Rien à foot de la race!

A l’heure où le mot « race » vient d’être rayé de la constitution dans le but avoué de supprimer les supposées conséquences de son existence (comme si la suppression de la pauvreté avait éliminé celle ci), le mot honni revient pourtant, dans l’actualité. Comme un tas de poussière qu’on voudrait cacher sous un tapis, « les faits sont têtus » disait Lénine : l’équipe de France de football est majoritairement composée de joueurs d’origine subsaharienne.

Avant de continuer, soulignons deux éléments anecdotiques (ou pas) : le premier est que s’ils apprécient, contrairement à nous, la France et l’Europe multiculturelles dans laquelle ils vivent, les joueurs multiplient les déclarations « patriotiques ». Il est évident que l’attachement à la France, pour sincère qu’il soit, manque de « chair ». Mais cela contribue à la cohésion d’ensemble.

Le deuxième élément à souligner est le retour progressif d’une foi catholique diffuse mais forte notamment à travers des joueurs comme Olivier Giroud ou Antoine Griezmann.

Ces deux éléments posés, attachons nous au problème principal… Qui n’est pas l’équipe de France de football. Dire qu’elle représente la France est vraie. C’est une triste vérité : la France, comme d’autres pays, a reçu depuis environ quarante ans des vagues d’immigration d’une ampleur inédite pour son histoire. Ceci a changé sa structure sociale et démographique, influencé son économie, certains de ses modes de vie, et pesé négativement sur sa sécurité : voilà bien la définition détaillée du multiculturalisme.

L’équipe de France de football ne fait que ce pour quoi elle est payée : jouer au football. Les sélectionneurs, entraîneurs, investisseurs, choisissent les meilleurs. Si l’idée que les Français de souche sont « naturellement » moins bons (endurance, vitesse, réflexes) est largement à nuancer (voir là encore le cas de Griezmann qui dut faire sa carrière en Espagne pour accéder au niveau professionnel), il est vrai que la société et le système médiatique, politique et sportif aide peu les jeunes sportifs de souche dans un pays qui a une faible culture de ce sport, notamment en comparaison de l’Angleterre par exemple.

Les causes et les conséquences de la composition de l’équipe de France doivent être analysées comme un élément d’un problème plus vaste. Celui ci comprend l’immigration, la remigration, la sécurité, etc.

Il me paraît par conséquent logique de soutenir une équipe et ce même si les médias, les politiques, les associations tenterons probablement de récupérer l’image et la victoire d’une victoire. Et encore: il appert que, vingt ans après, la « sauce » ne prenne plus tellement, même à gauche.

Il est également tout aussi indispensable de ne pas perdre de vue son propre enracinement (et donc ne pas confondre fête et festivisme) et la nécessaire remigration, qui s’inscrit dans une logique de réenracinement des populations : une terre, un peuple.

Publicités

Donald Trump pousse un cri persan

Comme il l’avait promis, et en accord avec son slogan « America first », Donald Trump a donc retiré les États Unis du « 5+1 », l’accord qui liait d’une part l’Iran et d’autre part la Chine, la Russie, la France, l’Allemagne, et le Royaume-Uni.

Si les réactions des journalistes pleuvent depuis cette annonce, il convient d’analyser le contexte américain (I), le contexte iranien (II), les conséquences économiques notamment européennes (III), et les raisons qui ont poussé Donald Trump a faire ceci (IV).

I/ Contexte géopolitique et économique américain : un déplacement vers le Pacifique

Avec les invasions d’Afghanistan (2001) et d’Irak (2003), consécutives aux attentats du World Trade Center, les États Unis marquaient leur grand retour au moyen orient; encore qu’ils n’étaient jamais vraiment partis, pouvant compter sur de solides appuis en Israël, en Turquie, et dans les pays du Golfe (Koweït, Arabie Saoudite notamment).

La découverte de gaz de schiste à présent rentable et surtout sûr donne une raison aux États Unis de se désengager d’un moyen orient complexe et dangereux : en 2011, le dernier soldat américain quitte l’Irak. Le cas de l’Afghanistan est différent, Trump ayant finalement renoncé à retirer ses troupes et ayant même intensifié la présence américaine. La raison en est simple : dans ce pays proche de l’Iran et de la Russie, il vaut mieux que les Américains gardent leurs yeux ouverts.

Or ce qui se joue aujourd’hui n’a rien à voir avec les sables du moyen orient mais avec le Pacifique : présent dans une multitude d’îles (dont l’archipel d’Hawaï), les États Unis entendent bien concurrencer des pays tels que la Chine (en Birmanie), le Japon ou la France. On apprend ainsi ici que 60% des forces navales américaines sont dans le Pacifique. A moyen et long terme, le but des États Unis est donc clair : ne plus être dépendant d’un point de vue énergétique du moyen orient.

II/ Contexte géopolitique et économique iranien : un régime théocratique et une economie semi socialiste

Les sanctions économiques pré 2015 ont alimenté une économie fermée autocratique, confisquée par les Pasdarans (Les Gardiens de la Révolution). Plutôt conservateurs, ils ont été de ceux qui ont critiqué Hassan Rohani (président modéré) et l’accord avec les États Unis et les Européens moins pour des raisons militaires que pour des raisons de privilèges économiques, la fin des sanctions signifiant l’ouverture progressive aux entreprises européennes, notamment françaises mais aussi allemandes ou italiennes. Nous développerons ces points plus loin.

