Eloge réactionnaire de la transgression

Imaginez un mouton dans un champ. L’herbe est abondante, grasse, et verte. Le champ est délimité par une clôture. Et de l’autre côté de la clôture, des fleurs. Elles sentent bon, elles sont peu nombreuses et surtout, elles sont interdites d’accès par la clôture. Mais parfois, en tendant le cou et ses ovines lèvres, en tordant le cou d’une manière un peu comique, notre gros et gras mouton réussit, délicieux sacrilège, à sortir la tête du champ, et à grignoter quelques unes de ces délicieuses fleurs.

Imaginez maintenant que le paysan enlève la clôture. Le mouton est tout d’abord tout heureux de pouvoir dévorer les fleurs ! Hélas, celles-ci vont vite disparaître, sous son appétit, sous ses assauts gourmands ! Las, le mouton ne pourra plus se satisfaire ni de l’herbe grasse, trop simple et fade, ni des fleurs, disparues dans son ventre d’herbivore.

A présent, remplacez le mouton par l’être humain, la clôture par les normes sociales, l’herbe par l’ensemble des pratiques sociales et culturelles normales et traditionnelles, et les fleurs par les pratiques « anormales » (au sens sociologique et anthropologique du terme) ou déviantes, c’est-à-dire celles que la société tolère mais qui relèvent du privé, du secret, celui de l’alcôve. 

Dans une société normale, la norme interdit la pratique ouverte de ces déviances pour deux raisons. La première est le bien commun ; les sociétés religieuses rajoutent le Salut des âmes des fidèles. La seconde est individuelle : l’intérêt du plaisir de la transgression de la norme réside précisément dans l’existence de la norme. Il y a du plaisir à transgresser la norme ponctuellement et dans le privé justement parce qu’il y a une norme, comme dans l’histoire du mouton. Si demain il est permis de se promener nu dans la rue, quelle serait la raison d’être des nudistes ?

C’est pourquoi le vrai transgressif est profondément par nature réactionnaire s’il veut être cohérent : il veut que la norme continue d’être, pour pouvoir la transgresser, choquer le bourgeois en lui riant au nez, d’Oscar Wilde à Karl Lagerfeld qui s’est récemment déclaré violemment opposé au mariage homosexuel et à l’adoption par les couples homosexuels (et pour ceux qui ne suivent pas, il est homosexuel lui-même). Le libertaire, lui, veut l’abolition de la norme car il est un progressif, il ne veut pas transgresser, il veut « accompagner » ce qu’il estime être un progrès ; il faudrait débattre sur la validité de progrès de la Gay Pride de nos jours…

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Daesh et déracinement capitaliste

Il est tentant de balayer la peur légitime qui saisit nos sociétés modernes décadentes  après chaque attentat en invoquant un « nihilisme » de leurs auteurs.

Le nihilisme, du latin « nihil » (« rien ») renvoie à l’idée que « rien » n’a de sens ou de valeur. Les combattants de l’Etat Islamique (Daesh) combattraient ainsi par pur nihilisme, et ne défendraient « rien ». C’est une façon commode de présenter les choses et de se rassurer, à la fois intellectuellement et émotionnellement. Ainsi, on peut opposer à une « civilisation du rien » une civilisation du bien, du beau, des droits de l’Homme, de l’amour, de la fraternité, etc. (la liste n’est pas exhaustive).

Le problème de cette analyse simpliste, qui a cours depuis 2001 et qui séduit à la fois les néocons et la gauche laïciste notamment française, c’est qu’elle s’essoufle face à la réalité. Dans les faits, les terroristes des affaires Merah, Charlie Hebdo, Bataclan et aujourd’hui de Bruxelles (demain Madrid, Londres, Berlin ou Rome ? A croire que Daesh se prend pour un groupe de rock) sont des jeunes de banlieues faiblement instruits y compris sur le plan théologique. Ils ont été radicalisés sur le tard, et ont avant tout connu un parcours dans la violence et la délinquance toujours plus violente.

