Dolores, l’IRA, l’Irlande et le catholicisme 

Dolores O’Riordan est morte hier lundi 15 janvier à l’âge de 46 ans. La chanteuse des Cranberries, à la voix rageuse, fragile, ou angélique s’est éteinte dans le ciel londonien où elle était venue enregistrer_une dernière fois. 

Dernière d’une famille de sept enfants, la chanteuse irlandaise était connue non seulement pour son talent mais aussi pour des convictions et une âme qu’elle n’a jamais reniées, ce que les médias et les bien pensants ne lui ont jamais pardonné, même dans la mort. Pro famille (« Ode To My Family »), patriote irlandaise ( » God Be With You »), l’auteur des textes de la « sauce aux canneberges » (qui accompagne l’action de Grâce) savait mettre subtilement ses convictions en avant. Elle était également pro peine de mort, prenant pour exemple Singapour, et anti avortement… Comme n’importe quelle Irlandaise catholique née en 1971 (« The Icicle Melt »).

Il y a cependant un contresens que doivent éviter les admirateurs de Dolores, notamment ceux qui s’intéressent à l’IRA et au conflit Nord-irlandais. Pour patriote et catholique qu’elle fusse, elle n’a jamais apporté son soutien à la cause de l’IRA, condamnant même la violence et la guerre à travers sa chanson la plus connue, « Zombie« . L’idée est moins de prendre position contre l’IRA, et notamment sa branche armée, que de tenter de s’interposer entre les belligérants et d’imposer une sorte de paix de Dieu, à une époque où l’Eglise ne répond (déjà) pas/plus à ses aspirations (elle déclarait ne pas aller à l’église). Le refrain ne dit pas autre chose : « But you see, it’s not me/It’s not my family/In your head, In your head, they are fighting/ With their tanks, and their bombs/ And their, and their guns/ In your head, they are crying ». Là où les tanks se réfèrent aux troupes britanniques, les bombes se réfèrent aux attentats de l’IRA (encore que les Black and Tans aient pu se livrer à des actions proches). Ce que hurle Dolores est une supplication et une prière. C’est une jeune femme qui a 22 ans au moment de l’attentat de Warrington évoqué dans la chanson et qui n’a connu que la pauvreté et la guerre. L’accent est mis, on  le comprend, sur le caractère non seulement brutal mais encore lassant de la guerre (« Another head hangs lonely/Child is slowly taken »).

The Cranberries est donc moins un groupe « nationaliste » qu’un groupe catholique, et un groupe irlandais. 

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Le putsch, c’est nous

J’ai déjà dit que l’armée et la police ne sauraient être des soutiens et encore moins des moteurs à une révolution. 

Tout le monde se souvient comment a terminé le putsch des généraux : l’armée a été en définitive mise au pas, humiliée, rabaissée. Ne nous restent que des chansons, des poèmes, des romans et des souvenirs plus ou moins mythifiés du Tonkin, de l’Algérie, de la Normandie, ou du Vercors.

En revanche, le pouvoir de la République semble avoir gardé un souvenir terrifiant et tenace du six février trente quatre : dissolutions de ligue, poursuite de militants, etc. S’il est nécessaire de rester lucide sur la (non) menace que nous représentons pour le pouvoir, il est tout aussi nécessaire de se former intellectuellement à la prise du pouvoir dont on ne peut prévoir la date, à l’inverse d’un putsch militaire parfois bien rigide. 

Nécessaire également les multiples entraves au système et à l’Etat, dans les domaines écologiques, communautaires ou autres : le moment venu, ces réseaux seront bienvenus. 

Ce ne sont pas des soldats qui ont pris le pouvoir en URSS, en Iran, à Cuba, etc. 

Gardez bien cela en tête : le putsch, c’est nous. 

Sexe, sexualité et révolution 

Chaque année, à Paris, San Francisco, ou encore Tel-Aviv a lieu la « Marche des fiertés » ou « Gay Pride « .  C’est l’occasion chaque année pour ses participants, sinon de nous assourdir de mauvaise musique, de revendiquer un certain nombre de droits pour accéder à « l’égalité » au nom du droit à la « différence » (j’imagine que quiconque voit déjà le manque de logique dans l’articulation).

Je ne reviendrai pas tellement sur le problème anthropologique que règle déjà Aristote  (« C’est une grande injustice que de traiter également des choses différentes ») mais sur un autre aspect de la question. 

