Pourquoi l’extrême gauche manque de logique (et ce que nous devons en tirer)

L’extrême gauche française (notamment estudantine) nous étonne _ au sens littéral. Quand nous écoutons sa rhétorique, quand nous lisons sa prose, quand nous observons ses modes d’actions, nous sommes comme « frappés par le tonnerre ».

Cette extrême gauche, qui pêle-mêle convoque Jaurès, Hugo, Robespierre, le Sous-Commandant Marcos, Lénine, et des épisodes tragiques et sanglants comme la Commune, la guerre d’Espagne, la (tardive) résistance du Parti Communiste aux nazis, la révolution d’octobre, mai 68, se retrouve incapable d’aller au bout de sa logique intellectuelle.

Opposant ce qu’elle considère (à juste titre ou non, là n’est pas le débat) la légitimité (la sienne) à la légalité (celle de l’Etat et de ses moyens de répression), elle commet deux erreurs logiques (Nous aurons plutôt tendance à parler de malhonnêteté intellectuelle et politique).

La première est le recours aux forces de l’ordre pour sa sécurité : imagine-t-on la Commune appeler les Versaillais au secours ? Les FARC se placer sous la protection de Álvaro Uribe? La réponse est évidemment non. Or, cette extrême gauche, qui entend se placer dans une logique et un héritage (politique, esthétique…) révolutionnaires, entend là jouer sur les deux tableaux de la légalité et de la légitimité, et ce de façon à la fois massive et publique. Il ne s’agit donc pas de simples « passerelles » ou complicités (il existe des policiers de droite, de gauche, offrant des coups de main, des renseignements à leurs amis. Cela s’est toujours vu; sans compter les phénomènes de corruption et d’intimidation). Mais le fait « d’appeler la police » fait de ces gens des complices objectifs de la bourgeoisie.

Vous allez dire que je m’acharne mais bon.

La seconde est le rapport à la violence. Qu’on ne se méprenne pas en nous prenant pour des légalistes; nous avons développé la question ailleurs. Dans un État de droit, seul l’Etat a droit à un recours à la violence (encadrée). Décidant à nouveau de se placer sur le terrain de la légitimité face à la légalité, l’extrême gauche a choisi d’occuper des universités, d’empêcher des examens, etc. Elle l’a fait en conscience, par la force et souvent par la violence, comme ont pu en témoignent des étudiants de Montpellier et de Paris, ainsi que la récente découverte de cocktails Molotov à Paris I (Tolbiac). À l’occasion de ce rapport de force, des individus ont notamment demandé la démission du chef de l’Etat. Peu importe ce que l’on pense de celui-ci, il est cohérent qu’un chef d’État envoie la police sortir ces individus, dans le cadre du droit à nouveau. En Espagne toute proche, ils auraient sans doute demandé la tête du roi et l’instauration d’une république, et auraient reçu la visite de la Guardia Civil dans la journée; je ne vous parle pas de pays comme l’Iran.

Ou la Birmanie.

Le but de toute manifestation, de tout mouvement social et à terme de toute révolution est de transformer sa légitimité en légalité. Mais durant ce temps, il s’écoule une période plus ou moins longue de doutes et d’échecs où le révolutionnaire est par définition un « hors-la-loi » en l’occurrence la loi suprême la Constitution.

Cela n’implique pas d’être un criminel. Jules César écrivait : « Si tu dois enfreindre la loi, empare toi du pouvoir. Dans les autres cas, respecte la ».

De ces deux points, les nationalistes (notamment les maurrassiens) doivent en tirer les leçons de logistique, de crédibilité politique, et d’image médiatique.

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Pourquoi le (potentiel) futur Califat s’annonce décevant

Ce titre provocateur risque de m’attirer les foudres d’un grand nombre d’imbéciles. Qu’il soit bien précisé à tous qu’il ne s’agit pas d’un article politique et que cet article n’a pas pour but de trouver des solutions politiques aux problèmes posés.

Pour le comprendre, je vais commencer par exposer très brièvement une des thèses de René Guénon, qu’il développe dans son ouvrage le plus connu, « la crise du monde moderne » (1927). Dans cet ouvrage, le philosophe développe l’idée d’un occident moderne qui aurait perdu la Tradition, là où l’orient (civilisation indienne, monde islamique, civilisation chinoise) aurait conservé cette Tradition. Il en profite pour balayer toute tentative de « recréation » de Tradition par ce qu’il appelle les traditionalistes, qu’il oppose d’ailleurs aux traditionnels.

Partant du principe que nous nous situons à la fin de ce que les Hindous nomment le Kali-Yuga (l’âge sombre ou âge du fer), il estime que la seule façon dont pourrait être sauvé l’occident est de s’abreuver à la source orientale, dans la mesure où les sociétés traditionnelles sont similaires entre elles.

Oui c’est pas pour demain non plus.

