Black Lives Matter? Chiche.

« Eh bien je viens à Minneapolis pour que tu me casses les jambes »

La plupart des soutiens aux manifestations (nous reviendrons sur ce terme) de Minneapolis en protestation à la mort atroce d’un jeune afro-américain, tué par un policier, ont ceci de commun d’être à la fois bourgeois et blancs. Qu’ils soient bien intentionnés ou non, politisés ou non, on a en effet vu des hordes de bourgeois blancs urbains s’emparer d’une cause, et ce des deux côtés de l’Atlantique. Comme hier à Villeneuve-La-Garenne, l’extrême gauche s’est vue refuser l’accès à une lutte qui ne la concerne pas : le syndrome du blanc sauveur a fini par lasser ce qu’elle entendait protéger et sauver.

A moins que votre argent ne puisse aider. « Donnez, donnez, donnez, Dieu vous le rendra » 🎶

Stupéfaction et pleurs du côté de la gauche bourgeoise héritière malgré elle du « fardeau de l’homme blanc » (Rudyard Kipling)! La réalité est cruelle : on ne lutte jamais pour l’égalité, seulement pour la suprématie de son groupe. Si l’homme occidental, à travers le christianisme puis les lumières a pu concevoir une idée universelle de l’Homme, il faut bien comprendre que cette idée est étrangère au reste de l’humanité. Ainsi, nous rappelle Thomas Flich de la Neuville dans un récent ouvrage sur la Perse et sa géopolitique, celle-ci, et notamment les Perses, ont très tôt conçu une représentation du monde dont ils étaient le centre urbain, civilisé, éduqué, etc. A l’opposé, et à la périphérie, on y retrouve notamment les peuples arabes (nommés régulièrement mangeurs de serpents), turcs, indiens, mongols, etc. De même les Japonais, ont su cultiver une tradition isomationniste à laquelle la singularité géographique n’est évidemment pas étrangère (que l’on songe au terme japonais de gaijin/ 外人).

Pour Melenchon, ancien trotskiste, Lenine avait un mot : « idiot utile »

Nos jeunes bourgeois, bien éduqués, plutôt aisés, se glissant dans le sillon de Camélia Jordana se déclarent  » pas en sécurité » face à des policiers. S’il n’est nul besoin de rappeler le grotesque des mots de Camélia Jordana (qui a signé à seize ans chez Sony), fille de patron donc bourgeoise ayant grandi en banlieue résidentielle de la côte d’Azur au sens marxiste du terme (et dont la police est l’alliée objective car elle est dans la classe des possédants), il apparaît pertinent de constater qu’aucun n’a jamais eu de problème avec la police. Et d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique, personne ne s’y trompe :

« Si les blancs se révoltaient chaque fois qu’un noir tuait l’un des leurs, nous n’aurions pas de paix »

Le manque d’expertise et de recul de ces personnes crée une distorsion et un monde confortable dans lequel les blancs (et particulièrement les policiers-comme s’il n’y avait pas de policiers noirs) tuent les noirs et les « racisés » (SIC). En définitive, ces gens ne voient de noirs que lorsqu’ils leur livrent leur commande Uber ou Deliveroo : dociles esclaves modernes amenés par la société de consommation et le Capital, auxquels ils consentent docilement et tacitement puisque, comme chacun le sait depuis Karl Marx, l’immigration est l’arme du Capital.

Hélas, les chiffres et la réalité sont cruelles :

Aïe.

La vérité est que les noirs sont le plus souvent victimes… D’autres noirs. Bien évidemment, il y a sûrement une multitude que votre serviteur n’a pas, et ne peut que suspecter : la pauvreté, qui touche davantage les afro-américains, les modèles culturels et socio-économiques, la législation sur les armes à feu, etc. Il ne s’agit là que de données brutes, auxquelles on peut tout faire dire.

Aucun groupe n’a besoin d’un autre pour régler ses problèmes et ses tensions : le génocide du Rwanda, ainsi que les autres conflits d’Afrique depuis l’existence de ce continent, le prouvent. Et aux petits malins qui voudraient évoquer la responsabilité de la France dans ce conflit tragique, je rappelle que la responsabilité du violeur repose sur le violeur. De même, la responsabilité de la mutilation ou de la décapitation repose sur celui qui tient la machette.

Du coup, #blacklivesmatter pour eux ou pas ?

Revenons à présent sur le terme de manifestations. Lors des manifestations des gilets jaunes, on a vu des hommes être mutilés, voire tués par la police. Pour le moment, il faut s’en féliciter, la police de Minneapolis, n’a pas réagi aux pillages, dégradations et aux destructions de bâtiments, magasins, monuments notamment celle de Louis XVI à Louisville.

Rien que ça c’est un casus belli.

Si certains pensent que la mort d’un homme par un policier (qui en plus, d’après ce que j’ai compris aurait dû depuis longtemps être suspendu) justifient ce genre d’actes, il faut qu’ils se souviennent que seul l’Etat dispose du monopole de la violence légitime. J’ignore les moyens dont dispose l’Etat américain pour maintenir l’ordre mais ils existent.

Un des arguments soulevés par les racisés (ÉNORME SIC) pour appuyer l’idée d’un racisme d’Etat, est que seules les populations issues de l’immigration subissent contrôles, arrestations, brutalités voire pire. Sans remonter jusqu’au cas de Sébastien Deyzieu ou jusqu’à février 34 (où aucun noir ne fut brutalisé pour des raisons évidentes), l’actualité récente a montré que la police était capable de brutalité, de façon indistincte : gauche, droite, écologistes, noirs, blancs. La question se pose donc pour chacun d’une part dans son rapport à l’Etat (et la police), à la nation et à sa communauté. Comme je l’ai dit plus haut, chacun lutte pour la suprématie de son groupe et de ses idées. C’est la base de la politique vertueuse. Mais il est faux de dire que telle ou telle communauté bénéficie d’un traitement de faveur.

D’où vient le problème ?

En France et aux États-Unis, des problèmes différents ont évidemment des causes et des conséquences différentes. L’histoire, la façon de faire de la politique, le rapport à l’autorité, à la propriété, à la police en particulier n’est pas le même.

