluant dans un âge mythique qualifié d’Hyborien, supposé se dérouler entre la Chute de l’Atlantide et l’essor des anciennes civilisations (Sumer, Égypte Ancienne, Babylone), ce monde est déjà reconnaissable. La Stygie, terre de magie et de superstitions (nous verrons plus loin le rapport de Conan à la magie), est à n’en pas douter le Moyen orient, l’Égypte, l’Arabie Saoudite, dont les Américains des années trente ne connaissent quasiment rien en cette période où s’amorce déjà la décolonisation et l’effondrement de l’empire ottoman. La lointaine et mystérieuse Kithai correspond de même à la Chine, et Corinthie à la civilisation hellénique. Chez Howard, le peu qui est connu, rationnel, dans un monde de bouleversements et de chaos, est européen ou à tout du moins « occidental ». Le sudiste, l’oriental, comme chez son ami Howard P. Lovecraft, est sauvage, superstitieux, violent. C’est l’âge du Kali Yuga, où la survie de l’individu ne peut passer que par sa force et sa ruse seules. L’âge barbare de Howard est un âge de purification, de retour aux valeurs traditionnelles et à l’état premier de l’homme, libre et sauvage, à l’image du héros de bande dessinée Rahan, « fils des âges farouches », et né en 1969.

Pour Howard, le barbare, par son caractère primitif, représente le premier stade de l’humanité, et donc l’homme libre par essence. Il est comme le feu régénérant des civilisations décadentes.

« A l’école de la guerre de la vie, ce qui ne me tue pas me rend plus fort » F. Nietzsche

Ainsi, Conan se retrouve paradoxalement barbare (barbaros, celui qui ne parle ni grec ni latin) pour de « bonnes raisons », jeté en dehors de Cités et de civilisations qui n’en sont plus, qui ont perdu toute notion de Bien commun. Face aux puissances du chaos, l’orphelin Cimmérien ne peut se fier qu’à lui et à l’acier. Véritable héros nietzchéen, c’est un individualiste qui apprend de la vie et d’elle seul : il n’a ni maître (« guru« , au sens hindou du terme) ni communauté qui puisse le protéger et l’aider. Cela se voit notamment dans le film de John Milius de 1982 avec Arnold Schwarzenegger dans le rôle-titre. Dans la séquence où l’on voit Conan grandir, il transcende au cours des années sa douleur, s’endurcit et augmente sa force et son endurance en poussant une noria. Si le film souffre d’imperfections quant à la création du personnage, cette scène illustre la maxime de Héraclite : « La vie est un combat ».

Les récits écrits après la mort de Howard en 1936 rendent moins quant à eux hommage à l’astuce et à l’intelligence d’un personnage qu’ils réduisent à une brute épaisse enchaînant succès guerriers et amoureux. Le Conan originel était lui « intellectuel et violent », et son auteur utilise souvent pour décrire son physique et sa façon de se déplacer, un champ lexical félin : chat, panthère, lion, silencieusement, par exemple. C’était ce Conan si subtil ainsi que son rapport à la magie qui le rendait intéressant, davantage qu’un enchaînement de coups d’épées et de filles dénudées.

Conan et la magie : matérialisme ou transcendance ?

Conan est souvent décrit comme méprisant la magie sous toutes ses formes. Ce relent de matérialisme que l’on retrouve également chez Howard P. Lovecraft se traduit chez Conan par une paradoxale et étonnante superstition quasi panique. Chez le Cimmérien, la cause en est très simple : ni ses muscles assistée de sa puissante épée d’acier, ni sa ruse animale, ne peuvent vaincre les tours des sorciers. Sa réaction perd parfois toute logique et toute mesure. Ainsi, face à la sorcière qu’il rencontre dans le film, s’il semble au départ séduit, il est également tour à tour inquiet et intéressé par les prophéties de la sorcière qui évoque « les serpents de la terre ». Les rapports de Conan à la magie restent pour le moins complexes. Mais l’une des choses qui le maintiennent dans ce Monde, c’est la certitude de l’au delà. Le monde de Howard connaît de nombreux Dieux et Conan vénère Crom. Dieu morose, sinistre, impitoyable et sourd aux prières, il ne tolère pas la faiblesse. On voit là encore l’influence de Nietzsche dans ce Dieu qui est sourd aux prières et aime le combat.

« Dieu est mort » Nietzsche. « Nietzsche est mort » Dieu

Conan est un guerrier individualiste ayant accepté son destin de chevaucher le tigre. Il est un comme tout homme de Droite (au sens evolien et non politicien) dans une période charnière : dans la tourmente.

Hubert Dubois

@Bibliopathe1

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L’immigration n’est pas exotique : le piège de l’orientalisme

La période qui s’étend du XVIII ème au XX ème siècle, poussée par les nouvelles découvertes (Afrique, Amériques) a contribué à créer par le biais de la colonisation un univers orientalisant ou orientaliste.

