Le festivisme et le djihâdisme comme moteurs du patriotisme

Je viens de rentrer chez moi après être allé à la laverie. Heureux sous l’orage naissant (il y a de l’orage chez moi d’avril à novembre), quelle ne fut pas mon affliction de voir passer devant moi une voiture tous klaxons hurlant, drapeau bleu-blanc-rouge multiples aux fenêtres, passage salué par d’autres voitures au carrefour suivant.

Affliction car ma fiancée et moi nous fîmes la réflexion suivante : le monde moderne n’a en occident plus que le festivisme et le djihâdisme comme moteur du patriotisme. Il a tué toute transcendance et ne trouve de forces vives que dans le « festivisme », le jeunisme, la fête permanente. Les processions catholiques de l’Espagne, du Portugal, de la France ou de l’Italie ont été remplacées par la « fête des fiertés » ou par la « fête de la musique »; laquelle devrait plutôt être renommée « fête de la bière », tant alcools et stupéfiants servent de prétexte à la fête.

Revenons au cœur de cet article, le patriotisme. Force est de constater que les dernières occasions où des drapeaux ont été mises aux fenêtres des cafés et des immeubles, sur les toits des voitures ou sur les vêtements des Français, ont vu la mort de nombre de leur compatriotes, d’une part, et des équipes de sportifs disputer un prix. Que l’on me comprenne bien : il ne s’agit pas là d’un billet d’humeur contre le football.

Mais concernant les attentats et la quasi communion nationale qui s’en est suivie, elle apparaît inquiétante si l’on considère qu’il a fallu un ennemi extérieur (l’Etat Islamique) apportant la mort pour que les Français s’unissent. Et songeons à cette union : nulle juste réclamation, nulle colère à l’égard de cet ennemi ! A aucun moment l’Etat Islamique ne fut voué aux gémonies comme les Perses de Eschyle.

Songeons ensuite à l’Euro 2016, et à l’ambiance festive quasi générale. Si l’on peut se féliciter de voir les amateurs de football (dont je ne suis pas) derrière leur équipe nationale, on peut s’étonner voire regretter la quasi absence de manifestation de ce même sentiment national, cette ferveur, cette solidarité dont beaucoup se font une fierté; à juste titre je veux le croire.

Le problème que j’entends dénoncer ici est moins « le football » ou « la fête » que la façon de tout prendre à la dérision, comme dans la récente affaire Black M , d’une part, et la façon de taire de nobles sentiments tout au long de l’année.

La solution à cette dramatique situation se situe dans un réenracinement, dans une tradition et un rythme de vie qui propose un ancrage à la Terre et au Ciel.

 

 

 

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