Les « jeunes de l’immigration », en France, en Belgique, au Danemark, aux Pays-Bas, en Suède, en Italie, en Angleterre, vivent dans un monde que nos élites ignorent ou en tout cas veulent occulter. Il s’agit tout d’abord d’un monde laid sur le plan esthétique et architectural. Les barres HLM offrent un cadre propice à l’ennui et au solipsisme. Il s’agit ensuite d’un monde capitaliste qu’ils rejettent, car il ne leur offre comme options, pour être simple voire caricatural, que de faire des frites à Mac Do ou de dealer. Qu’on comprenne bien l’articulation logique de mon propos : ce n’est pas parce que la société les rejette qu’ils deviennent délinquants, mais l’inverse.

A partir de là, dans une France, et un Occident plus globalement en perte totale de spiritualité, il devient urgent pour une certaine jeunesse, en provenance de pays où la spiritualité est encore très vivante, de trouver quelque chose de satisfaisant. Et cela, La (non) civilisation du Progrès et son nihilisme ne peuvent lui offrir. Dès lors, il est aisé pour l’Etat islamique de monter une communication invitant à la spiritualité, à un Destin. Qu’importe si ce Destin est la mort, car il invite aussi à « purger », « châtier » les « croisés » (je reviendrai plus loin sur ce terme). Il n’y a qu’à voir les vidéos de Daesh (je n’en mettrai pas ici pour des raisons évidentes) ou certains de leurs nasheed

A ce titre, la communication de Daesh qualifiant les pays Européens et leurs habitants de « croisés » (même si on imagine mal François Hollande porter armure) est particulièrement bien rodée. Renvoyant aux temps d’affrontements entre chrétiens et muslmans les plus brûlants, elle introduit une notion « identitaire » très clivante, quand bien même Saladin (une des idoles de cette nouvelle jeunesse 2.0 issue des banlieues) était Kurde, et non Maghrébin ou Arabe…

A titre de conclusion, je pense qu’il convient de se méfier de tous les pseudos-adeptes de théologie (notamment musulmane), de politique, de géopolitique, de sociologie et d’ethnologie qui pullulent sur la toile, et ce de tous les côtés. Ce modeste article, même s’il affiche une volonté de faire avancer le débat, n’a en réalité que peu de prétention.

Antiracisme et ordre sécuritaire

Plus c’est gros, meilleur c’est. Plus c’est gros, mieux ça passe.

Après « Touche pas à mon pote » de SOS Racisme, que nos grands frères ont connu, voilà que les médias, le gouvernement, les intellectuels et toutes les officines et autre lobbies vivant des impôts (donc du labeur des Français), à savoir CRIF, CRAN, SOS Racisme et autres acronymes barbares et plus ou moins sombres (ceci n’est pas une allusion raciste), voilà le tout nouveau, tout chaud : #TousEnsembleContreLaHaine.

La haine, concept fourre-tout (haine des Juifs, des musulmans, des homosexuels, des transexuels, des bisexuels, des chatons, de l’architecture moderne, du monde moderne, de la langue de bœuf_pas pour ce qui me concerne, j’adore la langue de bœuf et les chatons, je vous rassure) sert trente ans plus tard selon le même modèle à la même arnaque : faire de l’argent sur le dos des Français blancs (les babtous) en les culpabilisant.

Hélas ! Réseaux sociaux aidant, l’échec est total. Malgré cinq vidéos « inspirées de faits réels » (sic) où l’on voit de vilains blancs tabasser tour à tour de pauvres noirs/arabo-musulmans, le mot-dièse « TousEnsembleContreLaHaine est immédiatement tourné en dérision, moqué, insulté. Des hommes politiques de droite et d’extrême droite, des intellectuels, mais aussi de simples particuliers, la fameuse « France qui se lève tôt », s’insurgent, fulminent. Et comme dirait une amie (S. tu te reconnaitras) je gage que les Maghrébins des cités de Marseille, Paris, Lyon, Grenoble ou Montpellier eux-mêmes ont ri du grotesque des situations présentées.

Il s’est bien trouvé quelques SJW pour pleurnicher sur le racisme des blancs et leurs « privilèges raciaux », mais ils abandonnèrent bien vite.

La réalité et la dangerosité de cette campagne de culpabilisation résident à mon avis dans la volonté à peine masquée de nos élites (notamment politiques) de « rééduquer » les dissidents. Que l’on considère pour cela les paroles de Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’éducation nationale  sur Twiter.

