Société du spectacle et vertus cardinales (Barbarin)

Je me suis réveillé assez tard (forcément, les strigidés sont des animaux nocturnes) et je n’avais pas envie d’écrire. Encore moins sur l’affaire Barbarin. Cependant, les réseaux sociaux et le « buzz » qu’ils animent m’ont poussé à prendre la plume (plume, hibou, amusant, non ?).

Le cardinal Barbarin est accusé d’avoir couvert pendant plus de vingt ans des actes de pédophilie par des prêtres catholiques. Il a à ce titre donné une conférence de presse où il s’est défendu de ces accusations, avec, il faut le reconnaître, un sens de la communication plutôt médiocre. N’est pas Nicolas Sarkozy qui veut.

Constat : tout ce que compte de gauche morale et anti cléricale, descendante des bouffeurs de curés de la fin du XIX ème siècle et du début du XX ème siècle, se retrouve dans la complaisance et l’amalgame les plus douteux. On voit et on entend se répandre à grands cris dans les médias et sur les réseaux sociaux, réclamer la tête des prélats, intellectuels, personnalités politiques, journalistes, ou anonymes.

Concernant les premiers, il est tout à fait étonnant voire suspect que ce soit les mêmes qui taisent voire soutiennent Roman Polanski, Woody Allen et consorts, dont les crimes sont avérés. Pensons à Bernard-Henri Lévy, voire Alain Finkielkraut, dont la défense de Roman Polanski a pris la grotesque forme d’un tire-larmes douteux mettant en avant le génocide juif dont furent victimes les parents du talentueux réalisateur du Bal des Vampires. Pensons à Yann Moix, qui put défendre dans la plus grande sérénité sur le plateau du talk show On N’est Pas Couché, le même Roman Polanski, violeur, il faut donc le rappeler, d’une enfant de treize ans préalablement droguée. Nous occulterons volontairement pour les yeux et les âmes des plus sensibles le cas du médiocre Woody Allen, coupable non seulement d’abus sur ses propres enfants biologiques, mais qui en plus épousa sa propre fille adoptive.

Revenons à l’affaire Barbarin. La pédophilie, chacun l’entend, est condamnable et scandaleuse. Réfléchissons maintenant aux conditions matérielles, techniques, à l’apparition de ce phénomène : 1) Des adultes; 2) Des enfants. Par déduction logique, il ne peut y avoir des pédophiles que dans les lieux, dans les circonstances où enfants et adultes se côtoient de façon prolongée. De deux choses l’une : soit les pédophiles sont attirés par les métiers en contact avec les enfants, soit on devient pédophile en étant en contact avec les enfants. N’étant ni spécialiste de la chose, ni pédophile moi même, je ne suis pas habilité à me prononcer.

Cependant, l’Eglise n’est pas le seul milieu où enfants et adultes se côtoient. Colonies de vacances, centres aérés, écoles, camps scouts, et autres sont de multiples endroits où adultes et enfants se côtoient de façon plus ou moins prolongée et régulière. Et ces milieux sont peu gérés par l’Eglise, n’est ce pas ?

Qu’on me comprenne bien. Je ne veux attirer la suspicion sur personne, et surtout pas sur la vénérable et immaculée institution de l’Ecole de la République française, mais j’aimerais que chacun prenne conscience de ceci : si vous en voulez aux prêtres pédophiles, et non aux pédophiles, vous en voulez en réalité aux prêtres (et donc à l’Eglise). Ce n’est pas en évitant à votre enfant d’être garçon de chœur que vous le sauverez des griffes d’un pédophile, car peut-être que celui-ci est son professeur de mathématiques.

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