Islam, arme des banquiers

L’islam en tant que religion et culture est en Europe notamment occidentale un fait historique, politique, démographique et social non seulement récent mais surtout, au regard de la longue durée, anecdotique.

Si le califat d’Al Andalus est remonté jusque loin au nord (la « bataille » de Poitiers) et à l’est de la France (Grenoble, Lyon), ce ne sont pas huit tombes musulmanes retrouvées près de Narbonne qui font de la France et des pays limitrophes, à l’exception de l’Espagne, du Portugal ou de la plus lointaine Sicile, une terre « d’islam ». C’est bien le christianisme, sur des racines helleno-romaines et germaniques (européennes en somme) qui a façonné la France, ses peuples, ses arts, mais aussi ses paysages : les vignes et les monastères, on le comprend, sont plus rares au Pakistan, en Égypte et en Arabie saoudite. La topographie là encore est imprégnée de cette histoire, et on y trouve guère de présence de nos envahisseurs musulmans des premiers siècles du moyen âge : combien de villes et de villages portent des noms de saints et de saintes? Trop pour être comptés.

Ces quelques rappels faits, intéressons nous à la situation actuelle. Il y a une grande quantité de Français d’origine immigrée et d’étrangers sur le sol français. Certains sont réislamisés, certains n’ont jamais perdu la religion de leurs ancêtres, et d’autres enfin sont chrétiens (catholiques, évangéliques), notamment une grande quantité d’Africains subsahariens. Polarisés en diverses communautés, ces gens partagent néanmoins plusieurs choses : une assimilation proche du néant à la culture et à la civilisation française, y compris pour les chrétiens africains, une haine de la France, et conséquence, une allégeance à un autre pays.

Le problème n’est pas tant l’islam. Que celui ci soit violent, misogyne et intolérant ne nous intéresse pas tant que ses adeptes vivent entre eux en Syrie, en Algérie, au Yémen, en Turquie, en Iran. Vouloir une réforme de l’islam c’est s’aligner sur les valeurs progressistes et laïques de la République. La critique théologique de l’islam qui est le plus mise en avant dans les médias, outre sa pauvreté spirituelle (pour ou contre le cochon ? Le voile ou le string ?) ne sert qu’à masquer le fait que l’islamisation, réelle, n’a été possible que par une immigration de masse, elle même arme du Capital. Critiquer l’islam en tant que spiritualité et uniquement en tant que telle, est une arnaque intellectuelle et politique. Que l’on me comprenne bien : je ne dis pas que cette critique n’est pas intéressante. Je dis qu’elle n’est pas intéressante d’un point de vue politique.

C’est donc moins le Coran qu’il faut expurger, que le multiculturalisme. S’il y avait en France 20 millions de Japonais shinto, malgré l’image romantique que se font les Français des Japonais, des geishas, des samouraïs, du théâtre nô et de la cérémonie du thé, il y aurait aussi des actes de violence. Ils seraient différents mais ils existeraient. De la même manière, rappelons que Hutus et Tutsis n’ont pas eu besoin de l’islam pour se massacrer entre eux.

Pour préciser encore davantage ma pensée, il faut bien comprendre que je refuse de choisir entre le califat et la République laïque.

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Dolores, l’IRA, l’Irlande et le catholicisme 

Dolores O’Riordan est morte hier lundi 15 janvier à l’âge de 46 ans. La chanteuse des Cranberries, à la voix rageuse, fragile, ou angélique s’est éteinte dans le ciel londonien où elle était venue enregistrer_une dernière fois. 

Dernière d’une famille de sept enfants, la chanteuse irlandaise était connue non seulement pour son talent mais aussi pour des convictions et une âme qu’elle n’a jamais reniées, ce que les médias et les bien pensants ne lui ont jamais pardonné, même dans la mort. Pro famille (« Ode To My Family »), patriote irlandaise ( » God Be With You »), l’auteur des textes de la « sauce aux canneberges » (qui accompagne l’action de Grâce) savait mettre subtilement ses convictions en avant. Elle était également pro peine de mort, prenant pour exemple Singapour, et anti avortement… Comme n’importe quelle Irlandaise catholique née en 1971 (« The Icicle Melt »).

