Métal Hurlant : cri d’une époque, cri de révolte

A l’aube des années 80 sortit sur les écrans une oeuvre baroque, un film d’animation pas du tout pour les enfants, Métal Hurlant (Heavy Métal en version originale).

S’inspirant de la revue éponyme, le film de Gerald Potterton, produit par Ivan Reitman, est le symptôme de son époque. Il est l’adolescent qui, au « Qu’ai-je fait pour avoir un fils pareil ! » répond en hurlant et en branchant sa guitare électrique. C’est ce que raconte Métal Hurlant, film nihiliste et bruyant qui suit les aventures du Loc-Nar, une bille verte symbolisant le mal absolu.

Je dois prévenir le lecteur que cet article n’est pas exempt de « spoils ».

Métal Hurlant ou la fin du rêve américain et du rêve hippie

Esthétiquement à la fois sale et très coloré, le film marque, d’un point de vue politique, philosophique et technique trois choses.

La première est la fin du rêve américain. Au début des années 80, les Etats-Unis se réveillent avec la gueule du bois. La guerre du Vietnam, les diverses crises en Amérique latine, la révolution iranienne ont porté un coup à leur hégémonie culturelle, militaire et diplomatique sur le « monde libre ». Il est vrai que dans ce contexte de guerre froide, leurs adversaires soviétiques ont subi des revers de nature proche, en Afghanistan, en Hongrie ou en Tchécoslovaquie. Mais pour les Etats-Unis, la crise est sérieuse. Cela se voit dans la deuxième séquence du film, dans laquelle évolue Harry, chauffeur de taxi désabusé, solitaire, et mal rasé. Dans cette séquence, qui se passe une New York futuriste (où le spectateur observateur remarquera la présence du WTC), la grosse pomme est sale, surpeuplée, envahie d’aliens (réminiscence du racisme lovecraftien?). La police est plus inutile et corrompue que jamais, incapable d’aider Harry lorsqu’il se présente avec « la gonzesse » fille d’un célèbre archéologue qui vient de trouver une mystérieuse pierre. Ce nihilisme, cette corruption, et cette violence, closent définitivement, si cela était encore nécessaire, le rêve hippie de liberté. Même la drogue a perdu son aspect gentiment récréatif et sympathique dans Métal Hurlant : les deux pilotes extraterrestres qui en consomment ne sont plus que de vulgaires cocaïnomanes proches de nos jet-setteurs ou de nos bobos. Voilà pour le second point. Pour ce qui est du troisième, les années 80 marquent d’un point de vue philosophique et technique une nouvelle étape dans la conquête spatiale. L’idée que peut être nous sommes seuls dans l’univers progresse : autre nihilisme.

30 ans avant Elon Musk

Un nouveau rapport au corps

Emblématique de son époque, le film l’est aussi par son rapport aux sens et au corps.

C’est le cas notamment avec la musique. Tous les groupes du moment semblent s’être donnés rendez-vous sur la bande son : Trust, Black Sabbath, Blue Öyster Cult, Nazareth… Pour un adolescent qui avait entre quinze et vingt ans, donc né de parents hippies, cette bande-son était celle de sa révolte. Il s’agissait là des premiers groupes qualifiés de heavy metal ou du hard rock, balayant l’ancienne génération de Led Zeppelin et Deep Purple, et puisant pour certains, comme Iron Maiden, des influences dans le punk.

Mais les adolescents en ébullition des années 80 trouvèrent dans Métal Hurlant ce que tous les jeunes garçons cherchent : de la bagarre, et des femmes nues. Entre récits d’aventures vaguement pulp et film d’animation, les (anti) héros de Métal Hurlant sauvent, séduisent et couchent avec de splendides jeunes femmes (et parfois dans le désordre). L’exception notable est le personnage de Taarna (personnage aux caractéristiques arthuriennes étonnantes) puisqu’il s’agit d’une femme et qu’elle se bat à moitié nue; et sans coucher avec personne, ni prononcer un mot, d’ailleurs.

Le Loc-Nar : rire (et vaincre) de la mort

Le film, je l’ai dit plus haut, tourne autour du Loc-Nar, qui représente le mal et la mort. Toutes les séquences, sans lien géographique ou temporel entre elles, n’ont que cet élément comme lien. Elles aboutissent en général à la mort dans d’atroces souffrances d’un ou plusieurs personnages.