Et c’est précisément là que le bât blesse. Mort en 1951, René Guénon, qui s’alarmait en 1927 de la modernité en occident, n’eut pas le temps de la voir gagner l’orient : mères porteuses en Inde, capitalisme et suicides en Corée du Sud et au Japon, communisme en Chine, en Asie du Sud-Est, fin des castes en Inde, buildings vertigineux au Moyen orient, en Corée du Sud, en Chine, au Japon, à Singapour…

C’est pas si tradi…

Nul doute que la seconde guerre mondiale et la guerre froide d’autre part ont rompu de façon durable et profonde l’idée que Guénon se faisait de l’orient. Il est évident que s’il existe une Tradition primordiale, elle existe encore (au moins dans une certaine mesure) au Japon, en Mongolie, au Tibet, en Perse, en Chine, en Inde, ou dans le monde islamique.

Mais considérons ceci. Chez l’écrivain américain Robert E. Howard, créateur de Conan, le barbare est supposé agir comme un feu régénérateur : il est Śiva,créateur et destructeur. Devant les civilisations affaiblies, il vient les « tester » ; comme Attila ou Genghis Khan, le barbare sert d’ordalie. L’alternative est la suivante : être détruit (puis renaître) ou repousser le barbare.

Cavalier de Kubilaï Khan

Le problème de la civilisation occidentale/européenne est celui-ci : elle n’a ni Attila, ni Genghis Khan. Son barbare à elle n’est pas une armée. Il s’agit d’un mélange de mercenaires venus de tout le monde musulmans, d’une part, et d’autre part de jeunes de banlieue d’origine maghrébine ou africaine pratiquant un islam mâtiné de capitalisme McDonald’s : la chicha entre la prière et le Starbucks. Ils sont encore plus déracinés que les autochtones auxquels ils s’en prennent (insultes, vols, agressions, viols, meurtres, attentats). Ils n’ont d’ailleurs en réalité pas plus d’intérêt au califat qu’eux : si la législation concernant les voleurs était la même à Raqqa et à Trappes, le nombre de manchots irait croissant.

Futurs soldats du califat?

Il est difficile de dire si Guénon a fait ou non une erreur sur ce point. Il serait plus exact de dire que l’histoire a été cruelle avec un certain nombre de ses prévisions au niveau du temps court, lui qui raisonne sur le temps très long.

D’un point de vue guénonien, le potentiel futur Califat, s’annonce donc décevant : fort peu « islamique », s’accomodant fort bien de la démocratie et du capitalisme le plus brutal… L’expérience nous a montré que des pays pouvaient combiner théocratie musulmane et capitalisme parfaitement intégré dans le grand marché mondial, à l’image des pays du Golfe.

Sur la grève et le blocage comme outils révolutionnaires

Les violentes grèves et occupations d’université printanières doivent interroger les nationalistes qui souhaitent prendre le pouvoir sur la nature de leur rapport à la révolution, au peuple, et à la violence. L’auteur de ces lignes propose cinq axes de réflexion face à des gens qui occupent les universités en compagnie de masques et de chiens. Jugez plutôt :

Notez que le chien est celui qui a le plus d’allure.

1/ La grève (paradoxalement) ralentit et paralyse l’action révolutionnaire

En effet, elle attire l’attention et le mécontentement à l’égard du mouvement. On me répondra que telle ou telle révolution fut permise grâce à l’enchaînement notamment de grèves (Ce qui se discute) mais cela ne concerne ni notre époque ni notre pays. Le peuple français aime la sécurité (de l’emploi, de la retraite, de l’épargne), mais plus que tout il aime sa routine qui comprend travailler, faire ses courses, payer ses factures, étudier. Le moindre bouleversement dans son emploi du temps (retard, panne…) le perturbe, le panique, l’agace. « Pour vivre heureux, vivons cachés  » et pour faire une révolution efficace, faisons la en en limitant les effets sur « madame Michu ».

2/ Par conséquent, ces bouleversements doivent être limités, brefs, et peu étendus géographiquement.

Ainsi, le soutien aux « grèves » et « manifestations » étudiantes est d’un intérêt médiatique et politique nul (sans parler des risques judiciaires). Si l’aspect « théorie du chaos » peut paraître séduisant, il n’en reste pas moins qu’il s’agit pour l’essentiel de gesticulations qui nous sont hostiles, aux revendications grotesques, peu et mal coordonnées, et sans vision à moyen et long terme car sans doctrine politique et philosophique cohérente.

3/ Pour ce qui est des grèves des cheminots et autres travailleurs, ou de soutenir les blocages de routes, de raffineries, des manifestations, il s’agit évidemment de choses à soutenir.