Il y a cependant un contresens que doivent éviter les admirateurs de Dolores, notamment ceux qui s’intéressent à l’IRA et au conflit Nord-irlandais. Pour patriote et catholique qu’elle fusse, elle n’a jamais apporté son soutien à la cause de l’IRA, condamnant même la violence et la guerre à travers sa chanson la plus connue, « Zombie« . L’idée est moins de prendre position contre l’IRA, et notamment sa branche armée, que de tenter de s’interposer entre les belligérants et d’imposer une sorte de paix de Dieu, à une époque où l’Eglise ne répond (déjà) pas/plus à ses aspirations (elle déclarait ne pas aller à l’église). Le refrain ne dit pas autre chose : « But you see, it’s not me/It’s not my family/In your head, In your head, they are fighting/ With their tanks, and their bombs/ And their, and their guns/ In your head, they are crying ». Là où les tanks se réfèrent aux troupes britanniques, les bombes se réfèrent aux attentats de l’IRA (encore que les Black and Tans aient pu se livrer à des actions proches). Ce que hurle Dolores est une supplication et une prière. C’est une jeune femme qui a 22 ans au moment de l’attentat de Warrington évoqué dans la chanson et qui n’a connu que la pauvreté et la guerre. L’accent est mis, on  le comprend, sur le caractère non seulement brutal mais encore lassant de la guerre (« Another head hangs lonely/Child is slowly taken »).

The Cranberries est donc moins un groupe « nationaliste » qu’un groupe catholique, et un groupe irlandais. 

« Le bon, la brute et le truand » : métaphysique d’une chute

Le dernier volet de la « trilogie du dollar », il buono, il brutto e il cattivo en version originale, demeure l’apogée de son auteur, Sergio Leone, en même temps qu’un modèle d’un genre nommé presque par (auto) dérision le western spaghetti. Ce genre, qui s’oppose (ou en tout cas se distingue), au western classique, a pour caractéristiques des thématiques très différentes. : Exit la conquête de l’ouest et les méchants Indiens, bonjour la guerre de Sécession et ses questionnements sur le Progrès et la mécanisation de la guerre, des personnages plus nuancés, moins manichéens (le « bon » de Le bon, la brute et le truand ne l’est que comparativement aux deux autres… Ce qui n’est pas peu dire !), la force de frappe des paysages désertique, quasi lunaires aboutissant à des oeuvres contemplatives (l’Espagne des années 60 (et les soldats de l’armée franquiste, « prêtés » par le Caudillo pour les scènes de bataille), un indivualisme et une anomie parfois dérangeants (torture, violence sur les femmes)… Voilà des éléments que cet article se propose d’aborder ou du moins d’effleurer : la chute des hommes et leurs doutes face à l’avènement de la civilisation du Progrès, dans un film de 1966 se déroulant quasiment un siècle avant.

Merci qui pour les figurants ? Bah non. Merci Franco.

Je ne rappellerai pas le synopsis et ne m’embarasserai pas de spoil : si vous n’avez pas vu le bon, la brute et le truand en 2017, je ne peux rien pour vous.

L’avènement de la guerre mécanique

Un certain nombre d’historiens considèrent soit la guerre de Sécession (Civil War) soit la guerre de Crimée comme la première guerre dite moderne. Il y a cela plusieurs raisons :

  1. Le nombre de soldats engagés (et tués);
  2. L’utilisation massive de l’artillerie et notamment de canons automatiques;
  3. L’utilisation de tranchées.

Dans le film, ces éléments sont particulièrement bien montrés. Les soldats en particuliers sont dépeints tels qu’on peut se les figurer : épuisés, mal rasés, assoiffés, amaigris, l’oeil vide. Voilà ce que nous enseigne le bon, la brute et le truand : l’honneur et les valeurs militaires ne sont bonnes que pour les cérémonies. Le patriotisme et la ferveur héroïque qui pouvaient exister en début de conflit ne transparaissent pas à ce moment là, tant cette guerre mécanique fait des soldats des bêtes ; ou plutôt : du guerrier un soldat, d’un soldat un militaire.

Des hommes au milieu des ruines

Les personnages du film, et en particulier le trio principal, semblent des damnés d’un monde post apocalyptique, où hiérarchies et Dieu(X) font cruellement défaut. Là où les personnages campés par John Wayne sont toujours esthétiquement et éthiquement du bon côté (la loi, l’ordre, la morale, Dieu, etc), eux n’ont ni foyer, ni morale, ni honneur (les magouilles entre Blondin et Tuco pour récupérer la prime sur la tête du second) voire n’ont pas de nom (« Blondin »).