Ce n’est pas être complotiste que de voir là les prémices, les effrayants frémissements d’une société sécuritaire où la dissidence de pensée devient délit voire crime. Avec l’excuse du terrorisme islamiste, il va devenir facile pour les Etats modernes de mettre en place des arsenaux légaux toujours plus contraignants pour le quidam. Il n’est donc pas étonnant que même la puissante multinationale Google ait été pris ait été pris d’un semblant de technophobie, abandonnant (pour combien de temps ?) des robots qui auraient pu servir de sombres desseins.

La (non) civilisation du Progrès vient de franchir une étape supplémentaire. La guerre a déjà débuté, et nos élites ne sont clairement pas de notre côté.

De la corrida

Je m’attaque ici à un sujet délicat, que je connais peu, et pour je n’ai au final peu de légitimité, mes racines étant nichées dans le Dauphiné et la Savoie.

A titre préliminaire, il est nécessaire à chacun de comprendre qu’il ne s’agit nullement d’une apologie de cette pratique folklorique.  A ce titre, je ne prétends pas non plus détenir toute la science nécessaire à fournir un contenu nécessaire à une argumentation cohérente. Je reste un profane, et dans ce domaine, un romantique.

Tâchons néanmoins de mettre quelque peu de raison.

La corrida est une tradition qui trouve ses origines dans l’Antiquité romaine. Il serait fastidieux de retracer son histoire, alors je m’attacherai plutôt à la fascination qu’exerce cette tradition sur moi-même ainsi que sur un grand nombre, je crois l’avoir remarqué, de jeunes hommes de mon milieu.

Dans une époque d’apathie générale, où l’Etat, les médias, la mode, les antidépresseurs et autres psychotropes, font de tous et toutes des individus zombies (voir La (non) civilisation du Progrès), les sources et les occasions de faire bouillir le sang d’un homme sont rares. Nous sommes tous des Pierre Drieu La Rochelle en puissance, dans une époque de paix, de prospérité et de confort, ou peu sans faut. Ainsi, il n’est pas étonnant de voir un intérêt croissant de la part des milieux nationalistes, dont moi même, pour la corrida.

En effet, quel autre spectacle que la corrida, comme il y a plus d’un siècle le cinéma, peut mieux faire comprendre le rapport entre l’homme, la bête, et la mort ? Dans le sable de l’arène, il n’y a ni smartphone, ni bancs de facs, terrasse. Seulement des vêtements de couleurs flamboyantes, des lames, des sabots, des cornes.

Il est évident que d’autres seront davantage sensibles à la question abolitionniste. Nous ne les blâmerons pas. Nous aimons à penser que l’homme (et plus encore l’Homme) fait face à son destin quand il défie le taureau, campé sur ses sabots.

Cependant, pour ma part, j’émettrai une réserve à ce sujet. Les deux premiers tercios (« tiers »), notamment le deuxième, visant à affaiblir le taureau à l’aide de banderilles me pose un souci que je qualifierais de sportif. Il ne me parait pas « juste » et pas cohérent d’affaiblir à ce point un animal. Le matador devrait à mon sens passer davantage de temps seul contre un adversaire en meilleure santé physique.

Au fait, rassurez vous, je suis du signe du taureau.

 

Société du spectacle et vertus cardinales (Barbarin)

Je me suis réveillé assez tard (forcément, les strigidés sont des animaux nocturnes) et je n’avais pas envie d’écrire. Encore moins sur l’affaire Barbarin. Cependant, les réseaux sociaux et le « buzz » qu’ils animent m’ont poussé à prendre la plume (plume, hibou, amusant, non ?).

Le cardinal Barbarin est accusé d’avoir couvert pendant plus de vingt ans des actes de pédophilie par des prêtres catholiques. Il a à ce titre donné une conférence de presse où il s’est défendu de ces accusations, avec, il faut le reconnaître, un sens de la communication plutôt médiocre. N’est pas Nicolas Sarkozy qui veut.

Constat : tout ce que compte de gauche morale et anti cléricale, descendante des bouffeurs de curés de la fin du XIX ème siècle et du début du XX ème siècle, se retrouve dans la complaisance et l’amalgame les plus douteux. On voit et on entend se répandre à grands cris dans les médias et sur les réseaux sociaux, réclamer la tête des prélats, intellectuels, personnalités politiques, journalistes, ou anonymes.