L’intérêt est double. Le premier est d’abord purement esthétique, comme la séquence où le Loc-Nar ressuscite des pilotes de la seconde guerre mondiale pour en faire des morts vivants, ou bien plus amusante lorsqu’il transforme un benêt, témoin d’un procès, en brute qui détruit tout sur son passage à bord d’une station spatiale.

Bouh !

Le second intérêt, outre la réflexion sur la banalité du mal (que les ayants droits de Hanna Arendt m’envoient leurs avocats) est sa nécessité : le mal est. Il est nécessaire. Mais comme à tout pouvoir il doit y avoir un contre-pouvoir, Taarna intervient pour empêcher les ravages de cette chose sans âge.

Métal Hurlant, film culte et sauvagement drôle, a laissé une faible postérité. il n’aura donné qu’une suite (Métal Hurlant 2000), un clin d’oeil dans un épisode de South Park, et dans le film Le cinquième élément de Luc Besson. Il reste pour beaucoup de cinéphiles, de fans de métal (notamment les plus vieux) un objet (de) culte.

J’ai laissé de côté les analyses plus évidentes telles que les influences de Donjons et Dragons, de la fantasy des années 30 (Tolkien, Robert E. Howard mais surtout Lovecraft) à dessein. L’idée était de donner à voir une analyse nouvelle de ce chef d’oeuvre méconnu.

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Dolores, l’IRA, l’Irlande et le catholicisme 

Dolores O’Riordan est morte hier lundi 15 janvier à l’âge de 46 ans. La chanteuse des Cranberries, à la voix rageuse, fragile, ou angélique s’est éteinte dans le ciel londonien où elle était venue enregistrer_une dernière fois. 

Dernière d’une famille de sept enfants, la chanteuse irlandaise était connue non seulement pour son talent mais aussi pour des convictions et une âme qu’elle n’a jamais reniées, ce que les médias et les bien pensants ne lui ont jamais pardonné, même dans la mort. Pro famille (« Ode To My Family »), patriote irlandaise ( » God Be With You »), l’auteur des textes de la « sauce aux canneberges » (qui accompagne l’action de Grâce) savait mettre subtilement ses convictions en avant. Elle était également pro peine de mort, prenant pour exemple Singapour, et anti avortement… Comme n’importe quelle Irlandaise catholique née en 1971 (« The Icicle Melt »).

Il y a cependant un contresens que doivent éviter les admirateurs de Dolores, notamment ceux qui s’intéressent à l’IRA et au conflit Nord-irlandais. Pour patriote et catholique qu’elle fusse, elle n’a jamais apporté son soutien à la cause de l’IRA, condamnant même la violence et la guerre à travers sa chanson la plus connue, « Zombie« . L’idée est moins de prendre position contre l’IRA, et notamment sa branche armée, que de tenter de s’interposer entre les belligérants et d’imposer une sorte de paix de Dieu, à une époque où l’Eglise ne répond (déjà) pas/plus à ses aspirations (elle déclarait ne pas aller à l’église). Le refrain ne dit pas autre chose : « But you see, it’s not me/It’s not my family/In your head, In your head, they are fighting/ With their tanks, and their bombs/ And their, and their guns/ In your head, they are crying ». Là où les tanks se réfèrent aux troupes britanniques, les bombes se réfèrent aux attentats de l’IRA (encore que les Black and Tans aient pu se livrer à des actions proches). Ce que hurle Dolores est une supplication et une prière. C’est une jeune femme qui a 22 ans au moment de l’attentat de Warrington évoqué dans la chanson et qui n’a connu que la pauvreté et la guerre. L’accent est mis, on  le comprend, sur le caractère non seulement brutal mais encore lassant de la guerre (« Another head hangs lonely/Child is slowly taken »).

The Cranberries est donc moins un groupe « nationaliste » qu’un groupe catholique, et un groupe irlandais. 

Mort aux voyages

Je proclame ici ma haine, provocatrice et iconoclaste, des voyages, du bougisme, des « échanges » et du pire de leurs enfants monstrueux : le tourisme.

