De la critique de la mondialisation à travers le prisme du tourisme et de l’écologie

Je proclame ici ma haine, provocatrice et iconoclaste, du bougisme, des « échanges » et du pire de leurs enfants monstrueux : le tourisme.

Il y a tout d’abord l’aspect écologique, tout à fait évident : « faire » Cuba, la Thaïlande, le Maroc, l’Afrique du Sud et l’Argentine, en avion, bonjour l’empreinte écologique. Et les bobos de nous reprocher de faire et d’élever des enfants ! En outre, le tourisme requiert la construction d’infrastructures lourdes, coûteuses et fort laides : routes, ponts, aménagements de plages, hôtels et autres.

Il y a l’aspect économique ensuite. Il est difficile de me traiter de pingre mais je trouve que dépenser son argent dans plus d’un voyage hors de son continent dans sa vie est une folie et un gâchis. À titre personnel, en dehors d’une poignée de pays européens que je compte parcourir en train, en voiture ou en bus, il n’y a guère que le Japon ou l’Iran que je compte visiter. Et cela même si d’autres pays (Inde, Egypte.. ) pourraient a priori m’attirer. Je n’irai pas. Je mourrai peut-être avec des regrets mais c’est ainsi.

Il y a ensuite l’aspect touristique et identitaire. Nous attaquons là le cœur du problème. Je suis épuisé de voir des hordes de Russes, Japonais, Chinois, Qataris quand je visite Paris, capitale de mon propre pays. Et ce sans avoir quoique ce soit contre ces peuples, bien au contraire. Je hais le tourisme, le mitraillage photographique, le piétinement sur les trottoirs, devant les statues et dans les musées. Je n’arrive plus à me satisfaire de l’aspect économique de cette muséification. Notre pays subit une lente thanatomorphose que l’Etat, via la culture, les châteaux, les musées, ralentit pour tirer de cette thanatopraxie de précieux écus.

En outre, ce tourisme ne nourrit qu’une poignée de commerçants, vendeurs de souvenirs et restaurateurs, ainsi que les travailleurs immigrés vendeurs de Tours Eiffel en porte clefs ou de bouteilles d’eau aux abords des sites touristiques. Dès lors, le tourisme doit être considéré comme ce qu’il est : une rente tant pour l’Etat que pour un petit nombre de groupes capitalistes parasites dont le nombre décroîtrait de façon considérable si l’activité touristique diminuait. Songeons seulement aux divers fast-foods, à Apple et autres géants de la téléphonie mobile.

L’idée est moins ici la désindustrialisation que le ralentissement en vue de l’équilibre de l’économie, des paysages, des écosystèmes. Pour citer un exemple concret, j’étais il y a deux jours à Paris, et j’ai du renoncer à visiter Notre Dame de Paris, devant les files d’attente interminables sous un soleil de plomb.

Je confesse une certaine nostalgie du temps où les voyages se limitaient à l’aspect colonial ou aux récits de voyage (les « carnets indiens » de Hermann Hesse, « Au pays des contes » de Knut Hamsun, ou encore les livres de Rudyard Kipling).

À ce titre, les compagnies aériennes low-cost sont mes ennemies (il paraît que Paris-Los Angeles sera sous peu à moins de 400 euros !).

Le touriste qui « fait » les pays comme on « fait » les magasins, en les pillant sans les aimer, sans les apprécier, sans s’en imprégner, est un des stades suprêmes de l’apatride_ et sans doute un des pires : lui est inconscient et purement esthétique.

Mort aux voyages. Mort aux touristes.

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Les monomaniaques…

… Et comment ils stérilisent l’action révolutionnaire.
Je définirais le terme de monomaniaque par quelqu’un qui a un degré de connaissance et d’intérêt si poussé dans un domaine que cela vire à l’obsession et le coupe des réalités du monde.