« Dieu est mort » Nietzsche ; »Nietzsche est mort » Dieu

Chez Sergio Leone, Dieu est bel et bien mort, et Ses créatures n’en sont que plus désemparées. C’est tout du moins le sentiment de « Blondin » avant d’être capturé par les Yankees. Cette scène, au delà de son aspect farce et de l’hilarité qu’elle peut déclencher, semble nous indiquer autre chose : dans le monde de Leone, si Dieu est mort, il n’y a plus que des masques de Lui. Et celui qui imite Dieu, c’est Lucifer. C’est d’ailleurs curieusement un monde où règne non seulement la violence et le mensonge, mais aussi où les femmes sont quasi absentes. Le rapport des personnages de Leone aux femmes est d’ailleurs pour le moins douteux puisqu’on y voit Sentenza gifler Maria, la prostituée. Notons que la seule femme du film porte le nom de la Sainte Vierge, ce qui n’est guère étonnant pour un film réalisé par un Italien : le film serait donc abandonné de Dieu mais non de Sa mère ?

Une Marie peut en cacher une autre.

La violence de « le bon, la brute et le truand » : violence esthétique, violence morale ?

La violence la plus immédiate n’est pas celle que s’infligent les personnages : il y a peu de duels, une seule scène de bataille, une scène de torture, la mort du chasseur de primes (tué par Tuco) ; en somme peu de violence physique pour un film de 178 minutes en version longue.

La vengeance de Tuco, quand celui-ci fait marcher Blondin dans le désert, constitue une violence esthétique et morale plus grande. Comment ne pas voir autre chose qu’un martyr derrière ce Blondin pourtant tellement amoral, voir un parallèle avec l’errance du Christ, tenté par Satan sous un soleil brûlant ?

Jésus Christ dans le désert, par Ivan Kramskoï (1872)

La solitude des corps et des âmes des personnages est accentuée par les paysages désertiques de l’Espagne : dans des espaces brulées par le soleil incandescent, les corps semblent minuscules, faibles, et les âmes, en peine, livrées à toutes les tentations de violences possibles.
Film immense, amoral, chrétien et nietzschéen, qui pleure la mort de Dieu, le bon, la brute et le truand , tu l’auras compris lecteur, est mon film préféré.

Pourquoi lire de la poésie : plaidoyer pour un art inutile

Les lecteurs qui me suivent et me connaissent savent qu’en plus de mes diatribes, j’écris de la poésie, cet art inutile qui ne se vend pas et fait rire_voir à ce sujet là la critique de Juan Asensio sur la littérature actuelle et sa crise.

La faute sans doute à une multitude de facteurs : désenchantement du monde sous les coups de pelle mécanique du Progrès, politiques de l’éducation nationale qui ont fini par nous faire croire que Booba valait bien Rimbaud (il y en a un seul des deux qui a fait la guerre et trafiqué des armes et de l’ivoire, et ce n’est pas Booba), crise du livre, crise morale et spirituelle et en particulier mort de Dieu, etc. 

Il ne faut pas s’étonner par conséquent si nos « milieux », qui portent aux nues des hommes tels que Robert Brasillach, Hermann Hesse, Ezra Pound, Homère, Howard Lovecraft, et tant d’autres, des milieux qui se targuent (à raison bien souvent) de culture, se retrouvent coupés d’une partie de la littérature française ou occidentale en général, la poésie. Il m’a été demandé d’écrire cette introduction, afin d’aider les gens à suivre le lapin blanc dans son terrier, car j’ai bien conscients que dans le monde des poètes et des prophètes, les profanes (et même parfois les initiés) sont quelque peu « Alice ». 

Les amateurs de Matrix apprécieront

Pourquoi lire de la poésie ?

C’est la question qu’il faut se poser en premier : pourquoi lire Baudelaire, Hafez, Villon, Ramprasad Sen ou Borges ? Il y a à mon sens deux écoles et donc deux réponses possibles. La première est celle que l’on retrouve dans le livre (et le film) « le cercle des poètes disparus » : « On écrit pas de la poésie parce que c’est joli mais parce qu’on appartient à l’humanité ». La poésie est le langage qui relie les hommes. Les oeuvres fondatrices des hommes sont soit des codes de lois, soit des poèmes : Illiade, Odyssée, Baghavad-Gita, certaines parties de l’Ancien Testament, ces oeuvres sont les socles de certaines civilisations. Ceux qui les ont couchées sur le papier (ou l’argile) ont été les témoins historiques ou mythiques de choses qu’ils ont voulu nous transmettre. 

La réponse que je préfère se trouve cela dit sous la plume de Charles Baudelaire qui déclarait « la poésie n’a pas d’autre but qu’elle même », proclamant dès lors l’art pour l’art, l’esthétique pour elle même (ce qui n’exclut pas cependant l’éthique). 

Sand rire, j’ai besoin de le présenter ?

Je préfère donc imaginer un art (et une poésie) beau en lui-même, pour lui-même. Cela n’exclut évidemment pas non plus la transcendance (c.f la démarche et la vie entière de J.S Bach). 

Lire de la poésie c’est pénible !  

