Dolores, l’IRA, l’Irlande et le catholicisme 

Dolores O’Riordan est morte hier lundi 15 janvier à l’âge de 46 ans. La chanteuse des Cranberries, à la voix rageuse, fragile, ou angélique s’est éteinte dans le ciel londonien où elle était venue enregistrer_une dernière fois. 

Dernière d’une famille de sept enfants, la chanteuse irlandaise était connue non seulement pour son talent mais aussi pour des convictions et une âme qu’elle n’a jamais reniées, ce que les médias et les bien pensants ne lui ont jamais pardonné, même dans la mort. Pro famille (« Ode To My Family »), patriote irlandaise ( » God Be With You »), l’auteur des textes de la « sauce aux canneberges » (qui accompagne l’action de Grâce) savait mettre subtilement ses convictions en avant. Elle était également pro peine de mort, prenant pour exemple Singapour, et anti avortement… Comme n’importe quelle Irlandaise catholique née en 1971 (« The Icicle Melt »).

Il y a cependant un contresens que doivent éviter les admirateurs de Dolores, notamment ceux qui s’intéressent à l’IRA et au conflit Nord-irlandais. Pour patriote et catholique qu’elle fusse, elle n’a jamais apporté son soutien à la cause de l’IRA, condamnant même la violence et la guerre à travers sa chanson la plus connue, « Zombie« . L’idée est moins de prendre position contre l’IRA, et notamment sa branche armée, que de tenter de s’interposer entre les belligérants et d’imposer une sorte de paix de Dieu, à une époque où l’Eglise ne répond (déjà) pas/plus à ses aspirations (elle déclarait ne pas aller à l’église). Le refrain ne dit pas autre chose : « But you see, it’s not me/It’s not my family/In your head, In your head, they are fighting/ With their tanks, and their bombs/ And their, and their guns/ In your head, they are crying ». Là où les tanks se réfèrent aux troupes britanniques, les bombes se réfèrent aux attentats de l’IRA (encore que les Black and Tans aient pu se livrer à des actions proches). Ce que hurle Dolores est une supplication et une prière. C’est une jeune femme qui a 22 ans au moment de l’attentat de Warrington évoqué dans la chanson et qui n’a connu que la pauvreté et la guerre. L’accent est mis, on  le comprend, sur le caractère non seulement brutal mais encore lassant de la guerre (« Another head hangs lonely/Child is slowly taken »).

The Cranberries est donc moins un groupe « nationaliste » qu’un groupe catholique, et un groupe irlandais. 

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Pourquoi lire de la poésie : plaidoyer pour un art inutile

Les lecteurs qui me suivent et me connaissent savent qu’en plus de mes diatribes, j’écris de la poésie, cet art inutile qui ne se vend pas et fait rire_voir à ce sujet là la critique de Juan Asensio sur la littérature actuelle et sa crise.

La faute sans doute à une multitude de facteurs : désenchantement du monde sous les coups de pelle mécanique du Progrès, politiques de l’éducation nationale qui ont fini par nous faire croire que Booba valait bien Rimbaud (il y en a un seul des deux qui a fait la guerre et trafiqué des armes et de l’ivoire, et ce n’est pas Booba), crise du livre, crise morale et spirituelle et en particulier mort de Dieu, etc. 

Il ne faut pas s’étonner par conséquent si nos « milieux », qui portent aux nues des hommes tels que Robert Brasillach, Hermann Hesse, Ezra Pound, Homère, Howard Lovecraft, et tant d’autres, des milieux qui se targuent (à raison bien souvent) de culture, se retrouvent coupés d’une partie de la littérature française ou occidentale en général, la poésie. Il m’a été demandé d’écrire cette introduction, afin d’aider les gens à suivre le lapin blanc dans son terrier, car j’ai bien conscients que dans le monde des poètes et des prophètes, les profanes (et même parfois les initiés) sont quelque peu « Alice ». 

Les amateurs de Matrix apprécieront

Pourquoi lire de la poésie ?