Dès le XVIII ème siècle (encore que Edward Said fasse remonter le phénomène à la conférence de Vienne de 1312), Montesquieu s’interroge : « comment peut-on être persan ? ». Dans son sillage, philosophes, peintres, sculpteurs, poètes, écrivains, mais aussi militaires et aventuriers de tout bord s’engouffreront dans ce monde artistique nouveau. Parmi ceux la, certains vivront réellement l’aventure « orientale » (Lord Byron en Grèce, Arthur Rimbaud à Aceh, Herman Hesse en Inde et en Indonésie, Rudyard Kipling en Inde). D’autres la peindront. On citera le plus fameux d’entre eux, Jean-Léon Gérome, qui ne fut pas que le peintre du splendide (et historiquement douteux) « Police verso ».

Notez les courbes des fesses.

Les poètes français, parmi lesquels Victor Hugo, auront tôt fait de créer un orient mystérieux, où le cruel Arabe côtoie le bon Noir, la sensuelle berbère le sage fakir. Voyez plutôt :

« En guerre les guerriers ! Mahomet ! Mahomet !
Les chiens mordent les pieds du lion qui dormait,
Ils relèvent leur tête infâme.
Ecrasez, ô croyants du prophète divin,
Ces chancelants soldats qui s’enivrent de vin,
Ces hommes qui n’ont qu’une femme !
Meure la race franque et ses rois détestés !
Spahis, timariots, allez, courez, jetez
A travers les sombres mêlées
Vos sabres, vos turbans, le bruit de votre cor.
Vos tranchants étriers, larges triangles d’or,
Vos cavales échevelées !
Qu’Othman, fils d’Ortogrul, vive en chacun de vous.
Que l’un ait son regard et l’autre son courroux.
Allez, allez, ô capitaines !
Et nous te reprendrons, ville aux dômes d’or pur,
Molle Setiniah, qu’en leur langage impur
Les barbares nomment Athènes ! » (Le cri du mufti, 21 octobre 1828, in « les orientales » (1829)).

Edward Said, dans « l’orientalisme : l’orient créé par l’occident » définie l’orientalisme avant tout comme une spécialisation et comme un « domaine » géographique, ce qui constitue le paradoxe (La Grèce et la Russie sont-elle en orient ? Quid du Maghreb dont le nom même signifie « occident » _ le Maroc n’a pas d’ouverture sur la Méditerranée mais sur l’Atlantique), sans symétrisme : il n’existe pas d' »occidentalisme ». C’est là la difficulté de l’objet d’étude : son imprécision et donc sa taille : jusqu’où va l’Orient? Le Japon, pourtant « occidentalisé » dans ses représentations et son mode de vie depuis sa victoire contre la Russie (1904-1905), comme le montre très bien le livre « Faits et imaginaires de la guerre russo-japonaise » , dirigé par Dany Savelli ? Ce qui faisait (fait?) La difficulté de l’objet orient, et donc de « l’orientalisme » c’est que son caractère généraliste implique un caractère total voire totalisant comme l’explique là encore Edward Said. Quand un orientaliste évoquait l’Inde, ses religions, ses coutumes, ses langues, on supposait qu’il connaissait aussi bien l’Égypte, la terre sainte, le Maghreb, la Turquie… Puisque l’orient n’a pas vraiment de frontières géographiques. De même, entre 1897 et 1904 apparaît le « péril jaune », qui désigne l’idée en Europe que Japonais et Chinois fusionnent pour conquérir l’Europe. L’Asiatique, le « Jaune » devient alors un adversaire-type pour tout une série de livres, articles de cette époque.

On peut néanmoins marquer de façon temporelle la fin de la construction de l’essentiel ces représentations avec la décolonisation et les guerres qui s’en suivirent. Les années 70-80 ont vu l’apparition de plusieurs phénomènes :

Premièrement une immigration de masse dans les pays européens, pour certains issus de leurs anciennes colonies (pas tous : la Suède ou le Danemark par exemple n’ont jamais mis un pied en Afrique ou en Asie).

Deuxièmement, la prise de place croissante d’un capitalisme; nous reviendrons sur ses conséquences.

Troisièmement, la réislamisation d’une majorité d’immigrés, autrefois appelés « beurs » et « blacks ».