Les milieux LGBTIQ+ (il faut rajouter une lettre régulièrement, je m’y perds) sont notoirement affiliés à l’extrême gauche anti fasciste, cela non sans tensions récurrentes parfois violentes .

Ainsi, la révolution anti capitaliste, anti raciste, se retrouve couplée d’un volet anti patriarcat et libertaire au sens sexuel (comme si le capitalisme n’était pas pourvoyeur de sex toys à profusion, de films pornographiques, de pilules contraceptives, de préservatifs, propres à la liberté sexuelle hors du couple traditionnel et du mariage). Voilà la première incohérence : si on est libertaire, on est capitaliste.
La seconde incohérence se situe à mon sens au niveau historique. Prenons un révolutionnaire marxiste au hasard : Bénito Mussolini. A-t-il fait sa révolution mu par des intérêts privés, notamment sexuels ? Non. C’était un homme de formation marxiste qui a fait une révolution marxiste, froide, méthodique. 

Extrait de « Technique du Coup d’Etat » de Curzio Malaparte

Tous les révolutionnaires ne sont pas marxistes, objecteront avec raison les lecteurs. Prenons un autre révolutionnaire, religieux celui-ci : Ruollah Khomeini. Sa révolution était un volte-face à l’occidentalisation, à la décadence et à la corruption dans laquelle il accusait le Shah de se vautrer (ce qui n’empêcha lui-même d’avoir nombre de vices y compris sexuels, mais sans aller jusqu’aux revendications de PMA des LGBT). 

Aucun révolutionnaire dans l’histoire, de Sankara à Gandhi, de Trotski à Primo de Rivera, de Mao à Hitler, n’avait le sexe et sa sexualité comme identité  (et donc comme drapeau) ou comme projet. 

Ceci n’est pas un drapeau révolutionnaire

Ce que l’on peut tirer de « en face » c’est ceci : cultiver ce que j’aime appeler le « secret de l’alcove », c’est-à-dire ne pas se préoccuper de la sexualité des autres, mais aussi ne pas étaler la sienne. Si « tout ce qui est national est notre » (Maurras) alors ce qui n’est pas national n’est pas notre. Nous n’avons pas le temps de faire la police des braguettes ou de mesurer la longueur des jupes. Et surtout, comme je l’ai dit, ce n’est guère sérieux d’un point de vue révolutionnaire. 

Le Hellfest : « l’oeil était dans la tombe et regardait Caïn »

Je suis bien plus scandaleux  (littéralement) que la plupart des personnes qui liront cet article. Je pense avoir lu, dit, vu ou fait de quoi choquer les Juifs, les chrétiens, la « gauche », la « droite », les musulmans, les athées, les païens et à peu près tous les milieux culturels et musicaux. 

Comprenez bien dès lors que la seule réaction à « le christianisme est une religion du désert qui a détruit l’Europe » (au moment où l’Empire romain croulait sous le népotisme, la corruption, les révoltes internes, les invasions barbares_ au point qu’il n’y avait quasiment pas de Romains aux Champs Catalauniques) soit au mieux de l’indifférence, au pire de l’agacement. 

Comprenez bien dès lors que la seule réaction à « le métal est la musique du diable qui amène son auditeur/pratiquant en enfer » (quid de ceux qui en écoutent accidentellement ? Est-ce un péché mortel ou véniel ? Par opposition, écouter des chants grégoriens est-elle est une vertu cardinale ? Y a-t-il une bulle papale qui condamne le metal ? Dans ce cas, quid des orthodoxes ?) soit au mieux un soupir de lassitude au mieux un hullulement de rire mal contrôlé. 

En réalité, il existe des arguments de fond contre le HellFest : 

  • Son public : jeune et/ou immature notamment musicalement. Je suis pour ma part un gros c… Un élitiste. Je préfère les publics restreints et de meilleure qualité.
  • Son prix. Pas besoin de développer. En plus c’est loin de chez moi.
  • Les groupes. Slayer tous les trois ans, merci. Et Chelsea Wolfe en festival NON MAIS ALLO QUOI.
  • L’ambiance Disney mon cul. J’aime bien DisneyLand mais pas dans un festival de metal. On mélange pas les torchons et les serviettes.

Mais Max Yme en parle mieux que moi ici.