Il y a tout d’abord l’aspect écologique, tout à fait évident : « faire » Cuba, la Thaïlande, le Maroc, l’Afrique du Sud et l’Argentine, en avion, bonjour l’empreinte écologique. Et les bobos de nous reprocher de faire et d’élever des enfants !

Il y a l’aspect économique ensuite. Il est difficile de me traiter de pingre mais je trouve que dépenser son argent dans plus d’un voyage hors de son continent dans sa vie est une folie et un gâchis. À titre personnel, en dehors d’une poignée de pays européens que je compte parcourir en train, en voiture ou en bus, il n’y a guère que le Japon ou l’Iran que je compte visiter. Et cela même si d’autres pays (Inde, Egypte.. ) pourraient a priori m’attirer. Je n’irai pas. Je mourrai peut-être avec des regrets mais c’est ainsi.

Il y a ensuite l’aspect touristique et identitaire. Nous attaquons là le cœur du problème. Je suis épuisé de voir des hordes de Russes, Japonais, Chinois, Qataris quand je visite Paris, capitale de mon propre pays. Et ce sans avoir quoique ce soit contre ces peuples, bien au contraire. Je hais le tourisme, le mitraillage photographique, le piétinement sur les trottoirs, devant les statues et dans les musées. Je n’arrive plus à me satisfaire de l’aspect économique de cette muséification. Notre pays subit une lente thanatomorphose que l’Etat, via la culture, les châteaux, les musées, ralentit pour tirer de cette thanatopraxie de précieux écus. 

Je confesse une certaine nostalgie du temps où les voyages se limitaient à l’aspect colonial ou aux récits de voyage (les « carnets indiens » de Hermann Hesse, « Au pays des contes » de Knut Hamsun, ou encore les livres de Rudyard Kipling).

À ce titre, les compagnies aériennes low-cost sont mes ennemies (il paraît que Paris-Los Angeles sera sous peu à moins de 400 euros !). 

Le touriste qui « fait » les pays comme on « fait » les magasins, en les pillant sans les aimer, sans les apprécier, sans s’en imprégner, est un des stades suprêmes de l’apatride_ et sans doute un des pires : lui est inconscient et purement esthétique. 

Mort aux voyages. Mort aux touristes. 

Les monomaniaques…

… Et comment ils stérilisent l’action révolutionnaire.
Je définirais le terme de monomaniaque par quelqu’un qui a un degré de connaissance et d’intérêt si poussé dans un domaine que cela vire à l’obsession et le coupe des réalités du monde.

Tout le monde, dans le milieu « nationaliste » connait ces gens, obsédé qui par tel lobby, qui par tel autre. Leur connaissance pointue, acquise par la lecture et la fréquentation du milieu de près ou de loin (parfois de très près _ vous seriez surpris), en fait souvent de bons érudits. Associé à une bonne plume voire à un charisme certain, une poignée de monomaniaques arrivent à se faire connaître et à partager leurs connaissances.

Mais le problème, c’est qu’un grand nombre de médiocres les imitent : hystérie, fanatisme quasi religieux, suspicion vis à vis des « dissidents », procès d’intention, attaques ad hominem, etc.

Ce qui était au départ une intention louable (critique des lobbies, dénonciation des collusions politico-industrialo-militaires, etc.) sur la base du doute si helleno-chrétien, ressemble d’avantage à la minute de la haine de 1984 ou au tribunal du Sanhédrin.

Qu’il soit entendu ici qu’il n’est pas question de nier ni l’existence ni l’influence des lobbies communautaires, pétroliers, militaires, ou autres. Néanmoins, j’aimerais attirer l’attention sur deux éléments importants. Premièrement, un monomaniaque est épuisant : il n’a en général qu’un sujet de conversation ou alors finit par tout rapprocher ou remonter à celui-ci. Par exemple, les antisémites hystériques vous parleront À COUP SÛR de l’influence juive à Hollywood, de la Kabbale, de Gal Gadot ancienne miss Israël, si vous lui demandez en toute innocence cinéphile s’il a vu Wonder Woman. Alors que ce n’est pas le sujet.