Il est évident que lire en soit est un exercice pouvant s’avérer fastidieux. Pour ces personnes là précisement, lire de la poésie peut s’avérer un paliatif intéressant. En effet, on pioche, on picore dans une assiette comme à l’apéritif, et on ne risque pas d’être repus. En vers, en prose, en haïkus et dans toutes les langues, mêmes les petits lecteurs, qui ressentent, peur, dégout ou angoisse devant les livres peuvent surmonter cela grâce à la poésie; la poésie comme porte d’entrée à la lecture en somme. À titre d’exemple, même si je suis un gros lecteur, quand j’ai lu « les fleurs du Mal » de Charles Baudelaire pour la première fois, je ne l’ai pas lu d’une traite. J’ai pioché, en me référant à la table des matières. Et je continue ainsi pour de nombreux poètes car lire un recueil, souvent épais, de bout en bout, est fastidieux, et répétitif. 

Que lire ?

C’est là la question la plus délicate. Il m’est sans doute impossible de conseiller un lectorat. Je peux conseiller des individus, au cas par cas, après discussion avec eux, sentir leur sensibilité, leurs goûts, comme en matière de vin, de cuisine ou de femmes. Mais guère davantage. Je peux par contre déconseiller Helinan de Froidmont ou François Villon, dans le texte si vous n’êtes pas familier de la langue médiévale, la Divine comédie autrement qu’en français si vous ne parlez pas italien.

Version française ou version originale ?

Je vous dirais déjà de faire comme vous voulez et comme vous pouvez : il y a peu de probabilité que vous lisiez le farsi pour lire Ferdowsi ou Hafez dans le texte; moi non plus. Cela dit, je vous conseillerais, dans un second temps, de lire certains poètes, dans leurs versions originales (Pound, Poe, Lovecraft, etc.) Car la langue qu’ils utilisent est infiniment plus riche en anglais. 
Où lire ?

Partout : en allant au travail, après, dans le bain, après l’amour (pendant même pour les plus romantiques), à la fac, avant de dormir, pendant que les oeufs cuisent, quand bébé s’endort… Il n’y a ni endroit ni moment.

Conclusion ?

La poésie façonne l’imaginaire, éleve l’esprit y compris vers le divin. Elle enrichit le vocabulaire, la grammaire et la conjugaison. Et tout lecteur de poésie est un poète potentiel. 

Le djihadisme ici et là bas

Je vais dans cet article, à l’occasion de l’attentat de Barcelone (qui avait manifesté pour l’accueil des migrants, bisous) exploser le mythe d’un djihad mondial aux causes et aux conséquences uniques des Philippines au Royaume-Uni, de la Syrie à l’Espagne. 

Le djihadisme est la manifestation la plus simple et la plus brutale de l’islam, qui est une religion de guerre et de conquête. Faire le djihad est une obligation. 

L’islam et les civilisations qu’il a imprégnées ou conquises (Arabo-andalous, Turcs, Perses…) s’opposent sur à peu près tout à nos civilisations occidentales qui trouvent elles leur racines en Grèce et à Rome, d’une part, et dans le christianisme d’autre part, pour l’essentiel (m’emmerdez pas avec les trois malheureuses tombes musulmanes trouvées à Narbonne).

Quoique la guerre ait fait parti des moeurs européennes pendant des siècles, nos ancêtres français, italiens, allemands et autres ont partagé ce fond commun avant de l’exporter aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Afrique du Sud. On peut très bien se faire la guerre et échanger de la culture, voyez Lully. 

Le djihadisme qui a frappé le Bataclan et Manchester visaient directement cet Occident, européen, décadent (drogue, musique..) et libéral, valeur permise uniquement sur un terreau helléno-chrétien. C’est là en général que le sot objecte : « Gnagnagna la Syrie gnagnagna le Mali ». Le relativisme est un fléau. Cependant : 

  • Aucune souffrance ne mérite d’être niée : aucune mère ne mérite d’enterrer son enfant de huit ans (même pas les mères israéliennes, n’est ce pas ?)
  • Au Moyen-Orient et en Afrique, les tensions actuelles ne sont que la suite de conflits anciens : chiites, sunnites, Arabes, Yezidis, Kurdes, Assyriens, Perses, ce joyeux beau monde s’étripait sans l’aide des Occidentaux il y a longtemps, faisant et défaisant des alliances complexes (« Si tu comprends le Moyen-Orient, c’est qu’on te l’a mal expliqué » dit le proverbe libanais); se souvenir de l’époque où les Kurdes étaient des supplétifs de l’Empire ottoman.
  • Il n’est pas question de nier l’implication étrangère notamment occidentale, mais elle n’est pas la cause seule.

