Quelle est la différence entre Howard P. Lovecraft et Louis-Ferdinand Céline ?

Cette question, qui pourrait être le début d’une plaisanterie, cache en réalité une interrogation sérieuse et profonde : pourquoi et comment le créateur du mythe de Cthulhu a-t-il réussi à se forger une image respectable, à l’inverse du « bon docteur Destouches », malgré des opinions politiques proches ? Notre propos est non pas de critiquer des idées qui étaient celles d’hommes de leur temps, le premier étant mort en 1937 et le second en 1961, et tous deux acteurs littéraires (et politique pour Céline) des années trente et quarante. Il s’agit plutôt de comprendre comment le milieu politique, médiatique, intellectuel, culturel a donné des gages à l’un, et pas à l’autre. Pourquoi Céline reste sulfureux, alors qu’il a été illustré par Jacques Tardi, peu soupçonnable de sympathies de ses idées ?

I/ Lovecraft et Céline : deux auteurs de leur temps

Il nous parait nécessaire de rappeler que Lovecraft et Céline, génies de la littérature, l’un pour la langue anglaise et l’autre pour la langue française, ont réussi le tour de force de créer de part et d’autre de l’Atlantique une mythologie nouvelle. Si Lovecraft est connu pour le « mythe de Cthulhu », « le cycle du rêve », Céline a pour sa part forgé une langue célinienne. Son style, jouant sur les rythmes, les sonorités, empruntant largement à l’argot, et oscillant entre l’humour volontiers noir et grinçant et le désespoir, a fait de lui un auteur que beaucoup de ses contemporains, et même de ses contempteurs, qualifient de majeur pour le XX ème siècle. Son regard et sa critique sociale, à l’opposé du marxisme qui idéalise le peuple, est également une nouveauté, Céline expliquant qu’un prolétaire n’étant qu’un bourgeois ayant échoué. Pour ce qui est de Howard P. Lovecraft, ce qui fait la nouveauté est paradoxalement son côté « réactionnaire » : se considérant comme anglais et indéfectiblement redevable à l’égard de l’Angleterre géorgienne et de l’Europe en général, notamment la Grèce et Rome, cet anti-Lumières élevé dans l’amour des livres par son père et plus encore par son grand-père cultivera une image anti moderne d’Anglais en Amérique, à l’opposé par exemple de Edgar Allan Poe, dont il fut pourtant un grand lecteur et admirateur et à qui il rendit hommage. En effet, Poe se vivait et se voyait en Américain et lutta toute sa vie pour la création d’une littérature proprement américaine, détachée des influences et des dettes à l’égard de l’Europe, notamment anglo-saxonne.

Nous venons de l’évoquer, Lovecraft se voyait en Anglais, regrettant la perte de l’Amérique par le roi George. Ceci explique, nous l’avons dit, le caractère rugueux de ses textes, qui semblent sortir tout droit du XVIII ème siècle, et d’autre part une vision du monde. En effet, Lovecraft adhère à une hiérarchie des races, au sommet de laquelle il place les anglo-saxons et naturellement les Germains, ce qui inclue donc les Anglais, les Scandinaves, les Allemands, Néerlandais, etc. Rien d’étonnant à ce qu’il ait trouvé des sympathies pour les idées d’Adolf Hitler… Qu’il traitera de « clown » en 1936, ses opinions à l’égard du chancelier allemand ayant changé. Il fera montre également d’une négrophobie virulente (le simple poème « On the creation of niggers » en témoigne) ainsi que d’antisémitisme… Ce qui ne l’empêchera pas d’épouser Sonia Greene, juive ukrainienne, seule femme de sa vie; si l’on excepte évidemment les femmes de sa famille.