Pour conclure, il y a fort à parier que la clef de cette situation se situe en partie dans la démographie, car « tout désespoir en politique est une sottise absolue.

Coulor out of space (2019) : en Nouvelle-Angleterre, personne ne vous entendra crier

Pour « Color out of space » (la couleur tombée du ciel », Richard Stanley fait le pari audacieux d’adapter Howard P. Lovecraft et de le transposer à notre époque.

Les attentes de votre serviteur étaient grandes concernant ce film. La musique, la lumière, la photographie contribuent à un cadre fabuleux pour ce film. Cependant, de nombreux détails de taille ont attiré mon attention et ma déception.

Commençons par les personnages. Lavinia, la fille, jouée par Madeleine Arthur, que l’on voit dès la première scène du film et dont le jeu se résume pendant un tiers du film à « pseudo rebelle gothique adepte de magie » est une catastrophe d’écriture. La moindre de ses répliques, en rébellion permanence, le moindre de ses détails (accessoires, vêtements, tatouages (un pentacle sur le pied…)) lui donne la profondeur d’une écuelle. Ainsi, au début du film, ce personnage que l’on a vu invoquer la nature au premier plan, dit que le cassoulet est je cite, « de la bouffe de paysans ». Comment peut on autant aimer la terre et en même temps, mépriser ses fruits ? Il faudra ainsi attendre que sa mère soit frappée par la « couleur » pour qu’elle évolue et se rapproche de sa famille, notamment de sa mère.

Passons au personnage de « Ward Philips » (SIC) de Providence, joué par Elliott Knight. Derrière ce nom, chacun aura reconnu Howard Philips Lovecraft, génial auteur de la nouvelle, et raciste notoire. L’idée de mettre un personnage à son nom et de le faire jouer par un métisse noir britannique est révélateur de la politique « wok aux légumes » (j’emprunte l’expression au videaste Moizi, de la chaîne Anal Génocide). Le fait qu’il soit métisse ne pose pas de problème en soit mais cela n’apporte strictement rien d’un point de vue narratif, surtout pour le peu de temps qu’on le voit à l’écran. C’est juste Howard P. Lovecraft devenu noir par la simple volonté du studio de production.

Concernant le personnage de Nathan Gardner, interprété par Nicolas Cage, il est égal à lui même, tantôt bon, tantôt lunaire, tantôt fou. Il joue un rôle bien écrit de père de famille dont le monde s’écroule et qui tente de faire comme si tout allait bien. À travers lui, Stanley réussit également à faire du film une fresque de la famille traditionnelle qui s’écroule.

L’histoire générale reste bien respectée : la météorite inconnue qui rétrécit jusqu’à disparaître, ses conséquences sur l’environnement (flore, faune…), si l’on excepte le remplacement incompréhensible des vaches de la famille par… Des alpagas. Là encore, cet incompréhensible goût de l’exotisme n’est pas expliqué autrement que par les « Mayas utilisaient des alpagas » (ce qui est factuellement faux, puisque les alpagas vivent dans les Andes, les Mayas au Yucatan et au Belize). L’idée n’est pas de critiquer ce choix scénaristique, mais plutôt de soulever l’incohérence de la présence de tels animaux en Nouvelle-Angleterre, rappelons le, sans autre explication que ce qu’il semble être un caprice.

Évoquons ce qui fait le charme et la beauté des histoires de Lovecraft : la peur. C’est là la principale difficulté, chacun des amateurs du « reclus de Providence » le sait, qu’ont rencontré tous ceux qui ont voulu porter à l’écran ses histoires (même Guillermo del Toro a semble rencontrer des difficultés sur son projet « les montagnes hallucinées »). Dans « Color out of space », le mélange subtil d’esthétique légèrement kitsch (la scène où le sang qui coule aux pieds de Lavinia quand elle fait la vaisselle, la mort de Benny, ou encore la mort des alpagas mutés) et onirico-horrifique (les scènes où Jack « discute » avec la « chose dans le puits et dessine) fonctionne. Richard Stanley, en évitant les jumpscare nous invite à entrer dans sa propre vision de Lovecraft. Il nous dit » j’ai vu ce qu’a vu Lovecraft. C’est terrifiant, magnifique, et voici ». Certes, il ne se prive pas de certains ressorts (utilisation de l’enfance, figure de l’innocence) pour nous transmettre la peur et le malaise. En effet, chez Lovecraft, la peur n’est pas une stupeur : c’est un malaise, une angoisse de l’inconnu. Et le film de Stanley respecte plutôt bien le rythme de progression de la nouvelle. Si le décalage entre kitsch et horreur peut paraître gênant, il fonctionne en réalité assez bien, notamment grave à la performance sus évoquée de Nicolas Cage. Notons par ailleurs le personnage totalement inexistant de Benny Gardner, joué par Brendan Meyer.

La place de la technologie et notamment du rapport à l’information est à souligner, car il rajoute une tension dramatique à l’action. Ainsi, quand Jack et sa mère sont frappées par « la couleur », tous se retrouvent isolés des secours malgré leurs téléphones portables et leurs ordinateurs, rendus inutilisables. On pensera ainsi au sous titre du film « Alien » « dans l’espace, personne ne vous entendra crier ».

En outre, la dépendance de Theresa Gardner (jouée par Joely Richardson) à la technologie-obsession au travail-se place comme une audacieuse critique de la vision du monde de Howard P. Lovecraft, fasciné par les grandes découvertes (régions polaires), l’astronomie, la chimie, et la physique. Ainsi, dans « Color out of space », ce sont les hommes de loi (police et maire) que l’on voit prendre les choses en main, alors que dans la nouvelle de Lovecraft sortie en 1927, ce sont des scientifiques, signe d’un regard différent sur la science, la technique et le progrès : autres temps, autres mœurs.

Au final, comme dans la nouvelle de Lovecraft, ce qui terrifie ici, c’este caractère abstrait de la menace extraterrestre. Même le predator peut être vaincu par un être fait de chair et sang. La couleur tombée du ciel, elle, n’a pas de but clairement exprimé, pas de morale, pas de buts que l’on puisse contrecarrer.