Pourquoi ? La différence est de taille entre un salarié, qui fait le choix de sacrifier une partie de son salaire pour entrer dans un rapport de force avec son patron, et espère compter sur la solidarité de ses camarades ainsi que sur son épargne, et d’autre part un étudiant, qui ne vit pas de son argent mais de celui de ses parents ou de celui de la collectivité (bourse). La troisième possibilité est qu’il travaille et dans ce cas il est un idiot, ou un otage des décisions de ses camarades. Peu nous importent les motivations de tel ou tel pour bloquer ou pas. Ce qui compte, c’est que le blocage étudiant est non seulement illégal mais en plus illégitime : un étudiant n’a ni patron ni salaire à mettre en balance dans un rapport de force. Il est donc incohérent de soutenir de pareilles opérations. Rappelons que la grève doit être soutenue à l’appui de la doctrine et non pas sur le principe : nous voulons une économie bâtie sur les « privilèges » au sens littéral et noble du terme (loi privée) et donc corporatiste, tant éloignée de l’économie socialiste que de l’économie capitaliste. Mais ce n’est pas l’objet de cet article.

4/ Se pose dès lors la question suivante : faut-il ou non débloquer les universités occupées ?

Il serait facile de répondre qu’au vu de ce que nous avons exposé plus haut, s’impliquer dans pareil conflit ferait de nous les auxiliaires de la police et donc, par ricochet, du régime républicain. Néanmoins, nous l’avons dit également, de nombreux étudiants, notamment les plus pauvres, se retrouvent prisonniers de cette situation, ne pouvant accéder aux cours ni à la bibliothèque, risquant de ne pouvoir passer leurs examens, avec parfois de terribles conséquences notamment en termes de bourses universitaires. De plus, il est courant que la police soit passive, ce que même l’extrême gauche note (en le déplorant certes) comme ce fut récemment le cas à Montpellier, et refuse d’intervenir. Il peut donc s’avérer utile d’intervenir à la place de la police, notamment pour bénéficier d’une audience auprès des étudiants que l’on appuie. Que l’on ne se méprenne pas: peu voire aucun deviendront par la suite des militants. Mais leur capital sympathie à l’égard du mouvement ne peut qu’augmenter… Et diminuer à l’égard des bloqueurs. Ceci peut toujours être utile à la diffusion de notre pensée ou au coup de force, le jour venu.

C’est passé à ça ! Foutues Froides-Queues!

5/ Il nous apparaît néanmoins important de préciser que ces interventions doivent être limitées, discrètes.

Il convient d’ajouter qu’il nous faut surtout être dans nos actions et nos communications bien distincts de potentielles interventions de police, afin, comme exposé plus haut, de ne pas être vu comme des supplétifs d’elle.

De même, il ne nous apparaît pas nécessaire de revendiquer (par nos couleurs, nos insignes, nos écussons notamment) ce genre d’actions. Le but recherché est l’efficacité davantage que la visibilité, et « on ne sort de l’ambiguïté qu’à son désavantage » disait le cardinal de Retz. Il faut être « intellectuel et violent » mais surtout rapide. L’étalage de couleurs bariolées et « d’uniformes » « faf » se prête mal à ce genre de choses. Mais nous aurons l’occasion de revenir sur l’esthétique dans un prochain article.

De la mauvaise lecture de Huntington

Une idée assez courante veut que les rois de France notamment François Ier et Louis XIV étaient des traîtres à la France/l’Europe/le christianisme (au choix) sous le prétexte qu’ils avaient des alliances avec la Sublime Porte (l’empire ottoman). Je vais tenter de convaincre ces étonnants ethno-masochistes (souvent athées d’ailleurs) qu’ils sont dans l’erreur.

I/ Les chrétiens n’ont jamais formé un bloc

Si la religion chrétienne est une réalité, le monde chrétien ne l’est pas. Des chrétiens ont passé leur temps à se faire la guerre. C’est d’ailleurs pour cela que la paix de Dieu et la trêve de Dieu furent instaurées. Les conflits féodaux divers, la guerre de cent ans, la guerre des deux roses, la conquête de la Grande Bretagne par Guillaume le Conquérant ne fut pas un « conflit de civilisations » huntingtonien.

Pendant les croisades mêmes, on assista à de graves tensions entre catholiques et orthodoxes (pillage de Constantinople en 1204 avec la bénédiction de Vénitiens… catholiques).

Les guerres de religion du XVI ème puis du XVII ème, dans le sillage de la Réforme, montrent là encore s’il est besoin l’absence d’unité « européenne » du « monde chrétien » d’un point de vue militaire et diplomatique. L’harmonie et la paix dont nous avons hérité est certes un fruit du christianisme mais il s’agit d’un travail long et fastidieux, mené par l’Eglise en parallèle d’un travail culturel et civilisationnel.

La première conclusion à tirer est celle-ci : ce n’est pas « la religion » (terme vague) qui a été source des guerres puisque précisément le message de l’Evangile est un message de concorde, de paix et d’amour. Les guerres médiévales étaient en réalité peu mortelles, en raison du rôle joué par la diplomatie, des alliances matrimoniales, du rôle de l’Eglise (C’est elle qui permit à des pays tellesque la Bohême de se tenir à l’écart de la guerre de cent ans). De plus, les XIII-XIV ème siècle, l’occident médiéval chrétien est un monde relativement peu peuplé, à l’exception du royaume de France, auquel la peste porta un coup sévère.