II/ Lovecraft, héritage bancable, Céline, héritage sulfureux

Lovecraft est aujourd’hui littéralement partout. Il est présent non seulement depuis plus de trente ans dans les cercles d’initiés (jeux de rôles, jeux de sociétés, jeux vidéos…) mais également dans des milieux plus mainstream depuis quelques années : radio, télévision, journaux traditionnels, littérature, jeux-vidéos, bande-dessinée, mangas, et même cinéma, avec la prochaine adaptation attendue y compris par l’auteur de ces lignes des « Montagnes hallucinées » par Guillermo Del Toro, lui non plus peu soupçonnable de sympathie vis à vis des idées de Lovecraft. Or, Céline est bien moins présent dans l’actualité, du moins de façon « économiquement positive » et « visible », alors que les deux hommes sont morts et enterrés depuis longtemps. Il nous parait légitime de nous interroger sur cette différence de traitement : pourquoi le débat sur les pamphlets céliniens agite les médias traditionnels , alors que tous les spécialistes de Lovecraft s’accordent à dire que « l’Appel de Cthulhu » fut écrit par Lovecraft à New-York quand celui-ci découvrit le cosmopolitisme de la Grosse Pomme pour mieux le dénoncer ?

La réponse est évidente : parce que Lovecraft a malgré lui laissé un héritage bancable. A sa mort, la question de ses droits d’auteur fut assez confuse. Puis, comme évoqué plus haut, les années 70-80 et la sous-culture s’en emparèrent : nombre de créatures du célèbre « Donjons et Dragons » par exemple ont quelque chose de lovecraftien.

tyrannoeil
Un Tyrannoeil

De même, le MMORPG World of Warcraft (plus de 10 millions de joueurs dans le monde) a subi de façon évidente l’influence de Howard P. Lovecraft. La force de l’auteur est non seulement d’avoir créé un univers riche et vaste, mais également d’avoir mis peu de mots et d’illustrations sur des concepts, créatures, Dieux, ou personnages, ce qui a permis à une vaste quantité d’auteurs et d’illustrateurs de s’approprier ce qu’il avait créé des décennies plus tôt, et ce sur une grande variété de supports; ce qui est, au passage, sa supériorité sur un certain Stephen K. Si l’on est en droit de critiquer la qualité et si l’on peut flairer l’opportunisme pour certains projets, on peut au moins être assuré de la pérennité de l’oeuvre de celui que l’on a bien mal nommé « le reclus de Providence ».

Il n’en demeure pas moins qu’avec son oeuvre violente, noire, controversée et moins riche « visuellement » Céline demeure quant à lui l’un des derniers parias de la littérature française et francophone. Le jeu vidéo, le jeu de rôle, le jeu de société (on peut le comprendre) n’ont pas donné leurs lettres de noblesse à l’oeuvre pourtant puissante du plus grand écrivain français du XX ème siècle, tandis que de l’autre côté, dans les milieux mainstream , il n’est convoqué qu’à la façon de Satan, pour dire qu’il était un génie « malgré sa part d’ombre », comme une tâche à son costume, ou comme la mauvaise réputation d’une courtisane devenue la digne épouse d’un ministre. Aimer Céline, en société, doit se faire avec prudence : on doit préciser qu’on « aime surtout « Voyage au bout de la nuit » et « Mort à crédit » ». A l’inverse, qui se pique de provocation soufflera lors d’un dîner mondain sa passion pour Céline, et « avouera » posséder un (ou davantage) pamphlet, peut-être même sans l’avoir lu. C’est hélas le lot d’autres auteurs, lus pour leur subversion supposée ou réelle davantage que pour leurs qualités réelles.

Ainsi, on passe plus volontiers sur l’anticommunisme, l’antisémitisme, la négrophobie, et les (vagues) sympathies de Howard P. Lovecraft pour les thèses nazies que sur l’anticommunisme, l’antisémitisme, l’anticolonialisme, le pacifisme, et les sympathies (avérées) de Louis-Ferdinand Céline pour Hitler. La raison est purement mercantile.

Il est inutile de se faire une quelconque illusion : le système marchand prend et rejette ce qu’il veut. Les médias y compris culturels notamment mainstream n’en sont que des bras armés. Un auteur n’est pas célébré ou voué aux gémonies à la mesure de ses crimes, mais selon les besoins de ce système, suivant la formule hélas célèbre : « On lèche, on lâche, on lynche ». Pour le moment, Howard P. Lovecraft ne fait pas encore parti des rangs des pestiférés, qui compte Céline et d’autres, et ce malgré le travail acharné qui tente de réduire son oeuvre considérable (nouvelles, poèmes, lettres…) à un pseudo-fasciste complexé et malade.