Attardons nous sur ce dernier point. Il apparaît très clair que le vocabulaire utilisé, le parquage dans des ghettos dont ils eurent tôt fait de chasser les Européens, ressemble énormément à de l’indigénat. Aujourd’hui, si l’on fait la synthèse, les masses d’origine immigrée pratiquent un islam de bricolage, douteux d’un point de vue des moeurs alimentaires et sexuelles (« l’islam des caves et des chichas »), de l’esthétique vestimentaire et capillaire, et de la langue utilisée, mélange le plus souvent d’arabe dialectal, de franglais, de verlan, d’argot, de diverses langues africaines. En somme quand vous vous promenez dans un centre commercial, à Châtelet les Halles par exemples, la jeunesse immigrée ou d’origine immigrée, ne ressemble pas aux tableaux de Gérome ou aux poèmes de Hugo_ c’est le moins que l’on puisse dire. La figure de la « beurette » , popularisée par ailleurs notamment par l’industrie pornographique, est à la fois éloignée des femmes des pays arabo-musulmans, et des tableaux de Jean-Léon Gérome.

Avouez que c’est pas Champigny sur Marne.
Tout de suite, les soirées chicha semblent plus sympa

Ces populations, idiots utiles du Capital (j’utilise ce terme au sens léniniste du terme; ce n’est pas un jugement de valeur) americanisées au possible dans leurs habitudes autant si ce n’est plus que les autochtones, ont perdu toutes racines et toute culture. Ils sont à la fois les acteurs et la vitrine du multiculturalisme le plus triste et le plus sordide.

Le néo-orientalisme est cette culture de l’excuse, mélange de colonialisme bien veillant qui veut que le « bon sauvage » reste un « grand enfant » toute sa vie, et de repentance masochiste. Elle consiste à trouver d’une part fabuleux quoique fasse une personne d’origine immigrée et d’autre part à ne jamais tout à fait les considérer comme des êtres humains responsables, conscients, et ce dans le Bien ou le Mal (au sens chrétien du terme); autre énième signe de la perte de sens chrétien de nos sociétés.

Il est nécessaire d’y mettre fin non seulement par des mesures politiques évidentes (fin de la politique migratoire de ces cinquante dernières années, mise en place de politique de retour) mais aussi de nous interroger pour l’avenir sur notre rapport à l’autre, sur ce continent et sur d’autres.

Islam, arme des banquiers

L’islam en tant que religion et culture est en Europe notamment occidentale un fait historique, politique, démographique et social non seulement récent mais surtout, au regard de la longue durée, anecdotique.

Si le califat d’Al Andalus est remonté jusque loin au nord (la « bataille » de Poitiers) et à l’est de la France (Grenoble, Lyon), ce ne sont pas huit tombes musulmanes retrouvées près de Narbonne qui font de la France et des pays limitrophes, à l’exception de l’Espagne, du Portugal ou de la plus lointaine Sicile, une terre « d’islam ». C’est bien le christianisme, sur des racines helleno-romaines et germaniques (européennes en somme) qui a façonné la France, ses peuples, ses arts, mais aussi ses paysages : les vignes et les monastères, on le comprend, sont plus rares au Pakistan, en Égypte et en Arabie saoudite. La topographie là encore est imprégnée de cette histoire, et on y trouve guère de présence de nos envahisseurs musulmans des premiers siècles du moyen âge : combien de villes et de villages portent des noms de saints et de saintes? Trop pour être comptés.

Ces quelques rappels faits, intéressons nous à la situation actuelle. Il y a une grande quantité de Français d’origine immigrée et d’étrangers sur le sol français. Certains sont réislamisés, certains n’ont jamais perdu la religion de leurs ancêtres, et d’autres enfin sont chrétiens (catholiques, évangéliques), notamment une grande quantité d’Africains subsahariens. Polarisés en diverses communautés, ces gens partagent néanmoins plusieurs choses : une assimilation proche du néant à la culture et à la civilisation française, y compris pour les chrétiens africains, une haine de la France, et conséquence, une allégeance à un autre pays.

Le problème n’est pas tant l’islam. Que celui ci soit violent, misogyne et intolérant ne nous intéresse pas tant que ses adeptes vivent entre eux en Syrie, en Algérie, au Yémen, en Turquie, en Iran. Vouloir une réforme de l’islam c’est s’aligner sur les valeurs progressistes et laïques de la République. La critique théologique de l’islam qui est le plus mise en avant dans les médias, outre sa pauvreté spirituelle (pour ou contre le cochon ? Le voile ou le string ?) ne sert qu’à masquer le fait que l’islamisation, réelle, n’a été possible que par une immigration de masse, elle même arme du Capital. Critiquer l’islam en tant que spiritualité et uniquement en tant que telle, est une arnaque intellectuelle et politique. Que l’on me comprenne bien : je ne dis pas que cette critique n’est pas intéressante. Je dis qu’elle n’est pas intéressante d’un point de vue politique.

C’est donc moins le Coran qu’il faut expurger, que le multiculturalisme. S’il y avait en France 20 millions de Japonais shinto, malgré l’image romantique que se font les Français des Japonais, des geishas, des samouraïs, du théâtre nô et de la cérémonie du thé, il y aurait aussi des actes de violence. Ils seraient différents mais ils existeraient. De la même manière, rappelons que Hutus et Tutsis n’ont pas eu besoin de l’islam pour se massacrer entre eux.