Les causes du djihadisme sont sans doute les mêmes ici et là bas. Mais les réactions doivent être différentes car leurs acteurs n’ont pas les mêmes buts. Si leur but est de tuer, en Europe, leur but semble plutot de déstabiliser le pouvoir central et de recueillir l’adhésion. 

Tout ne se vaut donc pas même si on ne peut que déplorer la violence des attentats où qu’ils soient.

Pourquoi nous sommes supérieurs aux animaux

Et pourquoi l’anthropomorphisme est une aberration. 

Parmi les débats parfois houleux autour du mariage pour tous, les partisans de ceux ci ont souvent usé de mauvaise foi en faisant dévier le sujet à « l’homosexualité » en tant que pratique et comportement sexuel et social, comme si en France, pays qui ne criminalise plus cette pratique depuis 1791 (et même avant, dans les faits _ pensons à Lully), quelqu’un en avait quelque chose à faire de ce que font les homosexuels de leurs culs (à part la récente immigration maghrébo-musulmane).
L’argument régulièrement soulevé était donc le suivant : les animaux pratiquent l’homosexualité (chauve-souris, singes), pourquoi pas nous ? 

Premièrement, il ne me semble pas que les chauve-souris, pas plus que les hommes, réussissent à s’unir et à procréer par paires homosexuelles, et ce même si Batman, mon héros préféré, est un grand célibataire (et un tombeur, sans son masque ; et même avec : pensez à Catwoman). 

Miaou miaou.

Deuxièmement, ces comportements restent marginaux quand on pense aux centaines de milliers d’espèces de mammifères, d’oiseaux, de reptiles, d’anoures, d’invertébrés sur cette planète. La norme, en tant que comportement social (et donc politique, pour l’Homme, au sens de la polis), est l’hétérosexualité. 

Troisièmement, et c’est le point le plus important, la Nature a un visage autrement plus « sale » que celle d’un monde peuplé de licornes : cannibalisme de survie, meurtre post-coïtal (araignées, mantes), viol collectif (dauphins), esclavage (protomagnatus americanus, une fourmi)… Personnellement, c’est un monde que je trouve assez peu adapté aux homosexuels avides de droits divers mais plutôt « barbare ». Pn imagine mal les SJW réincarnés en insectes victimes d’une attaque de protomagnatus americanus et n’avoir pour défense « pas dans la forêt » . 

Une fois qu’on a listé les horreurs auxquelles on échappe en étant un homme, une conclusion s’impose à un esprit normal qui comprend que l’homme est aussi un être de culture : il est impossible de transférer des schémas mentaux ou comportementaux de la Nature à l’Homme. Celui-ci n’est pas fait pour vivre dans la Nature, seul, nu (c.f le petit poussin). 

La Nature n’est pas toujours « bonne ». Ce n’est pas parce que l’ordre naturel dicte que l’ours doit me tuer que je dois le laisser faire. 

Deliveroo, ou le tabouret du pendu

Un soir, attablés à un restaurant local (« la ferme à Dédé« ) avec mes amis en train de manger un gros burger absolument pas vegan, nous avons aperçu deux ou trois coursiers-livreurs Deliveroo. Par l’aspect relativement sombre de leur peau, et leurs traits fort peu caucasiens, ainsi que par leur dialecte semblant venir des côtes de l’Afrique de l’ouest, nous en avons déduit que ces jeunes gens aux bras maigres, aux cuisses musclées et au ventre vide étaient sinon des migrants, du moins arrivés dans notre douce France il y a peu de temps. 

Un peu plus tôt dans la journée, nous avions croisé des individus semblables, ventre vide, regard hagard, conduite rapide et nerveuse facilitée par leur faible poids, etc. Une différence majeure, seulement : ils étaient Français « de souche » (je mets des guillemets pour respecter la loi), leur faciès était caucasien. Ils étaient très probablement étudiants et quand on connait la prédominance de la gauche et de l’extrême gauche dans les universités, faire le raccourci « vendeurs Deliveroo=gauche » est aisé. Faire circuler les repas, faire circuler les hommes, faire circuler les biens. La cohérence est parfaite.

Oui, mais. Ces salariés n’ont pas compris qu’ils étaient des salariés (en dépit de ce que l’esprit « start-up nation » laisse paraître), des chômeurs en puissance. C’est là qu’intervient ce que Marx appelait l’armée de réserve du Capitalisme, incarnée dans mon exemple par les braves guerriers d’ébène de l’ouest africain. Et comme « Celui qui a vécu par l’épée, périra par l’épée » (Matthieu 26:52), « Celui qui a vécu par le mondialisme, périra par le mondialisme ». En votant depuis des années pour des gens qui ont fait venir leurs remplaceurs, en consommant les produits (Deliveroo, Apple…) qui luttent ouvertement contre eux, ces étudiants sont leurs (et nos) propres bourreaux.

