Les aventures d’Ingrid bête en cours en Iran

Ingrid Bétancourt, l’une de nos plus célèbres anciennes otages (on aime bien semer des otages dans les déserts, les jungles et les montagnes d’Amérique latine ou du Moyen Orient, en France) vient de déclarer sur BFMTV, en tant que « Ambassadrice de la cause des femmes en Iran » : « S’il y’a Daesh c’est qu’il y a l’Iran »

Je crois que je sais maintenant pourquoi on l’a récupérée, pourquoi les FARC ont écourtée son stage en ERASMUS pêche et nature dans la jungle. Parce que dès qu’elle ouvre la bouche, depuis sa libération, elle dit n’importe quoi. J’imagine le calvaire que ça devait être là bas ! Oui parce qu’elle parle aussi l’espagnol ! Elle parle pas le farsi, mais elle parle l’espagnol, étant à moitié colombienne ! Donc à mon avis, les troupes gouvernementales, ça devait être de la touchette à côté des conneries débitées par cette gourdasse.
Intéressons nous à un premier point : que connait Ingrid Bétancourt de l’Iran a priori. Fouillons son impressionnant CV, hors le tragique stage en Colombie susévoqué (même pas foutu de rapporter un peu de blanche). Diplômée de Sciences Po Paris, elle est passée par divers ministres colombiens (finance, commerce extérieur, etc). Elue députée, etc. Sa page Wikipedia, assez ennuyeuse, vous renseignera comme moi : elle doit tout juste savoir placer l’Iran sur une carte et le distinguer de l’Irak.

Je m’étonne ensuite de ce poste : comment ce fait-il qu’une franco-colombienne bénéficie d’un poste à responsabilité dans un autre pays ? Ne serait-ce pas là une splendide ingérence néo colonialiste dont est si familière la gauche (voir les discours de Jules Ferry et de Léon Blum que je suis las de reproduire à chaque fois ; je me contenterais d’une phrase de Paul Déroulède, homme d’extrême droite : « J’ai perdu deux sœurs, et vous m’offrez vingt nègres ») ? Il est vrai que l’Iran est un pays qui a besoin d’ingérence coloniale, n’ayant pas subi d’influence coloniale pendant l’épopée des XIX ème et XX ème siècle.

Je m’interroge ensuite sur la présence d’un cerveau dans la boîte crânienne de cette femme : comment peut on faire un quelconque lien entre Daesh, d’obédience sunnite et donc profondément prosélyte, avec l’Iran chiite absolument pas expansionniste ? Quel lien établir entre un califat (puisque l’Etat islamique revendique le califat, aboli en 1924) et une république islamique, soutien des ennemis les plus ardents (Bachar Al Assad) dudit Etat islamique ?

Il est donc possible que l’auteur de ces mots amalgame (oh, la vilaine fasciste) tout et son contraire. Revenons au point de départ, c’est-à-dire à son poste, qui concerne, les femmes en Iran. J’aimerais voir sa tête quand elle verra les iraniennes portant maquillage, lunettes flashy, rouge à lèvres, voiles légers, soit beaucoup moins de tissu sur la tête qu’en Seine-Saint Denis, mais c’est un autre problème. Notre bonne Ingrid s’imagine sans doute que les femmes sont pendues à tour de bras (comme ce que s’imaginent les FEMEN, dont j’attends toujours un commentaire au sujet de la douteuse légion d’honneur remise au Prince héritier de l’Arabie Saoudite), qu’elles sont horriblement violées, lapidées pour un rien, mangées vivantes, que sais-je encore, ayant en tête la récente affaire de Téhéran et Esfahan de ces femmes aspergées d’acide dans les rues, ou encore la fameuse et récente loi autorisant « le mariage des enfants ». Mettons au clair quelques points, prenons du recul, et prenez un miroir, amis français qui avez accepté le mariage entre homosexuel. Le barbare, c’est toujours celui qui ne parle pas la même langue et n’a pas les mêmes coutumes.

Oui, les femmes peuvent être condamnées à mort. Je ne vois absolument pas ce qu’il y a de choquant dans la mesure où l’Iran pratique la peine de mort pour le meurtre, le viol, le trafic de drogue, la sodomie, le lesbianisme (à la troisième récidive), etc
Il est évident que les femmes ont des droits asymétriques concernant le mariage et le divorce, notamment, mais la société iranienne, pénétrée de coutumes et de valeurs millénaires notamment zoroastriennes, a toujours fait peu cas de ce genre de « droits » très musulmans, très arabes. En effet, il faut rappeler qu’en Iran, l’islam, notamment l’islam sunnite (celui de Daesh, des Arabes ; car les Iraniens ne sont pas des Arabes contrairement à ce que tu sous entends dans ton interview, Ingrid) est assimilé aux envahisseurs du VII ème siècle. Ainsi, dire comme madame Bétancourt que l’Iran participe « exporte la misogynie institutionnalisée » est non seulement faux, mais également dangereux d’un point de vue de la culture de l’Iran, et d’un point de vue géopolitique. Pour être très concret, les seules choses qu’exporte l’Iran en ce moment sont des combattants (milices afghanes, notamment), des armes, et des hydrocarbures. La seule idéologie exportée par l’Iran, le velayat-e faqih, ne saurait influencer Daesh, dans la mesure où il s’agit d’un terme de droit musulman concernant uniquement le chiisme duodécimain.
Ainsi, sur le mariage des enfants, loi qui fit tant de scandale, il y a deux choses à comprendre. Premièrement, la loi n’a servit qu’à encadrer une pratique qui existait déjà. Deuxièmement, cette pratique permettait d’éviter que l’héritage ne sorte de la famille, quelque chose qui se faisait… En Grèce antique. Je pense que je ne t’apprends rien, Ingrid, si je te dis que Grecs et Perses sont deux peuples Indo-Européens qui ont beaucoup échangé, et pas qu’en se tapant dessus.

Sur l’affaire de l’acide jeté sur les femmes, cette affaire, prise avec le plus grand sérieux, c’était le fait manifestement d’individus absolument mal intentionnés. Je confesse n’avoir pas davantage d’informations sur le sujet, mais si tu en as, Ingrid, je serais ravi de les accueillir (quand tu auras su distinguer Yazd de Qom).

Chacun m’excusera je l’espère pour le ton parfois peu académique, et les attaque ad personam de mon billet d’humeur.