Jeanne, au secours !


« Jeanne » de Bruno Dumont est un film beau, bizarre, et pur. Ça sent parfois la naïveté voire l’amateurisme dans le jeu notamment de Lise Leplat Prud’homme (Jeanne). Péguy et Dumont font d’elle, dès le début de l’histoire, et peut être malgré eux, une Jeanne politique que n’aurait pas renié Maurras : devant le silence des voix, elle prend une décision qui s’avérera certes lourde de conséquences (attaquer Paris par la porte Sainte Honoré) mais faisant également plier des hommes. A une époque, la notre, qui nous explique qu’il n’y a pas d’âge ni de sexe pour prendre ses responsabilités, Jeanne répond, du haut de son adolescence et de sa voix parfois hésitante : « Je le sais bien. Je l’ai fait six siècles avant vous ». Ce que met d’ailleurs en avant le procès c’est moins son hérésie que le conflit entre le roi (pouvoir politique), derrière lequel se range Jeanne, et l’université (pouvoir religieux) acquis aux Anglais; ce que l’on nommera bien plus tard « la trahison des clercs ».

L’actrice porte parfois maladroitement, à bout de bras, ce personnage, tiraillé entre l’enfant, le chef politique et la mystique.
Dumont n’est sans doute ni maurrassien ni catholique. Mais c’est un artiste, un poète : son sens de la mise en scène, de l’usage de la caméra et de la musique (la scène où les cavaliers se préparent à la bataille) montre qu’en plus d’aimer le texte de Péguy, un de nos plus grands prosateurs de notre langue, il aime les acteurs, les animaux et la lumière. C’est également un iconoclaste : quand Jeanne entre dans la cathédrale, point d’orgue ni de chants médiévaux, mais le récemment décédé Christophe (qu’on aperçoit plus tard dans le film) au piano.
Celle-ci joue un rôle bien particulier dans le film. Celle du soleil d’abord, qui est le Dieu muet, insensible, et tout à la fois éternel, comme dans « le désespéré » de Léon Bloy : « Vous avez promis de revenir, criait-il à Dieu, pourquoi ne revenez-vous pas ? Des centaines de millions d’hommes ont compté sur votre parole, et sont morts dans les affres de l’incertitude ». De la même façon, que Dostoievski le disait, Jeanne découvre que « si Dieu n’existe pas, tout est permis ». Voilà la leçon amère de la guerre que fait cette adolescente dans une période trouble, sur la violence et la bassesse des hommes.

Lors du procès, la cathédrale semble toujours trop grande pour les juges de Jeanne- et la tâche qui leur incombe. Cela est du bien entendu à la façon de filmer de Dumont (utilisation de la contre-plongée, de focus larges, cathédrale gothique vide, musique monumentale etc).

Il faut je crois dire un mot sur Fabrice Lucchini, qui campe un Charles VII encore faible, lunaire, drapé dans ses fourrures, affaibli par ses conseillers, et qui renvoie Jeanne « se reposer ». Cela me permet de souligner la grande qualité des costumes, des armures, des armes, et des accessoires ; j’émets des réserves dues à ma connaissance assez modeste du sujet. En outre, la façon de Dumont de ne (pas) caster ses acteurs, permet d’éviter les visages traditionnels, beaux, lisses, bien coiffés, obtenant au final des visages, des corps, des voix, proches de ce que l’on rencontre encore dans les campagnes et qui font médiéval.

Le procès, nous l’avons dit, montre l’opposition entre le pouvoir séculier français et le pouvoir religieux acquis à l’Angleterre. À nouveau, le casting notamment des juges de Jeanne fait mouche. La colère et la naïveté se mêlent et se brisent dans la voix de Jeanne. Si caricaturaux qu’ils soient, les juges débattent réellement : même certains semblent vouer une haine réelle à Jeanne, d’autres semblent sincèrement vouloir la sauver, et avancent des arguments théologiques.

C’est un film poétique, lumineux, qui fait du bien au cinéma français. Il évite les clichés, le pathos et le mauvais goût. Parfois pas tout à fait juste, il tire justement sa force de ces imperfections, de cette musique inadaptée, de ce jeu un peu étrange.

Il n’y a pas de prêtre pédophile

Le 30 janvier 2019, au cours d’un emblématique et médiatique procès, le cardinal Barbarin, primat des Gaules, était relaxé. Il était accusé d’avoir couvert des agressions sexuelles commises au sein de l’Eglise catholique par des prêtres. Néanmoins, il présenta alors sa démission au Pape.

Interrogeons nous à ce qu’est un pédophile non pas d’un point de vue du désordre sexuel et clinicien, ce qui est bien au delà de notre domaine de compétence, mais d’un point de vue social, économique, politique et démographique. Nous allons démontrer que le titre de cet article, pour provocateur qu’il est, trouvera du sens à la fin.

Commençons par essayer de lister les éléments qui, de tout temps, dans toutes les civilisations, quelle que soit leur sexe (encore que la majorité soit des hommes), leur religion, leur profession, leur ethnie, ou leur hiérarchie sociale, qui rassemble les pédophiles. En vérité, il n’y a pas grand chose. Le seul point commun entre un prêtre catholique pédophile américain et Marc Dutroux, est leur pédophilie. Le point commun entre Roman Polanski et un Indien violeur d’enfant, est la pédophilie, à nouveau. La religion, l’ethnie, le pouvoir, la profession, la richesse n’entrent jamais en ligne de compte.

La question qu’on est en droit de se poser est donc la suivante : qu’est ce qui « unit » les pédophiles, au delà de cette perversion ? La réponse est simple. Les pédophiles sont attirés par les enfants, et non l’inverse, rappelle la psychanalyste Cécile Sales : ils ne deviennent pas pédophiles en les fréquentant. On ne devient pas pédophile à force de côtoyer des enfants. Cette dernière idée est précisément l’idée défendue par les pédophiles eux-mêmes qui auraient « craqué ». Or un individu sain n’a lui pas de problème à côtoyer des enfants qu’il soit prêtre, enseignant ou chirurgien dentiste.