Pour préciser encore davantage ma pensée, il faut bien comprendre que je refuse de choisir entre le califat et la République laïque.

Dolores, l’IRA, l’Irlande et le catholicisme 

Dolores O’Riordan est morte hier lundi 15 janvier à l’âge de 46 ans. La chanteuse des Cranberries, à la voix rageuse, fragile, ou angélique s’est éteinte dans le ciel londonien où elle était venue enregistrer_une dernière fois. 

Dernière d’une famille de sept enfants, la chanteuse irlandaise était connue non seulement pour son talent mais aussi pour des convictions et une âme qu’elle n’a jamais reniées, ce que les médias et les bien pensants ne lui ont jamais pardonné, même dans la mort. Pro famille (« Ode To My Family »), patriote irlandaise ( » God Be With You »), l’auteur des textes de la « sauce aux canneberges » (qui accompagne l’action de Grâce) savait mettre subtilement ses convictions en avant. Elle était également pro peine de mort, prenant pour exemple Singapour, et anti avortement… Comme n’importe quelle Irlandaise catholique née en 1971 (« The Icicle Melt »).

Il y a cependant un contresens que doivent éviter les admirateurs de Dolores, notamment ceux qui s’intéressent à l’IRA et au conflit Nord-irlandais. Pour patriote et catholique qu’elle fusse, elle n’a jamais apporté son soutien à la cause de l’IRA, condamnant même la violence et la guerre à travers sa chanson la plus connue, « Zombie« . L’idée est moins de prendre position contre l’IRA, et notamment sa branche armée, que de tenter de s’interposer entre les belligérants et d’imposer une sorte de paix de Dieu, à une époque où l’Eglise ne répond (déjà) pas/plus à ses aspirations (elle déclarait ne pas aller à l’église). Le refrain ne dit pas autre chose : « But you see, it’s not me/It’s not my family/In your head, In your head, they are fighting/ With their tanks, and their bombs/ And their, and their guns/ In your head, they are crying ». Là où les tanks se réfèrent aux troupes britanniques, les bombes se réfèrent aux attentats de l’IRA (encore que les Black and Tans aient pu se livrer à des actions proches). Ce que hurle Dolores est une supplication et une prière. C’est une jeune femme qui a 22 ans au moment de l’attentat de Warrington évoqué dans la chanson et qui n’a connu que la pauvreté et la guerre. L’accent est mis, on  le comprend, sur le caractère non seulement brutal mais encore lassant de la guerre (« Another head hangs lonely/Child is slowly taken »).

The Cranberries est donc moins un groupe « nationaliste » qu’un groupe catholique, et un groupe irlandais. 

Deliveroo, ou le tabouret du pendu

Un soir, attablés à un restaurant local (« la ferme à Dédé« ) avec mes amis en train de manger un gros burger absolument pas vegan, nous avons aperçu deux ou trois coursiers-livreurs Deliveroo. Par l’aspect relativement sombre de leur peau, et leurs traits fort peu caucasiens, ainsi que par leur dialecte semblant venir des côtes de l’Afrique de l’ouest, nous en avons déduit que ces jeunes gens aux bras maigres, aux cuisses musclées et au ventre vide étaient sinon des migrants, du moins arrivés dans notre douce France il y a peu de temps. 

Un peu plus tôt dans la journée, nous avions croisé des individus semblables, ventre vide, regard hagard, conduite rapide et nerveuse facilitée par leur faible poids, etc. Une différence majeure, seulement : ils étaient Français « de souche » (je mets des guillemets pour respecter la loi), leur faciès était caucasien. Ils étaient très probablement étudiants et quand on connait la prédominance de la gauche et de l’extrême gauche dans les universités, faire le raccourci « vendeurs Deliveroo=gauche » est aisé. Faire circuler les repas, faire circuler les hommes, faire circuler les biens. La cohérence est parfaite.

Oui, mais. Ces salariés n’ont pas compris qu’ils étaient des salariés (en dépit de ce que l’esprit « start-up nation » laisse paraître), des chômeurs en puissance. C’est là qu’intervient ce que Marx appelait l’armée de réserve du Capitalisme, incarnée dans mon exemple par les braves guerriers d’ébène de l’ouest africain. Et comme « Celui qui a vécu par l’épée, périra par l’épée » (Matthieu 26:52), « Celui qui a vécu par le mondialisme, périra par le mondialisme ». En votant depuis des années pour des gens qui ont fait venir leurs remplaceurs, en consommant les produits (Deliveroo, Apple…) qui luttent ouvertement contre eux, ces étudiants sont leurs (et nos) propres bourreaux.

Koz toujours, tu ne m’intéresses plus !