Tous les ans à la même période, un certain nombre de catholiques râlent sur les réseaux sociaux contre la « fête de l’enfer ». C’est leur droit. Mais j’aimerais sincèrement que ceux qui sont proches de la cause nationale (pas les cucks qui ont voté Macron au deuxième tour; on vous voit) sinon d’approuver ou même de tolérer, au moins de vous taire. Les médias et les autres politiques (sans même parler du milieu métal/culturel, constitué lui même bien souvent d’abrutis finis, j’en conviens !) vous ringardisent et vous ridiculisent. Mais par leurs amalgames et leurs caricatures, nous nous retrouvons dans le même sac que vous ! 

Vous aurez noté que je n’ai pas perdu mon temps à essayer de vous décrypter les paroles, vous dire que tel ou tel chanteur était catholique, ou que au final c’est du théâtre. Il y a à ça deux raisons. La première est que le HellFest, enfant du défunt FuryFest, existe depuis plus de dix ans. Malgré toutes les critiques que j’ai à lui faire, c’est une industrie qui marche. Si vous aviez voulu écouter et comprendre, vous l’auriez fait, depuis le temps. La seconde raison est que vous nous emmerdiez déjà avec Elvis dont les déenchés « sataniques » auraient du le pouvoir de pervertir les jeunes filles. 

Alors pensez « politique » et arrêtez de voter Macron et autres cucks.  

Une flamme à transmettre

Je m’entends souvent dire (rire) que mon combat (le nationalisme) est vain et qu’il n’aboutira jamais, ou en tout cas, que je n’en verrai jamais les fruits. C’est probable. Mais c’est là une donnée que j’ai en tête depuis que je me suis engagé en politique, avant même d’être converti aux idées du nationalisme intégral. Et à ce moment là, d’autres, de mon âge ou plus vieux, étaient déjà là en train de (re)construire. Il faut être naïf pour penser qu’une défaite démocratique pèse sur le coeur d’un monarchiste… 

Il existe sur l’île de Crète un olivier âgé de trois millénaires. Il était là avant Athènes, Sparte, Rome, Byzance, les royaumes européens et leur a survécu. Sa force et sa vigueur ne se sont pas faites en un jour, et il a du lutter contre le vent, les parasites… John R.R Tolkien disait « Les arbres aux racines les plus profondes ont les branches les plus vigoureuses ». Je ne verrai pas le fruit de mon travail, non plus que mes enfants. Mais peut-être que mes petits-enfants pourront achever mon oeuvre, notre oeuvre.

 En attendant, il faut repenser notre esthétique, nos rapports aux médias, au travail, à l’Etat. Sortir du « ghetto faf » dans lequel nous nous complaisons. Etre rigoureux dans notre façon de communiquer pour ne laisser place à aucune faille, tels que ces hoax et fakes grossiers que même certains cadres de partis et dirigeants relaient. L’avènement d’internet et des réseaux sociaux a prouvé d’une part que les médias traditionnels étaient discrédités et d’autre part que nous pouvions faire du travail de journalisme, de réflexion : ne tombons pas dans les pièges du complotisme, du hoax ou de l’hystérie. 

Repenser l’esthétique, c’est réfléchir à des (nouveaux) héros, ne pas confondre identité, codes, et sectarisme. Il faut brûler les codes des années 70/80. Si le 6 février 34 ou Dien Bien Phu sont des références émouvantes, sympathiques ou amusantes elles ne parlent plus à personne : dans 15 ans, cela fera un siècle de 6 février ! Créeons un autre six février plutôt que de nous lamenter sur l’échec du premier. « La tradition est la transmission de la flamme et non la vénération des cendres » disait Gustav Mahler. 

Transmettons. 

De la défaite finale de la pensée d’extrême gauche

Les élections présidentielles approchent à grand pas et chacun mesure, je crois, l’enjeu « de civilisation » (pour reprendre les mots de Marine Le Pen) qu’elles supposent. Mais elles supposent quelque chose de plus profond.