Voilà pourquoi il y a probablement d’un point de vue statistique autant de pédophiles chez les plombiers, les bouchers, les employés de bureau, les opticiens, les couvreurs zingueurs, les chômeurs, les déménageurs ou je ne sais quoi d’autres. Mais ses professions étant peu en contact avec des enfants et peu médiatisées, il y a peu de chances (le terme de chance est utilisé dans son acception mathématique) qu’il y ait de cas de pédophilie avérés et aussi, c’est heureux, d’agressions. En effet, un opticien ou un plâtrier n’est jamais isolé avec des enfants, on le comprend parfaitement.

Il est juste d’un point de vue judiciaire de faire le procès des pédophiles y compris des pédophiles qui sont prêtres. Mais il y en a partout, et pour le moment, la hiérarchie des priorités semble être guidée par une morale d’esclave et par une mauvaise foi assez navrante.

Les droits de la Nature : de qui se moque-t-on ?

La pandémie de Covid-19, un type de coronavirus, met les États et les peuples face à de nombreuses difficultés et interrogations. Le confinement des populations, la gestion des stocks de masque et de tests, la situation sanitaire catastrophique en Europe, sous les yeux des caméras, est l’abcès qui crève après avoir enflé pendant quarante ans de gabegie politique et de soumission aux banques et à l’Union Européenne.

Par son bouleversement de l’équilibre économique, diplomatique, financier et industriel de la mondialisation « heureuse » héritée de la fin de l’URSS, elle invite à une réflexion globale. En France et en Allemagne, même les ténors de celle-ci semblent être devenus, au moins dans les discours, un mélange de Jean Jaurès et de Pierre Poujade. Et c’est dans ce contexte merveilleux que « la nature retrouve ses droits ».

Loin d’être seulement une accumulation de poncifs, de photos et de vidéos plus ou moins intéressantes relayées par les réseaux sociaux, c’est-à-dire le bistrot de notre époque, des journaux très sérieux relaient l’idée d’une nature qui aurait des droits. Cette idée pose problème d’un point de vue juridique et philosophique. En effet, de deux choses l’une : soit elle est sujet, et elle a également des devoirs, qui n’ont été nulle part précisés, soit elle n’est qu’objet et elle n’a que des droits (à l’image des enfants, ou du corps du défunt).

Il existe des textes regroupés sous le nom de « textes de référence des droits de la Nature ». Ces textes eux-mêmes posent problème. Premièrement, ils n’ont pas de valeur contraignante. Deuxièmement, ils n’ont pas de légitimité démocratique en Europe. Troisièmement, conséquence du point précédent, sa portée géographique est très limitée. Quatrièmement, ces textes ont une vision religieuse de la Terre : « Article 1 : la Terre mère est un être vivant ». S’il n’est nullement question de remettre en question les croyances des uns ou des autres, il est en revanche logique de s’accorder sur l’idée que tous dans le monde ne partagent pas cette vision.

Le problème suivant est la simple idée de séparer nature et homme : l’anthropologue Philippe Descola explique que ce concept est à la fois occidental et récent (nous rajouterons volontiers, pour être précis, moderne). Il paraît en effet logique que l’Homme médiéval, créature jardinier de la Création, n’aurait jamais eu l’orgueil (les Grecs eussent parle d’hybris) de séparer la nature qui les entourait et leur propre humanité. Même plus tard, Fieodor Dostoievski écrit : « Aime toute la création de Dieu, son entièreté et chaque grain de sable. Aime chaque feuille, chaque rayon de la lumière de Dieu. Aime les animaux, aime les plantes, aime tout. Si tu aimes tout, tu percevra les divins mystères dans les choses ». Il se place ainsi dans les pas de Saint François d’Assise, fondateur de l’écologie chrétienne avec son sermon aux oiseaux.

L’idée d’une nature devant bénéficier de droits, et donc d’un homme devant « réparer » des dommages, résulte d’une part des dégâts sur le biotope (encore très limités à cette époque, on le comprend) et d’autre part de l’humanisme qui met l’homme au centre de la Création.

La conséquence de ce raisonnement est logique : les effets attendus et observés sur les gaz à effet de serre, la faune, la flore sont bien évidemment temporaires. A ce titre, cette pandémie est une fausse bonne nouvelle tant pour l’environnement au sens large que pour l’économie tant que le système économique ne sera pas profondément remis en cause.

La deuxième révolution, parallèle, doit donc être celle du rapport à l’environnement et à la nature. Séparer son esprit de la nature implique de considérer celle-ci comme un simple réservoir à ressources : eau, pétrole, bois, minerais, nourriture. L’Homme du futur sera donc dans le Monde, comme un jardinier, ou ne sera pas.

Et à la fin, c’est la culture qui perd.

La récente agression de féministes que nous qualifierons de droite parce qu’elles ont fait le choix d’aborder des thématiques telles que l’immigration nous fournit l’occasion de revenir sur certains sur sujets.

La première est la question de la violence et de son ambiguïté vis à vis de celle-ci au sein des mouvements féministes. Nous sommes à un mouvement de bascule où, sous l’influence de mouvements d’extrême gauche qui revendiquaient déjà la violence comme mode d’action, les premiers semblent glisser vers la violence comme mode d’action (comme moyen). Nous ne le critiquerons pas : « chaque communiste doit être pénétré de cette idée : le pouvoir est au bout du fusil » disait Mao Tzé Toung. Or, comme nous l’avons déjà dit dans un autre article, opposer une violence illégitime à la seule violence légitime (celle de l’Etat) n’est pas sans conséquence.

Nous n’aurons pas la faiblesse de céder ici aux stéréotypes de la « femme faible », même si l’auteur de ces lignes, ancien militant politique, a vu de ses yeux des militants d’extrême gauche frapper des femmes, y compris des femmes enceintes; chose qui s’est reproduite dimanche 8 mars et dont ils se sont vantés. Dans ce climat étrange et disons le un peu délétère, il nous apparaît cohérent que chacun et chacune assume ses positions et ses propos sur la violence physique et verbale.