C’est la question qu’il faut se poser en premier : pourquoi lire Baudelaire, Hafez, Villon, Ramprasad Sen ou Borges ? Il y a à mon sens deux écoles et donc deux réponses possibles. La première est celle que l’on retrouve dans le livre (et le film) « le cercle des poètes disparus » : « On écrit pas de la poésie parce que c’est joli mais parce qu’on appartient à l’humanité ». La poésie est le langage qui relie les hommes. Les oeuvres fondatrices des hommes sont soit des codes de lois, soit des poèmes : Illiade, Odyssée, Baghavad-Gita, certaines parties de l’Ancien Testament, ces oeuvres sont les socles de certaines civilisations. Ceux qui les ont couchées sur le papier (ou l’argile) ont été les témoins historiques ou mythiques de choses qu’ils ont voulu nous transmettre. 

La réponse que je préfère se trouve cela dit sous la plume de Charles Baudelaire qui déclarait « la poésie n’a pas d’autre but qu’elle même », proclamant dès lors l’art pour l’art, l’esthétique pour elle même (ce qui n’exclut pas cependant l’éthique). 

Sand rire, j’ai besoin de le présenter ?

Je préfère donc imaginer un art (et une poésie) beau en lui-même, pour lui-même. Cela n’exclut évidemment pas non plus la transcendance (c.f la démarche et la vie entière de J.S Bach). 

Lire de la poésie c’est pénible !  

Il est évident que lire en soit est un exercice pouvant s’avérer fastidieux. Pour ces personnes là précisement, lire de la poésie peut s’avérer un paliatif intéressant. En effet, on pioche, on picore dans une assiette comme à l’apéritif, et on ne risque pas d’être repus. En vers, en prose, en haïkus et dans toutes les langues, mêmes les petits lecteurs, qui ressentent, peur, dégout ou angoisse devant les livres peuvent surmonter cela grâce à la poésie; la poésie comme porte d’entrée à la lecture en somme. À titre d’exemple, même si je suis un gros lecteur, quand j’ai lu « les fleurs du Mal » de Charles Baudelaire pour la première fois, je ne l’ai pas lu d’une traite. J’ai pioché, en me référant à la table des matières. Et je continue ainsi pour de nombreux poètes car lire un recueil, souvent épais, de bout en bout, est fastidieux, et répétitif. 

Que lire ?

C’est là la question la plus délicate. Il m’est sans doute impossible de conseiller un lectorat. Je peux conseiller des individus, au cas par cas, après discussion avec eux, sentir leur sensibilité, leurs goûts, comme en matière de vin, de cuisine ou de femmes. Mais guère davantage. Je peux par contre déconseiller Helinan de Froidmont ou François Villon, dans le texte si vous n’êtes pas familier de la langue médiévale, la Divine comédie autrement qu’en français si vous ne parlez pas italien.

Version française ou version originale ?

Je vous dirais déjà de faire comme vous voulez et comme vous pouvez : il y a peu de probabilité que vous lisiez le farsi pour lire Ferdowsi ou Hafez dans le texte; moi non plus. Cela dit, je vous conseillerais, dans un second temps, de lire certains poètes, dans leurs versions originales (Pound, Poe, Lovecraft, etc.) Car la langue qu’ils utilisent est infiniment plus riche en anglais. 
Où lire ?

Partout : en allant au travail, après, dans le bain, après l’amour (pendant même pour les plus romantiques), à la fac, avant de dormir, pendant que les oeufs cuisent, quand bébé s’endort… Il n’y a ni endroit ni moment.

Conclusion ?

La poésie façonne l’imaginaire, éleve l’esprit y compris vers le divin. Elle enrichit le vocabulaire, la grammaire et la conjugaison. Et tout lecteur de poésie est un poète potentiel. 

Pourquoi nous sommes supérieurs aux animaux

Et pourquoi l’anthropomorphisme est une aberration. 