Imaginons un second tour Emmanuel Macron-Marine Le Pen. Ceci n’est pas à exclure. Si du côté du candidat de En Marche ! la bulle médiatique et politique semble se dégonfler, malgré le récent soutien de Bernard Henri Lévy, la dynamique n’est entachée que par le doux parpaing du réel : ce candidat est vide, et ne représente que la banque, ses meetings sont pénibles et creux. De l’autre côté, la base électorale semble solide malgré les peaux de banane jetées sur la route de Marine Le Pen par le système; en témoigne la grotesque polémique autour de la rafle du Vel’ d’Hiv’.
Lors de ce second tour, c’est évidemment l’extrême gauche anticapitaliste qui aurait le plus à perdre. Je m’explique. Il est évident que ni Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière) ni Philippe Poutou (NPA) ne pourraient appeler à voter pour le candidat de la banque Rotschild. Mais considérant leur électorat (militants associatifs d’extrême gauche, antifascistes, militants pro Palestine, LGBT, etc) ils ne pourraient appeler pour la candidate patriote (enfin, ça se dit fasciste chez eux). Se taire jetant un discrédit peut-être plus grave, on voit bien la défaite finale de la pensée et du logiciel d’extrême gauche d’inspiration trotskiste en France. C’est donc moins la victoire d’un tel ou d’un tel que l’extrême gauche redoute que leur face à face avec leurs propres contradictions.

Les rebeux et l’antisionisme : histoire d’une escroquerie 

Pour comprendre « d’où je parle », comme disent les cibles principales de cet article, il est je crois nécessaire de montrer que je connais bien mes sujets, tant par ma vie que mes engagements politiques : les rebeux, les beurs, d’une part, et le conflit israélo-palestinien d’autre part. 

Je suis né à une autre époque appelée le XX ème siècle, dans une guerre froide mourante, quand il y avait encore deux Allemagnes.

A l’âge de six ans, j’ai intégré l’école publique de mon quartier. Nous étions deux Européens : une jeune Portugaise et moi même. Et tout au long de ma scolarité dans le public (maternelle/primaire/lycée) les Européens, les Blancs, les babtous ne furent majoritaires Au lycée ils étaient tout au plus 40%, dont une bonne part avaient assimilés des codes qui n’étaient pas les leurs.

Revenons au sujet. A cette époque, lors de mes cours d’histoire et de géographie balbutiant, j’appris à placer l’Italie, la Suisse, les Îles Britanniques etc. Point de Palestine. Ah si : on me parla de Terre Sainte pour me dire qu’à l’appel du Pape Urbain II, et pour protester contre les persécutions subies par les pèlerins chrétiens, les Européens avaient lancé la croisade. A cette époque, si tension ou rancoeur il y avait dans les coeurs de ces petits Mohammed, ils avaient l’élégance de les taire. D’ailleurs, aucun tag, aucune affiche ne décorait murs et poteaux des villes. 

J’entends les Jean-Politologues répéter : « Depuis la seconde Intifada tout a changé ». En effet. La vérité est simple, pour un conflit qui ne l’est pas : les rebeux ont trouvé avec l’antisionisme de gauche une façon d’importer et d’exprimer leur antisémitisme à peu de frais. 

Je peux éventuellement comprendre que ça fasse pas trop bander

Cela leur donne bonne conscience (combat contre l’impérialisme, justification spritualo-humaniste depuis les attentats du onze septembre et l’approbation de divers cheikhs du Golfe) à eux qui vivent dans des pays démocrates, tempérés où rien ne manque (et certainement pas les diverses prestations sociales), si l’on compare à des pays comme l’Égypte ou l’Irak. 

J’ai été moi même un antisioniste véhément. Par anti impérialisme, j’ai été un soutien de la cause palestinienne. Je ne m’en suis jamais caché. Mais j’estime : 1° Qu’un peuple qui élit le HAMAS, mouvement terroriste, antisémite, antichrétien, corrompu et népotique, ne mérite pas mon soutien et en tout cas doit en assumer les conséquences politiques… Comme une pluie de missiles de la part de Tsahal;

2° Qu’une guerre est une guerre : des enfants, des femmes, des hommes meurent. Et cela, les Arabes du monde entier sont incapables de le voir, plus particulièrement les rebeux en bac pro carrosserie. (J’ai rien contre les carrossiers… Comme tout pamphlet, ya des personnages, hein).

3° Qu’il est hypocrite de soutenir une cause sans se battre réellement pour elle, à l’image de rebeux dealers de drogue. 

Le soutien des rebeux à la Palestine est donc doublement de mauvaise foi : ils ne connaissent rien de la réalité là bas (aucune lecture, aucune rencontre etc), et utilisent une cause comme exutoire à des sentiments de haine. Par cette démarche, ils se rendent complice de mouvements antisémites et dangereux en important le conflit en France (bien que d’autres officines juives ne se privent pas de faire de même !). Que le lecteur soit bien conscient : je n’ai aucun avis sur le conflit israélo-palestinien. Je n’en ai plus. Ni kippah, ni keffieh. 

