Dolores, l’IRA, l’Irlande et le catholicisme 

Dolores O’Riordan est morte hier lundi 15 janvier à l’âge de 46 ans. La chanteuse des Cranberries, à la voix rageuse, fragile, ou angélique s’est éteinte dans le ciel londonien où elle était venue enregistrer_une dernière fois. 

Dernière d’une famille de sept enfants, la chanteuse irlandaise était connue non seulement pour son talent mais aussi pour des convictions et une âme qu’elle n’a jamais reniées, ce que les médias et les bien pensants ne lui ont jamais pardonné, même dans la mort. Pro famille (« Ode To My Family »), patriote irlandaise ( » God Be With You »), l’auteur des textes de la « sauce aux canneberges » (qui accompagne l’action de Grâce) savait mettre subtilement ses convictions en avant. Elle était également pro peine de mort, prenant pour exemple Singapour, et anti avortement… Comme n’importe quelle Irlandaise catholique née en 1971 (« The Icicle Melt »).

Il y a cependant un contresens que doivent éviter les admirateurs de Dolores, notamment ceux qui s’intéressent à l’IRA et au conflit Nord-irlandais. Pour patriote et catholique qu’elle fusse, elle n’a jamais apporté son soutien à la cause de l’IRA, condamnant même la violence et la guerre à travers sa chanson la plus connue, « Zombie« . L’idée est moins de prendre position contre l’IRA, et notamment sa branche armée, que de tenter de s’interposer entre les belligérants et d’imposer une sorte de paix de Dieu, à une époque où l’Eglise ne répond (déjà) pas/plus à ses aspirations (elle déclarait ne pas aller à l’église). Le refrain ne dit pas autre chose : « But you see, it’s not me/It’s not my family/In your head, In your head, they are fighting/ With their tanks, and their bombs/ And their, and their guns/ In your head, they are crying ». Là où les tanks se réfèrent aux troupes britanniques, les bombes se réfèrent aux attentats de l’IRA (encore que les Black and Tans aient pu se livrer à des actions proches). Ce que hurle Dolores est une supplication et une prière. C’est une jeune femme qui a 22 ans au moment de l’attentat de Warrington évoqué dans la chanson et qui n’a connu que la pauvreté et la guerre. L’accent est mis, on  le comprend, sur le caractère non seulement brutal mais encore lassant de la guerre (« Another head hangs lonely/Child is slowly taken »).

The Cranberries est donc moins un groupe « nationaliste » qu’un groupe catholique, et un groupe irlandais. 

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Le Hellfest : « l’oeil était dans la tombe et regardait Caïn »

Je suis bien plus scandaleux  (littéralement) que la plupart des personnes qui liront cet article. Je pense avoir lu, dit, vu ou fait de quoi choquer les Juifs, les chrétiens, la « gauche », la « droite », les musulmans, les athées, les païens et à peu près tous les milieux culturels et musicaux. 

Comprenez bien dès lors que la seule réaction à « le christianisme est une religion du désert qui a détruit l’Europe » (au moment où l’Empire romain croulait sous le népotisme, la corruption, les révoltes internes, les invasions barbares_ au point qu’il n’y avait quasiment pas de Romains aux Champs Catalauniques) soit au mieux de l’indifférence, au pire de l’agacement. 

Comprenez bien dès lors que la seule réaction à « le métal est la musique du diable qui amène son auditeur/pratiquant en enfer » (quid de ceux qui en écoutent accidentellement ? Est-ce un péché mortel ou véniel ? Par opposition, écouter des chants grégoriens est-elle est une vertu cardinale ? Y a-t-il une bulle papale qui condamne le metal ? Dans ce cas, quid des orthodoxes ?) soit au mieux un soupir de lassitude au mieux un hullulement de rire mal contrôlé. 