Parmi les débats parfois houleux autour du mariage pour tous, les partisans de ceux ci ont souvent usé de mauvaise foi en faisant dévier le sujet à « l’homosexualité » en tant que pratique et comportement sexuel et social, comme si en France, pays qui ne criminalise plus cette pratique depuis 1791 (et même avant, dans les faits _ pensons à Lully), quelqu’un en avait quelque chose à faire de ce que font les homosexuels de leurs culs (à part la récente immigration maghrébo-musulmane).
L’argument régulièrement soulevé était donc le suivant : les animaux pratiquent l’homosexualité (chauve-souris, singes), pourquoi pas nous ? 

Premièrement, il ne me semble pas que les chauve-souris, pas plus que les hommes, réussissent à s’unir et à procréer par paires homosexuelles, et ce même si Batman, mon héros préféré, est un grand célibataire (et un tombeur, sans son masque ; et même avec : pensez à Catwoman). 

Miaou miaou.

Deuxièmement, ces comportements restent marginaux quand on pense aux centaines de milliers d’espèces de mammifères, d’oiseaux, de reptiles, d’anoures, d’invertébrés sur cette planète. La norme, en tant que comportement social (et donc politique, pour l’Homme, au sens de la polis), est l’hétérosexualité. 

Troisièmement, et c’est le point le plus important, la Nature a un visage autrement plus « sale » que celle d’un monde peuplé de licornes : cannibalisme de survie, meurtre post-coïtal (araignées, mantes), viol collectif (dauphins), esclavage (protomagnatus americanus, une fourmi)… Personnellement, c’est un monde que je trouve assez peu adapté aux homosexuels avides de droits divers mais plutôt « barbare ». Pn imagine mal les SJW réincarnés en insectes victimes d’une attaque de protomagnatus americanus et n’avoir pour défense « pas dans la forêt » . 

Une fois qu’on a listé les horreurs auxquelles on échappe en étant un homme, une conclusion s’impose à un esprit normal qui comprend que l’homme est aussi un être de culture : il est impossible de transférer des schémas mentaux ou comportementaux de la Nature à l’Homme. Celui-ci n’est pas fait pour vivre dans la Nature, seul, nu (c.f le petit poussin). 

La Nature n’est pas toujours « bonne ». Ce n’est pas parce que l’ordre naturel dicte que l’ours doit me tuer que je dois le laisser faire. 

Deliveroo, ou le tabouret du pendu

Un soir, attablés à un restaurant local (« la ferme à Dédé« ) avec mes amis en train de manger un gros burger absolument pas vegan, nous avons aperçu deux ou trois coursiers-livreurs Deliveroo. Par l’aspect relativement sombre de leur peau, et leurs traits fort peu caucasiens, ainsi que par leur dialecte semblant venir des côtes de l’Afrique de l’ouest, nous en avons déduit que ces jeunes gens aux bras maigres, aux cuisses musclées et au ventre vide étaient sinon des migrants, du moins arrivés dans notre douce France il y a peu de temps. 

Un peu plus tôt dans la journée, nous avions croisé des individus semblables, ventre vide, regard hagard, conduite rapide et nerveuse facilitée par leur faible poids, etc. Une différence majeure, seulement : ils étaient Français « de souche » (je mets des guillemets pour respecter la loi), leur faciès était caucasien. Ils étaient très probablement étudiants et quand on connait la prédominance de la gauche et de l’extrême gauche dans les universités, faire le raccourci « vendeurs Deliveroo=gauche » est aisé. Faire circuler les repas, faire circuler les hommes, faire circuler les biens. La cohérence est parfaite.

Oui, mais. Ces salariés n’ont pas compris qu’ils étaient des salariés (en dépit de ce que l’esprit « start-up nation » laisse paraître), des chômeurs en puissance. C’est là qu’intervient ce que Marx appelait l’armée de réserve du Capitalisme, incarnée dans mon exemple par les braves guerriers d’ébène de l’ouest africain. Et comme « Celui qui a vécu par l’épée, périra par l’épée » (Matthieu 26:52), « Celui qui a vécu par le mondialisme, périra par le mondialisme ». En votant depuis des années pour des gens qui ont fait venir leurs remplaceurs, en consommant les produits (Deliveroo, Apple…) qui luttent ouvertement contre eux, ces étudiants sont leurs (et nos) propres bourreaux.