Concernant les premiers, il est tout à fait étonnant voire suspect que ce soit les mêmes qui taisent voire soutiennent Roman Polanski, Woody Allen et consorts, dont les crimes sont avérés. Pensons à Bernard-Henri Lévy, voire Alain Finkielkraut, dont la défense de Roman Polanski a pris la grotesque forme d’un tire-larmes douteux mettant en avant le génocide juif dont furent victimes les parents du talentueux réalisateur du Bal des Vampires. Pensons à Yann Moix, qui put défendre dans la plus grande sérénité sur le plateau du talk show On N’est Pas Couché, le même Roman Polanski, violeur, il faut donc le rappeler, d’une enfant de treize ans préalablement droguée. Nous occulterons volontairement pour les yeux et les âmes des plus sensibles le cas du médiocre Woody Allen, coupable non seulement d’abus sur ses propres enfants biologiques, mais qui en plus épousa sa propre fille adoptive.

Revenons à l’affaire Barbarin. La pédophilie, chacun l’entend, est condamnable et scandaleuse. Réfléchissons maintenant aux conditions matérielles, techniques, à l’apparition de ce phénomène : 1) Des adultes; 2) Des enfants. Par déduction logique, il ne peut y avoir des pédophiles que dans les lieux, dans les circonstances où enfants et adultes se côtoient de façon prolongée. De deux choses l’une : soit les pédophiles sont attirés par les métiers en contact avec les enfants, soit on devient pédophile en étant en contact avec les enfants. N’étant ni spécialiste de la chose, ni pédophile moi même, je ne suis pas habilité à me prononcer.

Cependant, l’Eglise n’est pas le seul milieu où enfants et adultes se côtoient. Colonies de vacances, centres aérés, écoles, camps scouts, et autres sont de multiples endroits où adultes et enfants se côtoient de façon plus ou moins prolongée et régulière. Et ces milieux sont peu gérés par l’Eglise, n’est ce pas ?

Qu’on me comprenne bien. Je ne veux attirer la suspicion sur personne, et surtout pas sur la vénérable et immaculée institution de l’Ecole de la République française, mais j’aimerais que chacun prenne conscience de ceci : si vous en voulez aux prêtres pédophiles, et non aux pédophiles, vous en voulez en réalité aux prêtres (et donc à l’Eglise). Ce n’est pas en évitant à votre enfant d’être garçon de chœur que vous le sauverez des griffes d’un pédophile, car peut-être que celui-ci est son professeur de mathématiques.

S’opposer mais à quoi ?

S’opposer… Mais à quoi ?

La COP21 nous a donné l’illustration, s’il en était besoin, de la mauvaise foi et de la tentative de manipulation médiatique dont est capable l’extrême gauche.

Lors de ce sommet mondial sur l’environnement (aux motivations contestables), dans un contexte géopolitique particulièrement tendu, des centaines d’anarchistes, antifascistes ou Blackblocs (ou en tout cas assimilés) ont saccagé ce que l’on pourrait assimiler à un mémorial, place de la République à Paris, en mémoire des victimes de l’Etat islamique.

Première observation : pourquoi est-ce grave ? Parce que l’homme, en tant qu’animal social, est le seul qui accompagne ses morts dans l’au-delà par des cérémonies complexes (enterrement, tour de silence…), leur rendant hommage par des fleurs et autres présents, et perpétuant leur mémoire par des tombes, des bougies, des messes. Cela, ni le dauphin, ni le cheval, ni l’oryctérope, ni même le chimpanzé (qui a pourtant conscience de la mort de ses proches) ne le fait. Ce n’est pas l’outil qui nous distingue de l’animal : c’est la conscience qu’il existe un autre monde (Paradis, Walhalla, Al-‘âkhira….) qui fait de nous des hommes. En s’attaquant à cet endroit, à ce lieu de recueillement, à un peuple fragilisé, qui n’avait aucun rapport avec l’objet de leurs revendications et de leur lutte (quand bien même fussent-elles légitimes), l’extrême gauche s’est rabaissée au rang d’animal.