En réalité, il existe des arguments de fond contre le HellFest : 

  • Son public : jeune et/ou immature notamment musicalement. Je suis pour ma part un gros c… Un élitiste. Je préfère les publics restreints et de meilleure qualité.
  • Son prix. Pas besoin de développer. En plus c’est loin de chez moi.
  • Les groupes. Slayer tous les trois ans, merci. Et Chelsea Wolfe en festival NON MAIS ALLO QUOI.
  • L’ambiance Disney mon cul. J’aime bien DisneyLand mais pas dans un festival de metal. On mélange pas les torchons et les serviettes.

Mais Max Yme en parle mieux que moi ici.

Tous les ans à la même période, un certain nombre de catholiques râlent sur les réseaux sociaux contre la « fête de l’enfer ». C’est leur droit. Mais j’aimerais sincèrement que ceux qui sont proches de la cause nationale (pas les cucks qui ont voté Macron au deuxième tour; on vous voit) sinon d’approuver ou même de tolérer, au moins de vous taire. Les médias et les autres politiques (sans même parler du milieu métal/culturel, constitué lui même bien souvent d’abrutis finis, j’en conviens !) vous ringardisent et vous ridiculisent. Mais par leurs amalgames et leurs caricatures, nous nous retrouvons dans le même sac que vous ! 

Vous aurez noté que je n’ai pas perdu mon temps à essayer de vous décrypter les paroles, vous dire que tel ou tel chanteur était catholique, ou que au final c’est du théâtre. Il y a à ça deux raisons. La première est que le HellFest, enfant du défunt FuryFest, existe depuis plus de dix ans. Malgré toutes les critiques que j’ai à lui faire, c’est une industrie qui marche. Si vous aviez voulu écouter et comprendre, vous l’auriez fait, depuis le temps. La seconde raison est que vous nous emmerdiez déjà avec Elvis dont les déenchés « sataniques » auraient du le pouvoir de pervertir les jeunes filles. 

Alors pensez « politique » et arrêtez de voter Macron et autres cucks.  

Une flamme à transmettre

Je m’entends souvent dire (rire) que mon combat (le nationalisme) est vain et qu’il n’aboutira jamais, ou en tout cas, que je n’en verrai jamais les fruits. C’est probable. Mais c’est là une donnée que j’ai en tête depuis que je me suis engagé en politique, avant même d’être converti aux idées du nationalisme intégral. Et à ce moment là, d’autres, de mon âge ou plus vieux, étaient déjà là en train de (re)construire. Il faut être naïf pour penser qu’une défaite démocratique pèse sur le coeur d’un monarchiste… 

Il existe sur l’île de Crète un olivier âgé de trois millénaires. Il était là avant Athènes, Sparte, Rome, Byzance, les royaumes européens et leur a survécu. Sa force et sa vigueur ne se sont pas faites en un jour, et il a du lutter contre le vent, les parasites… John R.R Tolkien disait « Les arbres aux racines les plus profondes ont les branches les plus vigoureuses ». Je ne verrai pas le fruit de mon travail, non plus que mes enfants. Mais peut-être que mes petits-enfants pourront achever mon oeuvre, notre oeuvre.

 En attendant, il faut repenser notre esthétique, nos rapports aux médias, au travail, à l’Etat. Sortir du « ghetto faf » dans lequel nous nous complaisons. Etre rigoureux dans notre façon de communiquer pour ne laisser place à aucune faille, tels que ces hoax et fakes grossiers que même certains cadres de partis et dirigeants relaient. L’avènement d’internet et des réseaux sociaux a prouvé d’une part que les médias traditionnels étaient discrédités et d’autre part que nous pouvions faire du travail de journalisme, de réflexion : ne tombons pas dans les pièges du complotisme, du hoax ou de l’hystérie. 

Repenser l’esthétique, c’est réfléchir à des (nouveaux) héros, ne pas confondre identité, codes, et sectarisme. Il faut brûler les codes des années 70/80. Si le 6 février 34 ou Dien Bien Phu sont des références émouvantes, sympathiques ou amusantes elles ne parlent plus à personne : dans 15 ans, cela fera un siècle de 6 février ! Créeons un autre six février plutôt que de nous lamenter sur l’échec du premier. « La tradition est la transmission de la flamme et non la vénération des cendres » disait Gustav Mahler. 

Transmettons. 