II/ Et les musulmans n’ont jamais formé un bloc non plus

Mais les musulmans n’ont jamais formé de bloc non plus. Divisés en courants, écoles, les sunnites en particulier ont « souffert » de l’absence de hiérarchie. La période des mamelouks en particuliers (1250-1382/ 1382-1517) montre bien le mode de fonctionnement de transmission du pouvoir. Étant des esclaves, c’est par le complot et l’assassinat que le pouvoir se transmettra durant trois siècles, avant de demeurer en place sous La conquête ottomane. Cet état de grâce durera jusqu’à leur massacre en 1811, roi d’Egypte d’origine albanaise.

Allez hop hop, les mamelouks, ça dégage

Dans le reste du « monde musulman », la plupart des conversions de dynasties se firent d’ailleurs pour des motifs politiques : ainsi, quand Shah Abbas II, dirigeant safavide de la Perse, convertit sa dynastie et son pays au chiisme duodécimain, c’est pour s’opposer au califat turc, son voisin et rival. Le conflit entre le monde perse et le monde turc est d’ailleurs toujours présent aujourd’hui. A titre d’exemple, jusque très récemment, la République islamique d’Iran protégeait officieusement le PKK contre la Turquie.

III/ Un peu de géopolitique… Et de bon sens

Ainsi, quand la France s’allie avec l’empire ottoman, elle ne cherche qu’à contrebalancer le pouvoir des Habsbourgs qui, telle une pince à trois doigts, l’enserre au sud (Espagne), au nord (Pays-Bas espagnols) et dans une moindre mesure à l’est (Autriche; proche de l’empire ottoman donc).

Il est de même logique que la France, quoique « Fille aînée de l’Eglise » ne fasse pas parti de la Sainte Ligue, à une époque où elle est la première puissance européenne d’un point de vue militaire, économique, et démographique.

Mais l’observateur de bonne foi remarquera qu’un autre pays catholique, la Pologne, ne fait pas parti de la Sainte Ligue… Probablement parce qu’elle n’avait pas d’intérêt politique à envoyer des troupes combattre. De la même façon, de peu sont ceux qui reprochent aux Vénitiens (catholiques ont le rappelle) d’avoir abandonné Georges Castriote dit Skanderberg, héros catholique de la lutte des Albanais contre les Ottomans. L’Albanie sera vendue aux Ottomans.

L’idée n’est pas de porter un jugement mais au contraire de mettre en évidence la complexité de l’Histoire, les alliances, les mentalités des diverses époques, les comportements sociaux, militaires, qui peuvent nous paraître étonnant ou révoltants.

Un dirigeant politique pense aux intérêts de ses sujets/citoyens. Le reste n’est que littérature. Lors de la révolution bolchévique, des tendances diverses ont combattu ensemble : socialistes, tsaristes, réactionnaires, anarchistes jusqu’à l’armée du Baron Roman Ungern Von Sternberg.

Il apparaît donc nécessaire de ne pas calquer des schémas actuels sur des faits passés et vice versa. L’idée que l’histoire se répète toujours deux fois selon l’historiographie marxiste paraît souvent douteuse.

L’immigration n’est pas exotique : le piège de l’orientalisme

La période qui s’étend du XVIII ème au XX ème siècle, poussée par les nouvelles découvertes (Afrique, Amériques) a contribué à créer par le biais de la colonisation un univers orientalisant ou orientaliste.

Dès le XVIII ème siècle (encore que Edward Said fasse remonter le phénomène à la conférence de Vienne de 1312), Montesquieu s’interroge : « comment peut-on être persan ? ». Dans son sillage, philosophes, peintres, sculpteurs, poètes, écrivains, mais aussi militaires et aventuriers de tout bord s’engouffreront dans ce monde artistique nouveau. Parmi ceux la, certains vivront réellement l’aventure « orientale » (Lord Byron en Grèce, Arthur Rimbaud à Aceh, Herman Hesse en Inde et en Indonésie, Rudyard Kipling en Inde). D’autres la peindront. On citera le plus fameux d’entre eux, Jean-Léon Gérome, qui ne fut pas que le peintre du splendide (et historiquement douteux) « Police verso ».

Notez les courbes des fesses.

Les poètes français, parmi lesquels Victor Hugo, auront tôt fait de créer un orient mystérieux, où le cruel Arabe côtoie le bon Noir, la sensuelle berbère le sage fakir. Voyez plutôt :

« En guerre les guerriers ! Mahomet ! Mahomet !
Les chiens mordent les pieds du lion qui dormait,
Ils relèvent leur tête infâme.
Ecrasez, ô croyants du prophète divin,
Ces chancelants soldats qui s’enivrent de vin,
Ces hommes qui n’ont qu’une femme !
Meure la race franque et ses rois détestés !
Spahis, timariots, allez, courez, jetez
A travers les sombres mêlées
Vos sabres, vos turbans, le bruit de votre cor.
Vos tranchants étriers, larges triangles d’or,
Vos cavales échevelées !
Qu’Othman, fils d’Ortogrul, vive en chacun de vous.
Que l’un ait son regard et l’autre son courroux.
Allez, allez, ô capitaines !
Et nous te reprendrons, ville aux dômes d’or pur,
Molle Setiniah, qu’en leur langage impur
Les barbares nomment Athènes ! » (Le cri du mufti, 21 octobre 1828, in « les orientales » (1829)).