Outre l’appui évident d’Israël, Donald Trump a obtenu le soutien de l’Arabie saoudite. Outre le lien ancien (c.f supra) entre les deux pays, et la rivalité entre les deux géants musulmans, il faut voir là pour l’Arabie saoudite un intérêt purement mercantile : pouvoir influer sur le prix du baril de pétrole.

III/ Conséquences sur l’économie française et européenne et sur l’équilibre de la région

La première conséquence évidente est la perte de milliards d’euros de contrats difficilement obtenus. « Les décisions de Trump, c’est notre chômage » pourrait être un excellent slogan.

La deuxième conséquence à craindre est la suivante : en plaçant de fait Hassan Rohani dos au mur, Donald Trump l’oblige à être dur pour ne pas se laisser déborder et fragiliser par les conservateurs. La mort prochaine du Guide de la Révolution, très malade, étant dans les esprits de chacun, il s’en retrouverait davantage fragilisé. Cette fermeté peut enfermer l’Iran dans une situation de repli sur la scène internationale, avec des provocations comme du temps de Mahmoud Ahmadinejad. Pire encore, Rohani a évoqué un potentiel retour à une production d’uranium enrichie.

La troisième conséquence c’est l’escalade. Côté saoudien, tout d’abord puisque l’Arabie saoudite a déclaré qu’elle chercherait à se doter de l’arme nucléaire si l’Iran le fait. Côté « axe chiite » ensuite puisque la guerre en Syrie et le retrait américain d’Irak a renforcé les divers mouvements chiites. De ce point de vue, Donald Trump a fait un mauvais calcul.

IV/ Les raisons de la colère

Nous l’avons dit, Donald Trump considérait qu’il s’agissait là du plus mauvais deal qui fut. On peut en effet arguer que la production de missiles balistiques n’était pas soumise à contrôle, par exemple. Or, pour le reste, l’Iran s’est très bien comporté sur la période 2015-2018, de l’aveu même de l’AIEA.

Il est possible que Trump ait « subit » l’influence de conseillers dits néo cons mais cela ne change rien aux projets des États Unis tant économiques que militaires.

A court terme, cette sortie profite a priori à l’Arabie saoudite, et éventuellement aux conservateurs iraniens. A titre personnel, je doute qu’à court ou moyen terme, Israël soit gagnante, surtout si des personnes moins modérées que Hassan Rohani reprennent la main. Comme le rappelle Amélie Chelly dans l’interview que je signale supra, quelle que sera l’issue de cette crise, les Iraniens ont un haut niveau de patriotisme (déjà éprouvé lors de l’invasion anglo soviétique, de la guerre Iran Irak etc). La crise peut se résoudre de façon interne, éventuellement (et ce serait une terrible éventualité) par un coup d’État des Pasdarans.

Pour le moment, la population iranienne reste partagée, moitié désabusée moitié attentiste. Mais ils en vu d’autres : Grecs, Romains, Arabes, Mongols…

Ce que nous apprend Notre-Dame des Landes

L’évacuation de NDDL (toujours en cours) a requis la mobilisation de 2500 policiers c’est à dire autant que les soldats français au Mali (3 millions de kilomètres carrés). Cela doit forcer le respect de tout révolutionnaire qui respecte la force car « la révolution est au bout du fusil » (Mao Zedong).

1/ Les nationalistes sont hélas inoffensifs pour le pouvoir. Une après midi suffirait à les chasser de la moindre fac, du moindre squat, bref, du moindre lieu qu’ils entendraient tenir par la force. On peut le regretter, protester mais sur le moyen/long terme, le coup de force paraît impossible en l’état des choses, en dépit de maigres et fragiles complicités. La surveillance dont ils souffrent est purement folklorique. La censure dont ils souffrent sur les réseaux sociaux (et les rares affaires judiciaro-médiatiques telles que l’affaire Nisan) n’a le plus souvent rien à voir avec un complot policiaro-militaro-judiciaire d’aucune sorte. Pire : elle les conforte dans l’illusion qu’ils sont une menace pour le pouvoir politique.

2/ Il faut rapidement et impérativement apprendre des réussites et des échecs de l’occupation de NDDL (et des universités) : communication, logistique, esthétique, occupation de l’espace, guérilla, etc. Mais j’y reviendrai plus bas.

C’est esthétiquement stylé. Quoi qu’on en pense.

3/ 2500 policiers occupés à expulser NDDL (ou son équivalent, car ses occupants ont prévenu qu’ils recommanceraient et on peut leur faire confiance), ce sont autant de force que l’Etat ne peut pas déployer ailleurs. Dès lors, ce genre de manifestation/occupation apparaît comme une diversion habile pour prendre de façon durable un point beaucoup plus stratégique (télécommunications, gare, centrale nucléaire, etc).