De la défaite finale de la pensée d’extrême gauche

Les élections présidentielles approchent à grand pas et chacun mesure, je crois, l’enjeu « de civilisation » (pour reprendre les mots de Marine Le Pen) qu’elles supposent. Mais elles supposent quelque chose de plus profond.

Imaginons un second tour Emmanuel Macron-Marine Le Pen. Ceci n’est pas à exclure. Si du côté du candidat de En Marche ! la bulle médiatique et politique semble se dégonfler, malgré le récent soutien de Bernard Henri Lévy, la dynamique n’est entachée que par le doux parpaing du réel : ce candidat est vide, et ne représente que la banque, ses meetings sont pénibles et creux. De l’autre côté, la base électorale semble solide malgré les peaux de banane jetées sur la route de Marine Le Pen par le système; en témoigne la grotesque polémique autour de la rafle du Vel’ d’Hiv’.
Lors de ce second tour, c’est évidemment l’extrême gauche anticapitaliste qui aurait le plus à perdre. Je m’explique. Il est évident que ni Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière) ni Philippe Poutou (NPA) ne pourraient appeler à voter pour le candidat de la banque Rotschild. Mais considérant leur électorat (militants associatifs d’extrême gauche, antifascistes, militants pro Palestine, LGBT, etc) ils ne pourraient appeler pour la candidate patriote (enfin, ça se dit fasciste chez eux). Se taire jetant un discrédit peut-être plus grave, on voit bien la défaite finale de la pensée et du logiciel d’extrême gauche d’inspiration trotskiste en France. C’est donc moins la victoire d’un tel ou d’un tel que l’extrême gauche redoute que leur face à face avec leurs propres contradictions.

Docteur Roman et Mister Polanski 

Histoire de relancer un peu d’huile sur le feu, je profite de l’immense bonheur que me procure la nouvelle de l’annulation de la venue de Polanski aux Césars, « meurtri », pour parler de son cas. Tout le monde connaît l’affaire. Non, ce dont je veux parler, c’est de ce double discours de l’intelligentsia sur « l’homme et l’artiste » (en mettant l’emphase sur le O de homme et le A de artiste). Certains artistes, authentiques génies, sont ainsi vouées aux gémonies, et leurs oeuvres à l’Enfer (Robert Brasiliach, Pierre Drieu la Rochelle…). D’autres, parfois non moins sulfureux, se trouvent dans un creux, une zone orange : en parler avec trop de sympathie dans une revue vous range dans le camp des réactionnaires, des nazis, des antisémites (la liste est interminable). On citera parmi eux Knut Hamsun, Ezra Pound, René Guénon, Louis Ferdinand Céline, et d’autres. Pour eux, il est permis (il est nécessaire de séparer « la homme de l’artiste »). Fumisterie ! C’est une hypocrisie sans nom. Une oeuvre, un livre, un poème, un film, n’est pas désincarné. Il appartient à un lieu, un temps, et à un homme. Ce n’est pas le docteur Destouches qui a écrit Voyage au bout de la nuit, et Louis Ferdinand Céline qui a écrit Bagatelles pour un massacre. Il n’y a pas de docteur Jekyll et Mister Hyde en littérature, ni dans aucun art. De la même façon, il n’y a pas un « bon » Roman Polanski qui aurait réalisé Rosemary Baby ou le bal des vampires, et un « mauvais » qui aurait drogué et sodomisé une adolescente de treize ans. Il y a un seul Roman Polanski, qui s’est élevé avant de chute ce jour de 1977, pareil à Lucifer. 

Pourquoi certains artistes, dont nul ne nie le génie et le talent, échappent ils à l’opprobre populaire et médiatique, ainsi qu’au jugement ? Pourquoi Arthur Rimbaud poète est-il valorisé, ce qui est légitime, alors que Arthur Rimbaud trafiquant d’ivoire, ou mercenaire dans la guerre d’Acèh, n’existe que dans les esprits les plus curieux ? Et pourtant, Rimbaud fut autant un trafiquant d’ivoire et un mercenaire que Polanski un prédateur sexuel. De même, Aragon fut un soutien hystérique du régime stalinien, et Sartre, des Khmers rouges. Il est nécessaire je crois de parler de tous les génies en termes d’ombre et de lumière. Polanski ne doit pas échapper à cette règle. 