La deuxième observation est la suivante : il est logique, dans l’esprit de chacun, politiques, médias, et extrême gauche inclus, que ces individus se sont opposés au pouvoir politique, et de façon violente. L’opposition violente au pouvoir politique est aussi ancienne que la révolte des esclaves de Spartacus, en passant par la révolte de Etienne Marcel au XIV ème siècle, la Fronde au XVII ème siècle, et jusqu’à la Commune de 1871 et le 6 février 1934. Tous ces groupes d’hommes, quand ils se révoltaient, et à plus forte raison quand ils étaient empêchés dans leur révolte, étaient conscients, des risques qu’ils encouraient à défier le pouvoir en place. Certains nobles de la Fronde ont été exilés, d’autres ont fini par se rallier au Roi ; quant à Etienne Marcel, déchu, il a été assassiné. Notre époque est la première où l’on entend à la fois s’opposer au pouvoir, mais le faire dans la gentillesse, l’amour, les bisous et les câlins, et se plaignant d’une riposte du pouvoir en place. Interrogeons nous : si le pouvoir en place (l’Etat donc) ne ripostait pas et ne manifestait pas ainsi son droit de police, pouvoir régalien, quel intérêt y aurait-il à s’opposer ? Quel Etat n’a pas de pouvoir de police ?

La troisième observation est la suivante : aujourd’hui, l’extrême gauche hurle à la répression (pourtant à mon sens légitime) de la part de l’Etat. Où étaient ces démocrates quand les CRS utilisaient du gaz lacrymogène contre des familles entières (et non des militants aguerris, équipés parfois lourdement) lors de la Manif Pour Tous ? Il est entendu que contre ladite Manif Pour Tous, la répression peut là aussi avoir été légitime. Cependant, je persiste à dire qu’elle a été disproportionnée, pour les raisons que j’ai évoquées, et qui ont été tues (quand elle n’ont pas été applaudies!) par cette extrême gauche qui aujourd’hui vient pleurer à la répression policière.

Quelle place pour le militantisme d’extrême gauche aujourd’hui ? Ce n’est pas à moi de le dire. Il est cependant clair qu’il s’agit pour une part (quel pourcentage?) de militants organisés et violents, à qui les pouvoirs politiques laissent bien davantage les mains libres (au sens propre comme au sens figuré) qu’ils ne le feraient à des militants d’extrême droite. Cependant, la multiplication d’incidents impliquant la violence de l’extrême gauche (affaire Méric, etc) nous renvoie nous, militants nationalistes, à notre rapport à la violence politique.

Bourgeois ou révolutionnaire

Il y a des bourgeois partout : en Europe, aux Etats-Unis, dans les pays du Golfe, en Chine, en Iran, en Russie, au Japon, en Afrique.

Le bourgeois aime l’ordre : il ne veut pas de changement. Il est hostile à la Révolution. L’ordre moral délétère, athée, laïcisite, apatride, anti familial, lui convient parfaitement. Marx concluait son « Manifeste du Parti communiste » par « prolétaires de tous les pays, unissez vous ! ». Marx s’est bien planté, et en définitive, c’est la bourgeoisie qui s’est unie, au moins de façon tacite. D’ailleurs, Voltaire l’avait prévenu, et qu’importe si la citation est apocryphe : « En affaires, tout le monde est de la même religion ». Le pacte de Quincy est à ce titre la plus merveilleuse illustration de cette phrase : un pacte industrialo-militaire gravé dans le marbre (pour autant qu’on puisse trouver du marbre dans les sables de l’Arabie Saoudite) entre des protestants et des musulmans, qui plus est gardiens des lieux saints de l’islam.

Revenons au bourgeois, et à son opposé : le révolutionnaire. Eh oui : je ne suis pas marxiste. Le moraliste et écrivain colombien Nicolás Gómez Dávila disait en substance qu’un communiste est avant la Révolution un allié, et qu’il est un bourgeois une fois celle-ci accomplie.