Curzio Malaparte, auteur de « Technique du coup d’Etat »

4/ Une révolution est bien souvent une guerre civile plus ou moins ouverte : (Russie, Allemagne, France) où s’affrontent deux factions minimum. Dans la France révolutionnaire de 1789-1799, divers courants se sont affrontés dans une grande brutalité (royalistes, montagnards, girondins, jacobins…) jusqu’à ce que Napoléon, fasse à la fois le ménage et la synthèse de tout cela. En Allemagne, les conservateurs ont soutenu les nationaux socialistes contre les communistes avant d’être brutalement éliminés par les premiers. En Russie, ce sont les bolchéviques qui ont vaincu à la fois le Tsar, les socialistes et les menchéviques. En Iran, parmi toutes les composantes opposées au Shah, ce sont les partisans de Khomeini qui l’emportèrent, éliminant les communistes (Tudeh), les démocrates, etc. Ce sont des éléments que nous avons par ailleurs évoqué précédemment.

Ruollah Khomeini, le seul révolutionnaire qui a pris le pouvoir sans tirer personnellement un coup de feu. Comme Besancenot. Sauf qu’il a réussi lui.

De ces observations, il faut dresser ou répéter plusieurs observations. La première est que le pouvoir légal (l’Etat), seul détenteur de la violence, s’oppose en réalité à plusieurs discours qui se prétendent légitimes. Mais seul celui qui se donnera les moyens physiques, techniques, politiques de prendre le pouvoir le méritera. Ce qui se joue sous nous nos yeux est à ce titre non pas une révolution de pouvoir, mais une révolution du vouloir : la plupart des factions ne cherchent pas à prendre le pouvoir malgré leurs forces, préférant des revendications sociétales et bourgeoises, irréalistes, sans intérêt et sans prise avec le réel (« 10/20 aux examens » « soutien aux Kurdes » « démission du président », « califat queer auto-géré » (Al-Baghdadi ne manquera pas de trouver le concept intéressant) ou bien encore « mort aux riches » lors d’une manifestation aujourd’hui à Montpellier). Il est d’ailleurs curieux qu’une rhétorique et un projet révolutionnaires d’extrême gauche s’attachent autant à un diplôme universitaire.

On sent bien le pouvoir que peut avoir une boutique d’opticien sur le pouvoir politique

En effet, si l’on considère, à l’image de Joseph de Maistre, la révolution comme un châtiment divin qui inverse toutes les normes, il ne s’agira que de bouts de papier sans valeur si le projet de société aboutit. On est réellement étonné de voir l’extrême gauche à la fois si transgressive dans son discours voire dans son comportement et en même temps si conservatrice dans ses demandes et son positionnement philosophique.

L’autre problème du discours « révolutionnaire » notamment à l’extrême gauche est qu’il n’a pas intégré la violence de l’Etat au sein d’un processus revolu. En clair : il est logique de recevoir la police dans la figure si on occupe un bâtiment, si on lance des projectiles sur la police ou si on s’associe aux individus sus évoqués; mais nous avons déjà évoqué la question ici.

La deuxième observation c’est que de l’autre côté, le problème est sans doute plus inquiétant : manque d’organisation, impossibilité de lever des fonds, non renouvellement esthétique et culturel (même si cela reste à nuancer), concepts vieillissants, consanguinité politique, inertie des élites, nous éloignent du pouvoir politique (au sens littéral : la Cité). L’esprit de salon, pour être clair, nous empêche d’agir, et ce alors même que « notre force est d’avoir raison ».

Gnagnagna Gramsci. Eh bien appliquons le!

Gardons à l’esprit que nous sommes David contre Goliath. L’Etat, « le plus froid de tous les monstres froids » (Nietzsche) opposera toujours à notre violence une réponse. Par exemple, si un endroit donné est occupé, il finira par être libéré par la police. Jours, mois, années, cela ne compte pas pour l’Etat qui a avec lui le droit, la force et le temps. Il convient donc de ne pas se positionner en fonction de ce que va faire (ou pas) l’Etat puisque précisément celui-ci va expulser quiconque entend contester son autorité à l’extrême gauche (Notre-Dame des Landes) ou à l’extrême droite (Bastion Social, Sainte-Rita); notez que ce sont les qualificatifs que retiennent les 67 millions de Français : qu’importe qu’il y ait eu des écolos-situationnistes à NDDL ou des catholiques de centre gauche à Sainte Rita. Dans le même ordre d’idée, il est vain de compter sur un soutien de quelque nature que ce soit à l’extérieur du mouvement en cas de répression. Lors des événements précédemment évoqués, nos adversaires politiques, mais aussi les tièdes, l’intégralité de la presse fut contre ceux qui étaient attaqués par la police, la justice, et l’administration.

Pourquoi l’extrême gauche manque de logique (et ce que nous devons en tirer)

L’extrême gauche française (notamment estudantine) nous étonne _ au sens littéral. Quand nous écoutons sa rhétorique, quand nous lisons sa prose, quand nous observons ses modes d’actions, nous sommes comme « frappés par le tonnerre ».

Cette extrême gauche, qui pêle-mêle convoque Jaurès, Hugo, Robespierre, le Sous-Commandant Marcos, Lénine, et des épisodes tragiques et sanglants comme la Commune, la guerre d’Espagne, la (tardive) résistance du Parti Communiste aux nazis, la révolution d’octobre, mai 68, se retrouve incapable d’aller au bout de sa logique intellectuelle.