Les migrations, question de classe, question de race

L’extrême droite  (mais pas seulement) raille souvent et à raison le discours de nos élites  (intellectuels, journalistes, artistes, hommes politiques…) consistant à voir dans les migrants et les réfugiés une manne économique, intellectuelle, démographique et culturelle inépuisable. 

Quiconque, même peu ou pas politisé doit, s’il  est de bonne foi relativiser, c’est le moins que l’on puisse dire, cet apport et cet enrichissement : viols, cambriolages, incendies, meurtres, etc. C’est à se demander où sont passés les futurs Montaigne ou les sanskritistes ! 

Pourtant, quiconque est allé à l’université connaît des non Européens. Idem dans le monde de l’entreprise. Le MIT reconnaît que l’université de Yazd en Iran est à la pointe en électronique, et le persan est une des langues les plus parlées chez Google. 

Mais alors pourquoi un tel décalage ?

Parce que ce ne sont pas les mêmes qui migrent aux mêmes endroits, tout simplement : les riches Syriens (ou autres) éduqués vivent de façon très correcte et souvent très intégrée. Les autres foutent le bazar, si vous me passez ce petit jeu de mots « orientalisant ». Ce ne sont pas des chirurgiens ou des archéologues qui violent, incendient ou tuent. 

Ce que ça change, êtes vous probablement en train de vous dire ? Je laisse Jean-Marie Le Pen répondre : https://youtu.be/moYgthnetDI

Louis-Marie, ou le rameur du trirème « France »

[NB : Cet essai est une oeuvre de satire. Toute ressemblance avec des personnages existants ne serait qu’une coïncidence tout à fait fortuite]

Louis-Marie est né en 1996. Fils d’un architecte lorrain et d’une artiste peintre parisienne, il réside dans le XI ème arrondissement de Paris. Écharpe en laine bio issu du commerce équitable autour du cou et Mac sous le bras, il va en cours en prépa littéraire au lycée Henri IV. Très soucieux de l’empreinte carbone qu’il peut laisser sur l’environnement, il utilise au maximum sa trottinette (électrique).

Aujourd’hui, en arrivant au milieu de son cercle d’amis, deux noms, deux villes sont sur toutes les lèvres. Berlin et Ankara. Louis-Marie, qui aime tant le voyage, la paix, l’amour, la jeunesse, ne comprend pas trop. Il a mal. Il comprend néanmoins que son projet d’Erasmus en Turquie dans quelques années risque d’être compromis, tant ce pays se referme sur le populisme; tout comme l’Allemagne d’ailleurs. Et la France. D’ailleurs, ces trois pays ont été frappés par des attentats. L’explication est là : le populisme ! Cela ne peut pas être l’islam ou la société multiculturelle. Cela, Louis-Marie en est persuadé, avec fanatisme. Et qu’importe s’il n’a jamais rencontré de Maghrébins, dans les écoles privées de son adolescence, qu’importe s’il n’a jamais ouvert un Coran, une biographie du Prophète Muhammad, ou les hadiths. Avec les quelques Maghrébins qu’ils connaît, dans sa prepa (un ou deux), il peut brosser un portrait de la jeunesse immigrée et de l’islam en France. 

Alors, Louis-Marie, comme un rameur, s’arqueboute sur le vivre ensemble, serre les dents et s’efforce de sourire car il faut y croire, pour que le trirème « France-multiculturelle » ne sombre pas. Mais combien de rameurs mourront à la tâche sous les coups de fouets des dirigeants, ou noyés dans la masse des assaillants ?

Le plus terrifiant dans mon histoire est qu’il y a des milliers de Louis-Marie. 

Alep is the new Gaza 

Alep est pratiquement « tombée ». étrange vocabulaire, semi-mensonge déjà : comme si l’AAS  (Armée Arabe Syrienne, loyaliste) capturait une cité ennemie, une ville libanaise, irakienne, israélienne. Non : les forces loyaliste et leurs alliés  (Al Nujaba, etc) reprennent une ville qu’un ennemi avait pris. 