Il est courant voire évident de voir des nationalistes opposés à « l’islam » ou plus précisément à « l’islamisation » de l’Europe. On désignera par ce terme le phénomène qui voit les églises disparaître au profit des mosquées (pour que l’image parle à tout le monde). Ce combat est louable. Mais il convient à chacun de s’interroger : pourquoi ne voulez vous pas de l’islam ? Est-ce par confort personnel ? Est-ce parce que l’islam empêche à vos femmes de sortir en jupe, risque de perturber, à terme, le bon déroulement de la Gay Pride (je gage que la prochaine « Daesh Gay Pride » soit annulée), de boire de l’alcool, de vous déplacer dans les rues encombrées de prieurs ? Au final, que l’islam soit présent à vos frontières, disons, en Serbie, en Roumanie, en Pologne, en Ukraine, en Lettonie, en Bulgarie, à Chypre, en Grèce, cela vous importe peu. Vous êtes des bourgeois. En revanche, si votre but est de changer l’intégralité de la société, et notamment de lutter contre l’immigration, fut-elle musulmane (ou non), vous êtes des révolutionnaires. Si vous êtes monarchistes, fascistes, si vous aspirez à changer l’ensemble des modèles et des structures sociaux, économiques, politiques, et spirituels, alors vous êtes des révolutionnaires, et le combat est vraiment louable et intéressant.

Comprenez bien mon propos : il ne s’agit pas pour moi de faire l’éloge de l’islam, il s’agit juste de faire comprendre la globalité du problème, et notamment sa dimension politique et spirituelle.

Allez, bisou.

De la frustration sexuelle dans le milieu nationaliste

Pendant longtemps je me suis demandé pourquoi beaucoup voire l’essentiel des militants nationalistes ou apparentés étaient névrosés et frustrés sexuellement.

Nous parlons là de jeunes gens qui se tournent vers un milieu extrême (le nationalisme, forcément, c’est borderline) mais où les femmes sont rares pour la même raison, car les CRS, les bagarres, les sorties de nuit pour aller coller, les ventes de journaux avec risque de se faire casser la gueule par les antifas, ça fait peur (et c’est bien normal). Du coup, les mecs sont névrosés, instables et frustrés sexuellement. Alors dès que si vous rajoutez le paramètre « femelle » à l’équation, l’amitié, ou non, vole en éclat. Les hommes redeviennent les animaux primitifs qu’ils sont. En d’autres termes, ils pensent avec leur bite.

En général, les femmes fuient ce genre de comportements. Soyez lucides : un babtou en rut n’est guère plus séduisant qu’un Pakistanais ou un Soudanais en rut. Si elles restent, les rares qui trouvent chaussures à leur pied, parmi les puceaux et les dépravés, restent des cibles. On observe alors parfois chez les mâles un certain nombre de comportements aberrants et gerbants, de petites querelles mesquines envers leurs congénères qui ont réussi à emporter le précieux « trophée », par pure bêtise et esprit revanchard.

Il serait donc temps que le milieu nationaliste se purge des idiots, des dépravés, afin d’y attirer de nouveaux militants plus matures, mais également de nouvelles militantes, dans un but non seulement militant, là encore, mais également démographique, tout simplement. Quand je parle de purge, je parle d’une purge physique, c’est à dire de les éloigner réellement de nos manifestations, réunions, colloques, et événements divers. Il n’est pas imaginable que la Révolution se fasse avec des trolls.

Le Roi et l’oiseau

Il y a quelques jours, le Président de la République française, François Hollande, a décoré de la légion d’honneur à Mohammed ben Nayef al Saoud, ministre de l’intérieur et prince héritier du Royaume d’Arabie Saoudite.

Voilà pour les faits. Immédiatement, condamnation unanime en France et en Europe, de la part de tous les humanistes (car la France est le pays des droits de l’homme_ j’aime mieux quand on dit qu’elle est le pays de la gastronomie, bien plus appétissante) de gauche, de droite, des féministes, des abolitionnistes, des islamophobes néo cons, etc. A l’extrême droite même, combien se sont scandalisés, eux qui crachent sur cette grotesque insigne qu’une Mimi Mathy peut arborer à son (petit) veston, qu’un prince d’Arabie Saoudite soit décoré de cette légion d’honneur, puante en temps normal. Eux qui sont en temps normal de farouches défenseurs de la peine de mort pour les assassins, les violeurs d’enfants et les trafiquants de drogue, ce qu’est le Roi Abdallah d’Arabie Saoudite, on leur a découvert des sensibilités de jeunes filles, et des cris de pucelles hystériques, condamnant un prince arabe venu d’un pays aux mœurs barbares, ne respectant pas les « Droits de l’homme » ! Un comble ! Tous ces royalistes, fascistes, et autres, qui passent leur temps à conspuer les « Droits de l’Homme » et Marianne la salope se retrouvent maintenant sur les réseaux sociaux et au bar à cracher leur bile, au nom des mêmes principes, sur un prince arabe, sans doute, il va de soit, peu recommandable.