Les commentaires sont édifiants : https://www.instagram.com/p/B9e4YL6Fehu/?igshid=1lw5gbbbr8wct

Et c’est précisément là que le bât blesse : nombres de mouvements féministes portent un discours utile contre les violences faites aux femmes, ainsi qu’une critique pertinente de la police, souvent peu disposée (et c’est un euphémisme) à prendre en charge les victimes de violences sexuelles ou sexistes. Or, comment conserver une telle parole audible tout en revendiquant la violence tant contre des adversaires politiques (si tant est qu’il s’agisse d’adversaires politiques) que contre la police ? Sans même mentionner le fait que le ménage n’est guère fait dans les propres rangs de l’extrême gauche, comme à Montpellier ou à Parme.

Le deuxième sujet est d’ordre juridique et philosophique. Il va nous demander d’évoquer encore une fois l’affaire Polanski. Plus de cent avocates féministes ont souligné ce que je me tue à dire depuis des semaines sur les réseaux sociaux : la présomption d’innocence et la prescription sont des piliers de notre justice. Même des pays comme la France ou les États-Unis (curieusement cités comme des modèles de démocratie alors qu’ils sont critiqués à longueur de temps par les Français pour Guantanamo et le Patriot Act) peuvent basculer dans l’arbitraire. De nombreux auteurs nous ont averti du règne de celui-ci : Albert Camus, avec « la peste », Georges Orwell, avec 1984, Ray Bradbury avec « Fahrenheit 451 », ou encore Franz Kafka avec « le procès ». Je me dois de vous renvoyer une fois de plus à cette vidéo qui explique que Roman Polanski a purgé sa peine pour l’affaire Samantha Geimer. Pour le reste, il ne reste que des accusations qui ne font pas de lui un coupable. L’idée, comprenons nous bien, n’est pas de rejeter en bloc et par principe l’accusation de viol, et encore moins de traiter une femme qui accuse un homme, fusse-t-il célèbre, de menteuse. L’idée est de dire qu’une accusation n’est pas suffisante pour faire de l’homme qu’elle accuse un coupable, et qu’il faut qu’il y ait un coupable.

Cela me permet de venir à mon troisième point. J’ai lu avec horreur, et je pèse mes mots, qu’il fallait penser à retirer « Lolita » de Vladimir Nabokov, de nos bibliothèques. Ça commence comme ça, et ça termine comme ça :

Non ça n’est pas un point Godwin, relisez la définition.

Quel rapport y a-t-il entre « Lolita » (œuvre de fiction rappelons le) et l’affaire Polanski ? Absolument aucune. Il est terrifiant d’imaginer un monde où la présomption d’innocence serait bafouée, et où des œuvres seraient jetées au feu (virtuel, médiatique ou réel). Mais ce monde a déjà existé : cela s’appelle une dictature.

Il n’est évidemment pas question de penser à une « dictature féministe ». Mais il y a fort à parier que notre culture s’appauvrisse et que certaines féministes (car je ne fais pas d’amalgames) en soient malgré elles les idiotes utiles (ceci n’est pas une insulte mais une paraphrase de Lenine).

L’affaire Mila et pourquoi l’islam n’a pas d’intérêt dans celle-ci

L’affaire Mila, qui voit une adolescente harcelée, intimidée et menacée de mort (nous reparlerons plus bas de ses agresseurs) pour avoir simplement exercée un droit consacrée par la Constitution, est l’occasion de prendre la hauteur sur une notion si chère à la République Française : la laïcité. Dans une récente intervention, Alain Finkielkraut souligne à juste titre une évidence : il est impossible de débattre de cette notion sans tensions, précisément parce que tant qu’elle ne posait pas problème, il était inutile d’en débattre.

Il est inutile de souligner, je pense, la lâcheté des différents dirigeants politiques, notamment de gauche, vendus au Capital depuis la rigueur (1983) et aux minorités depuis qu’ils ont abandonné les ouvriers. Ainsi, même Jean-Luc Mélenchon, qui a les yeux humides dès qu’il déclame Victor Hugo, attendit assez tardivement pour soutenir lui aussi l’adolescente et son droit au blasphème qui, rappelons le n’existe pas en droit français; notre pays ayant même été le premier à l’abolir, et ce dès 1789, donc bien avant la loi de séparation des Églises et de l’Etat de 1905 et avant même l’instauration de la première république, instaurée en septembre 1792. Or donc, de Martine Aubry à Nicole Belloubet, garde des sceaux, faut-il le rappeler, tous et toutes se sont compromis. Si le bête clientélisme semble une piste évidente (nous disons bêtes car les musulmans sont majoritairement abstentionnistes), la soumission idéologique et la trahison précédemment évoquées semblent des pistes tout aussi probables. L’idée, consciente ou non, est ici d’être mangé le dernier par le crocodile que l’on aura nourri, selon une célèbre métaphore.