Edward Said, dans « l’orientalisme : l’orient créé par l’occident » définie l’orientalisme avant tout comme une spécialisation et comme un « domaine » géographique, ce qui constitue le paradoxe (La Grèce et la Russie sont-elle en orient ? Quid du Maghreb dont le nom même signifie « occident » _ le Maroc n’a pas d’ouverture sur la Méditerranée mais sur l’Atlantique), sans symétrisme : il n’existe pas d' »occidentalisme ». C’est là la difficulté de l’objet d’étude : son imprécision et donc sa taille : jusqu’où va l’Orient? Le Japon, pourtant « occidentalisé » dans ses représentations et son mode de vie depuis sa victoire contre la Russie (1904-1905), comme le montre très bien le livre « Faits et imaginaires de la guerre russo-japonaise » , dirigé par Dany Savelli ? Ce qui faisait (fait?) La difficulté de l’objet orient, et donc de « l’orientalisme » c’est que son caractère généraliste implique un caractère total voire totalisant comme l’explique là encore Edward Said. Quand un orientaliste évoquait l’Inde, ses religions, ses coutumes, ses langues, on supposait qu’il connaissait aussi bien l’Égypte, la terre sainte, le Maghreb, la Turquie… Puisque l’orient n’a pas vraiment de frontières géographiques. De même, entre 1897 et 1904 apparaît le « péril jaune », qui désigne l’idée en Europe que Japonais et Chinois fusionnent pour conquérir l’Europe. L’Asiatique, le « Jaune » devient alors un adversaire-type pour tout une série de livres, articles de cette époque.

On peut néanmoins marquer de façon temporelle la fin de la construction de l’essentiel ces représentations avec la décolonisation et les guerres qui s’en suivirent. Les années 70-80 ont vu l’apparition de plusieurs phénomènes :

Premièrement une immigration de masse dans les pays européens, pour certains issus de leurs anciennes colonies (pas tous : la Suède ou le Danemark par exemple n’ont jamais mis un pied en Afrique ou en Asie).

Deuxièmement, la prise de place croissante d’un capitalisme; nous reviendrons sur ses conséquences.

Troisièmement, la réislamisation d’une majorité d’immigrés, autrefois appelés « beurs » et « blacks ».

Attardons nous sur ce dernier point. Il apparaît très clair que le vocabulaire utilisé, le parquage dans des ghettos dont ils eurent tôt fait de chasser les Européens, ressemble énormément à de l’indigénat. Aujourd’hui, si l’on fait la synthèse, les masses d’origine immigrée pratiquent un islam de bricolage, douteux d’un point de vue des moeurs alimentaires et sexuelles (« l’islam des caves et des chichas »), de l’esthétique vestimentaire et capillaire, et de la langue utilisée, mélange le plus souvent d’arabe dialectal, de franglais, de verlan, d’argot, de diverses langues africaines. En somme quand vous vous promenez dans un centre commercial, à Châtelet les Halles par exemples, la jeunesse immigrée ou d’origine immigrée, ne ressemble pas aux tableaux de Gérome ou aux poèmes de Hugo_ c’est le moins que l’on puisse dire. La figure de la « beurette » , popularisée par ailleurs notamment par l’industrie pornographique, est à la fois éloignée des femmes des pays arabo-musulmans, et des tableaux de Jean-Léon Gérome.

Avouez que c’est pas Champigny sur Marne.
Tout de suite, les soirées chicha semblent plus sympa

Ces populations, idiots utiles du Capital (j’utilise ce terme au sens léniniste du terme; ce n’est pas un jugement de valeur) americanisées au possible dans leurs habitudes autant si ce n’est plus que les autochtones, ont perdu toutes racines et toute culture. Ils sont à la fois les acteurs et la vitrine du multiculturalisme le plus triste et le plus sordide.

Le néo-orientalisme est cette culture de l’excuse, mélange de colonialisme bien veillant qui veut que le « bon sauvage » reste un « grand enfant » toute sa vie, et de repentance masochiste. Elle consiste à trouver d’une part fabuleux quoique fasse une personne d’origine immigrée et d’autre part à ne jamais tout à fait les considérer comme des êtres humains responsables, conscients, et ce dans le Bien ou le Mal (au sens chrétien du terme); autre énième signe de la perte de sens chrétien de nos sociétés.

Il est nécessaire d’y mettre fin non seulement par des mesures politiques évidentes (fin de la politique migratoire de ces cinquante dernières années, mise en place de politique de retour) mais aussi de nous interroger pour l’avenir sur notre rapport à l’autre, sur ce continent et sur d’autres.