A l’inverse, quelle ne fut pas ma surprise de constater l’assourdissant silence des FEMEN et Osez le féminisme, toujours promptes à défendre la veuve d’un autre pays (Somalie, Afghanistan, Colombie, Inde, etc) ; on se souvient notamment du happening des FEMEN lors de la venue de Rohani. Assourdissant, coupable silence ! Leur envahissante voix s’était tue… Dans le désert d’Arabie Saoudite. Adieu, le colonialisme paré des couleurs chamarrées des bons sentiments de l’Homme (la Femme ! Pardon!) sauveur (sauveuse, du coup…). Le royaume d’Arabie Saoudite n’eut à souffrir de reproches et de critiques sur son usage du sabre, de la pierre ou du fouet, sur son interdiction de sortir, de conduire, de voter (sauf aux élections municipales) sur les femmes ni de la part des Chiennes de garde, ni des FEMEN, ni de Osez le féminisme, ni de Ni putes ni Soumises.

J’aimerais ensuite attirer chacun sur le manque de cohérence de certains. Pourquoi se scandaliser de ce qu’un Etat souverain (en l’occurrence l’Arabie Saoudite) décapite les trafiquants de drogue, les violeurs et les assassins, alors que d’une part c’est la position de nombre de nationalistes, et d’autre part notre pauvre France n’est même pas capable de faire régner l’ordre lors d’une manifestation de lycéens ou d’une émeute en prison, sans même parler de ses frontières ? Occupons nous de reprendre le pouvoir, d’établir les relations commerciales, militaires, diplomatiques et culturelles que nous voulons avec cet Etat. Et nous remettrons des décorations à qui nous le voudrons. D’ici là, un peu d’humilité, c’est une vertu chrétienne.

Les aventures d’Ingrid bête en cours en Iran

Ingrid Bétancourt, l’une de nos plus célèbres anciennes otages (on aime bien semer des otages dans les déserts, les jungles et les montagnes d’Amérique latine ou du Moyen Orient, en France) vient de déclarer sur BFMTV, en tant que « Ambassadrice de la cause des femmes en Iran » : « S’il y’a Daesh c’est qu’il y a l’Iran »

Je crois que je sais maintenant pourquoi on l’a récupérée, pourquoi les FARC ont écourtée son stage en ERASMUS pêche et nature dans la jungle. Parce que dès qu’elle ouvre la bouche, depuis sa libération, elle dit n’importe quoi. J’imagine le calvaire que ça devait être là bas ! Oui parce qu’elle parle aussi l’espagnol ! Elle parle pas le farsi, mais elle parle l’espagnol, étant à moitié colombienne ! Donc à mon avis, les troupes gouvernementales, ça devait être de la touchette à côté des conneries débitées par cette gourdasse.
Intéressons nous à un premier point : que connait Ingrid Bétancourt de l’Iran a priori. Fouillons son impressionnant CV, hors le tragique stage en Colombie susévoqué (même pas foutu de rapporter un peu de blanche). Diplômée de Sciences Po Paris, elle est passée par divers ministres colombiens (finance, commerce extérieur, etc). Elue députée, etc. Sa page Wikipedia, assez ennuyeuse, vous renseignera comme moi : elle doit tout juste savoir placer l’Iran sur une carte et le distinguer de l’Irak.

Je m’étonne ensuite de ce poste : comment ce fait-il qu’une franco-colombienne bénéficie d’un poste à responsabilité dans un autre pays ? Ne serait-ce pas là une splendide ingérence néo colonialiste dont est si familière la gauche (voir les discours de Jules Ferry et de Léon Blum que je suis las de reproduire à chaque fois ; je me contenterais d’une phrase de Paul Déroulède, homme d’extrême droite : « J’ai perdu deux sœurs, et vous m’offrez vingt nègres ») ? Il est vrai que l’Iran est un pays qui a besoin d’ingérence coloniale, n’ayant pas subi d’influence coloniale pendant l’épopée des XIX ème et XX ème siècle.