Que Dieu sauve la Sainte Russie !

Dans cet article, comme son titre l’indique, je parlerai de la Fédération de Russie. Je ne parlerai ni de la Russie tsariste, ni de l’URSS, sinon à titre indicatif et historique. Mes arguments et les exemples seront sourcés. Que les amoureux de Tolstoï, de Dostoïevski et de Tchaïkovsky (dont je suis) se donnent la peine de lire.

Dans une première partie je traiterai de la situation économique russe actuelle, notamment vis à vis de ses partenaires régionaux (asiatiques et européens) et mondiaux.

Dans une deuxième partie, je traiterai de la situation diplomatique et militaire russe, de son engagement sur divers théâtres (Ukraine, Syrie, etc).

Dans une troisième partie, je traiterai de la situation sanitaire, écologique, sécuritaire et sociale russe : santé, pollution, alcool et drogue.
I/ L’économie russe : état des lieux

Si l’on en croit sa fiche Wikipédia, le PIB de la Fédération de Russie a baissé de 4.6% en 2016, atteignant 1280 milliards de dollars (US), pour un PIB (PPA) de 3564 dollars (US), cette fois ci en augmentation de 2.09%.

Il y a à cela une explication démographique (nous le verrons plus loin) mais aussi économique. La Russie est dépendante du dollar et de ses exportations d’hydrocarbures; même si elle produit en marge du diamant, de l’or, etc. Avant même la crise ukrainienne, la Russie a subi un recul de son PIB (en 2009), conséquence de la chute vertigineuse des prix du pétrole. Ne produisant que peu de produits agricoles (4.5% de la population active occupe le secteur primaire), le pays a traversé une profonde crise. Cela s’explique par le manque de terres arables : déserts froids, taïgas, montagnes, marais, etc.

La crise ukrainienne et les sanctions de l’Union Européenne ont là encore impacté une économie déjà fragile, de l’aveu même de Vladimir Poutine. Malgré cette crise, l’Ukraine reste le troisième partenaire économique de la Russie : business is business.
II/ « La marine russe n’est jamais aussi faible qu’on le pense, mais jamais aussi forte qu’on le craint » (ou le contraire) : Camarade Vladimir à la barre

L’armée russe moderne est entrée dans l’histoire sans briller et c’est le moins qu’on puisse dire : l’incompétence et l’ivresse combinée des moujiks devaient permettre aux troupes disciplinées de Tōgō Heihachirō de balayer les navires russes. Cette « tradition » fera des ravages tout le long du XXI eme siècle, et jusqu’en Tchétchénie.

Après la chute de l’Union soviétique, la Russie a entendu regagner une certaine sphère d’influence, au Moyen-Orient, en Asie centrale (notamment en Ouzbékistan, après le 11 septembre), et même en Amérique latine (Vénézuela). Ainsi, de la même façon que les États-Unis, la Russie se crée un système d’alliés et de clients complexe, quoique moins avancé pour le moment, pour servir ses intérêts.

Au Moyen-Orient notamment, il peut compter sur la Syrie baasiste, qui est en fait son pion, et sur l’Iran avec qui les relations sont anciennes (1592). Avec la Syrie, l’intérêt est double : contrecarrer les Européens et les Américains, et s’assurer l’accès à la Méditerranée via le port de Tartous. Quant à l’Iran, c’est un « je t’aime, moi non plus« , un tango argentin qui se joue à la fois en Syrie, et en Afghanistan, où chacune des puissances a ses pions à jouer.

Soulignons ensuite que la Russie fait parti des pays, avec le Canada, les États-Unis, le Danemark et la Norvège, ayant un accès à l’Arctique, atout économique, diplomatique et militaire majeur s’il en est.

Cependant, la puissance militaire russe doit être relativisée : par exemple, elle est en manque de moyens financiers (on se sent moins seul) et ses moyens dans le domaine spatial sont gravement en retard sur les États-Unis.
Dans un autre domaine, celui du soft power, le pays peut compter sur un certain nombre de soutiens dans la droite et l’extrême droite européenne, notamment française.
III/ Que Dieu sauve la Sainte Russie !

La Russie a acquis une image réactionnaire pour les uns, sainte pour les autres. Examinons le détail à partir d’une poignée d’exemples.