Dans les bonnes familles de Paris, Lyon, Bordeaux ou Angers, le catholicisme vit et survit. Comme un lierre, il s’accroche et croît (croit?), poussant le long de l’arbre « Foi ». Pratiquant le voeu de surdité et l’endogamie la plus remarquable, ces gens là sont à l’abri pour des siècles. Après eux, autour d’eux, le déluge. 

Mais nous ? Nous les Français de souche, de la France fille aînée de l’Église, mais aussi d’origine polonaise, espagnole, italienne ou portugaise (donc catholiques) qui pense à nous ? Trahis successivement par la gauche des travailleurs, les syndicats et maintenant l’Église, nous sommes désemparés. Il n’y a guère que saint Basile ou Léon Bloy pour nous comprendre quand le Pape François Ier appelle à accueillir encore davantage de migrants !

Nous, piètres théologiens, savons ce qu’est la foi du charbonnier, honorer les morts, protéger sa famille, cultiver sa terre, protéger son église, y prier en silence, honorer les formules du mieux que l’on peut; saint Augustin disait « Si vous ne connaissez pas de prière, inventez en une ».

Or, c’est bien ce peuple, trahi et renié par ses élites et jusqu’à ses pasteurs qui subit le plus les effets dévastateurs de la mondialisation : chômage, désindustrialisation, crise agricole, terrorisme, islamisation, enlaidissement urbain, etc. Dans ces moments de doute, vers qui nous tourner quand journalistes, philosophes, hommes politiques mentent, trahissent et manipulent ? Nous ne pouvons même pas faire confiance à beaucoup de nos élites catholiques tels que le funeste Erwan ‘Koz’ Le Morhedec pour qui la lutte pour ses frontières, son identité et son indépendance, n’est valable que pour les Amérindiens; j’imagine que l’identité française et catholique n’est pas assez exotique au goût de cet internationaliste.

Je te comprends Erwan moi non plus la Bretagne je suis pas fan mais fais un effort merde.

Le problème du catholicisme français  (à l’inverse du catholicisme italien par exemple) est qu’il est intrinsèquement bourgeois. J’en veux pour preuve son incroyable mobilisation contre le mariage pour tous. Si je ne remets pas en cause le bouleversement civilisationnel de celui-ci, ni l’intérêt porté aux enfants porté par les manifestants, je me demande pourquoi ce million de personnes est incapable de se mobiliser contre une menace civilisationnelle tout aussi grande, telle que l’immigration. Le fait de dire qu’il y a peu de Soudanais à Sablé-Sur-Sarthe, à l’île d’Yeu ou à Porte d’Auteuil, endroits forts éloignés des centre-villes et riches en caméras, gardes armés, patrouilles de police, et hautes grilles, fournira peut-être à chacun un début de réponses. 

Les dirigeants catholiques (et pas seulement les clercs) sont en grande partie par leurs actes et leurs discours responsables de la situation morale et politique française et européenne. Il n’est pas difficile de comprendre l’attrait que peuvent avoir les religions païennes, l’islam, ou des choses plus farfelues encore. Ce catholicisme est une boussole cassée. Qui pourra la réparer ?

De l’écologie bien comprise

Si l’écologie, en faisant abstraction de sa signification étymologique, se veut la science ou l’étude de l’interaction entre les êtres vivants et leur milieu, alors chacun comprend bien que c’est avant tout la Nature qui doit régenter l’objet étudié. De la même façon qu’un entomologiste doit prendre mille et une précautions avec ses bottes et sa loupe pour ne pas ravager les fourmilière ou les ruches, l’écologiste doit lui aussi garder à l’esprit la notion d’ordre naturel et éviter au maximum de perturber celui-ci.

Un monde parfaitement écologiste selon la Nature, et personnifier cette dernière est déjà une erreur, serait un monde sans hommes. En effet, l’homme étant un être de culture, l’action anthropique influe plus ou moins sur le milieu naturel. Ainsi, la sylviculture soit le simple fait de sélectionner et d’abattre des arbres, influe sur les autres les essences et les espèces animales (oiseaux, rongeurs, insectes). Il n’existe en Europe aucune forêt dite sauvage c’est-à-dire qui n’a pas reçu de coup de cognée à l’exception de la forêt biélorusse. Dans le reste du monde, il faut s’enfoncer en Afrique, en Amazonie ou dans le Sud-est asiatique. 

C’est beau hein ? Bah c’est pas naturel. Désolé les hippies

Aussi beaux qu’ils soient, les champs de colza ou de lavande sont le résultat de siècles de travaux humains. Ils participent à ce titre à l’identité culturelle d’une région, d’un pays. Ainsi, le blé d’Ukraine se retrouve dans le drapeau national, là où le bleu symbolise l’immensité du ciel azur. 

