Réflexion sur la violence

Puisque la violence est un vice de l’homme découlant du péché originel, donc naturel, et puisque l’homme est un animal politique, nous dit Aristote, alors la violence politique doit être mise au service du Bien, tempérée par la Justice (la Loi de la Cité) et le droit naturel.

C’est ce que tenta de faire l’Eglise via la paix de Dieu et la trêve de Dieu. Du reste, la période médiévale fut plutôt peu meurtrière, entre Européens, si l’on compare aux guerres des périodes suivantes que sont les guerres de religion (XVI ème siècle), la guerre de Trente Ans (1618-1648), les guerres de Louis XIV (1661-1715), ou encore les guerres de Napoléon ; sans même évoquer les deux guerres mondiales.

Aujourd’hui, dans nos sociétés occidentales, où il est admis que l’Etat a le monopole de la violence (police et armée), la question de celle-ci mérite néanmoins d’être pensée et posée à une époque où l’Etat et la démocratie perdent eux-mêmes peu à peu leur légitimité : montée des extrêmes et de l’abstention, incapacité à gérer la crise sécuritaire et migratoire, etc.

Dans sa « Somme théologique », saint Thomas d’Aquin théorise la doctrine de la guerre juste. Celle-ci se caractérise par trois points :

  1. L’autorité du Prince
  2. La cause juste
  3. L’intention droite.

Un autre point important à soulever est que Thomas d’Aquin admet tout à fait le régicide face au « tyran d’exercice » ou « tyran d’usurpation ». Charles Maurras dit que « les libertés ne s’octroient pas : elles se prennent ». Un peuple soumis à l’autorité peut donc en théorie parfaitement se révolter contre un chef injuste, en prendre la liberté. Or comment la cause nationale peut trouver la légitimité de faire usage de violence contre ses adversaires et faire chuter le « tyran d’exercice » qu’est la République et ses divers supplétifs ? Grâce à Thomas d’Aquin. Notre intention est droite, car guidée par l’empirisme et le Bien commun. Nous avons pour nous l’autorité du Prince, et donc une cause juste : la monarchie française. Cela coïncide là encore avec l’expression de Maurras « par tous les moyens, même légaux ».

La dernière difficulté réside sans doute dans les moyens de concrétiser cette violence. 

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