Vous l’aurez compris, il est difficile de trouver à ces gens amis et partenaires amoureux, même si vous en êtes proches vous même. Difficile en effet de présenter quelqu’un : « Salut, voici Paul. Paul est physicien et euh dans la vie il n’aime pas les Noirs ».

Deuxièmement, l’impasse du prisme monomaniaque dans une perspective révolutionnaire. Si la critique et la dénonciation de lobbies, groupes d’intérêt et de pression est utile, le militantisme, les actions de terrain, le réenracinement sont eux bien plus utiles sur le long termes, et bien moins coûteux financièrement et judiciairement. Rappelez vous qu’un militant en prison, surtout en ce moment,est inutile. Vous ne ressortirez pas super musclé, plein de tatouages avec une cicatrice sur torse, respecté des prisonniers et des gardiens : vous sortirez probablement dans un cercueil.

La critique superficielle de ces lobbies, de façon monomaniaque, est intellectuellement confortable : Elle permet de se dire que « de toutes façons on ne peut rien faire », « c’est comme ça », « c’est injuste », « ils contrôlent tout et on ne peut rien y changer ». Or le tyrannicide a été théorisé de longue date. Les maîtres injustes peuvent et doivent être abattus. En cinq, dix ou deux cent ans, peu importe.

Mais il m’apparaît inconcevable d’être ankylosé intellectuellement et physiquement par l’idée que « c’est trop tard parce que « ils » contrôlent tout ».

D’un point de vue militant d’autre part, il est nécessaire, je l’ai dit plus haut, de dénoncer les lobbies, associations, groupes de pression, qui : 1) Détournent l’impôt des Français; 2) Fractionnent la communauté nationale et les communautés historiques; 3) Agissent au profit de puissances d’argent ou de pays étrangers (Arabie Saoudite, Qatar, Etats-Unis, Israël, Russie, Iran, Turquie, Azerbaïdjan, Algérie, pour les plus évidents; je doute qu’il y ait un lobby papou ou guatémaltèque à l’assemblée nationale). Cette dénonciation doit être régulière, systématique, mais surtout pertinente : on peut le déplorer mais certains choix de mots sont parfois hasardeux voire dangereux, notamment dans la presse. Ils peuvent coûter à leurs auteurs amendes, prison voire carrières professionnelles entières. A quoi sert un militant en prison, en ces temps de où la solidarité militante et les militants se font rares ? A rien du tout. Un militant en prison ne peut pas travailler, ni cotiser, ni protéger sa famille ni militer. En outre, vu le contenu des prisons françaises, il risque sa vie chaque minute.

Dès lors, il est curieux que certains se soient fait une spécialité (nous n’osons dire une rente) de la dénonciation de certains lobbies bien précis et ce sans jamais avoir mis un pied à Fleury Mérogis ou à Fresnes dont, ils espèrent sans doute marquer à leur tour marquer l’histoire de leurs vers inspirés. Cela vient peut être du fait du caractère relativement inoffensif de ces individus : qu’est ce qu’un journal « nationaliste » qu’on attaque pas ?

Les locaux de l’AF Marseille attaqués à l’explosif. Dans les années 90, c’était les locaux de Paris qui avaient été plastiqués par l’extrême gauche.

On rétorquera que Charlie Hebdo a vu ses locaux attaqués en janvier 2015. C’est précisément parce qu’il dérangeait des musulmans en train de prendre le pouvoir et de promouvoir une idéologie par la terreur qu’il a été attaqué. Le Figaro, le Monde, la Croix, Libération, ne sont pas et ne seront jamais attaqués en tant que tels car ils sont résolument modernes.

N’oubliez pas que « tout désespoir en politique est une sottise absolue ».

Des nouvelles mythologies et des nouveaux héros dans le milieu nationaliste

J’ai déjà dit à quel point les héros, passés et à venir, étaient nécessaires à la construction de l’identité des peuples et des nations. Comme disait Paul Claudel « la jeunesse n’est pas faite pour le plaisir, elle est faite pour l’héroïsme ». Le sujet qui m’amène ici est la variété des mythologies où chacun puise ses références et se crée ses héros. 