Le rat de Paris

Je viens de lire avec un certain scepticisme l’article de Marie-Sophie Germain, spécialiste (?) des NAC (nouveaux animaux de compagnie).

L’auteure nous explique que les rats sont victimes de préjugés et gagnent à être connus.

Sous la forme de « [proposition] = vrai/faux », nous apprenons ainsi pèle mêle que le rat, au final, est un animal charmant, intelligent, sociable; un vrai gentleman.

Entrons dans le vif du sujet. Madame Germain commet un premier contresens quand elle évoque le rat noir, hôte de la puce responsable de la peste noire. Quitte à entrer dans les détails, ce n’est pas la puce, la coupable, mais Yersina pestis, un bacille. Elle doit son nom à Alexandre Yersin, bactériologiste suisse. En outre, si la peste noire fit tant de ravages c’est que le rat noir n’était que le premier porteur de la puce : celle-ci avait pour hôte tous les autres mammifères à l’exception… Des chevaux, ce qui explique que les valets d’écurie et les palefrenier furent moins touchés, car ils dormaient avec leur bêtes. Ceci, Marie-Sophie Germain l’évoque superficiellement.

Mais le rat brun, dont parle justement notre bloggeuse, n’est-il pas un mammifère potentiellement hôte d’une peste noire jamais éradiquée ? Pourquoi dire qu’il n’y a « aucune raison de craindre la peste »?

En outre, L’auteure évoque très justement un animal vecteur de maladies à la Réunion et en Nouvelle Calédonie. Il me semble que les habitants de ces pays sont des êtres humains, qui plus est français. Leur état sanitaire devrait inquiéter tout le monde… Même des Parisiens. Quant à la comparaison avec les animaux que sont les porcs et les chiens, il me semble que l’épidémie de rage, dernière épidémie connue, est en bonne voie d’être éteinte dans les pays occidentaux.

En outre, l’idée que les chiens soient soient vecteurs de maladies me sembler s’appuyer sur un préjugé, celui de chiens errants sans maîtres pour les nourrir, les dresser, les contrôler (donc en dominer l’agressivité canine/lupine naturelle) et les soigner (donc éviter lesdites maladies). Or, les Français possèdent 61 millions de chiens et y consacrent temps, argent et dépenses vétérinaires.

Sur l’invasion des villes, je me demande quand peut-on parler d’invasion dans la mesure où l’on parle de déjà vingt millions d’animaux.

Il est évidemment amusant, voire louable, de vouloir dresser un rat ou deux comme NAC, mais si les rats s’entendent (et se pensent, comme animaux intelligents et sociaux) en groupe élaboré, hiérarchisé, des liens n’ont pas de sens au delà d’une certaine mesure. Nous ne sommes pas de la même espèce.

Décathlon et le hijab

L’affaire du hijab de Décathlon est d’une triste simplicité qui n’a à voir ni avec l’islam ni avec la laïcité (et encore moins avec le féminisme) mais bien sûr avec le capitalisme.

Décathlon est, rappelons le, une entreprise impitoyable avec ses employés. Une enquête du magasine Capital du 3 juillet 2009 révélait ainsi que qu’une bonne partie de ses 7500 employés sont des temps partiels payés au Smic tandis que les chefs de rayon sont payés 1800 euros brut par mois.

Sans tomber dans le gauchisme primaire, et pour citer ma professeur de sciences économiques du lycée : « les entreprises ne sont pas philanthropes ». Décathlon n’est pas plus islamophile qu’une autre entreprise. L’enseigne n’a fait que suivre le mouvement des autres. Et quel est ce mouvement ?

Il est double. Il y a tout d’abord celui, louable je le crois, qui tend à valoriser le sport, le bien être. Et il y a le second, qui constate l’augmentation de la part de maghrébins et de musulmans pratiquants dans la population française et européenne.