Les monomaniaques…

… Et comment ils stérilisent l’action révolutionnaire.
Je définirais le terme de monomaniaque par quelqu’un qui a un degré de connaissance et d’intérêt si poussé dans un domaine que cela vire à l’obsession et le coupe des réalités du monde. 

Tout le monde, dans le milieu « nationaliste » connait ces gens, obsédé qui par tel lobby, qui par tel autre. Leur connaissance pointue, acquise par la lecture et la fréquentation du milieu de près ou de loin (parfois de très près _ vous seriez surpris), en fait souvent de bons érudits. Associé à une bonne plume voire à un charisme certain, une poignée de monomaniaques arrivent à se faire connaître et à partager leurs connaissances.

Mais le problème, c’est qu’un grand nombre de médiocres les imitent : hystérie, fanatisme quasi religieux, suspicion vis à vis des « dissidents », procès d’intention, attaques ad hominem, etc. 

Ce qui était au départ une intention louable (critique des lobbies, dénonciation des collusions politico-industrialo-militaires, etc.) sur la base du doute si helleno-chrétien, ressemble d’avantage à la minute de la haine de 1984 ou au tribunal du Sanhédrin. 

Qu’il soit entendu ici qu’il n’est pas question de nier ni l’existence ni l’influence des lobbies communautaires, pétroliers, militaires, ou autres. Néanmoins, j’aimerais attirer l’attention sur deux éléments importants. Premièrement, un monomaniaque est épuisant : il n’a en général qu’un sujet de conversation ou alors finit par tout rapprocher ou remonter à celui-ci. Par exemple, les antisémites hystériques vous parleront À COUP SÛR de l’influence juive à Hollywood, de la Kabbale, de Gal Gadot ancienne miss Israël, si vous lui demandez en toute innocence cinéphile s’il a vu Wonder Woman. Alors que ce n’est pas le sujet. 

Vous l’aurez compris, il est difficile de trouver à ces gens amis et partenaires amoureux, même si vous en êtes proches vous même. Difficile en effet de présenter quelqu’un : « Salut, voici Paul. Paul est physicien et euh dans la vie il n’aime pas les Noirs ».

Deuxièmement, l’impasse du prisme monomaniaque dans une perspective révolutionnaire. Si la critique et la dénonciation de lobbies, groupes d’intérêt et de pression est utile, le militantisme, les actions de terrain, le réenracinement sont eux bien plus utiles sur le long termes, et bien moins coûteux financièrement et judiciairement. Rappelez vous qu’un militant en prison, surtout en ce moment,est inutile. Vous ne ressortirez pas super musclé, plein de tatouages avec une cicatrice sur torse, respecté des prisonniers et des gardiens : vous sortirez probablement dans un cercueil. 

La critique superficielle de ces lobbies, de façon monomaniaque, est intellectuellement confortable : Elle permet de se dire que « de toutes façons on ne peut rien faire », « c’est comme ça », « c’est injuste », « ils contrôlent tout et on ne peut rien y changer ». Or le tyrannicide a été théorisé de longue date. Les maîtres injustes peuvent et doivent être abattus. En cinq, dix ou deux cent ans, peu importe. 

Mais il m’apparaît inconcevable d’être ankylosé intellectuellement et physiquement par l’idée que « c’est trop tard parce que « ils » contrôlent tout ». 

Sexe, sexualité et révolution 

Chaque année, à Paris, San Francisco, ou encore Tel-Aviv a lieu la « Marche des fiertés » ou « Gay Pride « .  C’est l’occasion chaque année pour ses participants, sinon de nous assourdir de mauvaise musique, de revendiquer un certain nombre de droits pour accéder à « l’égalité » au nom du droit à la « différence » (j’imagine que quiconque voit déjà le manque de logique dans l’articulation).