Il n’y a sans doute pas de meilleur cadre que la guerre, en Europe ou ailleurs, pour faire frissonner de jeunes militants au coin du feu, une guitare à la main. Les deux guerres mondiales, les guerres coloniales (Indochine et Algérie) d’abord, aujourd’hui le conflit russo-ukrainien, sans parler des divers conflits au Moyen-Orient, ou des guerres qui ensanglantèrent l’ex-Yougoslavie agonisante. A des centaines ou des milliers de kilomètres, à des décennies de distance, chacun se choisit un camp comme quand on jouait aux cow-boys et aux Indiens étant petit. Chacun dit « je supporte telle cause » ou « en ce temps là, j’eusse rejoins telle faction ». Cette attitude devrait être selon moi être mesurée précisément en raison du manque d’information et de recul historique que nous avons, dans notre confort d’occidental du début du XXI ème siècle. Nous avons appris que les images et les discours pouvaient être détournés  (exemple du massacre de Katýn) et que les hommes politiques comme les journalistes n’étaient que peu fiables (exemple des armes de destruction massive de Saddam Hussein).

C’est pourquoi je suggère de faire appel à ces mémoires mythifiées avec le plus grand soin, la plus grande prudence. Nous devons être fiers de nos ancêtres et de ce que nous transmettrons à nos enfants.

 

Koz toujours, tu ne m’intéresses plus !

Dans les bonnes familles de Paris, Lyon, Bordeaux ou Angers, le catholicisme vit et survit. Comme un lierre, il s’accroche et croît (croit?), poussant le long de l’arbre « Foi ». Pratiquant le voeu de surdité et l’endogamie la plus remarquable, ces gens là sont à l’abri pour des siècles. Après eux, autour d’eux, le déluge. 

Mais nous ? Nous les Français de souche, de la France fille aînée de l’Église, mais aussi d’origine polonaise, espagnole, italienne ou portugaise (donc catholiques) qui pense à nous ? Trahis successivement par la gauche des travailleurs, les syndicats et maintenant l’Église, nous sommes désemparés. Il n’y a guère que saint Basile ou Léon Bloy pour nous comprendre quand le Pape François Ier appelle à accueillir encore davantage de migrants !

Nous, piètres théologiens, savons ce qu’est la foi du charbonnier, honorer les morts, protéger sa famille, cultiver sa terre, protéger son église, y prier en silence, honorer les formules du mieux que l’on peut; saint Augustin disait « Si vous ne connaissez pas de prière, inventez en une ».

Or, c’est bien ce peuple, trahi et renié par ses élites et jusqu’à ses pasteurs qui subit le plus les effets dévastateurs de la mondialisation : chômage, désindustrialisation, crise agricole, terrorisme, islamisation, enlaidissement urbain, etc. Dans ces moments de doute, vers qui nous tourner quand journalistes, philosophes, hommes politiques mentent, trahissent et manipulent ? Nous ne pouvons même pas faire confiance à beaucoup de nos élites catholiques tels que le funeste Erwan ‘Koz’ Le Morhedec pour qui la lutte pour ses frontières, son identité et son indépendance, n’est valable que pour les Amérindiens; j’imagine que l’identité française et catholique n’est pas assez exotique au goût de cet internationaliste.

Je te comprends Erwan moi non plus la Bretagne je suis pas fan mais fais un effort merde.

Le problème du catholicisme français  (à l’inverse du catholicisme italien par exemple) est qu’il est intrinsèquement bourgeois. J’en veux pour preuve son incroyable mobilisation contre le mariage pour tous. Si je ne remets pas en cause le bouleversement civilisationnel de celui-ci, ni l’intérêt porté aux enfants porté par les manifestants, je me demande pourquoi ce million de personnes est incapable de se mobiliser contre une menace civilisationnelle tout aussi grande, telle que l’immigration. Le fait de dire qu’il y a peu de Soudanais à Sablé-Sur-Sarthe, à l’île d’Yeu ou à Porte d’Auteuil, endroits forts éloignés des centre-villes et riches en caméras, gardes armés, patrouilles de police, et hautes grilles, fournira peut-être à chacun un début de réponses. 

Les dirigeants catholiques (et pas seulement les clercs) sont en grande partie par leurs actes et leurs discours responsables de la situation morale et politique française et européenne. Il n’est pas difficile de comprendre l’attrait que peuvent avoir les religions païennes, l’islam, ou des choses plus farfelues encore. Ce catholicisme est une boussole cassée. Qui pourra la réparer ?