Mais qu’on ne s’y trompe pas : dans une France 100% catholique mais toujours aux griffes du Capital, ce genre d’enseignes (Carrefour, Décathlon…) trouveront toujours une façon d’adapter leur offre à la demande.

De la foi et de la raison

Parmi les contempteurs du christianisme, et de sa belle version occidentale et européenne (le catholicisme), ils s’en trouvent deux catégories unies par un curieux « hasard ». La première est celle regroupant les progressistes de tout bord, dont nous ne feront pas le procès ici, d’une part, et les anti chrétiens que nous qualifierons de plus spirituels, d’autre part; je parle ici de ceux qui se nomment païens.

« Le triomphe de la déesse Raison » de Pierre-Nicolas Legrand de Lerant

Les uns trouvent d’ailleurs très amusant et spirituel (sic) d’appeler les chrétiens crétins alors que dans le même temps, ils accusent l’Eglise catholique d’avoir maintenus les paysans (le pagus, les païens!) dans l’ignorance, gardant comme un dragon son trésor le Savoir et la Science… C’est à n’y rien comprendre.

L’accusation régulière est la suivante : il est impossible d’entretenir une foi en Dieu (celui des Évangiles, du credo, etc) et en même temps avoir une réflexion logique (Au sens grec), rationnelle (Au sens latin). Adieu Lemaitre, Sorbon et Galilée! Comme disait le Patron, « Fiat lux! »

I/ Foi et raison ne sont pas de même nature

Comme l’explique très bien Dostoïevski dans son roman « les Frères Karamazov » (Première partie, Livre premier, chap. V) foi et raison sont si séparées qu’il est inutile de tenter de prouver l’existence de Dieu à un athée rationnel (ce qui seul pourrait serait susceptible faire naître sa foi) en lui montrant tel ou tel miracle. Non pas que les athées soient idiots ou manquent de coeur, mais parce que la foi et la raison sont d’ordre différent. Mais de la même façon, un croyant rationnel ne perdra pas sa foi quand bien même on démontait tous les miracles et les mystères. Demeure la question suivante : si Dieu existe (et qu’il a une bonne excuse, comme disait Woody Allen), quelle est sa place dans l’univers et ses lois ?

Féodor Dostoïevski en 1876

II/ Dieu est au delà des lois humaines et même de sa compréhension

Définir c’est réduire. Il serait donc orgueilleux (Au sens tant physique que spirituel), de vouloir assujettir Dieu à une équation qui quoique fort complexe, serait forcément en dehors de notre compréhension intellectuelle. Dieu ne peut être un objet mathématique mesurable. Une équation peut être comprise et résolue. Dieu ne le peut pas pour la simple et bonne raison que Dieu est amour infini et que l’amour infini, sous la forme du Christ crucifié pour racheter nos péchés, ne peut se calculer avec aucun ordinateur. Pour ma part, je refuse de répondre à la question posée plus haut d’un point de vue logique.

III/ L’histoire nous a donné beaucoup de scientifiques croyants

Certains étaient même clercs comme le chanoine Georges Lemaitre, dont les travaux sur l’atome primitif ont préparé la théorie du Big-Bang.

Georges Lemaître

Copernic était, en plus d’être médecin et astronome, chanoine.

Et dès le IV ème siècle après Jésus-Christ, dans son Commentaire de l’épître aux Ephésiens, Jérôme de Stribon critique ceux qui nient la rotondité de la Terre.

Bien entendu, les rapports avec les autorités ecclésiastiques ont souvent été compliquées, entre méfiance et intérêt; qu’on songe au malheureux Galilée. Néanmoins, à leur mesure et sur la longue durée, ils ont pu contribuer à la civilisation occidentale; quand certains n’ont pas été faits saints comme Hildegarde de Bingen, musicienne, médecin, théologienne, canonisée et faite docteur de l’Eglise par Benoît XVI.

Il découle de ce court exposé ceci : premièrement, la foi n’a aucune raison a priori d’entraver la réflexion. Deuxièmement, loin d’avoir été la période d’obscurantisme intellectuel, littéraire, spirituel, artistique, le moyen âge qui a vu fleurir le catholicisme a plutôt préservé et transmis ce qu’il a pu.