Nous avons dit plus haut que la consommation d’alcool était un fléau en Russie, à tel point qu’elle est, en Occident, sujet à plaisanterie. La réalité est moins drôle : une étude publiée dans The Lancet a étudié les morts des habitants de trois villes industrielles de Sibérie entre 1990 et 2001. Il en résulte que 52% des morts des individus entre 15 et 54 est du à l’alcool. Le phénomène ne s’arrête pas là, avec les alcools de substitution.

Passons à la drogue. Dans un pays qui a connu un passage brutal du communisme le plus brutal à l’autocratie capitaliste la plus brutale et en même temps la plus débridée, il n’est guère étonnant que les écarts de richesse se creusent, et que la drogue s’installent dans ces trous. Sa proximité avec l’Asie centrale (Iran, Tadjikistan, Afghanistan…) en fait un véritable supermarché de la drogue, devant lequel les autorités peinent à lutter, la corruption n’arrangeant rien.

Je viens de dire que la Russie souffrait de la porosité de des frontières quant à la drogue. Mais des milliers d’immigrés provenant de ses ex satellites entrent chaque année en Russie, avivant parfois des tensions avec des mouvements nationalistes locaux.

Si la Russie a acquis aux yeux d’une certaine gauche une image réactionnaire, c’est en raison de son opposition aux groupes de pression LGBT. Or, d’une part la Russie autorise la GPA (Gestation pour Autrui), et d’autre part le nombre d’avortements reste élevé, contre coup de la chute de l’URSS et de la crise économique, morale, spirituelle, et politique notamment des années Elstine.

Source : Roostat (service fédéral des statistiques)

Quant à la question du divorce, vertes abordée de façon plus souple dans la religion orthodoxe, il reste un adultère. La carte ci-dessous est éloquente.

La plupart des amoureux de la Russie et de la nature peuvent le dire : le pays meurt. Grand comme un continent, s’étalant sur une grande variété de paysages, de climats, regroupant une grande richesse de peuples, de plantes et d’animaux, la Russie a une responsabilité, un devoir. Observons les résultats (sans oublier les véritables crimes de pays proches comme la Chine, ou plus lointains comme les États-Unis). Le moins visible est sans doute la pollution de l’air, conséquence de la logique prométhéenne de la révolution industrielle puis socialiste, et jamais arrêtée après la chute du communisme. Évoquons ensuite pollution des eaux notamment de l’emblématique lac Baïkal, qui alarme même le président Poutine.
Le CNC a publié sur le sujet de l’écologie et de la Russie un brillant article, qui évoque notamment la pollution des sols, et que j’invite à consulter.

Contrairement à ce que peut laisser penser une hystérie anti russe/anti Poutine, le lourd héritage soviétique, tant d’un point de vue des mentalités que des techniques, n’est pas à négliger. Le productivisme plutôt que l’industrie raisonnée, l’agriculture, et l’artisanat, d’une part, et l’interdiction de parcs et d’associations pour préserver les espaces (Lacs, rivières, forêts) et les espèces doivent être rappelés.

Genre ça

Il y a une grande quantité de sujets qui n’ont pas été traités, ou seulement en surface : démographie, religion, composition ethnique du pays, etc. À dessein cette fois-ci, le sujet Vladimir Poutine n’a pas été traité (sa personnalité, sa carrière, sa fortune) car il était trop vaste.

C’est un pays immense mais fragile, à l’immense potentiel économique, militaire, culturel et écologique qu’à laissé la chute de l’Empire soviétique. Pour le moment, les oligarques et leurs appétits n’ont fait que changer de nom et de masque, et de ce fait, perdurer, voire aggraver les fautes de leurs prédécesseurs socialistes.

Réflexion sur la violence

Puisque la violence est un vice de l’homme découlant du péché originel, donc naturel, et puisque l’homme est un animal politique, nous dit Aristote, alors la violence politique doit être mise au service du Bien, tempérée par la Justice (la Loi de la Cité) et le droit naturel.

C’est ce que tenta de faire l’Eglise via la paix de Dieu et la trêve de Dieu. Du reste, la période médiévale fut plutôt peu meurtrière, entre Européens, si l’on compare aux guerres des périodes suivantes que sont les guerres de religion (XVI ème siècle), la guerre de Trente Ans (1618-1648), les guerres de Louis XIV (1661-1715), ou encore les guerres de Napoléon ; sans même évoquer les deux guerres mondiales.

Aujourd’hui, dans nos sociétés occidentales, où il est admis que l’Etat a le monopole de la violence (police et armée), la question de celle-ci mérite néanmoins d’être pensée et posée à une époque où l’Etat et la démocratie perdent eux-mêmes peu à peu leur légitimité : montée des extrêmes et de l’abstention, incapacité à gérer la crise sécuritaire et migratoire, etc.