Islam, arme des banquiers

L’islam en tant que religion et culture est en Europe notamment occidentale un fait historique, politique, démographique et social non seulement récent mais surtout, au regard de la longue durée, anecdotique.

Si le califat d’Al Andalus est remonté jusque loin au nord (la « bataille » de Poitiers) et à l’est de la France (Grenoble, Lyon), ce ne sont pas huit tombes musulmanes retrouvées près de Narbonne qui font de la France et des pays limitrophes, à l’exception de l’Espagne, du Portugal ou de la plus lointaine Sicile, une terre « d’islam ». C’est bien le christianisme, sur des racines helleno-romaines et germaniques (européennes en somme) qui a façonné la France, ses peuples, ses arts, mais aussi ses paysages : les vignes et les monastères, on le comprend, sont plus rares au Pakistan, en Égypte et en Arabie saoudite. La topographie là encore est imprégnée de cette histoire, et on y trouve guère de présence de nos envahisseurs musulmans des premiers siècles du moyen âge : combien de villes et de villages portent des noms de saints et de saintes? Trop pour être comptés.

Ces quelques rappels faits, intéressons nous à la situation actuelle. Il y a une grande quantité de Français d’origine immigrée et d’étrangers sur le sol français. Certains sont réislamisés, certains n’ont jamais perdu la religion de leurs ancêtres, et d’autres enfin sont chrétiens (catholiques, évangéliques), notamment une grande quantité d’Africains subsahariens. Polarisés en diverses communautés, ces gens partagent néanmoins plusieurs choses : une assimilation proche du néant à la culture et à la civilisation française, y compris pour les chrétiens africains, une haine de la France, et conséquence, une allégeance à un autre pays.

Le problème n’est pas tant l’islam. Que celui ci soit violent, misogyne et intolérant ne nous intéresse pas tant que ses adeptes vivent entre eux en Syrie, en Algérie, au Yémen, en Turquie, en Iran. Vouloir une réforme de l’islam c’est s’aligner sur les valeurs progressistes et laïques de la République. La critique théologique de l’islam qui est le plus mise en avant dans les médias, outre sa pauvreté spirituelle (pour ou contre le cochon ? Le voile ou le string ?) ne sert qu’à masquer le fait que l’islamisation, réelle, n’a été possible que par une immigration de masse, elle même arme du Capital. Critiquer l’islam en tant que spiritualité et uniquement en tant que telle, est une arnaque intellectuelle et politique. Que l’on me comprenne bien : je ne dis pas que cette critique n’est pas intéressante. Je dis qu’elle n’est pas intéressante d’un point de vue politique.

C’est donc moins le Coran qu’il faut expurger, que le multiculturalisme. S’il y avait en France 20 millions de Japonais shinto, malgré l’image romantique que se font les Français des Japonais, des geishas, des samouraïs, du théâtre nô et de la cérémonie du thé, il y aurait aussi des actes de violence. Ils seraient différents mais ils existeraient. De la même manière, rappelons que Hutus et Tutsis n’ont pas eu besoin de l’islam pour se massacrer entre eux.

Pour préciser encore davantage ma pensée, il faut bien comprendre que je refuse de choisir entre le califat et la République laïque.

Les monomaniaques…

… Et comment ils stérilisent l’action révolutionnaire.
Je définirais le terme de monomaniaque par quelqu’un qui a un degré de connaissance et d’intérêt si poussé dans un domaine que cela vire à l’obsession et le coupe des réalités du monde.

Tout le monde, dans le milieu « nationaliste » connait ces gens, obsédé qui par tel lobby, qui par tel autre. Leur connaissance pointue, acquise par la lecture et la fréquentation du milieu de près ou de loin (parfois de très près _ vous seriez surpris), en fait souvent de bons érudits. Associé à une bonne plume voire à un charisme certain, une poignée de monomaniaques arrivent à se faire connaître et à partager leurs connaissances.

Mais le problème, c’est qu’un grand nombre de médiocres les imitent : hystérie, fanatisme quasi religieux, suspicion vis à vis des « dissidents », procès d’intention, attaques ad hominem, etc.

Ce qui était au départ une intention louable (critique des lobbies, dénonciation des collusions politico-industrialo-militaires, etc.) sur la base du doute si helleno-chrétien, ressemble d’avantage à la minute de la haine de 1984 ou au tribunal du Sanhédrin.

Qu’il soit entendu ici qu’il n’est pas question de nier ni l’existence ni l’influence des lobbies communautaires, pétroliers, militaires, ou autres. Néanmoins, j’aimerais attirer l’attention sur deux éléments importants. Premièrement, un monomaniaque est épuisant : il n’a en général qu’un sujet de conversation ou alors finit par tout rapprocher ou remonter à celui-ci. Par exemple, les antisémites hystériques vous parleront À COUP SÛR de l’influence juive à Hollywood, de la Kabbale, de Gal Gadot ancienne miss Israël, si vous lui demandez en toute innocence cinéphile s’il a vu Wonder Woman. Alors que ce n’est pas le sujet.