Opposant ce qu’elle considère (à juste titre ou non, là n’est pas le débat) la légitimité (la sienne) à la légalité (celle de l’Etat et de ses moyens de répression), elle commet deux erreurs logiques (Nous aurons plutôt tendance à parler de malhonnêteté intellectuelle et politique).

La première est le recours aux forces de l’ordre pour sa sécurité : imagine-t-on la Commune appeler les Versaillais au secours ? Les FARC se placer sous la protection de Álvaro Uribe? La réponse est évidemment non. Or, cette extrême gauche, qui entend se placer dans une logique et un héritage (politique, esthétique…) révolutionnaires, entend là jouer sur les deux tableaux de la légalité et de la légitimité, et ce de façon à la fois massive et publique. Il ne s’agit donc pas de simples « passerelles » ou complicités (il existe des policiers de droite, de gauche, offrant des coups de main, des renseignements à leurs amis. Cela s’est toujours vu; sans compter les phénomènes de corruption et d’intimidation). Mais le fait « d’appeler la police » fait de ces gens des complices objectifs de la bourgeoisie.

Vous allez dire que je m’acharne mais bon.

La seconde est le rapport à la violence. Qu’on ne se méprenne pas en nous prenant pour des légalistes; nous avons développé la question ailleurs. Dans un État de droit, seul l’Etat a droit à un recours à la violence (encadrée). Décidant à nouveau de se placer sur le terrain de la légitimité face à la légalité, l’extrême gauche a choisi d’occuper des universités, d’empêcher des examens, etc. Elle l’a fait en conscience, par la force et souvent par la violence, comme ont pu en témoignent des étudiants de Montpellier et de Paris, ainsi que la récente découverte de cocktails Molotov à Paris I (Tolbiac). À l’occasion de ce rapport de force, des individus ont notamment demandé la démission du chef de l’Etat. Peu importe ce que l’on pense de celui-ci, il est cohérent qu’un chef d’État envoie la police sortir ces individus, dans le cadre du droit à nouveau. En Espagne toute proche, ils auraient sans doute demandé la tête du roi et l’instauration d’une république, et auraient reçu la visite de la Guardia Civil dans la journée; je ne vous parle pas de pays comme l’Iran.

Ou la Birmanie.

Le but de toute manifestation, de tout mouvement social et à terme de toute révolution est de transformer sa légitimité en légalité. Mais durant ce temps, il s’écoule une période plus ou moins longue de doutes et d’échecs où le révolutionnaire est par définition un « hors-la-loi » en l’occurrence la loi suprême la Constitution.

Cela n’implique pas d’être un criminel. Jules César écrivait : « Si tu dois enfreindre la loi, empare toi du pouvoir. Dans les autres cas, respecte la ».

De ces deux points, les nationalistes (notamment les maurrassiens) doivent en tirer les leçons de logistique, de crédibilité politique, et d’image médiatique.

Pourquoi le (potentiel) futur Califat s’annonce décevant

Ce titre provocateur risque de m’attirer les foudres d’un grand nombre d’imbéciles. Qu’il soit bien précisé à tous qu’il ne s’agit pas d’un article politique et que cet article n’a pas pour but de trouver des solutions politiques aux problèmes posés.

Pour le comprendre, je vais commencer par exposer très brièvement une des thèses de René Guénon, qu’il développe dans son ouvrage le plus connu, « la crise du monde moderne » (1927). Dans cet ouvrage, le philosophe développe l’idée d’un occident moderne qui aurait perdu la Tradition, là où l’orient (civilisation indienne, monde islamique, civilisation chinoise) aurait conservé cette Tradition. Il en profite pour balayer toute tentative de « recréation » de Tradition par ce qu’il appelle les traditionalistes, qu’il oppose d’ailleurs aux traditionnels.

Partant du principe que nous nous situons à la fin de ce que les Hindous nomment le Kali-Yuga (l’âge sombre ou âge du fer), il estime que la seule façon dont pourrait être sauvé l’occident est de s’abreuver à la source orientale, dans la mesure où les sociétés traditionnelles sont similaires entre elles.

Oui c’est pas pour demain non plus.

Et c’est précisément là que le bât blesse. Mort en 1951, René Guénon, qui s’alarmait en 1927 de la modernité en occident, n’eut pas le temps de la voir gagner l’orient : mères porteuses en Inde, capitalisme et suicides en Corée du Sud et au Japon, communisme en Chine, en Asie du Sud-Est, fin des castes en Inde, buildings vertigineux au Moyen orient, en Corée du Sud, en Chine, au Japon, à Singapour…

C’est pas si tradi…

Nul doute que la seconde guerre mondiale et la guerre froide d’autre part ont rompu de façon durable et profonde l’idée que Guénon se faisait de l’orient. Il est évident que s’il existe une Tradition primordiale, elle existe encore (au moins dans une certaine mesure) au Japon, en Mongolie, au Tibet, en Perse, en Chine, en Inde, ou dans le monde islamique.