Thomas d’Aquin, disciple catholique d’Aristote

Rien à foot de la race!

A l’heure où le mot « race » vient d’être rayé de la constitution dans le but avoué de supprimer les supposées conséquences de son existence (comme si la suppression de la pauvreté avait éliminé celle ci), le mot honni revient pourtant, dans l’actualité. Comme un tas de poussière qu’on voudrait cacher sous un tapis, « les faits sont têtus » disait Lénine : l’équipe de France de football est majoritairement composée de joueurs d’origine subsaharienne.

Avant de continuer, soulignons deux éléments anecdotiques (ou pas) : le premier est que s’ils apprécient, contrairement à nous, la France et l’Europe multiculturelles dans laquelle ils vivent, les joueurs multiplient les déclarations « patriotiques ». Il est évident que l’attachement à la France, pour sincère qu’il soit, manque de « chair ». Mais cela contribue à la cohésion d’ensemble.

Le deuxième élément à souligner est le retour progressif d’une foi catholique diffuse mais forte notamment à travers des joueurs comme Olivier Giroud ou Antoine Griezmann.

Ces deux éléments posés, attachons nous au problème principal… Qui n’est pas l’équipe de France de football. Dire qu’elle représente la France est vraie. C’est une triste vérité : la France, comme d’autres pays, a reçu depuis environ quarante ans des vagues d’immigration d’une ampleur inédite pour son histoire. Ceci a changé sa structure sociale et démographique, influencé son économie, certains de ses modes de vie, et pesé négativement sur sa sécurité : voilà bien la définition détaillée du multiculturalisme.

L’équipe de France de football ne fait que ce pour quoi elle est payée : jouer au football. Les sélectionneurs, entraîneurs, investisseurs, choisissent les meilleurs. Si l’idée que les Français de souche sont « naturellement » moins bons (endurance, vitesse, réflexes) est largement à nuancer (voir là encore le cas de Griezmann qui dut faire sa carrière en Espagne pour accéder au niveau professionnel), il est vrai que la société et le système médiatique, politique et sportif aide peu les jeunes sportifs de souche dans un pays qui a une faible culture de ce sport, notamment en comparaison de l’Angleterre par exemple.

Les causes et les conséquences de la composition de l’équipe de France doivent être analysées comme un élément d’un problème plus vaste. Celui ci comprend l’immigration, la remigration, la sécurité, etc.

Il me paraît par conséquent logique de soutenir une équipe et ce même si les médias, les politiques, les associations tenterons probablement de récupérer l’image et la victoire d’une victoire. Et encore: il appert que, vingt ans après, la « sauce » ne prenne plus tellement, même à gauche.

Il est également tout aussi indispensable de ne pas perdre de vue son propre enracinement (et donc ne pas confondre fête et festivisme) et la nécessaire remigration, qui s’inscrit dans une logique de réenracinement des populations : une terre, un peuple.

Islam, arme des banquiers

L’islam en tant que religion et culture est en Europe notamment occidentale un fait historique, politique, démographique et social non seulement récent mais surtout, au regard de la longue durée, anecdotique.

Si le califat d’Al Andalus est remonté jusque loin au nord (la « bataille » de Poitiers) et à l’est de la France (Grenoble, Lyon), ce ne sont pas huit tombes musulmanes retrouvées près de Narbonne qui font de la France et des pays limitrophes, à l’exception de l’Espagne, du Portugal ou de la plus lointaine Sicile, une terre « d’islam ». C’est bien le christianisme, sur des racines helleno-romaines et germaniques (européennes en somme) qui a façonné la France, ses peuples, ses arts, mais aussi ses paysages : les vignes et les monastères, on le comprend, sont plus rares au Pakistan, en Égypte et en Arabie saoudite. La topographie là encore est imprégnée de cette histoire, et on y trouve guère de présence de nos envahisseurs musulmans des premiers siècles du moyen âge : combien de villes et de villages portent des noms de saints et de saintes? Trop pour être comptés.