Docteur Roman et Mister Polanski 

Histoire de relancer un peu d’huile sur le feu, je profite de l’immense bonheur que me procure la nouvelle de l’annulation de la venue de Polanski aux Césars, « meurtri », pour parler de son cas. Tout le monde connaît l’affaire. Non, ce dont je veux parler, c’est de ce double discours de l’intelligentsia sur « l’homme et l’artiste » (en mettant l’emphase sur le O de homme et le A de artiste). Certains artistes, authentiques génies, sont ainsi vouées aux gémonies, et leurs oeuvres à l’Enfer (Robert Brasiliach, Pierre Drieu la Rochelle…). D’autres, parfois non moins sulfureux, se trouvent dans un creux, une zone orange : en parler avec trop de sympathie dans une revue vous range dans le camp des réactionnaires, des nazis, des antisémites (la liste est interminable). On citera parmi eux Knut Hamsun, Ezra Pound, René Guénon, Louis Ferdinand Céline, et d’autres. Pour eux, il est permis (il est nécessaire de séparer « la homme de l’artiste »). Fumisterie ! C’est une hypocrisie sans nom. Une oeuvre, un livre, un poème, un film, n’est pas désincarné. Il appartient à un lieu, un temps, et à un homme. Ce n’est pas le docteur Destouches qui a écrit Voyage au bout de la nuit, et Louis Ferdinand Céline qui a écrit Bagatelles pour un massacre. Il n’y a pas de docteur Jekyll et Mister Hyde en littérature, ni dans aucun art. De la même façon, il n’y a pas un « bon » Roman Polanski qui aurait réalisé Rosemary Baby ou le bal des vampires, et un « mauvais » qui aurait drogué et sodomisé une adolescente de treize ans. Il y a un seul Roman Polanski, qui s’est élevé avant de chute ce jour de 1977, pareil à Lucifer. 

Pourquoi certains artistes, dont nul ne nie le génie et le talent, échappent ils à l’opprobre populaire et médiatique, ainsi qu’au jugement ? Pourquoi Arthur Rimbaud poète est-il valorisé, ce qui est légitime, alors que Arthur Rimbaud trafiquant d’ivoire, ou mercenaire dans la guerre d’Acèh, n’existe que dans les esprits les plus curieux ? Et pourtant, Rimbaud fut autant un trafiquant d’ivoire et un mercenaire que Polanski un prédateur sexuel. De même, Aragon fut un soutien hystérique du régime stalinien, et Sartre, des Khmers rouges. Il est nécessaire je crois de parler de tous les génies en termes d’ombre et de lumière. Polanski ne doit pas échapper à cette règle. 

Les filles n’aiment pas les losers  (niveau supérieur )

​Aujourd’hui mes petits farfadets, j’aimerais me pencher (pas trop, je connais les penchants de certains) sur une épineuse question : la virginité féminine. 

J’aimerais comprendre comment les mêmes mecs arrivent parfois dans la même soirée, l’alcool aidant, à fustiger l’inexpérience sexuelle de leur dernière partenaire et à réclamer une fille « pure ». 

Je ne reviendrai pas sur le fait que vous devriez être heureux qu’une fille s’intéresse à votre vie pathétique et à votre physique de geek asthmatique, mais en ce qui me concerne, si je roule en Aston Martin, je me fous qu’elle soit d’occasion. J’ai déjà rencontré des filles encore vierges et innocentes des choses de l’amour et du corps à 25, 28 ans. Si votre objectif est de rencontrer de telles personnes, elles existent. Il suffit de les chercher. Je vous promets une vie sexuelle monotone. 

Le lecteur plutôt frileux (je n’ose dire réac) est sûrement en train de se dire qu’il vaut mieux Jeanne d’arc que la ribaude du coin. Plusieurs choses à répondre : premièrement, vous faites bien ce que vous voulez de votre sifflet. Deuxièmement, il y a évidemment un juste milieu entre la ribaude du coin, et Marie-Chantal qui sera encore « vierge » comme dans vos souhaits. Troisièmement, ne serait-ce que d’un point de vue physique, c’est triste mais les ribaudes sont mieux fichues.