Je ne reviendrai pas tellement sur le problème anthropologique que règle déjà Aristote  (« C’est une grande injustice que de traiter également des choses différentes ») mais sur un autre aspect de la question. 

Les milieux LGBTIQ+ (il faut rajouter une lettre régulièrement, je m’y perds) sont notoirement affiliés à l’extrême gauche anti fasciste, cela non sans tensions récurrentes parfois violentes .

Ainsi, la révolution anti capitaliste, anti raciste, se retrouve couplée d’un volet anti patriarcat et libertaire au sens sexuel (comme si le capitalisme n’était pas pourvoyeur de sex toys à profusion, de films pornographiques, de pilules contraceptives, de préservatifs, propres à la liberté sexuelle hors du couple traditionnel et du mariage). Voilà la première incohérence : si on est libertaire, on est capitaliste.
La seconde incohérence se situe à mon sens au niveau historique. Prenons un révolutionnaire marxiste au hasard : Bénito Mussolini. A-t-il fait sa révolution mu par des intérêts privés, notamment sexuels ? Non. C’était un homme de formation marxiste qui a fait une révolution marxiste, froide, méthodique. 

Extrait de « Technique du Coup d’Etat » de Curzio Malaparte

Tous les révolutionnaires ne sont pas marxistes, objecteront avec raison les lecteurs. Prenons un autre révolutionnaire, religieux celui-ci : Ruollah Khomeini. Sa révolution était un volte-face à l’occidentalisation, à la décadence et à la corruption dans laquelle il accusait le Shah de se vautrer (ce qui n’empêcha lui-même d’avoir nombre de vices y compris sexuels, mais sans aller jusqu’aux revendications de PMA des LGBT). 

Aucun révolutionnaire dans l’histoire, de Sankara à Gandhi, de Trotski à Primo de Rivera, de Mao à Hitler, n’avait le sexe et sa sexualité comme identité  (et donc comme drapeau) ou comme projet. 

Ceci n’est pas un drapeau révolutionnaire

Ce que l’on peut tirer de « en face » c’est ceci : cultiver ce que j’aime appeler le « secret de l’alcove », c’est-à-dire ne pas se préoccuper de la sexualité des autres, mais aussi ne pas étaler la sienne. Si « tout ce qui est national est notre » (Maurras) alors ce qui n’est pas national n’est pas notre. Nous n’avons pas le temps de faire la police des braguettes ou de mesurer la longueur des jupes. Et surtout, comme je l’ai dit, ce n’est guère sérieux d’un point de vue révolutionnaire. 

Le contrôle au faciès n’existe pas

Ou très peu.

Réfléchissons un moment. Ceux qui liront cet article, à l’exception des militants politiques, notamment ceux très lookés, se comportent de façon normale dans la vie de tous les jours. Ils adoptent une attitude responsable, respectueuse tant des lois que de la morale publique.

De plus, ils exercent des métiers légaux, ou poursuivent des études. Ils s’habillent de vêtements normaux : chemises, pantalons, t-shirts. 

Mettons nous dans la tête d’un policier qui doit contrôler  (« faire du chiffre ») dans le but à peine dissimulé de trouver des consommateurs de substances illicites. Ceux-ci, pour l’essentiel, portent des joggings et des casquettes. Et je me fous que toi ou ton cousin en Lonsdale fume de la weed. Il n’est pas représentatif. La petite et moyenne délinquance, comme la criminalité, s’habille et se comporte de façon plutôt uniforme, vit plutôt dans les mêmes quartiers et est plutôt homogène ethniquement. De fait, René le policier aura statistiquement plus de chances de trouver de la weed sur Karim que sur François. Mais ceci est uniquement du au fait que le premier porte un survêtement de racaille, traîne avec des racailles, et pas le second. Si François vit dans une cité et a réussit à être accepté par ses compères, alors il y aura fort à parier qu’un jour ou l’autre René trouvera de la weed sur lui. De même, Karim peut très bien monter de classe sociale, voter FN, diriger une boîte de sécurité, porter un costard et mépriser les racailles : cela existe. 