Mais considérons ceci. Chez l’écrivain américain Robert E. Howard, créateur de Conan, le barbare est supposé agir comme un feu régénérateur : il est Śiva,créateur et destructeur. Devant les civilisations affaiblies, il vient les « tester » ; comme Attila ou Genghis Khan, le barbare sert d’ordalie. L’alternative est la suivante : être détruit (puis renaître) ou repousser le barbare.

Cavalier de Kubilaï Khan

Le problème de la civilisation occidentale/européenne est celui-ci : elle n’a ni Attila, ni Genghis Khan. Son barbare à elle n’est pas une armée. Il s’agit d’un mélange de mercenaires venus de tout le monde musulmans, d’une part, et d’autre part de jeunes de banlieue d’origine maghrébine ou africaine pratiquant un islam mâtiné de capitalisme McDonald’s : la chicha entre la prière et le Starbucks. Ils sont encore plus déracinés que les autochtones auxquels ils s’en prennent (insultes, vols, agressions, viols, meurtres, attentats). Ils n’ont d’ailleurs en réalité pas plus d’intérêt au califat qu’eux : si la législation concernant les voleurs était la même à Raqqa et à Trappes, le nombre de manchots irait croissant.

Futurs soldats du califat?

Il est difficile de dire si Guénon a fait ou non une erreur sur ce point. Il serait plus exact de dire que l’histoire a été cruelle avec un certain nombre de ses prévisions au niveau du temps court, lui qui raisonne sur le temps très long.

D’un point de vue guénonien, le potentiel futur Califat, s’annonce donc décevant : fort peu « islamique », s’accomodant fort bien de la démocratie et du capitalisme le plus brutal… L’expérience nous a montré que des pays pouvaient combiner théocratie musulmane et capitalisme parfaitement intégré dans le grand marché mondial, à l’image des pays du Golfe.

Éthique et esthétique de la révolution

Il faut pour faire une révolution des révolutionnaires. Cette simple évidence mérite d’être posée et rappelée. Ceux-ci doivent réunir en eux mêmes une poignée de qualités. Nous tâcherons ici d’en brosser quelques uns.

I/ L’homme

Un révolutionnaire doit être un homme. Ce terme doit être compris au sens non pas de genre mais au sens sanskrit (vir : le héros). Un révolutionnaire ne saurait être un marginal. Son hygiène de vie physique et mentale doivent même primer sur ses prouesses physiques.

Pour la même raison, il doit disposer d’une certaine indépendance financière (nous en reparlerons).

Un révolutionnaire doit pouvoir mobiliser son argent, son matériel rapidement, et donc de voyager si possible léger. Il doit être autonome, et doit être capable de sacrifier ledit matériel. La prise du pouvoir passera par des pertes de gazeuses, banderoles, écharpes, bâtons, etc.

Pour d’autres raisons, évoquées dans un précédent article, la police doit être tenue la plupart du temps, au maximum à l’écart, des activités politiques. Il est incohérent de railler nos adversaires qui appellent la police si nous faisons de même. Mao Zedong disait  » le pouvoir est au bout du fusil ». Ce n’est que par le renversement du rapport de force, à défaut de nous imposer culturellement, que nous l’emporterons. Mais il faut imaginer un fusil de grande longueur et une guerre éprouvante.

Enfin, un homme doit connaître sa doctrine, savoir l’appliquer, mais également savoir ouvrir son esprit (littérature, philosophie, histoire…).

II/ L’homme et son matériel

Il est impératif de s’adapter. Certaines actions requièrent des tenues confortables (chaleur, etc) d’autres des tenues spectaculaires, élégantes, ou autres. En tout cas, ce qui prime est l’efficacité et l’adaptabilité de la tenue aux conditions météos, à l’heure de la journée (s’habiller tout en noir à midi est peu discret), ainsi que de l’équipement. Il est utile de s’équiper de coupes boulons si l’ennemi a fermé ses portes avec des chaînes mais il est peu astucieux de prendre des gazeuses si l’on a prévu d’emprunter des couloirs étroits et inconnus, ou s’il y a du vent. De même les porteurs de lunettes doivent-il réfléchir.

Un autre élément à souligner, et que nous avons rappelé dans un précédent article, du même registre de l’adaptabilité, est celui des vêtements. Le nationaliste type dispose d’un certain nombre de vêtements, chaussures, accessoires, couvre-chefs, tatouages, qui le rendent facilement identifiables dans la rue, par des passants, des commerçants, des policiers en civil, des adversaires politiques. En résumé : cessez de vous habiller pour une action quelle qu’elle soit comme pour une soirée ou un défilé.

Guérilleros du Sentier Lumineux. Sobriété, discrétion.

III/ L’homme et la femme

Une révolution (et son prolongement) s’essouffle rapidement sans femmes. Voilà pourquoi des rapports sains entre revolutionnaires des deux sexes est important.

Les concepts de courtoisie, de politesse ne doivent donc pas être de vains mots. Il est nécessaire de se les réapproprier en (re) construisant des rapports normaux abîmés par des décennies de féminisme de troisième génération mais aussi d’abandon par les hommes de leur place et de leur rôle. En d’autres termes, n’attendez pas qu’une femme soit au choix (et à la fois) une femme fatale des années trente/ cinquante, une merveilleuse mère au foyer traditionnel, si vous n’assumez pas votre rôle de père, de mari et d’homme.

