Sur la grève et le blocage comme outils révolutionnaires

Les violentes grèves et occupations d’université printanières doivent interroger les nationalistes qui souhaitent prendre le pouvoir sur la nature de leur rapport à la révolution, au peuple, et à la violence. L’auteur de ces lignes propose cinq axes de réflexion face à des gens qui occupent les universités en compagnie de masques et de chiens. Jugez plutôt :

Notez que le chien est celui qui a le plus d’allure.

1/ La grève (paradoxalement) ralentit et paralyse l’action révolutionnaire

En effet, elle attire l’attention et le mécontentement à l’égard du mouvement. On me répondra que telle ou telle révolution fut permise grâce à l’enchaînement notamment de grèves (Ce qui se discute) mais cela ne concerne ni notre époque ni notre pays. Le peuple français aime la sécurité (de l’emploi, de la retraite, de l’épargne), mais plus que tout il aime sa routine qui comprend travailler, faire ses courses, payer ses factures, étudier. Le moindre bouleversement dans son emploi du temps (retard, panne…) le perturbe, le panique, l’agace. « Pour vivre heureux, vivons cachés  » et pour faire une révolution efficace, faisons la en en limitant les effets sur « madame Michu ».

2/ Par conséquent, ces bouleversements doivent être limités, brefs, et peu étendus géographiquement.

Ainsi, le soutien aux « grèves » et « manifestations » étudiantes est d’un intérêt médiatique et politique nul (sans parler des risques judiciaires). Si l’aspect « théorie du chaos » peut paraître séduisant, il n’en reste pas moins qu’il s’agit pour l’essentiel de gesticulations qui nous sont hostiles, aux revendications grotesques, peu et mal coordonnées, et sans vision à moyen et long terme car sans doctrine politique et philosophique cohérente.

3/ Pour ce qui est des grèves des cheminots et autres travailleurs, ou de soutenir les blocages de routes, de raffineries, des manifestations, il s’agit évidemment de choses à soutenir.

Pourquoi ? La différence est de taille entre un salarié, qui fait le choix de sacrifier une partie de son salaire pour entrer dans un rapport de force avec son patron, et espère compter sur la solidarité de ses camarades ainsi que sur son épargne, et d’autre part un étudiant, qui ne vit pas de son argent mais de celui de ses parents ou de celui de la collectivité (bourse). La troisième possibilité est qu’il travaille et dans ce cas il est un idiot, ou un otage des décisions de ses camarades. Peu nous importent les motivations de tel ou tel pour bloquer ou pas. Ce qui compte, c’est que le blocage étudiant est non seulement illégal mais en plus illégitime : un étudiant n’a ni patron ni salaire à mettre en balance dans un rapport de force. Il est donc incohérent de soutenir de pareilles opérations. Rappelons que la grève doit être soutenue à l’appui de la doctrine et non pas sur le principe : nous voulons une économie bâtie sur les « privilèges » au sens littéral et noble du terme (loi privée) et donc corporatiste, tant éloignée de l’économie socialiste que de l’économie capitaliste. Mais ce n’est pas l’objet de cet article.

4/ Se pose dès lors la question suivante : faut-il ou non débloquer les universités occupées ?

Il serait facile de répondre qu’au vu de ce que nous avons exposé plus haut, s’impliquer dans pareil conflit ferait de nous les auxiliaires de la police et donc, par ricochet, du régime républicain. Néanmoins, nous l’avons dit également, de nombreux étudiants, notamment les plus pauvres, se retrouvent prisonniers de cette situation, ne pouvant accéder aux cours ni à la bibliothèque, risquant de ne pouvoir passer leurs examens, avec parfois de terribles conséquences notamment en termes de bourses universitaires. De plus, il est courant que la police soit passive, ce que même l’extrême gauche note (en le déplorant certes) comme ce fut récemment le cas à Montpellier, et refuse d’intervenir. Il peut donc s’avérer utile d’intervenir à la place de la police, notamment pour bénéficier d’une audience auprès des étudiants que l’on appuie. Que l’on ne se méprenne pas: peu voire aucun deviendront par la suite des militants. Mais leur capital sympathie à l’égard du mouvement ne peut qu’augmenter… Et diminuer à l’égard des bloqueurs. Ceci peut toujours être utile à la diffusion de notre pensée ou au coup de force, le jour venu.

C’est passé à ça ! Foutues Froides-Queues!

5/ Il nous apparaît néanmoins important de préciser que ces interventions doivent être limitées, discrètes.

Il convient d’ajouter qu’il nous faut surtout être dans nos actions et nos communications bien distincts de potentielles interventions de police, afin, comme exposé plus haut, de ne pas être vu comme des supplétifs d’elle.

De même, il ne nous apparaît pas nécessaire de revendiquer (par nos couleurs, nos insignes, nos écussons notamment) ce genre d’actions. Le but recherché est l’efficacité davantage que la visibilité, et « on ne sort de l’ambiguïté qu’à son désavantage » disait le cardinal de Retz. Il faut être « intellectuel et violent » mais surtout rapide. L’étalage de couleurs bariolées et « d’uniformes » « faf » se prête mal à ce genre de choses. Mais nous aurons l’occasion de revenir sur l’esthétique dans un prochain article.

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Une réflexion sur “Sur la grève et le blocage comme outils révolutionnaires

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