Plusieurs choses à souligner : Mila s’en est pris, selon une cohérence et une logique courageuses (quoique historiquement fausse) à l’ensemble des religions. Lors de sa discussion avec l’ensemble des personnes assistant à son live, il y a eu une focalisation sur l’islam qui n’était pas de son fait mais des personnes dont elle avait repoussées les avances. Dès lors, aucun juif, chrétien, bouddhiste, sikh, ou jainiste ne s’en est pris à elle, individuellement ou via une institution quelconque. Nombre de journalistes, sociologues, hommes politiques posent la question (faussement) naïve : quel est le problème avec l’islam ? La réponse tient dans la grande absente des débats et empoignades, à savoir la démographie. En effet, si aujourd’hui, contrairement aux années trente ou cinquante, l’islam pose un souci, c’est parce qu’il dispose d’institutions, de moyens humains, ce qui lui a été permis par une croissance démographique. Contrairement à ce que dit la journaliste dans la vidéo précitée, ce ne sont pas des islamistes qui ont insulté, menacé Mila : ce sont les mêmes « jeunes » qui font vivre un enfer plus « doux ». C’est ainsi qu’apparaît une fois de plus un premier angle mort du féminisme, à savoir l’intersectionnalité des luttes. L’idée que celles-ci puissent se valoir et donc être mises au même niveau se heurte à la réalité sociale, culturelle et en particulier religieuse. En l’espèce, il est impossible de faire cohabiter sur un même espace (quartier, ville, pays) des femmes (et des hommes) prétendant à une liberté sexuelle, d’expression, d’opinion, et des peuples qui n’ont pas la même conception. On argumentera à raison que la misogynie n’est pas essentielle à une culture, une religion ou une ethnie (le chaupadi au Népal, par exemple). Mais comme évoqué plus haut, les harceleurs de Mila le font au nom de leurs valeurs et de leur morale religieuse. L’idée n’est pas ici de prendre ou nom la défense de celles-ci, car l’ethno-centrisme n’est lui non plus pas le propre d’une culture ou d’une civilisation, comme le rappelle Claude Lévi-Strauss dans « Race et histoire ». Il s’agit seulement de constater l’échec de la cohabitation depuis plus de quarante ans entre plusieurs peuples car « une politique se juge à ses résultats » (Charles Maurras).

Ainsi, tous les intellectuels, journalistes, politiques qui débattent de cette crise ne font que regarder le doigt, là où il faudrait regarder la lune : l’islam n’est pas tant le problème que « la surinfection de la plaie » pour reprendre une expression de l’historien Bernard Lugan. Le robinet à ouvrir ou fermer n’est pas celui de la laïcité, mais celui de l’immigration, afin d’inverser la balkanisation du pays.

Il est compliqué de conclure sans nous répéter. Comme disait Anatole France, « la République gouverne mal mais se défend bien ». Depuis des décennies, son administration, sa police, et son armée ont permis de d’endiguer les phénomènes de balkanisation évoqués plus haut. A terme, celles-ci peuvent ne plus protéger les Français, avec le risque « tous contre tous ». La solution se résume à une vieille formule : « une terre, un peuple » et dans les moyens administratifs, policiers, juridiques, permettant de mettre en place la remigration de l’essentiel de populations étrangères non assimilées à notre pays.

Pourquoi le débat sur le voile n’a pas d’intérêt ?

J’ai écrit il y a quelques temps de cela un article où je tentais d’expliquer la vanité du débat « pour ou contre le hijab à Décathlon ». Un malheureux incident récent, où l’on vit un élu RN se comporter comme un malappris avec une femme musulmane certes voilée mais qui était hélas dans son bon droit (républicain) vit une nouvelle occasion pour les Français de s’engueuler entre les grèves, les retraites, puisque les médias commençaient à se lasser un peu des Gilets Jaunes et que les fêtes de Noël étaient encore un peu loin. En somme, une nouvelle affaire Dreyfus est en marche !

« Un dîner en famille », 1898, Caran d’Ache

Ainsi, puisque selon le bon mot du général de Gaulle, « les Français sont des veaux », tâchons de voir pourquoi ce débat n’est que le doigt que nous montre le philosophe, et quelle est la lune que nous devrions regarder.

I/ L’islam, nouveau football

Il est bien connu qu’en France, il y a à peu près autant de sélectionneurs que de fans de football. Force est de constater qu’un phénomène semblable se produit pour ce qui est de l’islam : chacun a un avis sur tout, sous prétexte qu’il a lu même vaguement et même mal traduit le Coran, qu’il a regardé une émission de BFMTV ou de France 2. Et les milieux nationalistes n’échappent pas à cette triste règle. De la droite bourgeoise catholique à la droite la plus « extrême » que représente le Rassemblement National, tout ce joli monde se répand en propositions plus ou moins farfelues (et souvent anticonstitutionnelles) pour « lutter contre le voile ». Sur tous les plateaux de télévision et de radio, les uns et les autres proposent par exemple d’interdire tous les signes religieux sur l’ensemble de la voie publique (l’auteur de ces lignes portant une Vierge à l’enfant tatouée sur le bras risque de passer de merveilleux moments en été si le RN arrive au pouvoir). A titre personnel, et n’étant pas exégète de l’islam, je refuse donc d’avoir ne serait-ce qu’un avis autre qu’esthétique (donc non politique) sur les différentes sortes de voile islamique.

II/ Pourquoi et pour quoi il y a-t-il des femmes voilées en France et en Europe ?

Dans un récent article, la journaliste Charlotte d’Ornellas de Valeurs Actuelles a timidement et brièvement évoqué l’origine du voile en France. Elle y souligne à juste titre que ce n’est pas une question de laïcité. En effet, s’il y a des femmes voilées en France, et plus largement des musulmans, c’est qu’il y a des Français d’origine maghrébine, voire des binationaux. Plusieurs points sur la nationalité sont à souligner avant de continuer : premièrement, les communautés issues du Moyen-Orient (Liban, Syrie, Irak…) sont minoritaires en France, et parfois chrétiennes. Deuxièmement, si la France autorise et reconnait la double nationalité, des pays comme l’Algérie sont en passe de l’interdire. Troisièmement, cette réislamisation est récente. Toujours pour ce qui est de l’Algérie, c’était même l’une des raisons qui avait forcé un certain nombre d’Algériens à fuir leur pays dans les années 90 pour venir en France. Quatrièmement, c’est le patronat qui a fait venir en masse ces immigrés dans les années soixante et soixante-dix, pour faire pression à la baisse sur les salaires, selon une confidence faite à Jean-Marie Le Pen par… Valéry Giscard d’Estaing.