Dans sa « Somme théologique », saint Thomas d’Aquin théorise la doctrine de la guerre juste. Celle-ci se caractérise par trois points :

  1. L’autorité du Prince
  2. La cause juste
  3. L’intention droite.

Un autre point important à soulever est que Thomas d’Aquin admet tout à fait le régicide face au « tyran d’exercice » ou « tyran d’usurpation ». Charles Maurras dit que « les libertés ne s’octroient pas : elles se prennent ». Un peuple soumis à l’autorité peut donc en théorie parfaitement se révolter contre un chef injuste, en prendre la liberté. Or comment la cause nationale peut trouver la légitimité de faire usage de violence contre ses adversaires et faire chuter le « tyran d’exercice » qu’est la République et ses divers supplétifs ? Grâce à Thomas d’Aquin. Notre intention est droite, car guidée par l’empirisme et le Bien commun. Nous avons pour nous l’autorité du Prince, et donc une cause juste : la monarchie française. Cela coïncide là encore avec l’expression de Maurras « par tous les moyens, même légaux ».

La dernière difficulté réside sans doute dans les moyens de concrétiser cette violence.

De la critique de la mondialisation à travers le prisme du tourisme et de l’écologie

Je proclame ici ma haine, provocatrice et iconoclaste, du bougisme, des « échanges » et du pire de leurs enfants monstrueux : le tourisme.

Il y a tout d’abord l’aspect écologique, tout à fait évident : « faire » Cuba, la Thaïlande, le Maroc, l’Afrique du Sud et l’Argentine, en avion, bonjour l’empreinte écologique. Et les bobos de nous reprocher de faire et d’élever des enfants ! En outre, le tourisme requiert la construction d’infrastructures lourdes, coûteuses et fort laides : routes, ponts, aménagements de plages, hôtels et autres.

Il y a l’aspect économique ensuite. Il est difficile de me traiter de pingre mais je trouve que dépenser son argent dans plus d’un voyage hors de son continent dans sa vie est une folie et un gâchis. À titre personnel, en dehors d’une poignée de pays européens que je compte parcourir en train, en voiture ou en bus, il n’y a guère que le Japon ou l’Iran que je compte visiter. Et cela même si d’autres pays (Inde, Egypte.. ) pourraient a priori m’attirer. Je n’irai pas. Je mourrai peut-être avec des regrets mais c’est ainsi.

Il y a ensuite l’aspect touristique et identitaire. Nous attaquons là le cœur du problème. Je suis épuisé de voir des hordes de Russes, Japonais, Chinois, Qataris quand je visite Paris, capitale de mon propre pays. Et ce sans avoir quoique ce soit contre ces peuples, bien au contraire. Je hais le tourisme, le mitraillage photographique, le piétinement sur les trottoirs, devant les statues et dans les musées. Je n’arrive plus à me satisfaire de l’aspect économique de cette muséification. Notre pays subit une lente thanatomorphose que l’Etat, via la culture, les châteaux, les musées, ralentit pour tirer de cette thanatopraxie de précieux écus.

En outre, ce tourisme ne nourrit qu’une poignée de commerçants, vendeurs de souvenirs et restaurateurs, ainsi que les travailleurs immigrés vendeurs de Tours Eiffel en porte clefs ou de bouteilles d’eau aux abords des sites touristiques. Dès lors, le tourisme doit être considéré comme ce qu’il est : une rente tant pour l’Etat que pour un petit nombre de groupes capitalistes parasites dont le nombre décroîtrait de façon considérable si l’activité touristique diminuait. Songeons seulement aux divers fast-foods, à Apple et autres géants de la téléphonie mobile.

L’idée est moins ici la désindustrialisation que le ralentissement en vue de l’équilibre de l’économie, des paysages, des écosystèmes. Pour citer un exemple concret, j’étais il y a deux jours à Paris, et j’ai du renoncer à visiter Notre Dame de Paris, devant les files d’attente interminables sous un soleil de plomb.

Je confesse une certaine nostalgie du temps où les voyages se limitaient à l’aspect colonial ou aux récits de voyage (les « carnets indiens » de Hermann Hesse, « Au pays des contes » de Knut Hamsun, ou encore les livres de Rudyard Kipling).

À ce titre, les compagnies aériennes low-cost sont mes ennemies (il paraît que Paris-Los Angeles sera sous peu à moins de 400 euros !).

Le touriste qui « fait » les pays comme on « fait » les magasins, en les pillant sans les aimer, sans les apprécier, sans s’en imprégner, est un des stades suprêmes de l’apatride_ et sans doute un des pires : lui est inconscient et purement esthétique.

Mort aux voyages. Mort aux touristes.