Vous l’aurez compris, il est difficile de trouver à ces gens amis et partenaires amoureux, même si vous en êtes proches vous même. Difficile en effet de présenter quelqu’un : « Salut, voici Paul. Paul est physicien et euh dans la vie il n’aime pas les Noirs ».

Deuxièmement, l’impasse du prisme monomaniaque dans une perspective révolutionnaire. Si la critique et la dénonciation de lobbies, groupes d’intérêt et de pression est utile, le militantisme, les actions de terrain, le réenracinement sont eux bien plus utiles sur le long termes, et bien moins coûteux financièrement et judiciairement. Rappelez vous qu’un militant en prison, surtout en ce moment,est inutile. Vous ne ressortirez pas super musclé, plein de tatouages avec une cicatrice sur torse, respecté des prisonniers et des gardiens : vous sortirez probablement dans un cercueil.

La critique superficielle de ces lobbies, de façon monomaniaque, est intellectuellement confortable : Elle permet de se dire que « de toutes façons on ne peut rien faire », « c’est comme ça », « c’est injuste », « ils contrôlent tout et on ne peut rien y changer ». Or le tyrannicide a été théorisé de longue date. Les maîtres injustes peuvent et doivent être abattus. En cinq, dix ou deux cent ans, peu importe.

Mais il m’apparaît inconcevable d’être ankylosé intellectuellement et physiquement par l’idée que « c’est trop tard parce que « ils » contrôlent tout ».

D’un point de vue militant d’autre part, il est nécessaire, je l’ai dit plus haut, de dénoncer les lobbies, associations, groupes de pression, qui : 1) Détournent l’impôt des Français; 2) Fractionnent la communauté nationale et les communautés historiques; 3) Agissent au profit de puissances d’argent ou de pays étrangers (Arabie Saoudite, Qatar, Etats-Unis, Israël, Russie, Iran, Turquie, Azerbaïdjan, Algérie, pour les plus évidents; je doute qu’il y ait un lobby papou ou guatémaltèque à l’assemblée nationale). Cette dénonciation doit être régulière, systématique, mais surtout pertinente : on peut le déplorer mais certains choix de mots sont parfois hasardeux voire dangereux, notamment dans la presse. Ils peuvent coûter à leurs auteurs amendes, prison voire carrières professionnelles entières. A quoi sert un militant en prison, en ces temps de où la solidarité militante et les militants se font rares ? A rien du tout. Un militant en prison ne peut pas travailler, ni cotiser, ni protéger sa famille ni militer. En outre, vu le contenu des prisons françaises, il risque sa vie chaque minute.

Dès lors, il est curieux que certains se soient fait une spécialité (nous n’osons dire une rente) de la dénonciation de certains lobbies bien précis et ce sans jamais avoir mis un pied à Fleury Mérogis ou à Fresnes dont, ils espèrent sans doute marquer à leur tour marquer l’histoire de leurs vers inspirés. Cela vient peut être du fait du caractère relativement inoffensif de ces individus : qu’est ce qu’un journal « nationaliste » qu’on attaque pas ?

Les locaux de l’AF Marseille attaqués à l’explosif. Dans les années 90, c’était les locaux de Paris qui avaient été plastiqués par l’extrême gauche.

On rétorquera que Charlie Hebdo a vu ses locaux attaqués en janvier 2015. C’est précisément parce qu’il dérangeait des musulmans en train de prendre le pouvoir et de promouvoir une idéologie par la terreur qu’il a été attaqué. Le Figaro, le Monde, la Croix, Libération, ne sont pas et ne seront jamais attaqués en tant que tels car ils sont résolument modernes.

N’oubliez pas que « tout désespoir en politique est une sottise absolue ».

L’honneur de l’armée : perspectives révolutionnaires

Bla bla bla l’honneur de l’armée. 

Le général Pierre de Villiers vient donc de démissionner de son poste. De quoi le félicite-t-on ? D’avoir été fidèle à une promesse de 2014, dans laquelle il mettait son poste en balance avec une potentielle baisse du budget de l’armée. Le Drian écarté, Macron a pu avoir les mains libres pour sabrer le champagne et le budget d’une armée à laquelle il ne comprend rien : dont acte. Démission du général. Que reproche-t-on à Emmanuel Macron, à part cette coupe budgétaire ? D’avoir rappelé qu’il était le chef des armées ? Mais c’est la Constitution ! On s’est beaucoup félicité ou amusé de « Macron-Jupiter-Louis XIV » mais en l’occurrence, c’est légalement la vérité. 

J’en viens donc au cœur de mon sujet : premièrement, cette démission ne servira à rien. Un autre général remplacera Pierre de Villiers, membre des « bons réseaux » celui-ci, et à la botte de l’Elysée. Deuxièmement, elle est politiquement inintéressante et stérile pour nous : elle ne suscitera jamais de veleité révolutionnaire parmi les soldats ou les sous-officiers. (C.f mon article sur la police).