En outre, il est urgent de cesser de considérer les femmes comme faisant parti d’une sorte gigantesque harem occidental dont « les hommes » (nationalistes) pourraient user (et abuser) à loisir, commentant les tenues vestimentaires, les moeurs ou autres.

Pensez « amour courtois »

La civilisation française est celle de la courtoisie, de la galanterie, de la poésie. Nul besoin d’être maniéré ou réactionnaire dans ce domaine : le minimum suffit.

IV/ La fête

La fête est toujours une récompense. La drogue doit être proscrite, tout comme l’ivresse excessive. Les drogués et les alcooliques sont des poids financiers, médiatiques, et politiques pour la cause. C’est précisément là encore l’utilité de la guerre révolutionnaire qui « agit comme une sorte de contrepoison, non seulement sur l’ennemi, dont elle brisera la ruée forcenée, mais aussi sur nos propres rangs, qu’elle débarrassera de tout ce qu’ils ont de malsain » (Mao Tsé-Toung) , « De la guerre prolongée » (mai 1938).

Nous devons tendre vers la sobriété, car « Mâra [qui] a pour filles Tanhâ, Rati, et Arati _ c’est-à-dire Concupiscence, Amour et Haine_ est celui qui dispose les appâts afin que, attirés et sur le point de se satisfaire, les êtres tombent en son pouvoir et que paralysés par la manie, ils rentrent sans trêve dans le courant de l’existence éphémère » (Julius Evola, « la doctrine de l’éveil »). Il n’est pas nécessaire d’être une armée d’ascètes, mais de cheminer sur cette Voie.

Le révolutionnaire se doit d’être un homme et mieux qu’un homme. Actif et contemplatif, il doit être prêt car « il faut s’attendre à tout en politique, où tout est permis, sauf se laisser surprendre » (Charles Maurras). Nous vivons des temps de bouleversements, et un mouvement ordonné sera la clef de notre succès car « la révolution est comme une bicyclette : quand elle n’avance pas, elle tombe ! ».

Islam, arme des banquiers

L’islam en tant que religion et culture est en Europe notamment occidentale un fait historique, politique, démographique et social non seulement récent mais surtout, au regard de la longue durée, anecdotique.

Si le califat d’Al Andalus est remonté jusque loin au nord (la « bataille » de Poitiers) et à l’est de la France (Grenoble, Lyon), ce ne sont pas huit tombes musulmanes retrouvées près de Narbonne qui font de la France et des pays limitrophes, à l’exception de l’Espagne, du Portugal ou de la plus lointaine Sicile, une terre « d’islam ». C’est bien le christianisme, sur des racines helleno-romaines et germaniques (européennes en somme) qui a façonné la France, ses peuples, ses arts, mais aussi ses paysages : les vignes et les monastères, on le comprend, sont plus rares au Pakistan, en Égypte et en Arabie saoudite. La topographie là encore est imprégnée de cette histoire, et on y trouve guère de présence de nos envahisseurs musulmans des premiers siècles du moyen âge : combien de villes et de villages portent des noms de saints et de saintes? Trop pour être comptés.

Ces quelques rappels faits, intéressons nous à la situation actuelle. Il y a une grande quantité de Français d’origine immigrée et d’étrangers sur le sol français. Certains sont réislamisés, certains n’ont jamais perdu la religion de leurs ancêtres, et d’autres enfin sont chrétiens (catholiques, évangéliques), notamment une grande quantité d’Africains subsahariens. Polarisés en diverses communautés, ces gens partagent néanmoins plusieurs choses : une assimilation proche du néant à la culture et à la civilisation française, y compris pour les chrétiens africains, une haine de la France, et conséquence, une allégeance à un autre pays.

Le problème n’est pas tant l’islam. Que celui ci soit violent, misogyne et intolérant ne nous intéresse pas tant que ses adeptes vivent entre eux en Syrie, en Algérie, au Yémen, en Turquie, en Iran. Vouloir une réforme de l’islam c’est s’aligner sur les valeurs progressistes et laïques de la République. La critique théologique de l’islam qui est le plus mise en avant dans les médias, outre sa pauvreté spirituelle (pour ou contre le cochon ? Le voile ou le string ?) ne sert qu’à masquer le fait que l’islamisation, réelle, n’a été possible que par une immigration de masse, elle même arme du Capital. Critiquer l’islam en tant que spiritualité et uniquement en tant que telle, est une arnaque intellectuelle et politique. Que l’on me comprenne bien : je ne dis pas que cette critique n’est pas intéressante. Je dis qu’elle n’est pas intéressante d’un point de vue politique.

C’est donc moins le Coran qu’il faut expurger, que le multiculturalisme. S’il y avait en France 20 millions de Japonais shinto, malgré l’image romantique que se font les Français des Japonais, des geishas, des samouraïs, du théâtre nô et de la cérémonie du thé, il y aurait aussi des actes de violence. Ils seraient différents mais ils existeraient. De la même manière, rappelons que Hutus et Tutsis n’ont pas eu besoin de l’islam pour se massacrer entre eux.