On est contrôlé par la police quand on resemble à un délinquant  (nos amis des forces de l’ordre sont des gens simples le plus souvent). Portez un costume et ne dealez pas. 

Le Hellfest : « l’oeil était dans la tombe et regardait Caïn »

Je suis bien plus scandaleux  (littéralement) que la plupart des personnes qui liront cet article. Je pense avoir lu, dit, vu ou fait de quoi choquer les Juifs, les chrétiens, la « gauche », la « droite », les musulmans, les athées, les païens et à peu près tous les milieux culturels et musicaux. 

Comprenez bien dès lors que la seule réaction à « le christianisme est une religion du désert qui a détruit l’Europe » (au moment où l’Empire romain croulait sous le népotisme, la corruption, les révoltes internes, les invasions barbares_ au point qu’il n’y avait quasiment pas de Romains aux Champs Catalauniques) soit au mieux de l’indifférence, au pire de l’agacement. 

Comprenez bien dès lors que la seule réaction à « le métal est la musique du diable qui amène son auditeur/pratiquant en enfer » (quid de ceux qui en écoutent accidentellement ? Est-ce un péché mortel ou véniel ? Par opposition, écouter des chants grégoriens est-elle est une vertu cardinale ? Y a-t-il une bulle papale qui condamne le metal ? Dans ce cas, quid des orthodoxes ?) soit au mieux un soupir de lassitude au mieux un hullulement de rire mal contrôlé. 

En réalité, il existe des arguments de fond contre le HellFest : 

  • Son public : jeune et/ou immature notamment musicalement. Je suis pour ma part un gros c… Un élitiste. Je préfère les publics restreints et de meilleure qualité.
  • Son prix. Pas besoin de développer. En plus c’est loin de chez moi.
  • Les groupes. Slayer tous les trois ans, merci. Et Chelsea Wolfe en festival NON MAIS ALLO QUOI.
  • L’ambiance Disney mon cul. J’aime bien DisneyLand mais pas dans un festival de metal. On mélange pas les torchons et les serviettes.

Mais Max Yme en parle mieux que moi ici.

Tous les ans à la même période, un certain nombre de catholiques râlent sur les réseaux sociaux contre la « fête de l’enfer ». C’est leur droit. Mais j’aimerais sincèrement que ceux qui sont proches de la cause nationale (pas les cucks qui ont voté Macron au deuxième tour; on vous voit) sinon d’approuver ou même de tolérer, au moins de vous taire. Les médias et les autres politiques (sans même parler du milieu métal/culturel, constitué lui même bien souvent d’abrutis finis, j’en conviens !) vous ringardisent et vous ridiculisent. Mais par leurs amalgames et leurs caricatures, nous nous retrouvons dans le même sac que vous ! 

Vous aurez noté que je n’ai pas perdu mon temps à essayer de vous décrypter les paroles, vous dire que tel ou tel chanteur était catholique, ou que au final c’est du théâtre. Il y a à ça deux raisons. La première est que le HellFest, enfant du défunt FuryFest, existe depuis plus de dix ans. Malgré toutes les critiques que j’ai à lui faire, c’est une industrie qui marche. Si vous aviez voulu écouter et comprendre, vous l’auriez fait, depuis le temps. La seconde raison est que vous nous emmerdiez déjà avec Elvis dont les déenchés « sataniques » auraient du le pouvoir de pervertir les jeunes filles. 

Alors pensez « politique » et arrêtez de voter Macron et autres cucks.  