Ces quelques rappels faits, intéressons nous à la situation actuelle. Il y a une grande quantité de Français d’origine immigrée et d’étrangers sur le sol français. Certains sont réislamisés, certains n’ont jamais perdu la religion de leurs ancêtres, et d’autres enfin sont chrétiens (catholiques, évangéliques), notamment une grande quantité d’Africains subsahariens. Polarisés en diverses communautés, ces gens partagent néanmoins plusieurs choses : une assimilation proche du néant à la culture et à la civilisation française, y compris pour les chrétiens africains, une haine de la France, et conséquence, une allégeance à un autre pays.

Le problème n’est pas tant l’islam. Que celui ci soit violent, misogyne et intolérant ne nous intéresse pas tant que ses adeptes vivent entre eux en Syrie, en Algérie, au Yémen, en Turquie, en Iran. Vouloir une réforme de l’islam c’est s’aligner sur les valeurs progressistes et laïques de la République. La critique théologique de l’islam qui est le plus mise en avant dans les médias, outre sa pauvreté spirituelle (pour ou contre le cochon ? Le voile ou le string ?) ne sert qu’à masquer le fait que l’islamisation, réelle, n’a été possible que par une immigration de masse, elle même arme du Capital. Critiquer l’islam en tant que spiritualité et uniquement en tant que telle, est une arnaque intellectuelle et politique. Que l’on me comprenne bien : je ne dis pas que cette critique n’est pas intéressante. Je dis qu’elle n’est pas intéressante d’un point de vue politique.

C’est donc moins le Coran qu’il faut expurger, que le multiculturalisme. S’il y avait en France 20 millions de Japonais shinto, malgré l’image romantique que se font les Français des Japonais, des geishas, des samouraïs, du théâtre nô et de la cérémonie du thé, il y aurait aussi des actes de violence. Ils seraient différents mais ils existeraient. De la même manière, rappelons que Hutus et Tutsis n’ont pas eu besoin de l’islam pour se massacrer entre eux.

Pour préciser encore davantage ma pensée, il faut bien comprendre que je refuse de choisir entre le califat et la République laïque.

Dolores, l’IRA, l’Irlande et le catholicisme 

Dolores O’Riordan est morte hier lundi 15 janvier à l’âge de 46 ans. La chanteuse des Cranberries, à la voix rageuse, fragile, ou angélique s’est éteinte dans le ciel londonien où elle était venue enregistrer_une dernière fois. 

Dernière d’une famille de sept enfants, la chanteuse irlandaise était connue non seulement pour son talent mais aussi pour des convictions et une âme qu’elle n’a jamais reniées, ce que les médias et les bien pensants ne lui ont jamais pardonné, même dans la mort. Pro famille (« Ode To My Family »), patriote irlandaise ( » God Be With You »), l’auteur des textes de la « sauce aux canneberges » (qui accompagne l’action de Grâce) savait mettre subtilement ses convictions en avant. Elle était également pro peine de mort, prenant pour exemple Singapour, et anti avortement… Comme n’importe quelle Irlandaise catholique née en 1971 (« The Icicle Melt »).

Il y a cependant un contresens que doivent éviter les admirateurs de Dolores, notamment ceux qui s’intéressent à l’IRA et au conflit Nord-irlandais. Pour patriote et catholique qu’elle fusse, elle n’a jamais apporté son soutien à la cause de l’IRA, condamnant même la violence et la guerre à travers sa chanson la plus connue, « Zombie« . L’idée est moins de prendre position contre l’IRA, et notamment sa branche armée, que de tenter de s’interposer entre les belligérants et d’imposer une sorte de paix de Dieu, à une époque où l’Eglise ne répond (déjà) pas/plus à ses aspirations (elle déclarait ne pas aller à l’église). Le refrain ne dit pas autre chose : « But you see, it’s not me/It’s not my family/In your head, In your head, they are fighting/ With their tanks, and their bombs/ And their, and their guns/ In your head, they are crying ». Là où les tanks se réfèrent aux troupes britanniques, les bombes se réfèrent aux attentats de l’IRA (encore que les Black and Tans aient pu se livrer à des actions proches). Ce que hurle Dolores est une supplication et une prière. C’est une jeune femme qui a 22 ans au moment de l’attentat de Warrington évoqué dans la chanson et qui n’a connu que la pauvreté et la guerre. L’accent est mis, on  le comprend, sur le caractère non seulement brutal mais encore lassant de la guerre (« Another head hangs lonely/Child is slowly taken »).