Mais ça c’est pas mon délire. Et puis le blanc me va mal au teint.

Verdun, la terre, et les morts

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Ceci est la fiche d’engagement d’un de mes arrières arrières grand oncles, que j’ai « censurée » pour d’évidentes raisons. Il fait parti des masses innombrables de Français, d’Allemands, d’Anglais, de Belges, d’Ecossais tombés lors de la bataille de Verdun. Volontaires, comme lui, ou enrôlés, ils sont venus mourir loin de chez eux et de leur vie de paysans et d’ouvriers (voyez son lieu de naissance) non pas, comme le disent avec cynisme nos dirigeants et nos élites actuelles, « poussés par le nationalisme », mais parce qu’il le fallait. A ce propos, et avant de poursuivre, quelqu’un saurait me dire combien de ministères étaient tenus par la Ligue des Patriotes ou l’Action Française en 1914 ?

Je n’ai pas mis cette fiche pour me vanter ou m’attirer un quelconque mérite. Je ne suis pas fier de quoique ce soit, car contrairement à certains rappeurs, je ne pense pas que les fautes et les mérites se transmettent. Il a fait son devoir, c’est lui, et ses milliers de camarades venus de Bretagne, de Savoie, du Bourbonnais, de Paris, de Picardie, et de régions aujourd’hui oubliées que nous devrions honorer, comme nous avons toujours honoré les morts et en particulier les héros.

Aujourd’hui, à quoi avons nous assisté pour les commémorations du centenaire de la plus grande bataille de la Première guerre mondiale ? Un grotesque happening dans l’esprit du festivisme du XXI ème, digne de la Gay Pride de la veille. Pour honorer les morts de la Grande Guerre, nos élites ont eu le cynisme d’organiser un flash mob géant au rythme des tambours, avec des « jeunes », courant en tout sens entre les tombes, vêtus de couleurs bariolées, avant de s’enlacer et de se vautrer sur le sol.

Le jeunisme et le festivisme sont les deux tentacules de la société du spectacle. Il est cynique et hypocrite de vouer aux gémonies médias et politiques car dans cette arène, ils ne sont que les animaux de cirque, et nous les spectateurs. Le sens du Sacré et de la Tradition a disparu du monde moderne, où les frontières du Temps et de l’Espace : un temps pour tout, dit l’Ecclesiaste : « 3 Il y a un moment pour tout et un temps pour toute activité sous le ciel:
2 un temps pour naître et un temps pour mourir, un temps pour planter et un temps pour arracher ce qui a été planté, 3 un temps pour tuer et un temps pour guérir, un temps pour démolir et un temps pour construire, 4 un temps pour pleurer et un temps pour rire, un temps pour se lamenter et un temps pour danser, 5 un temps pour lancer des pierres et un temps pour en ramasser, un temps pour embrasser et un temps pour s’éloigner des embrassades, 6 un temps pour chercher et un temps pour perdre, un temps pour garder et un temps pour jeter, 7 un temps pour déchirer et un temps pour coudre, un temps pour se taire et un temps pour parler, 8 un temps pour aimer et un temps pour détester, un temps pour la guerre et un temps pour la paix. 9 Mais quel avantage celui qui agit retire-t-il de la peine qu’il se donne? 10 J’ai vu quelle occupation Dieu réserve aux humains. » (Ecc.3.1-10).

A partir du Moyen Age, ne pouvaient être enterrés dans le cimetière chrétien que les corps des chrétiens. Et réciproquement, seuls les corps chrétiens pouvaient sanctifier une terre et la faire chrétienne. On voit bien là le signe d’un lien indéfectible, à la fois tellurique et céleste, entre la terre et les morts. Mais ceci est bien plus ancien : dans Antigone de Sophocle, la protagoniste s’oppose à son oncle Créon pour pouvoir faire enterrer son frère en terre consacrée, nous montrant là encore l’importance du lien entre les Dieux, la terre, la famille et les morts. C’est cette vision du monde d’un cosmos parfaitement ordonné (par opposition au chaos) que les Grecs nous ont transmise.