Cela ne remet pas en cause la bravoure et les compétences humaines et techniques de nos soldats, et ce depuis des siècles. Mais dans une perspective révolutionnaire, je doute de la possibilité d’un appui de l’armée basée sur son honneur et ses principes.

Sexe, sexualité et révolution 

Chaque année, à Paris, San Francisco, ou encore Tel-Aviv a lieu la « Marche des fiertés » ou « Gay Pride « . C’est l’occasion chaque année pour ses participants, sinon de nous assourdir de mauvaise musique, de revendiquer un certain nombre de droits pour accéder à « l’égalité » au nom du droit à la « différence » (j’imagine que quiconque voit déjà le manque de logique dans l’articulation).

Je ne reviendrai pas tellement sur le problème anthropologique que règle déjà Aristote (« C’est une grande injustice que de traiter également des choses différentes ») mais sur un autre aspect de la question.

Les milieux LGBTIQ+ (il faut rajouter une lettre régulièrement, je m’y perds) sont notoirement affiliés à l’extrême gauche anti fasciste, cela non sans tensions récurrentes parfois violentes .

Ainsi, la révolution anti capitaliste, anti raciste, se retrouve couplée d’un volet anti patriarcat et libertaire au sens sexuel (comme si le capitalisme n’était pas pourvoyeur de sex toys à profusion, de films pornographiques, de pilules contraceptives, de préservatifs, propres à la liberté sexuelle hors du couple traditionnel et du mariage). Voilà la première incohérence : si on est libertaire, on est capitaliste.
La seconde incohérence se situe à mon sens au niveau historique. Prenons un révolutionnaire marxiste au hasard : Bénito Mussolini. A-t-il fait sa révolution mu par des intérêts privés, notamment sexuels ? Non. C’était un homme de formation marxiste qui a fait une révolution marxiste, froide, méthodique.

Extrait de « Technique du Coup d’Etat » de Curzio Malaparte

Tous les révolutionnaires ne sont pas marxistes, objecteront avec raison les lecteurs. Prenons un autre révolutionnaire, religieux celui-ci : Ruollah Khomeini. Sa révolution était un volte-face à l’occidentalisation, à la décadence et à la corruption dans laquelle il accusait le Shah de se vautrer (ce qui n’empêcha lui-même d’avoir nombre de vices y compris sexuels, mais sans aller jusqu’aux revendications de PMA des LGBT).

Aucun révolutionnaire dans l’histoire, de Sankara à Gandhi, de Trotski à Primo de Rivera, de Mao à Hitler, n’avait le sexe et sa sexualité comme identité (et donc comme drapeau) ou comme projet.

Ceci n’est pas un drapeau révolutionnaire

Ce que l’on peut tirer de « en face » c’est ceci : cultiver ce que j’aime appeler le « secret de l’alcove », c’est-à-dire ne pas se préoccuper de la sexualité des autres, mais aussi ne pas étaler la sienne. Si « tout ce qui est national est notre » (Maurras) alors ce qui n’est pas national n’est pas notre. Nous n’avons pas le temps de faire la police des braguettes ou de mesurer la longueur des jupes. Et surtout, comme je l’ai dit, ce n’est guère sérieux d’un point de vue révolutionnaire.

Le contrôle au faciès n’existe pas

Ou très peu.

Réfléchissons un moment. Ceux qui liront cet article, à l’exception des militants politiques, notamment ceux très lookés, se comportent de façon normale dans la vie de tous les jours. Ils adoptent une attitude responsable, respectueuse tant des lois que de la morale publique.

De plus, ils exercent des métiers légaux, ou poursuivent des études. Ils s’habillent de vêtements normaux : chemises, pantalons, t-shirts. 

Mettons nous dans la tête d’un policier qui doit contrôler  (« faire du chiffre ») dans le but à peine dissimulé de trouver des consommateurs de substances illicites. Ceux-ci, pour l’essentiel, portent des joggings et des casquettes. Et je me fous que toi ou ton cousin en Lonsdale fume de la weed. Il n’est pas représentatif. La petite et moyenne délinquance, comme la criminalité, s’habille et se comporte de façon plutôt uniforme, vit plutôt dans les mêmes quartiers et est plutôt homogène ethniquement. De fait, René le policier aura statistiquement plus de chances de trouver de la weed sur Karim que sur François. Mais ceci est uniquement du au fait que le premier porte un survêtement de racaille, traîne avec des racailles, et pas le second. Si François vit dans une cité et a réussit à être accepté par ses compères, alors il y aura fort à parier qu’un jour ou l’autre René trouvera de la weed sur lui. De même, Karim peut très bien monter de classe sociale, voter FN, diriger une boîte de sécurité, porter un costard et mépriser les racailles : cela existe. 

On est contrôlé par la police quand on resemble à un délinquant  (nos amis des forces de l’ordre sont des gens simples le plus souvent). Portez un costume et ne dealez pas.