Les caméras, les appareils photos, les experts, les journalistes, de tout bord et toute moralité ont l’oeil et le micro rivé sur un pays que parfois ils n’auraient pu situer il y a six ans, avant la guerre. On lit et on entend les choses les plus invraisemblables, les hypothèses les plus délirantes; les comparaisons les plus folles : Grozny, Srebrenica , etc. Jamais les bombardements américains sur Hiroshima et Nagasaki . Jamais le bombardement de Dresde qui fit monter la température dans les rues de la ville à plus de 100°C. Jamais le bombardement de Dunkerque, Caen, Le Havre et Brest, rasées par les Américains et les Britanniques. 

Un clou chasse l’autre , un drame chasse l’autre. Alep is the new Gaza . Pendant des années la gauche intellectuelle a eu son martyr, son jouet presque, la Palestine , Gaza, allant jusqu’à suivre et soutenir de façon hystérique le HAMAS  (pour ce qui est du NPA). Et puis tout passe, tout lasse… Sauf la lutte des classes. Il fallait chercher d’autres cadavres, une autre cause. Quelle merveilleuse cause que des « rebelles démocrates » engagés dans une guerre civile atroce avec à la clef des enfants mutilés et éventrés  (parfois plusieurs fois le même sur les réseaux sociaux , d’une semaine à l’autre !). De nouveaux martyrs. Adieu Gaza ! Adieu Palestine ! Bonjour Alep ! Bonjour Syrie ! Et là il y a un beau méchant. Deux mêmes. Potentats orientaux, jumeaux maléfiques; Bachar Al Assad, et Vladimir Poutine. Et un soutien encore plus méchant, l’Iran; ça fait vendre du papier. Les « tyrans », les gentils rebelles, et les enfants morts. Voilà ce qu’aiment les journalistes . 

Et qu’importe si la Chine occupe le Tibet depuis 60 ans (autre cause dont ils se sont lassés), qu’importe si la junte birmane persécute les Karens depuis 1948, et qu’importe si au fin fond de l’Afrique on se massacre : le génocide en RDC a déjà fait six millions de morts en vingt ans. 

Un massacre chasse l’autre. Sur quel champ de bataille iront ces vautours la prochaine fois ?

Nos ancêtres les Gaulois : de la nécessité de détruire le roman national… Mais intelligemment

Il n’aura échappé à personne l’habile manœuvre politicienne de Nicolas Sarkozy, chantre du métissage, qui se fait aujourd’hui apologiste des racines attaquées de toute part par les vilains Arabes, en évoquant « nos ancêtres les Gaulois » (comme si les Gaulois avaient jamais rencontré les Arabes_les bénis des Dieux).

Donc, au delà tant la fois des manœuvres politiciennes de droite et de gauche, du buzz journalistique que des cris d’orfraie poussés par les associations anti-raciste de tous bord, tâchons de mettre un peu d’ordre là dedans. Je ne reviendrai pas sur le « fond » de l’histoire des Gaulois, sur le fait qu’ils n’arboraient pas de moustache, etc. Si vous êtes assez idiots pour croire à Astérix… Eh bien tant pis !

I/ Nécessité de détruire une bonne fois pour toute le roman national de la III République

Il est nécessaire de rappeler que la formule « nos ancêtres les Gaulois » est une fiction et non un mensonge destiné à assimiler les populations non seulement européennes (Alsaciens, Basques, Bretons, etc) mais également non européennes i-e celles des colonies : c’est le roman national de la III ème République, encore fragile idéologiquement, qui se cherche des héros (allant jusqu’à prendre Jeanne d’Arc, ou Etienne Marcel).