Néanmoins, le nombre ou la religiosité des musulmans de France n’est pas le débat, pas plus que la « laïcité ». Les tenants de ce débat-là, qui veulent interdire aux femmes musulmanes de se voiler (et plus largement étendre la loi de 2004, déjà inutile et démagogique) sont des idiots et des nains politiques. Ils oublient que ces musulmans ne sont pas venus en France et en Europe par hasard ou par erreur : on ne trouve aucun Algérien ou Tunisien à Singapour ou en Corée du Sud pourtant fort riches, pratiquement aucun en Autriche, dont le niveau de développement et de richesse sont semblables à la France. En somme, tant que ces Maghrébins se contentaient d’enrichir le patronat et l’industrie français (et aujourd’hui italien, espagnol…), peu importait au pouvoir politique et audit patronat qu’ils fussent musulmans, pratiquants ou non. Mais à une époque de crise sociale, économique, politique, spirituelle, et de tensions notamment en Afrique et au Moyen-Orient, le Maghrébin surtout violent, au chômage, non intégré et réislamisé devient un problème.

III/ Quelle est la solution politique au problème du voile ?

Nous venons de l’évoquer, le problème du voile n’est donc ni religieux ni esthétique, comme le dénoncent ses adversaires, mais à la fois culturel, démographique, et en définitive politique. Dénoncer « l’islam politique » est une formule de langage purement médiatique de la part de gens qui n’ont pas l’humilité et les outils scientifiques pour parler de l’islam qui est par nature politique.

La solution politique raisonnable me semblerait donc tenir en plusieurs étapes. La première consisterait en un évident arrêt de l’immigration, complété par une sélection de celle-ci, à l’image de ce que font des pays comme l’Australie, le Canada, ou le Royaume-Uni. La deuxième consisterait en l’application de la double peine, conduisant en l’expulsion massive d’un grand nombre de délinquants et criminels étrangers. La troisième consisterait en l’expulsion sous dix-huit mois de tous les clandestins, assortie éventuellement d’une aide au retour et de constructions de camps dans les pays de retour. La quatrième consisterait en l’instauration de programmes d’aide au retour, comme ce que mettent déjà en place un certain nombre de communautés d’Afrique subsaharienne (Cameroun, RDC…) afin de surveiller et encadrer notamment le financement.

IV/ Et le terrorisme ma bonne dame ?

Le terrorisme, qui n’est jamais que le manifestation violente du communautarisme, et donc pas systématique quoique épouvantable, trouvera sa résolution en partie dans les solutions proposées plus haut : la fin de l’immigration et du communautarisme tueront dans l’œuf toute velléité de terrorisme, en complément de services de police, de renseignements et de juste efficace mais respectueux des droits des individus. A ce titre, et concernant les looks des uns et des autres, il apparaît nécessaire de rappeler à chacun que les terroristes du Bataclan portaient jean et blouson, et étaient rasés de prêt (à l’inverse de l’auteur de ces lignes, qui arbore une ravissante barbe aux délicats reflets roux qui n’est pas sans déplaire au beau sexe). Etant un vrai libéral, je suis pour que chacun porte ce qu’il veut en termes de vêtements, selon sa philosophie, sa religion, ses opinions politiques, tant qu’il n’y a pas d’appel à la haine nominatif et que la santé mentale des enfants notamment est respectée (en clair, je ne suis pas favorable au nudisme en dehors des lieux prévus à cet effet).

Il faut également rappeler que le terrorisme s’inscrit dans un contexte global d’insécurité : recréer une chaîne police-justice-administration pénitentiaire, et mettre fin à un certain nombre d’interventions en Afrique et au Moyen-Orient, ne peut qu’aider à faire diminuer les actes terroristes en France.

Tant que nous serons les esclaves des médias et des agendas politiques des uns et des autres, nous ne pourrons traiter sérieusement et sereinement de cette question. Les problèmes et leurs responsables sont connus, il suffit de les pointer.

Pour le rétablissement de l’esclavage

L’esclavage est né logiquement de l’inégalité des richesses, laquelle découle fort logiquement de la sédentarité (l’esclavage est très tôt interdit chez Genghis Khan) . Dans la Grèce ou dans la Rome antique, plus de terres nécessitait et permettait plus de bras pour les entretenir.

L’esclave, en droit, est considéré comme un bien meuble, sur lequel son propriétaire a en théorie, tous les droits. Il est possible de trancher la gorge d’un esclave comme de briser une amphore.

L’abolition puis la disparition du servage en France (entre le XI ème et le XV ème siècle) ainsi que la lutte contre l’esclavage puis au cours du XVIII ème et XIX ème siècle a amené nos sociétés à considérer l’esclavage comme un état dégradant, avilissant pour la personne humaine, notamment sous l’impulsion de l’Eglise catholique.

Il convient de cependant faire quelque rappels. Tout d’abord, ce sont avant tout des motifs économiques qui ont vu la progression des idées abolitionniste : si le Christ lui-même ne condamne pas l’esclavage en lui même, c’est qu’il naît, vit, et meurt dans la Judée, province romaine, de l’antiquité. Il a en revanche exhorté à l’amour du prochain, notamment du plus faible, du pauvre, et donc de l’esclave.

L’esclavage est alors la norme et un élément de l’économie, en Perse, à Rome, en Grèce, chez les Germains, en Égypte, et évidemment chez les Hébreux. Paul de Tarse lui-même prône l’obéissance ses esclaves à leurs maîtres (Cor 2, 22-25).

Esclavage à Rome

En revanche, l’Eglise en tant qu’institution a accompagné progressivement l’émancipation des esclaves : le 13 janvier 1435, le pape Eugène IV publie ainsi l’encyclique Sicut dudum, dénonçant les mauvais traitements infligés aux esclaves indigènes des Canaries, exhortant à leur libération sous peine d’excommunication.

Soulignons ensuite la lettre Pastorale officium, du 29 mai 1537, du pape Paul III au cardinal Juan de Tavera, archevêque et primat d’Espagne, qui lui commande d’interdire la réduction des Indiens en esclavage ou des les priver de leurs biens. Cette lettre intervient quinze ans avant la fameuse controverse de Valladolid, qui détermina si la conquête et la réduction en esclavage des Indiens d’Amérique latine, sous l’égide de Charles Quint, était ou non légitime.

Paul III

Mais une lettre du 2 juin de la même année du souverain pontife, Veritas Ipse, est bien plus intéressante, puisqu’elle lie la liberté à la propriété. Les Révolutionnaires français de 1789 reprendront la même idée, suivant le modèle athénien : celui qui est libre est celui qui possède. La possession, la richesse fait la liberté. Et vice versa : la liberté doit servir à exercer son droit de propriété, son droit à s’enrichir.