Oui, le vote, le simple fait de participer à ce théâtre qu’est la démocratie nous est pénible. Non seulement les élections elles-mêmes mais encore les pressions financières, communautaristes, médiatiques qui pèsent sur les premières. Il est évident que la loi naturelle que nous enseigne Aristote, qui nous détourne tant de l’oligarchie que de la tyrannie ou de la démagogie, devrait nous conduire à chercher, à trouver un chef et prendre le pouvoir « par tous les moyens, même légaux » (Charles Maurras). Mais c’est précisément parce que les chefs comme les héros se cachent que nous devons descendre dans les urnes et dans la rue. Nous emparer de la vie la Cité comme de la vie de sa Cité. Quelqu’un que j’estime a écrit « le salut ne viendra pas des urnes ». C’est vrai. Il ne faut pas se raccrocher à ce système parce qu’il est la cause de nos problèmes mais aussi parce qu’il est prêt à mourir. 

Que faire ? Voter, en l’occurrence Marine Le Pen. Que faire vis à vis de la police ? Je l’ai déjà dit. Créer des réseaux d’amitié, professionnels, s’armer. Garder à l’esprit que si nous échouons, nous aurons une responsabilité civilisationnelle à assumer. Mais il ne faut pas désespérer car « le désespoir en politique est une sottise est une sottise absolue » (Charles Maurras).

Discriminer, c’est cool

Ou l’importance des canons esthétiques

Avec pareil titre et sous-titre, je devrais avoir la plupart des associations féministes, antiraciste et LGBT sur le dos. Heureusement pour moi, presque personne ne me lit. Je vais donc pouvoir à l’envie marteler à l’envi cette phrase : il est nécessaire de discriminer à nouveau et de lutter contre l’idée selon laquelle tout se vaut. 

La beauté est un concept pensé en occident (et dans toutes les civilisations d’ailleurs) depuis des siècles. Sujet du baccalauréat redouté par des élèves de terminale de moins en moins formé au Beau, au Bien et au Vrai (notions et concepts philosophiques autant que théologiques), la Beauté, que nous associerons par commodité au « Beau » dans cet exposé, demeure l’une des grandes perdantes de la modernité et du relativisme philosophique. 

En effet, sous la pression d’un égalitarisme forcené, on assiste à de curieux défilés de mode d’handicapés physiques ou mentaux. L’argument avancé est double : premièrement, toutes les beautés se valent, et après tout Claudia Schiffer n’est pas plus jolie qu’un mannequin trisomique. 

On se calme messieurs
Un autre style de mannequin…

Deuxièmement, conséquence du premier, c’est que la beauté n’a au final pas de forme, pas de critères, pas de règles, pas de canons. 

Or, une civilisation donnée s’assied précisément sur un certain nombre de valeurs mais aussi de codes esthétiques, y compris pour ses femmes. Il peut paraître choquant que je parle du beau sexe comme des cathédrales ou de la littérature, mais cela me permet de préciser plusieurs éléments. Premièrement, ces canons peuvent évoluer, et c’est évident : coiffure, tenues, vestimentaire et jusqu’à la façon d’entretenir les poils pubiens  (au XVIII les femmes de l’aristocratie y mettaient rubans et parfum). Mais cela relève toujours d’une progression d’ensemble, à défaut d’être uniforme. Le laid, le malade, l’obèse ne sauraient être promus comme canon de beauté.

J’ai parlé des femmes en m’appuyant sur l’exemple concret des mannequins. Que l’on ne se méprenne pas : ce billet n’est pas un exercice de style misogyne. Je crois être assez lucide pour savoir que je ne corresponds pas tout à fait aux canons esthétiques masculins occidentaux, tout en essayant de changer cet état de fait.

Un deuxième élément à souligner est que la lutte contre l’affaissement moral, physique, culturel et esthétique de nos corps participe à mon sens à la lutte civilisationnelle, une lutte de chaque jour à l’imitation de Héraclite. 
Il n’est pas non plus question de dire à quoi ressemble « la femme » ou « l’homme », ce qui constituerait une parodie de ce qu’écrivait Nietzsche dans « Ainsi parlait Zaratustra » quand il dit « Deviens ce que tu es« .

Soyons simplement conscients qu’il y a toujours mieux que soit, d’un point de vue intellectuel comme physique.