Pour préciser encore davantage ma pensée, il faut bien comprendre que je refuse de choisir entre le califat et la République laïque.

Dolores, l’IRA, l’Irlande et le catholicisme 

Dolores O’Riordan est morte hier lundi 15 janvier à l’âge de 46 ans. La chanteuse des Cranberries, à la voix rageuse, fragile, ou angélique s’est éteinte dans le ciel londonien où elle était venue enregistrer_une dernière fois. 

Dernière d’une famille de sept enfants, la chanteuse irlandaise était connue non seulement pour son talent mais aussi pour des convictions et une âme qu’elle n’a jamais reniées, ce que les médias et les bien pensants ne lui ont jamais pardonné, même dans la mort. Pro famille (« Ode To My Family »), patriote irlandaise ( » God Be With You »), l’auteur des textes de la « sauce aux canneberges » (qui accompagne l’action de Grâce) savait mettre subtilement ses convictions en avant. Elle était également pro peine de mort, prenant pour exemple Singapour, et anti avortement… Comme n’importe quelle Irlandaise catholique née en 1971 (« The Icicle Melt »).

Il y a cependant un contresens que doivent éviter les admirateurs de Dolores, notamment ceux qui s’intéressent à l’IRA et au conflit Nord-irlandais. Pour patriote et catholique qu’elle fusse, elle n’a jamais apporté son soutien à la cause de l’IRA, condamnant même la violence et la guerre à travers sa chanson la plus connue, « Zombie« . L’idée est moins de prendre position contre l’IRA, et notamment sa branche armée, que de tenter de s’interposer entre les belligérants et d’imposer une sorte de paix de Dieu, à une époque où l’Eglise ne répond (déjà) pas/plus à ses aspirations (elle déclarait ne pas aller à l’église). Le refrain ne dit pas autre chose : « But you see, it’s not me/It’s not my family/In your head, In your head, they are fighting/ With their tanks, and their bombs/ And their, and their guns/ In your head, they are crying ». Là où les tanks se réfèrent aux troupes britanniques, les bombes se réfèrent aux attentats de l’IRA (encore que les Black and Tans aient pu se livrer à des actions proches). Ce que hurle Dolores est une supplication et une prière. C’est une jeune femme qui a 22 ans au moment de l’attentat de Warrington évoqué dans la chanson et qui n’a connu que la pauvreté et la guerre. L’accent est mis, on  le comprend, sur le caractère non seulement brutal mais encore lassant de la guerre (« Another head hangs lonely/Child is slowly taken »).

The Cranberries est donc moins un groupe « nationaliste » qu’un groupe catholique, et un groupe irlandais. 

Réflexion sur la violence

Puisque la violence est un vice de l’homme découlant du péché originel, donc naturel, et puisque l’homme est un animal politique, nous dit Aristote, alors la violence politique doit être mise au service du Bien, tempérée par la Justice (la Loi de la Cité) et le droit naturel.

C’est ce que tenta de faire l’Eglise via la paix de Dieu et la trêve de Dieu. Du reste, la période médiévale fut plutôt peu meurtrière, entre Européens, si l’on compare aux guerres des périodes suivantes que sont les guerres de religion (XVI ème siècle), la guerre de Trente Ans (1618-1648), les guerres de Louis XIV (1661-1715), ou encore les guerres de Napoléon ; sans même évoquer les deux guerres mondiales.

Aujourd’hui, dans nos sociétés occidentales, où il est admis que l’Etat a le monopole de la violence (police et armée), la question de celle-ci mérite néanmoins d’être pensée et posée à une époque où l’Etat et la démocratie perdent eux-mêmes peu à peu leur légitimité : montée des extrêmes et de l’abstention, incapacité à gérer la crise sécuritaire et migratoire, etc.

Dans sa « Somme théologique », saint Thomas d’Aquin théorise la doctrine de la guerre juste. Celle-ci se caractérise par trois points :

  1. L’autorité du Prince
  2. La cause juste
  3. L’intention droite.

Un autre point important à soulever est que Thomas d’Aquin admet tout à fait le régicide face au « tyran d’exercice » ou « tyran d’usurpation ». Charles Maurras dit que « les libertés ne s’octroient pas : elles se prennent ». Un peuple soumis à l’autorité peut donc en théorie parfaitement se révolter contre un chef injuste, en prendre la liberté. Or comment la cause nationale peut trouver la légitimité de faire usage de violence contre ses adversaires et faire chuter le « tyran d’exercice » qu’est la République et ses divers supplétifs ? Grâce à Thomas d’Aquin. Notre intention est droite, car guidée par l’empirisme et le Bien commun. Nous avons pour nous l’autorité du Prince, et donc une cause juste : la monarchie française. Cela coïncide là encore avec l’expression de Maurras « par tous les moyens, même légaux ».

La dernière difficulté réside sans doute dans les moyens de concrétiser cette violence.

Les monomaniaques…

… Et comment ils stérilisent l’action révolutionnaire.
Je définirais le terme de monomaniaque par quelqu’un qui a un degré de connaissance et d’intérêt si poussé dans un domaine que cela vire à l’obsession et le coupe des réalités du monde.