J’en reviens à mon point de départ. Je trouve sincèrement malsain cette sanctification jusqu’à la quasi névrose de la virginité féminine. Et je la trouve hypocrite quand on connaît les moeurs sexuelles de certains du « milieu », qui se reconnaîtront si d’aventures ils lisent ces lignes. 

Pourquoi « malsaine » ? Parce que cette condamnation de la chair (que vous croyez « traditionnelle » ou « médiévale » alors qu’on baisait beaucoup plus au Moyen-âge) a à mon sens plus à voir avec le puritanisme protestant voire salafiste qu’avec la France catholique, celle qui aime boire des coups et en tirer. 

Allez, sans rancune. C’est joli une fille en jupe non ?

Les filles n’aiment pas les losers (niveau intermédiaire)

Dans un précédent article, et depuis quelques temps en général, je me suis fait « l’avocat du diable » en exposant la thèse suivante : le célibat des hommes vient uniquement de ces derniers. 

Le présent article a pour but de développer cette idée. Après avoir battu en brêche l’idée selon laquelle le féminisme serait à l’origine de tous les maux de la Terre, je me propose d’aller plus loin. En cela, je me rallie aujourd’hui à l’idée de mon ami Yann Merkado selon laquelle ce n’est pas le féminisme qui a dévirilisé et tué les hommes, mais le féminisme qui a pu prendre place dans une société où les hommes étaient moins forts. 

Après la seconde guerre mondiale , les hommes (et je parle autant du genre que de l’espèce humaine) ont voulu faire la paix. Las de mourir au champ de bataille et de s’épuiser à l’usine ou au champ , ils ont accepté le progrès technique, notamment dans le domaine agricole, avec bienveillance. Que l’on me comprenne bien : ceci n’est pas une diatribe anti progrès technique . Il s’agit juste de comprendre comment l’homme a perdu sa place et ses repères traditionnels dans une société en rapide mutation. Dans tout ça, le féminisme comme d’autres phénomènes sociétaux  (libération sexuelle etc), ne sont que des symptômes de changements plus profonds . 

Dès lors, toute critique adressée au féminisme, pour justifiée et nécessaire qu’elle soit, doit s’inscrire dans une remise en contexte plus général. Mais surtout, le féminisme ne doit pas être utilisé comme prétexte, comme je l’ai également dit, à ses échecs, ses erreurs et ses aigreurs. Avant de conquérir Constantinople, pensez à conquérir une femme.

Non, traiter Simone de Beauvoir de pute ne fait pas de vous un grand séducteur.

J’entends déjà les moqueries, les rires, les insultes ou les protestations  (parfois mêlées). Ce n’est pas difficile. Tout est une question d’attitude. Lisez, revoyez votre tenue vestimentaire, vote coupe de cheveux, faites du sport, rangez votre misogynie du XIX ème siècle qui choquerait un ayatollah, et surtout : ÉCOUTEZ LES. Si le mariage de vos parents n’a pas tenu, c’est parce que votre père n’écoutait pas votre mère. 

Scène d’amour courtois

Allez, donnez de l’espoir aux femmes. L’avenir de la  France est entre vos mains. 

Nos ancêtres les Gaulois : de la nécessité de détruire le roman national… Mais intelligemment

Il n’aura échappé à personne l’habile manœuvre politicienne de Nicolas Sarkozy, chantre du métissage, qui se fait aujourd’hui apologiste des racines attaquées de toute part par les vilains Arabes, en évoquant « nos ancêtres les Gaulois » (comme si les Gaulois avaient jamais rencontré les Arabes_les bénis des Dieux).

Donc, au delà tant la fois des manœuvres politiciennes de droite et de gauche, du buzz journalistique que des cris d’orfraie poussés par les associations anti-raciste de tous bord, tâchons de mettre un peu d’ordre là dedans. Je ne reviendrai pas sur le « fond » de l’histoire des Gaulois, sur le fait qu’ils n’arboraient pas de moustache, etc. Si vous êtes assez idiots pour croire à Astérix… Eh bien tant pis !