Tout le monde, dans le milieu « nationaliste » connait ces gens, obsédé qui par tel lobby, qui par tel autre. Leur connaissance pointue, acquise par la lecture et la fréquentation du milieu de près ou de loin (parfois de très près _ vous seriez surpris), en fait souvent de bons érudits. Associé à une bonne plume voire à un charisme certain, une poignée de monomaniaques arrivent à se faire connaître et à partager leurs connaissances.

Mais le problème, c’est qu’un grand nombre de médiocres les imitent : hystérie, fanatisme quasi religieux, suspicion vis à vis des « dissidents », procès d’intention, attaques ad hominem, etc.

Ce qui était au départ une intention louable (critique des lobbies, dénonciation des collusions politico-industrialo-militaires, etc.) sur la base du doute si helleno-chrétien, ressemble d’avantage à la minute de la haine de 1984 ou au tribunal du Sanhédrin.

Qu’il soit entendu ici qu’il n’est pas question de nier ni l’existence ni l’influence des lobbies communautaires, pétroliers, militaires, ou autres. Néanmoins, j’aimerais attirer l’attention sur deux éléments importants. Premièrement, un monomaniaque est épuisant : il n’a en général qu’un sujet de conversation ou alors finit par tout rapprocher ou remonter à celui-ci. Par exemple, les antisémites hystériques vous parleront À COUP SÛR de l’influence juive à Hollywood, de la Kabbale, de Gal Gadot ancienne miss Israël, si vous lui demandez en toute innocence cinéphile s’il a vu Wonder Woman. Alors que ce n’est pas le sujet.

Vous l’aurez compris, il est difficile de trouver à ces gens amis et partenaires amoureux, même si vous en êtes proches vous même. Difficile en effet de présenter quelqu’un : « Salut, voici Paul. Paul est physicien et euh dans la vie il n’aime pas les Noirs ».

Deuxièmement, l’impasse du prisme monomaniaque dans une perspective révolutionnaire. Si la critique et la dénonciation de lobbies, groupes d’intérêt et de pression est utile, le militantisme, les actions de terrain, le réenracinement sont eux bien plus utiles sur le long termes, et bien moins coûteux financièrement et judiciairement. Rappelez vous qu’un militant en prison, surtout en ce moment,est inutile. Vous ne ressortirez pas super musclé, plein de tatouages avec une cicatrice sur torse, respecté des prisonniers et des gardiens : vous sortirez probablement dans un cercueil.

La critique superficielle de ces lobbies, de façon monomaniaque, est intellectuellement confortable : Elle permet de se dire que « de toutes façons on ne peut rien faire », « c’est comme ça », « c’est injuste », « ils contrôlent tout et on ne peut rien y changer ». Or le tyrannicide a été théorisé de longue date. Les maîtres injustes peuvent et doivent être abattus. En cinq, dix ou deux cent ans, peu importe.

Mais il m’apparaît inconcevable d’être ankylosé intellectuellement et physiquement par l’idée que « c’est trop tard parce que « ils » contrôlent tout ».

D’un point de vue militant d’autre part, il est nécessaire, je l’ai dit plus haut, de dénoncer les lobbies, associations, groupes de pression, qui : 1) Détournent l’impôt des Français; 2) Fractionnent la communauté nationale et les communautés historiques; 3) Agissent au profit de puissances d’argent ou de pays étrangers (Arabie Saoudite, Qatar, Etats-Unis, Israël, Russie, Iran, Turquie, Azerbaïdjan, Algérie, pour les plus évidents; je doute qu’il y ait un lobby papou ou guatémaltèque à l’assemblée nationale). Cette dénonciation doit être régulière, systématique, mais surtout pertinente : on peut le déplorer mais certains choix de mots sont parfois hasardeux voire dangereux, notamment dans la presse. Ils peuvent coûter à leurs auteurs amendes, prison voire carrières professionnelles entières. A quoi sert un militant en prison, en ces temps de où la solidarité militante et les militants se font rares ? A rien du tout. Un militant en prison ne peut pas travailler, ni cotiser, ni protéger sa famille ni militer. En outre, vu le contenu des prisons françaises, il risque sa vie chaque minute.