Cependant, cette formule et cette fiction ne reposent pas sur rien. Si les textes de Bainville et Michelet doivent être relus avec beaucoup de distance, ils restent très pertinents. Bainville en particulier, n’a pas « choisi », il n’a pas fait commencer son « Histoire de France » avec les Bambaras ou les Aztèques, ou encore les Han ou les Xhosa. Si les Gaulois sont une multitude de peuples, mus dans des alliance changeantes (ce qui coûta la bataille d’Alésia, et plus tard la vie à Vercingétorix dans le temple de Jupiter, à Rome), ce que par ailleurs personne ne conteste, il n’en demeure pas moins que dès le départ, ce qu’on entend par « Gaule », c’est à dire « territoire peuplé de Gaulois » est plus ou moins l’actuelle France (j’entends : Aquitaine, Belgique, Lyonnaise, pour les provinces sénatoriales, et Narbonnaise, pour la province impériale), s’il n’y a pas de conscience nationale globale (mais dans quel Etat de l’époque est-ce le cas ?), on peut parler de « Gaulois ». Il y a uniformité dans l’artisanat, la langue, les coutumes, etc. Qu’importe en réalité qu’il existât d’autres peuples celtes en Germanie, en actuelle Bohême, en actuelle Espagne, etc.

II/ Que nous reste-t-il des Gaulois ?

J’ai dit plus haut qu’il convenait de défoncer une bonne fois pour toutes le roman national. Mais j’entends déjà tant les apprentis historiens (comprendre : ceux qui regardent des vidéos YouTube) que les patriotes fragiles : « Et mes Gaulois alors ? »

Que nous ont laissé les Gaulois ? 1) Des toponymes. La ville de Lyon tire son nom de Lugdunum, version latinisée de Lug, dieu gaulois de la lumière. Pour un peuple de tradition orale, excusez du peu.

2) Des technologies. La Gaule n’a jamais été chevelue, elle était au contraire déboisée comme pas permis car contrairement au mythe tenace les Gaulois étaient des paysans (éleveurs/agriculteurs) qui avaient donc besoin de vastes surfaces déboisées. A la chute de l’empire Romain, avec la chute démographique, il n’y eut plus personne pour entretenir tant les routes que les surfaces agricoles. Parmi ces technologies, on citera le tonneau, pour stocker le vin que leur avait apporté les Grecs, et dont les Gaulois se montraient très friands. De l’autre côté des Alpes, ces idiots de Romains utilisaient encore des amphores !

3) Du vocabulaire. Pour un peuple de tradition orale, je me répète, mais je trouve ça assez balaise. Voyez plutôt   .

A la lumière de ces trois points, comment nier : 1) Que les peuples Gaulois ont globalement été peu mobiles ?

2) Que « l’invasion » romaine, en l’absence d’une quelconque extermination ou exil forcé des populations présentes sur le sol gaulois, a formé une seconde couche (les Gallo-Romains) à laquelle s’est mêlée une invasion bien réelle (les Francs) ce qui a constitué le terreau principal (85%) de l’essentiel de la population française (paysannerie) jusqu’au XIX ème siècle ?

III/ L’impossibilité de maintenir un roman national

Les Gaulois doivent redevenir un sujet d’étude pour les historiens, les archéologues, les linguistes. Il est impossible de « faire France » (et toc les gauchistes) avec des pans entiers de la population, surtout jeunes, qui se refusent cette assimilation. S’il était possible il y a encore quarante ou soixante ans, de nier l’évidence empirique, ou en tout cas de passer outre, il n’est pas possible d’appeler « descendants de Gaulois » des individus ou des groupes d’individus qui précisément méprisent, maltraitent et tuent les descendants de ces Gaulois.

(SPQR… (Sono Pazzi Questi Romani_ Ils sont fous ces romains !)

 

Bowling for Pokemon

Lors de la fusillade de Columbine (Colorado), en avril 1999, un temps dont les moins de vingt ans ne se souviennent probablement pas, les médias et les politiques des deux côtés de l’Atlantique avaient pèle-mêle accusé, parmi les influences du tueur (dont l’Histoire a déjà effacé le nom dans les sables du Temps), la musique metal de l’époque, et les jeux vidéos, en particulier les FPS. De façon très sérieuse, des jeux comme Doom et Wolfenstein s’étaient retrouvés au cœur d’une polémique absurde dont seuls les Etats-Unis ont le secret. Journalistes, psychologues, psychiatres, neurologues et experts de tout poil avaient défilé pendant des semaines sur les plateaux télés et radiophoniques, au point qu’on avait oublié le principal : un jeune geek taré avait massacré ses camarades de lycée après avoir légèrement « pété les plombs ».