I/ Nécessité de détruire une bonne fois pour toute le roman national de la III République

Il est nécessaire de rappeler que la formule « nos ancêtres les Gaulois » est une fiction et non un mensonge destiné à assimiler les populations non seulement européennes (Alsaciens, Basques, Bretons, etc) mais également non européennes i-e celles des colonies : c’est le roman national de la III ème République, encore fragile idéologiquement, qui se cherche des héros (allant jusqu’à prendre Jeanne d’Arc, ou Etienne Marcel).

Cependant, cette formule et cette fiction ne reposent pas sur rien. Si les textes de Bainville et Michelet doivent être relus avec beaucoup de distance, ils restent très pertinents. Bainville en particulier, n’a pas « choisi », il n’a pas fait commencer son « Histoire de France » avec les Bambaras ou les Aztèques, ou encore les Han ou les Xhosa. Si les Gaulois sont une multitude de peuples, mus dans des alliance changeantes (ce qui coûta la bataille d’Alésia, et plus tard la vie à Vercingétorix dans le temple de Jupiter, à Rome), ce que par ailleurs personne ne conteste, il n’en demeure pas moins que dès le départ, ce qu’on entend par « Gaule », c’est à dire « territoire peuplé de Gaulois » est plus ou moins l’actuelle France (j’entends : Aquitaine, Belgique, Lyonnaise, pour les provinces sénatoriales, et Narbonnaise, pour la province impériale), s’il n’y a pas de conscience nationale globale (mais dans quel Etat de l’époque est-ce le cas ?), on peut parler de « Gaulois ». Il y a uniformité dans l’artisanat, la langue, les coutumes, etc. Qu’importe en réalité qu’il existât d’autres peuples celtes en Germanie, en actuelle Bohême, en actuelle Espagne, etc.

II/ Que nous reste-t-il des Gaulois ?

J’ai dit plus haut qu’il convenait de défoncer une bonne fois pour toutes le roman national. Mais j’entends déjà tant les apprentis historiens (comprendre : ceux qui regardent des vidéos YouTube) que les patriotes fragiles : « Et mes Gaulois alors ? »

Que nous ont laissé les Gaulois ? 1) Des toponymes. La ville de Lyon tire son nom de Lugdunum, version latinisée de Lug, dieu gaulois de la lumière. Pour un peuple de tradition orale, excusez du peu.

2) Des technologies. La Gaule n’a jamais été chevelue, elle était au contraire déboisée comme pas permis car contrairement au mythe tenace les Gaulois étaient des paysans (éleveurs/agriculteurs) qui avaient donc besoin de vastes surfaces déboisées. A la chute de l’empire Romain, avec la chute démographique, il n’y eut plus personne pour entretenir tant les routes que les surfaces agricoles. Parmi ces technologies, on citera le tonneau, pour stocker le vin que leur avait apporté les Grecs, et dont les Gaulois se montraient très friands. De l’autre côté des Alpes, ces idiots de Romains utilisaient encore des amphores !

3) Du vocabulaire. Pour un peuple de tradition orale, je me répète, mais je trouve ça assez balaise. Voyez plutôt   .

A la lumière de ces trois points, comment nier : 1) Que les peuples Gaulois ont globalement été peu mobiles ?

2) Que « l’invasion » romaine, en l’absence d’une quelconque extermination ou exil forcé des populations présentes sur le sol gaulois, a formé une seconde couche (les Gallo-Romains) à laquelle s’est mêlée une invasion bien réelle (les Francs) ce qui a constitué le terreau principal (85%) de l’essentiel de la population française (paysannerie) jusqu’au XIX ème siècle ?

III/ L’impossibilité de maintenir un roman national

Les Gaulois doivent redevenir un sujet d’étude pour les historiens, les archéologues, les linguistes. Il est impossible de « faire France » (et toc les gauchistes) avec des pans entiers de la population, surtout jeunes, qui se refusent cette assimilation. S’il était possible il y a encore quarante ou soixante ans, de nier l’évidence empirique, ou en tout cas de passer outre, il n’est pas possible d’appeler « descendants de Gaulois » des individus ou des groupes d’individus qui précisément méprisent, maltraitent et tuent les descendants de ces Gaulois.

(SPQR… (Sono Pazzi Questi Romani_ Ils sont fous ces romains !)