L’homme agit sur la vie depuis qu’il a réussit à inventer successivement le feu, la roue, le joug, etc. Cependant, dans son ouvrage « The Lighting and the Sun », Savitri Devi explique bien la différence entre le progrès technique, consistant à maîtriser la nature, et le Progrès, idéologie qui semble être un cheval (ou un tigre?) que l’on ne peut plus chevaucher ni maîtriser car devenu fou. Au lieu de suivre une progression cyclique et guidée par le Sacré, la société moderne en vient aujourd’hui à croiser des porcs et des humains. Au delà du grotesque, du risible ou du terrifiant, interrogeons nous sur la notion de vivant, d’espèce (s) et de race (s). Méditons cette citation bien connue de l’écrivain Jean Mabire : « Je ne vois pas pourquoi il faudrait protéger les races animales et laisser périr les peuples tels qu’ils ont été façonnés par des millénaires de longue patience. La véritable écologie c’est de sauvegarder les baleines. Mais aussi les Touaregs et les Zoulous, les Basques et les Serbes, les Flamands et les Bretons, les Écossais et les Estoniens ». 

Qu’est ce qu’un écologiste qui ne défendrait pas ces évidences, ce bon sens, ce que l’histoire, le temps, l’homme et la nature ont façonné ensemble ? Il est sans doute temps de briser la Civilisation du Progrès, ainsi que son évolution exponentielle, qui ne respecte ni les hommes, ni la nature, ni la beauté. En somme, revenir à une écologie du temps, de la longue durée, en accord avec à la fois le Divin et la Nature, ce que nos ancêtres bâtisseurs de cathédrales ou du Colisée ont su le faire. 

Les rebeux et l’antisionisme : histoire d’une escroquerie 

Pour comprendre « d’où je parle », comme disent les cibles principales de cet article, il est je crois nécessaire de montrer que je connais bien mes sujets, tant par ma vie que mes engagements politiques : les rebeux, les beurs, d’une part, et le conflit israélo-palestinien d’autre part. 

Je suis né à une autre époque appelée le XX ème siècle, dans une guerre froide mourante, quand il y avait encore deux Allemagnes.

A l’âge de six ans, j’ai intégré l’école publique de mon quartier. Nous étions deux Européens : une jeune Portugaise et moi même. Et tout au long de ma scolarité dans le public (maternelle/primaire/lycée) les Européens, les Blancs, les babtous ne furent majoritaires Au lycée ils étaient tout au plus 40%, dont une bonne part avaient assimilés des codes qui n’étaient pas les leurs.

Revenons au sujet. A cette époque, lors de mes cours d’histoire et de géographie balbutiant, j’appris à placer l’Italie, la Suisse, les Îles Britanniques etc. Point de Palestine. Ah si : on me parla de Terre Sainte pour me dire qu’à l’appel du Pape Urbain II, et pour protester contre les persécutions subies par les pèlerins chrétiens, les Européens avaient lancé la croisade. A cette époque, si tension ou rancoeur il y avait dans les coeurs de ces petits Mohammed, ils avaient l’élégance de les taire. D’ailleurs, aucun tag, aucune affiche ne décorait murs et poteaux des villes. 

J’entends les Jean-Politologues répéter : « Depuis la seconde Intifada tout a changé ». En effet. La vérité est simple, pour un conflit qui ne l’est pas : les rebeux ont trouvé avec l’antisionisme de gauche une façon d’importer et d’exprimer leur antisémitisme à peu de frais. 

Je peux éventuellement comprendre que ça fasse pas trop bander

Cela leur donne bonne conscience (combat contre l’impérialisme, justification spritualo-humaniste depuis les attentats du onze septembre et l’approbation de divers cheikhs du Golfe) à eux qui vivent dans des pays démocrates, tempérés où rien ne manque (et certainement pas les diverses prestations sociales), si l’on compare à des pays comme l’Égypte ou l’Irak. 

J’ai été moi même un antisioniste véhément. Par anti impérialisme, j’ai été un soutien de la cause palestinienne. Je ne m’en suis jamais caché. Mais j’estime : 1° Qu’un peuple qui élit le HAMAS, mouvement terroriste, antisémite, antichrétien, corrompu et népotique, ne mérite pas mon soutien et en tout cas doit en assumer les conséquences politiques… Comme une pluie de missiles de la part de Tsahal;

2° Qu’une guerre est une guerre : des enfants, des femmes, des hommes meurent. Et cela, les Arabes du monde entier sont incapables de le voir, plus particulièrement les rebeux en bac pro carrosserie. (J’ai rien contre les carrossiers… Comme tout pamphlet, ya des personnages, hein).

3° Qu’il est hypocrite de soutenir une cause sans se battre réellement pour elle, à l’image de rebeux dealers de drogue. 