Je m’interroge ensuite sur la présence d’un cerveau dans la boîte crânienne de cette femme : comment peut on faire un quelconque lien entre Daesh, d’obédience sunnite et donc profondément prosélyte, avec l’Iran chiite absolument pas expansionniste ? Quel lien établir entre un califat (puisque l’Etat islamique revendique le califat, aboli en 1924) et une république islamique, soutien des ennemis les plus ardents (Bachar Al Assad) dudit Etat islamique ?

Il est donc possible que l’auteur de ces mots amalgame (oh, la vilaine fasciste) tout et son contraire. Revenons au point de départ, c’est-à-dire à son poste, qui concerne, les femmes en Iran. J’aimerais voir sa tête quand elle verra les iraniennes portant maquillage, lunettes flashy, rouge à lèvres, voiles légers, soit beaucoup moins de tissu sur la tête qu’en Seine-Saint Denis, mais c’est un autre problème. Notre bonne Ingrid s’imagine sans doute que les femmes sont pendues à tour de bras (comme ce que s’imaginent les FEMEN, dont j’attends toujours un commentaire au sujet de la douteuse légion d’honneur remise au Prince héritier de l’Arabie Saoudite), qu’elles sont horriblement violées, lapidées pour un rien, mangées vivantes, que sais-je encore, ayant en tête la récente affaire de Téhéran et Esfahan de ces femmes aspergées d’acide dans les rues, ou encore la fameuse et récente loi autorisant « le mariage des enfants ». Mettons au clair quelques points, prenons du recul, et prenez un miroir, amis français qui avez accepté le mariage entre homosexuel. Le barbare, c’est toujours celui qui ne parle pas la même langue et n’a pas les mêmes coutumes.

Oui, les femmes peuvent être condamnées à mort. Je ne vois absolument pas ce qu’il y a de choquant dans la mesure où l’Iran pratique la peine de mort pour le meurtre, le viol, le trafic de drogue, la sodomie, le lesbianisme (à la troisième récidive), etc
Il est évident que les femmes ont des droits asymétriques concernant le mariage et le divorce, notamment, mais la société iranienne, pénétrée de coutumes et de valeurs millénaires notamment zoroastriennes, a toujours fait peu cas de ce genre de « droits » très musulmans, très arabes. En effet, il faut rappeler qu’en Iran, l’islam, notamment l’islam sunnite (celui de Daesh, des Arabes ; car les Iraniens ne sont pas des Arabes contrairement à ce que tu sous entends dans ton interview, Ingrid) est assimilé aux envahisseurs du VII ème siècle. Ainsi, dire comme madame Bétancourt que l’Iran participe « exporte la misogynie institutionnalisée » est non seulement faux, mais également dangereux d’un point de vue de la culture de l’Iran, et d’un point de vue géopolitique. Pour être très concret, les seules choses qu’exporte l’Iran en ce moment sont des combattants (milices afghanes, notamment), des armes, et des hydrocarbures. La seule idéologie exportée par l’Iran, le velayat-e faqih, ne saurait influencer Daesh, dans la mesure où il s’agit d’un terme de droit musulman concernant uniquement le chiisme duodécimain.
Ainsi, sur le mariage des enfants, loi qui fit tant de scandale, il y a deux choses à comprendre. Premièrement, la loi n’a servit qu’à encadrer une pratique qui existait déjà. Deuxièmement, cette pratique permettait d’éviter que l’héritage ne sorte de la famille, quelque chose qui se faisait… En Grèce antique. Je pense que je ne t’apprends rien, Ingrid, si je te dis que Grecs et Perses sont deux peuples Indo-Européens qui ont beaucoup échangé, et pas qu’en se tapant dessus.

Sur l’affaire de l’acide jeté sur les femmes, cette affaire, prise avec le plus grand sérieux, c’était le fait manifestement d’individus absolument mal intentionnés. Je confesse n’avoir pas davantage d’informations sur le sujet, mais si tu en as, Ingrid, je serais ravi de les accueillir (quand tu auras su distinguer Yazd de Qom).

Chacun m’excusera je l’espère pour le ton parfois peu académique, et les attaque ad personam de mon billet d’humeur.