C’est à partir du XVIII ème siècle et plus encore de ses conséquences (la Révolution puis la Révolution industrielle) que les choses se gâtent si l’on peut dire.

Les idées des Lumières ayant porté aux quatre coins de l’Europe puis du monde l’idée d’égalité économique et sociale (par des aristocrates, des bourgeois ou des hommes d’Eglise assez hostiles eux mêmes à ces principes), la révolution industrielle n’eut aucun mal, une fois les vieilles pratiques et les vieilles idées de corps intermédiaires jetés à bas à se mettre en marche, que l’on pense seulement à la Loi Le Chapelier.

Et il n’y a aucun hasard si les contestations à ce système, que l’on appellera plus tard libéral, s’appellent très vite « socialistes », puis » communistes ». Le cœur des revendications vient de la paupérisation des prolétaires, nouveauté du XIX ème siècle, ainsi qu’une baisse de la considération du travail par cette société industrielle ; c’est la naissance de société de consommation, autre nouveauté du XIX ème siècle. Ainsi, on n’imaginait pas au XII ème siècle un vitrail fait à la chaîne, avec ce que cela implique en termes de (bas) coûts et donc de (bas) salaires.

L’idée n’est ni de faire un procès de la société industrielle ni de faire une histoire du socialisme, mais plutôt d’inviter à réfléchir sur ce que les ouvriers du XIX ème siècle (et même du XXI ème) ont gagné et perdu par rapport aux esclaves athéniens ou romains. Que l’on considère les points suivants : l’esclavage est acheté une fois, à une valeur X, selon ce qu’il vaut, ce qu’il a appris, auprès d’un maître (un guru comme disent les Indiens). Il représente, en termes strictement économiques, un investissement pour son maître : celui-ci a donc bien souvent tout intérêt à le choyer pour le garder auprès de lui longtemps et en bonne santé : qui casse sa propre voiture ? L’esclave est nourri, logé et blanchi. Et bien souvent, il pouvait avoir, à Rome, quelque récompense monétaire. On me dira « Et la liberté ? ». La liberté, pour quoi faire ? « la liberté est un rêve d’esclave un jour de fête » écrivait Nicolás Gómez Dávila. Elle ne s’apprécie qu’avec modération. Combien d’hommes sont libres mais épuisent leur liberté à travailler, pour gagner de l’argent ? Cela me permet d’évoquer le cas du salarié. Celui-ci doit d’abord trouver un emploi : c’est lui qui se vend. Il n’a jamais la certitude de garder ledit emploi même en étant parfait. L’usine peut déménager, être détruite, endommagée. Avec son salaire, il doit pourvoir à tous ses besoins matériels : logement, nourriture, vêtements, chauffage, loisirs.

Le titre de l’article était provocateur à dessein et avait essentiellement pour but d’attirer sur l’aspect nihiliste et déshumanisant du salariat. Si le combat contre l’esclavage fut un noble combat, ses motifs furent parfois beaucoup plus laids, comme la guerre de Secession le démontra. L’idée est moins de mettre en valeur l’esclavage que de démontrer le caractère pervers et aliénant du salariat. Il est urgent de trouver d’autres formes d’échange et de modèles économiques.

Le rat de Paris

Je viens de lire avec un certain scepticisme l’article de Marie-Sophie Germain, spécialiste (?) des NAC (nouveaux animaux de compagnie).

L’auteure nous explique que les rats sont victimes de préjugés et gagnent à être connus.

Sous la forme de « [proposition] = vrai/faux », nous apprenons ainsi pèle mêle que le rat, au final, est un animal charmant, intelligent, sociable; un vrai gentleman.

Entrons dans le vif du sujet. Madame Germain commet un premier contresens quand elle évoque le rat noir, hôte de la puce responsable de la peste noire. Quitte à entrer dans les détails, ce n’est pas la puce, la coupable, mais Yersina pestis, un bacille. Elle doit son nom à Alexandre Yersin, bactériologiste suisse. En outre, si la peste noire fit tant de ravages c’est que le rat noir n’était que le premier porteur de la puce : celle-ci avait pour hôte tous les autres mammifères à l’exception… Des chevaux, ce qui explique que les valets d’écurie et les palefrenier furent moins touchés, car ils dormaient avec leur bêtes. Ceci, Marie-Sophie Germain l’évoque superficiellement.

Mais le rat brun, dont parle justement notre bloggeuse, n’est-il pas un mammifère potentiellement hôte d’une peste noire jamais éradiquée ? Pourquoi dire qu’il n’y a « aucune raison de craindre la peste »?

En outre, L’auteure évoque très justement un animal vecteur de maladies à la Réunion et en Nouvelle Calédonie. Il me semble que les habitants de ces pays sont des êtres humains, qui plus est français. Leur état sanitaire devrait inquiéter tout le monde… Même des Parisiens. Quant à la comparaison avec les animaux que sont les porcs et les chiens, il me semble que l’épidémie de rage, dernière épidémie connue, est en bonne voie d’être éteinte dans les pays occidentaux.

En outre, l’idée que les chiens soient soient vecteurs de maladies me sembler s’appuyer sur un préjugé, celui de chiens errants sans maîtres pour les nourrir, les dresser, les contrôler (donc en dominer l’agressivité canine/lupine naturelle) et les soigner (donc éviter lesdites maladies). Or, les Français possèdent 61 millions de chiens et y consacrent temps, argent et dépenses vétérinaires.

Sur l’invasion des villes, je me demande quand peut-on parler d’invasion dans la mesure où l’on parle de déjà vingt millions d’animaux.

Il est évidemment amusant, voire louable, de vouloir dresser un rat ou deux comme NAC, mais si les rats s’entendent (et se pensent, comme animaux intelligents et sociaux) en groupe élaboré, hiérarchisé, des liens n’ont pas de sens au delà d’une certaine mesure. Nous ne sommes pas de la même espèce.