Tout le monde, dans le milieu « nationaliste » connait ces gens, obsédé qui par tel lobby, qui par tel autre. Leur connaissance pointue, acquise par la lecture et la fréquentation du milieu de près ou de loin (parfois de très près _ vous seriez surpris), en fait souvent de bons érudits. Associé à une bonne plume voire à un charisme certain, une poignée de monomaniaques arrivent à se faire connaître et à partager leurs connaissances.

Mais le problème, c’est qu’un grand nombre de médiocres les imitent : hystérie, fanatisme quasi religieux, suspicion vis à vis des « dissidents », procès d’intention, attaques ad hominem, etc.

Ce qui était au départ une intention louable (critique des lobbies, dénonciation des collusions politico-industrialo-militaires, etc.) sur la base du doute si helleno-chrétien, ressemble d’avantage à la minute de la haine de 1984 ou au tribunal du Sanhédrin.

Qu’il soit entendu ici qu’il n’est pas question de nier ni l’existence ni l’influence des lobbies communautaires, pétroliers, militaires, ou autres. Néanmoins, j’aimerais attirer l’attention sur deux éléments importants. Premièrement, un monomaniaque est épuisant : il n’a en général qu’un sujet de conversation ou alors finit par tout rapprocher ou remonter à celui-ci. Par exemple, les antisémites hystériques vous parleront À COUP SÛR de l’influence juive à Hollywood, de la Kabbale, de Gal Gadot ancienne miss Israël, si vous lui demandez en toute innocence cinéphile s’il a vu Wonder Woman. Alors que ce n’est pas le sujet.

Vous l’aurez compris, il est difficile de trouver à ces gens amis et partenaires amoureux, même si vous en êtes proches vous même. Difficile en effet de présenter quelqu’un : « Salut, voici Paul. Paul est physicien et euh dans la vie il n’aime pas les Noirs ».

Deuxièmement, l’impasse du prisme monomaniaque dans une perspective révolutionnaire. Si la critique et la dénonciation de lobbies, groupes d’intérêt et de pression est utile, le militantisme, les actions de terrain, le réenracinement sont eux bien plus utiles sur le long termes, et bien moins coûteux financièrement et judiciairement. Rappelez vous qu’un militant en prison, surtout en ce moment,est inutile. Vous ne ressortirez pas super musclé, plein de tatouages avec une cicatrice sur torse, respecté des prisonniers et des gardiens : vous sortirez probablement dans un cercueil.

La critique superficielle de ces lobbies, de façon monomaniaque, est intellectuellement confortable : Elle permet de se dire que « de toutes façons on ne peut rien faire », « c’est comme ça », « c’est injuste », « ils contrôlent tout et on ne peut rien y changer ». Or le tyrannicide a été théorisé de longue date. Les maîtres injustes peuvent et doivent être abattus. En cinq, dix ou deux cent ans, peu importe.

Mais il m’apparaît inconcevable d’être ankylosé intellectuellement et physiquement par l’idée que « c’est trop tard parce que « ils » contrôlent tout ».

D’un point de vue militant d’autre part, il est nécessaire, je l’ai dit plus haut, de dénoncer les lobbies, associations, groupes de pression, qui : 1) Détournent l’impôt des Français; 2) Fractionnent la communauté nationale et les communautés historiques; 3) Agissent au profit de puissances d’argent ou de pays étrangers (Arabie Saoudite, Qatar, Etats-Unis, Israël, Russie, Iran, Turquie, Azerbaïdjan, Algérie, pour les plus évidents; je doute qu’il y ait un lobby papou ou guatémaltèque à l’assemblée nationale). Cette dénonciation doit être régulière, systématique, mais surtout pertinente : on peut le déplorer mais certains choix de mots sont parfois hasardeux voire dangereux, notamment dans la presse. Ils peuvent coûter à leurs auteurs amendes, prison voire carrières professionnelles entières. A quoi sert un militant en prison, en ces temps de où la solidarité militante et les militants se font rares ? A rien du tout. Un militant en prison ne peut pas travailler, ni cotiser, ni protéger sa famille ni militer. En outre, vu le contenu des prisons françaises, il risque sa vie chaque minute.

Dès lors, il est curieux que certains se soient fait une spécialité (nous n’osons dire une rente) de la dénonciation de certains lobbies bien précis et ce sans jamais avoir mis un pied à Fleury Mérogis ou à Fresnes dont, ils espèrent sans doute marquer à leur tour marquer l’histoire de leurs vers inspirés. Cela vient peut être du fait du caractère relativement inoffensif de ces individus : qu’est ce qu’un journal « nationaliste » qu’on attaque pas ?

Les locaux de l’AF Marseille attaqués à l’explosif. Dans les années 90, c’était les locaux de Paris qui avaient été plastiqués par l’extrême gauche.

On rétorquera que Charlie Hebdo a vu ses locaux attaqués en janvier 2015. C’est précisément parce qu’il dérangeait des musulmans en train de prendre le pouvoir et de promouvoir une idéologie par la terreur qu’il a été attaqué. Le Figaro, le Monde, la Croix, Libération, ne sont pas et ne seront jamais attaqués en tant que tels car ils sont résolument modernes.

N’oubliez pas que « tout désespoir en politique est une sottise absolue ».