The Cranberries est donc moins un groupe « nationaliste » qu’un groupe catholique, et un groupe irlandais. 

Pourquoi lire de la poésie : plaidoyer pour un art inutile

Les lecteurs qui me suivent et me connaissent savent qu’en plus de mes diatribes, j’écris de la poésie, cet art inutile qui ne se vend pas et fait rire_voir à ce sujet là la critique de Juan Asensio sur la littérature actuelle et sa crise.

La faute sans doute à une multitude de facteurs : désenchantement du monde sous les coups de pelle mécanique du Progrès, politiques de l’éducation nationale qui ont fini par nous faire croire que Booba valait bien Rimbaud (il y en a un seul des deux qui a fait la guerre et trafiqué des armes et de l’ivoire, et ce n’est pas Booba), crise du livre, crise morale et spirituelle et en particulier mort de Dieu, etc. 

Il ne faut pas s’étonner par conséquent si nos « milieux », qui portent aux nues des hommes tels que Robert Brasillach, Hermann Hesse, Ezra Pound, Homère, Howard Lovecraft, et tant d’autres, des milieux qui se targuent (à raison bien souvent) de culture, se retrouvent coupés d’une partie de la littérature française ou occidentale en général, la poésie. Il m’a été demandé d’écrire cette introduction, afin d’aider les gens à suivre le lapin blanc dans son terrier, car j’ai bien conscients que dans le monde des poètes et des prophètes, les profanes (et même parfois les initiés) sont quelque peu « Alice ». 

Les amateurs de Matrix apprécieront

Pourquoi lire de la poésie ?

C’est la question qu’il faut se poser en premier : pourquoi lire Baudelaire, Hafez, Villon, Ramprasad Sen ou Borges ? Il y a à mon sens deux écoles et donc deux réponses possibles. La première est celle que l’on retrouve dans le livre (et le film) « le cercle des poètes disparus » : « On écrit pas de la poésie parce que c’est joli mais parce qu’on appartient à l’humanité ». La poésie est le langage qui relie les hommes. Les oeuvres fondatrices des hommes sont soit des codes de lois, soit des poèmes : Illiade, Odyssée, Baghavad-Gita, certaines parties de l’Ancien Testament, ces oeuvres sont les socles de certaines civilisations. Ceux qui les ont couchées sur le papier (ou l’argile) ont été les témoins historiques ou mythiques de choses qu’ils ont voulu nous transmettre. 

La réponse que je préfère se trouve cela dit sous la plume de Charles Baudelaire qui déclarait « la poésie n’a pas d’autre but qu’elle même », proclamant dès lors l’art pour l’art, l’esthétique pour elle même (ce qui n’exclut pas cependant l’éthique). 

Sand rire, j’ai besoin de le présenter ?

Je préfère donc imaginer un art (et une poésie) beau en lui-même, pour lui-même. Cela n’exclut évidemment pas non plus la transcendance (c.f la démarche et la vie entière de J.S Bach). 

Lire de la poésie c’est pénible !  

Il est évident que lire en soit est un exercice pouvant s’avérer fastidieux. Pour ces personnes là précisement, lire de la poésie peut s’avérer un paliatif intéressant. En effet, on pioche, on picore dans une assiette comme à l’apéritif, et on ne risque pas d’être repus. En vers, en prose, en haïkus et dans toutes les langues, mêmes les petits lecteurs, qui ressentent, peur, dégout ou angoisse devant les livres peuvent surmonter cela grâce à la poésie; la poésie comme porte d’entrée à la lecture en somme. À titre d’exemple, même si je suis un gros lecteur, quand j’ai lu « les fleurs du Mal » de Charles Baudelaire pour la première fois, je ne l’ai pas lu d’une traite. J’ai pioché, en me référant à la table des matières. Et je continue ainsi pour de nombreux poètes car lire un recueil, souvent épais, de bout en bout, est fastidieux, et répétitif. 