Dès lors, il est curieux que certains se soient fait une spécialité (nous n’osons dire une rente) de la dénonciation de certains lobbies bien précis et ce sans jamais avoir mis un pied à Fleury Mérogis ou à Fresnes dont, ils espèrent sans doute marquer à leur tour marquer l’histoire de leurs vers inspirés. Cela vient peut être du fait du caractère relativement inoffensif de ces individus : qu’est ce qu’un journal « nationaliste » qu’on attaque pas ?

Les locaux de l’AF Marseille attaqués à l’explosif. Dans les années 90, c’était les locaux de Paris qui avaient été plastiqués par l’extrême gauche.

On rétorquera que Charlie Hebdo a vu ses locaux attaqués en janvier 2015. C’est précisément parce qu’il dérangeait des musulmans en train de prendre le pouvoir et de promouvoir une idéologie par la terreur qu’il a été attaqué. Le Figaro, le Monde, la Croix, Libération, ne sont pas et ne seront jamais attaqués en tant que tels car ils sont résolument modernes.

N’oubliez pas que « tout désespoir en politique est une sottise absolue ».

Le putsch, c’est nous

J’ai déjà dit que l’armée et la police ne sauraient être des soutiens et encore moins des moteurs à une révolution. 

Tout le monde se souvient comment a terminé le putsch des généraux : l’armée a été en définitive mise au pas, humiliée, rabaissée. Ne nous restent que des chansons, des poèmes, des romans et des souvenirs plus ou moins mythifiés du Tonkin, de l’Algérie, de la Normandie, ou du Vercors.

En revanche, le pouvoir de la République semble avoir gardé un souvenir terrifiant et tenace du six février trente quatre : dissolutions de ligue, poursuite de militants, etc. S’il est nécessaire de rester lucide sur la (non) menace que nous représentons pour le pouvoir, il est tout aussi nécessaire de se former intellectuellement à la prise du pouvoir dont on ne peut prévoir la date, à l’inverse d’un putsch militaire parfois bien rigide. 

Nécessaire également les multiples entraves au système et à l’Etat, dans les domaines écologiques, communautaires ou autres : le moment venu, ces réseaux seront bienvenus. 

Ce ne sont pas des soldats qui ont pris le pouvoir en URSS, en Iran, à Cuba, etc. 

Gardez bien cela en tête : le putsch, c’est nous. 

L’honneur de l’armée : perspectives révolutionnaires

Bla bla bla l’honneur de l’armée. 

Le général Pierre de Villiers vient donc de démissionner de son poste. De quoi le félicite-t-on ? D’avoir été fidèle à une promesse de 2014, dans laquelle il mettait son poste en balance avec une potentielle baisse du budget de l’armée. Le Drian écarté, Macron a pu avoir les mains libres pour sabrer le champagne et le budget d’une armée à laquelle il ne comprend rien : dont acte. Démission du général. Que reproche-t-on à Emmanuel Macron, à part cette coupe budgétaire ? D’avoir rappelé qu’il était le chef des armées ? Mais c’est la Constitution ! On s’est beaucoup félicité ou amusé de « Macron-Jupiter-Louis XIV » mais en l’occurrence, c’est légalement la vérité. 

J’en viens donc au cœur de mon sujet : premièrement, cette démission ne servira à rien. Un autre général remplacera Pierre de Villiers, membre des « bons réseaux » celui-ci, et à la botte de l’Elysée. Deuxièmement, elle est politiquement inintéressante et stérile pour nous : elle ne suscitera jamais de veleité révolutionnaire parmi les soldats ou les sous-officiers. (C.f mon article sur la police).

Cela ne remet pas en cause la bravoure et les compétences humaines et techniques de nos soldats, et ce depuis des siècles. Mais dans une perspective révolutionnaire, je doute de la possibilité d’un appui de l’armée basée sur son honneur et ses principes.