Le soutien des rebeux à la Palestine est donc doublement de mauvaise foi : ils ne connaissent rien de la réalité là bas (aucune lecture, aucune rencontre etc), et utilisent une cause comme exutoire à des sentiments de haine. Par cette démarche, ils se rendent complice de mouvements antisémites et dangereux en important le conflit en France (bien que d’autres officines juives ne se privent pas de faire de même !). Que le lecteur soit bien conscient : je n’ai aucun avis sur le conflit israélo-palestinien. Je n’en ai plus. Ni kippah, ni keffieh. 

Mais ça c’est pas mon délire. Et puis le blanc me va mal au teint.

Ruollah Khomeini : entre Velayat-e Faqih et poésie persane

En 1979, la Révolution propulse à la tête de l’Iran l’Ayatollah Rouhollah Khomeini. Celui qui va prendre la place du Shah d’Iran et balayer la dernière dynastie (les Pahlavi) est un homme secret, complexe, voire contradictoire. Il revient en Iran après une longue route d’exil (Turquie, Irak, et France), à la tête d’une idéologie baroque, chiisme duodécimain fortement teinté de socialisme et de « tiers-mondisme », dans le contexte d’une guerre froide et d’un affrontement entre les deux blocs très dur. Par opposition, l’Irak voisin sera fortement soutenu par l’Occident lors de la terrible guerre Iran-Irak, guerre inutile, sanglante, et n’aboutissant sur aucune conquête militaire.

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Un soldat iranien pleure son frère pendant la guerre Iran-Irak. Pas très sport, sur ce coup là, Saddam.

L’Ayatollah, dans le chiisme duodécimain, est un titre à la fois religieux (c’est le titre le plus élevé dans la hiérarchie religieuse chiite; en arabe : آية الله ou en persan : آیت‌الله, : « signe de Dieu ») et politique. En effet, dans la théocratie qu’instaure la Révolution islamique, pouvoir politique et religieux sont fortement liés et ce malgré l’instauration d’une République, d’un Président et d’un Parlement. C’est là le principe du Velayat-e Faqih, qui préconise la supériorité du pouvoir religieux sur le pouvoir politique.

Depuis trente ans donc, c’est le pouvoir religieux qui, de façon constitutionnelle, a le « dernier mot », en matière juridique et législative en Iran. Il est à noter au passage qu’il n’y a pas que l’Iran qui soit une république islamique : la Gambie et le Pakistan sont également des Républiques islamiques.

L’Iran post-révolutionnaire a en Occident une réputation de pays « fermé » où les femmes ne sont pas libres (qu’est ce qu’être libre en Iran ? Aux Etats-Unis ? Au Japon ? En Russie ? Au Sénégal ?), où les Pasdaran arrêtent des passants quand bon leur chante (comme la Savak qui arrachait le voile des vieilles Iraniennes en pleine rue ?), où l’alcool, la danse, la musique sont interdits (vraiment ?). Ne discutons pas ces idées reçues, plus ou moins fausses (ou plus ou moins vraies, si l’on voit le verre à moitié vide), selon les époques, l’endroit, selon le degré de corruption du policier et du juge (comme dans tous les pays du monde à l’exception de l’Europe, de l’Amérique du Nord, et du Japon, en gros). J’aimerais davantage évoquer parler de la contradiction du rigorisme (réel) voulu par les mollahs et notamment par le premier d’entre eux, Roullah Khomeini, aujourd’hui quasiment vénéré comme un marja et certains de ses côtés plus étonnants.

Le rigorisme, la droiture, la quasi sainteté, aux yeux de chiites d’Iran, d’Irak, du Yémen, du Liban, de Turquie, contraste en effet avec certains côtés moins connus notamment des Occidentaux. Qui en effet aurait pu croire qu’un homme si rude, portant le turban noir de seyyed puisse écrire pareils vers :  « Épris je fus, ma mie, de la mouche à tes lèvres/Je vis ton œil languide et en fus alangui »  ou encore ceux ci : « L’Amie n’a pas passé la porte et ma vie touche à sa fin/C’est le bout de mon histoire et ce chagrin n’a pas pris fin/La coupe de la mort en main, je n’ai point vu celle de vin/Après tant d’années passées, de l’Aimée nulle bonté ne vint » (Divân, p.97, Radjab 1407). Il y a une contradiction ou à tout le moins un décalage à imaginer un homme qui a ordonné une féroce répression des contestations post-révolutionnaires écrire des vers si beaux dans la plus pure tradition persane (Hafez, Ferdowsi, Rûmi…). 

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J’ai trouvé une seule photo de Khomeini en train de sourire du coup je vous l’ai mise

Il y a à mon sens plusieurs explications : la première est assez évidente et aisée à voir : il n’y a aucune incompatibilité à être un dirigeant politique même dur et en même temps un artiste doté d’une grande sensibilité. Mais l’explication la plus profonde et la plus cohérente se situe à mon avis dans ce que j’évoquais plus haut. En faisant la révolution, l’Ayatollah voulait, prenant modèle sur toutes les révolutions depuis la révolution française de 1789, et notamment les révolutions socialistes, « réformer » le pays. S’appuyant pour sa part sur la tradition chiite, il a puisé dans les racines de sa foi pour en faire émerger à la foi un Droit (le Velayat-e Faqih) et une poésie d’une grande beauté. C’est sans doute la raison pour laquelle ce Droit est aujourd’hui encore une armature solide pour la Constitution iranienne, et ce malgré les distances prises progressivement. 