Les morts de Verdun ignoraient pour la plupart Aristote, Sophocle, et n’étaient sans doute pas de fervents théologiens, encore que la plupart fussent de biens meilleurs catholiques que l’auteur de ces lignes.

J’en viens maintenant à un autre point : François Hollande aurait déclaré, je cite : « Ils s’appelaient Gustave, Erich, Mohamed. Ils étaient catholique, protestant ou musulmans ou ne croyaient en aucun Dieu ». Las ! Je sais bien que le catholicisme vous semble un peu poussiéreux, messieurs les élites ! Mais même au début du XX ème siècle, la majorité des Français étaient catholiques, et pas musulmans.

Eugénie Bastié racontait il y a peu une anecdote : quelques années après la Grande Guerre, Poincarré se rendit sur les tombes des morts en compagnie de Poilus. On fit une photo. Horreur ! Le président Poincarré souriait ! Le scandale fut terrible, dans tous les journaux, de l’Humanité au Figaro.

« Ὦ ξεῖν’, ἀγγέλλειν Λακεδαιμονίοις ὅτι τῇδε κείμεθα, τοῖς κείνων ῥήμασι πειθόμενοι »
« Etranger, annonce aux Lacédémoniens, que nous gisons ici obéissant à leur Lois    Hérodote, 7, 228

 

 

L’Etat, l’extrême-gauche, l’extrême-droite, et la police

ACAB et autre anti-flicisme de salon.

 

Premier constat : dans tous les pays du monde, et la France ne fait pas exception, la police et l’armée sont légalistes. Si en Afrique ou en Amérique Latine, par exemple, l’allégeance au pouvoir peuvent être remises en cause, c’est parce qu’elle est tribale (comprendre : ethno-raciale). Mais dans le fond, un policier, un militaire, comme un électricien, un plombier, un épicier ne pense qu’à manger. Et dans son cas précis, comme tous les fonctionnaires, l’Etat est la source de son gagne-pain. Voilà pourquoi les policiers et les militaires sont légalistes et aiment l’ordre_et suivent celui-ci, et LES ORDRES, ceux des préfets, des ministres et autres. Dans les pays « démocratiques » qui sont les nôtres, ils peuvent bien entendu avoir un avis politique, voter, encore que, concernant les militaires, le droit de vote ne leur ait été accordé qu’après les femmes…

Quand on a établi ce constat, il est illusoire de croire en 2016 au putsch militaro-policier. Croire à des contacts, des coups de main ponctuels voire au moment décisif lors dudit putsch est déjà plus lucide. Mais s’engager dans un complot visant à faire s’effondrer toute la machine politico-administrative qui vous nourrit, c’est pour un militaire ou un policier impensable.

Comprenez par conséquent que comme les susévoqués électricien, plombier ou épicier, ceux-ci ne font (hélas) que leur travail quand ils vous cassent la figure, apprentis révolutionnaires d’extrême droite ou d’extrême gauche. J’utilise d’ailleurs à dessein ces termes car ils sont ceux que les médias vous collent à la peau : peu importe que vous vous revendiquez « anarchistes », « royalistes », « nationalistes », « catholiques », « apolitiques », etc. Si votre projet politique et social dérange l’ordre républicain et démocratique en place, il y aura une réponse policière immédiate.

Et tout ceci n’est que théâtre : la République, c’est Créon, de Sophocle. La question est donc : qui sera Antigone, c’est-à-dire qui saura (qui pourra) incarner la figure de légitimité face à un pouvoir politique légal mais de moins en moins légitime. Ceci est une autre question.

Par conséquent, la position de notre rapport à la police (et aux autres forces de l’ordre) doit être nuancée, mesurée : un soutien aveugle en deviendrait absurde, et nous ferait perdre de vue notre projet révolutionnaire. Cependant, ne pas condamner les violences elles aussi aveugles dont elles sont victimes, serait stratégiquement néfaste. En effet, il faut bien être conscient que de part leur légalisme, si nous arrivons à nos fins (la prise du pouvoir politique), nous aurons besoin d’elles. Et tous les policiers, militaires et gendarmes ne pourront pas adhérer à la totalité des idées que nous promouvons aujourd’hui à la radio, sur internet, dans les journaux, ou dans la rue. Ce qui nous protégera, c’est précisément ce qui nous gêne aujourd’hui : leur légalisme.

Usons donc avec mesure des slogans « ACAB » quand bien même la police nous inspirerait méfiance, voire haine.