Que lire ?

C’est là la question la plus délicate. Il m’est sans doute impossible de conseiller un lectorat. Je peux conseiller des individus, au cas par cas, après discussion avec eux, sentir leur sensibilité, leurs goûts, comme en matière de vin, de cuisine ou de femmes. Mais guère davantage. Je peux par contre déconseiller Helinan de Froidmont ou François Villon, dans le texte si vous n’êtes pas familier de la langue médiévale, la Divine comédie autrement qu’en français si vous ne parlez pas italien.

Version française ou version originale ?

Je vous dirais déjà de faire comme vous voulez et comme vous pouvez : il y a peu de probabilité que vous lisiez le farsi pour lire Ferdowsi ou Hafez dans le texte; moi non plus. Cela dit, je vous conseillerais, dans un second temps, de lire certains poètes, dans leurs versions originales (Pound, Poe, Lovecraft, etc.) Car la langue qu’ils utilisent est infiniment plus riche en anglais. 
Où lire ?

Partout : en allant au travail, après, dans le bain, après l’amour (pendant même pour les plus romantiques), à la fac, avant de dormir, pendant que les oeufs cuisent, quand bébé s’endort… Il n’y a ni endroit ni moment.

Conclusion ?

La poésie façonne l’imaginaire, éleve l’esprit y compris vers le divin. Elle enrichit le vocabulaire, la grammaire et la conjugaison. Et tout lecteur de poésie est un poète potentiel. 

Pourquoi nous sommes supérieurs aux animaux

Et pourquoi l’anthropomorphisme est une aberration. 

Parmi les débats parfois houleux autour du mariage pour tous, les partisans de ceux ci ont souvent usé de mauvaise foi en faisant dévier le sujet à « l’homosexualité » en tant que pratique et comportement sexuel et social, comme si en France, pays qui ne criminalise plus cette pratique depuis 1791 (et même avant, dans les faits _ pensons à Lully), quelqu’un en avait quelque chose à faire de ce que font les homosexuels de leurs culs (à part la récente immigration maghrébo-musulmane).
L’argument régulièrement soulevé était donc le suivant : les animaux pratiquent l’homosexualité (chauve-souris, singes), pourquoi pas nous ? 

Premièrement, il ne me semble pas que les chauve-souris, pas plus que les hommes, réussissent à s’unir et à procréer par paires homosexuelles, et ce même si Batman, mon héros préféré, est un grand célibataire (et un tombeur, sans son masque ; et même avec : pensez à Catwoman). 

Miaou miaou.

Deuxièmement, ces comportements restent marginaux quand on pense aux centaines de milliers d’espèces de mammifères, d’oiseaux, de reptiles, d’anoures, d’invertébrés sur cette planète. La norme, en tant que comportement social (et donc politique, pour l’Homme, au sens de la polis), est l’hétérosexualité. 

Troisièmement, et c’est le point le plus important, la Nature a un visage autrement plus « sale » que celle d’un monde peuplé de licornes : cannibalisme de survie, meurtre post-coïtal (araignées, mantes), viol collectif (dauphins), esclavage (protomagnatus americanus, une fourmi)… Personnellement, c’est un monde que je trouve assez peu adapté aux homosexuels avides de droits divers mais plutôt « barbare ». Pn imagine mal les SJW réincarnés en insectes victimes d’une attaque de protomagnatus americanus et n’avoir pour défense « pas dans la forêt » . 

Une fois qu’on a listé les horreurs auxquelles on échappe en étant un homme, une conclusion s’impose à un esprit normal qui comprend que l’homme est aussi un être de culture : il est impossible de transférer des schémas mentaux ou comportementaux de la Nature à l’Homme. Celui-ci n’est pas fait pour vivre dans la Nature, seul, nu (c.f le petit poussin). 

La Nature n’est pas toujours « bonne ». Ce n’est pas parce que l’ordre naturel dicte que l’ours doit me tuer que je dois le laisser faire.