De la même manière, en tenant ceci à l’écart du politique et de la politique, l’Ayatollah Khomeini a fait de la poésie de la même façon que les prédécesseurs que j’évoquais plus haut : avec humilité et discrétion.

Controversé, haï, ou vénéré, il reste un dirigeant majeur de la fin du XX ème siècle. A ceux qui ne peuvent s’épargner les luttes et les débats trop passionnés, je ne saurais que trop leur conseiller de jeter un œil à ses œuvres, qui ont été traduites en de nombreuses langues dont le français.

 

Bibliographie :

http://imam-khomeini.com/web1/france/showitem.aspx?cid=1676&pid=1808

http://www.teheran.ir/spip.php?article1200#gsc.tab=0

 

 

De Marie et de Kali

Le présent article a pour but, à la fois modeste et prétentieux, d’analyser deux mythes et de les croiser. Ces deux mythes sont les figures féminines de la Vierge Marie, dans le christianisme (catholicisme et orthodoxie) et Kali, déesse hindoue.

Je tâcherai dans un premier temps de présenter à grands traits les figures qui nous intéressent, leur place dans leurs mythologies respectives, leurs familles et surtout, leur rôle.

Pour ce qui est de la Vierge Marie, tout d’abord, figure la plus familière de nos lecteurs, elle est la mère de Jésus-Christ, choisie par Dieu (par l’intermédiaire de l’ange Gabriel) pour enfanter celui qui sauvera l’Humanité par sa Passion, sa mort, et sa Résurrection. Figure maternelle et royale par excellence (Louis XIII lui consacra le royaume de France le 10 février 1638), elle est une mère aimante et protectrice que l’on invoque volontiers tant pour se protéger que comme médiatrice de toutes les grâces : « Priez pour nous, pauvres pécheurs/Maintenant, et à l’heure de notre mort/Amen ». Mais c’est également une divinité douloureuse et souffrante : elle est vénérée comme telle car elle a endurée la pire des douleurs, ayant souffert tout au long de sa vie. C’est à ce titre qu’elle endure sept douleurs qui lui valent le nom de Notre Dame des Sept Douleurs : la prophétie du vieillard saint Siméon, la fuite en Egypte, la disparition de Jésus au Temple pendant trois Jours, la rencontre de Jésus portant sa croix et montant au Calvaire, Marie debout au pied de la croix, la descente de Jésus de la croix et la remise à sa mère, et enfin l’ensevelissement de Jésus dans le sépulcre.

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Notre Dame des Sept Douleurs

La figure de la Vierge Marie, on le voit, est intéressante à plus d’un titre : figure de souffrance, de douleurs, mais en même temps d’amour maternel profond et de protection. Dans de nombreuses régions du monde, elle est vénérée avec une approche quasi mystique, ayant supplanté d’anciennes coutumes locales. On pensera ainsi à la Bretagne, à certaines régions d’Amérique Latine comme la Colombie ou le Mexique, sans compter les apparitions mariales.

Evoquons maintenant Kali.Dans la mythologie hindoue, elle tue son époux Shiva, dieu à la fois créateur, destructeur et préservateur. Si ce genre de concepts peuvent paraître déstabilisants à des occidentaux, il peut paraître utile de faire appel à une comparaison : Kali est comme un incendie de forêt, qui élimine les branches mortes, les mauvaises herbes (en l’occurrence, les avidyaproduits d’ignorance intérieurs venant du désir et de l’attachement). Or, pour atteindre la vraie délivrance (nirvana), il est nécessaire de notamment se débarrasser de ces avidya. Kali, déesse de la destruction/(re)récréation est à ce titre une déesse fondamentale dans l’hindouisme. Figure féminine, elle également une figure maternelle et protectrice, comme l’évoquent tant Ramprasad Sen que Râmaskrishna . Mais à la différence de Marie, elle protège le dévot parce que celui-ci la craint : Kali est une déesse sanguinaire, terrible, portant autour du cou un collier de cinquante et un crânes (symbolisant les lettres de l’alphabet sanskrit), et brandissant une tête décapitée, une épée, et une masse, symbole de destruction.

En comparant ces deux figures, on s’aperçoit que c’est l’amour et le sacrifice de la Vierge Marie qui la distingue de Kali. En dehors de cela, les deux figures apparaissent comme des déesses maternelles et protectrices, et dont la place dans leurs mythologies est centrale : celle de la résurrection.