Il fallut des années pour que les cultures « underground » (jeux de rôle, jeux vidéos, musique rock, metal, etc) se débarassent peu à peu de cette image bien trop sale et sulfureuse. Il ne se trouve en France aucun parent sérieux, sauf dans quelques milieux particulièrement conservateurs, pour croire qu’écouter Behemoth ou Impaled Nazarene rend réellement sataniste ou que jouer à Unreal Tournament va réellement conduire les joueurs à massacrer le voisin, la voisine, leur chien, et toute la rue à coup de pistolet à clous/tronçonneuse/pied de biche/bouée canard, et ce malgré l’influence considérable de certains titres, notamment les précédemment cités, sur l’industrie vidéoludique.

Il y a moins de deux jours, à l’heure où j’écris, est officiellement sorti en France Pokemon Go. Fruit d’un partenariat entre Nintendo et Niantic, filiale de Google, il propose d’attraper des Pokemon de la première version mais dans un univers de réalité augmentée, à l’aide de son smartphone. Gratuit, il demande de lever son gros cul de geek obèse bouffeur de pizzas surgelées et avaleur de glaces fraîches si l’on veut progresser.

Comme tout effet mondialisé, il s’accompagne d’immanquables effets de masse, dont certains sont déjà visibles. Qu’on se souvienne de la récente agression subie par un joueur américain, qui malgré ses multiples plaies persista dans sa quête au lieu d’aller se faire soigner. Les agressions, accidents de voitures et courses en masse vers tel ou tel pokemon rare en un point donné des grandes villes permettent à certains misanthropes (sic) d’afficher leur pseudo-mépris du genre humain. C’est à dire qu’être hipster devient compliqué ! A peine l’Euro de football terminé, qui permettait un mépris de classe fort commode, il faut trouver autre chose. Le raisonnement est là le suivant : « Pokémon Go ne m’intéresse absolument pas. Je m’en vais donc vous le signifier bruyamment sur tous les réseaux sociaux où je suis présent, afin de me démarquer un maximum des « enfants » et des « idiots » que vous êtes. ». Diable, quelque chose m’échappe. Je ne comprends pas cette manie de parler de quelque chose qui n’a pas d’importance. Par exemple, la culture musicale peule, m’intéresse peu : je n’en parle pas (si des peuls me lisent, qu’ils n’en prennent pas ombrage). Le deuxième argument soulevé est que c’est un jeu « idiot » ou « pour les enfants ». J’ai rarement lu quelque chose de si bête. Premièrement parce qu’il n’y a pas que les enfants qui jouent aux jeux videos. Certains leur sont même déconseillés, voire interdits, précisément en raison de leur violence. Cela me permet de revenir à Columbine. On a longtemps a accusé les jeux vidéos, notamment, de rendre les individus violents. Tout le milieu videoludique s’est insurgé pendant des années, à raison. Mais aujourd’hui, une même partie de ce monde vidéo ludique valide le raisonnement qu’un jeu vidéo rendrait les individus idiots ? C’est absurde. Les jeux vidéos, la télévision, les réseaux sociaux ne rendent pas idiots ou violents : ils révèlent la bêtise et la violence de l’être humain. Il est sans doute trop tôt pour dire si Pokémon Go est un « bon » produit. Il va sans doute révéler le potentiel de bêtise (comme cet Américain qui a failli mourir, ou comme ceux qui provoquent des accidents de la route, ou encore ceux qui marchent le long des autoroutes). Mais il n’y a pas de corrélation entre le jeu et la bêtise.

Et de grâce : que vous y jouiez ou non, ne spammez pas les réseaux sociaux, c’est ainsi que vous avez dégoûté l’auteur de ces lignes de Game of Thrones.